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N° 293
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Milos Forman
(DR)

FIFM. Forman et les 60 Egyptiens


La rumeur a vainement espéré Quentin Tarantino, ou le cas échéant un certain Martin Scorsese, à la tête du jury du Festival du film de Marrakech. Mais on n’aura pas perdu au change, puisque c’est Milos Forman qui sera le patron du team arbitral marrakchi cette année. Le réalisateur de Hair, Vol au-dessus d’un nid de coucou ou encore Amadeus - oeuvre qui avait été projetée dans sa version intégrale au FIFM 2002 - a en effet accepté de présider le jury de la 7ème édition du Festival, prévue du 7 au 15 décembre prochain. Traduction en
langage cinéphile, une rétrospective sur l’œuvre du Tchèque sera au programme cette année. Les noms des autres membres du jury devraient “être annoncés avant la fin octobre”, promet-on au sein de l’organisation. Du côté des invités, les Danny Glover, Morgan Freeman, Jackie Chan et Warren Beatty espérés, risquent fort d’être noyés dans la foule de superstars égyptiennes. Le pays des Pharaons comptera en effet une délégation d’une soixantaine d’acteurs et réalisateurs avec, à leur tête, Adil Imam. Ils viendront célébrer le centenaire du cinéma égyptien, grand invité cette année du FIFM. La deuxième rétrospective de cette 7ème édition sera donc consacrée au 7ème Art égyptien, avec la projection d’une quarantaine de longs-métrages, en guise de best of du siècle de productions cinématographiques égyptiennes. In fine, encore tenue secrète, la liste des films en compétition comprendra néanmoins une représentation algérienne. La réalisatrice Nadia Cherabi a annoncé cette semaine la participation de son film L’envers du Miroir au FIFM 2007.


Sortie. Pluies de balles

Smith est un dangereux tueur sans foi ni loi. Pourtant, il a le mauvais réflexe de sauver la vie à un gosse pas encore né, ciblé par des méchants sanguinaires. Pas contents, ces derniers tiennent mordicus à dégommer et le bébé et son providentiel protecteur. Voilà. On a fait semblant de raconter le pitch, si on peut qualifier ainsi les trois lignes du scénario, probablement griffonnées à la hâte sur un bout de kleenex. En fait, ce n’est pas là que se niche l’intérêt de Shoot’em up (littéralement “Flingue-les !”), film qui porte si bien son titre. Là, il n’est question que de scènes dopées aux amphétamines, plus barges les unes que les autres, réalistes comme un caniche en joueur d’échecs et consommant la moitié de l’armement de la République de Saint-Christophe-et-Nevis. Ce clin d’œil plus qu’appuyé aux polars made in Hong Kong (et leur gourou John Woo) est relevé d’un humour noir potache et d’un casting de prestige (Clive Owen et Monica Bellucci, quand même !). Le résultat ? Un pur divertissement violent, génialement abrutissant, mais réellement jubilatoire. Un plaisir coupable, comme une douzaine de Big Mac bien gras.

Shoot’em up, au Mégarama.



Hajar Adnane. Pour Kadhafi et les mariés

Malgré son statut de Miss Star Ac’ Maghreb, Hajar Adnane ne snobe pas les prosaïques animations de mariage. Mais pas n’importe lesquelles. La semaine dernière, la starlette de Laâyoune a poussé la chansonnette en Libye pour 300 couples du cru qui convolaient en justes noces. Hajar a gratifié l’audience d’une chanson traditionnelle libyenne qu’a appréciée en particulier Seif Al Islam Kadhafi, maître de cérémonie de ce mariage “au gros”, organisé par les autorités libyennes et retransmis chaque année à la télévision publique. À cette occasion, le Guide suprême junior a également distribué des appartements aux nouveaux mariés, devant une Hajar qui en a conclu “qu’il y avait du bon à se marier en Libye”.


L’affaire Ben Barka. France 2 temporise

“Fin 2007. Ou alors début 2008”. À France 2, on reste plutôt vague sur la date de diffusion du téléfilm L’Affaire Ben Barka, dont le cas semble “très compliqué”, d’après une des responsables de la production, qui affirme que désormais, “tout est remis en cause”. Une soudaine frilosité provoquée par l’hostilité de plus en plus marquée de Bachir Ben Barka. Après un communiqué condamnant le film de Jean-Pierre Sinapi, le fils de l’ancien opposant n’exclut pas de recourir à la justice. “Le film élude la responsabilité des autorités marocaines, en faisant passer l’assassinat de mon père pour une opération personnelle ourdie par Oufkir et Dlimi”. Bachir affirme même que “la tromperie que présente le film (Ndlr : basé sur la version de l’ex-agent du Cab1, Ahmed Boukhari, dans son livre “le Secret”) va dans le sens d’une manipulation”. La convocation, le 24 septembre dernier, du réalisateur par Patrick Ramaël, le juge d’instruction en charge de l’enquête française sur la disparition de Mehdi Ben Barka, a également dû inciter France 2 à une bien tardive prudence. Comme quoi même sur le petit écran, l’Affaire Ben Barka reste loin d’être close.


Polémique. Ali N’ vs Amazighs ?

“Amazighophobie”, “manipulation”, “racisme”… les expressions rivalisaient de hargne dans le communiqué publié en Une de Libération du 6 octobre par un groupement d’artistes et de techniciens du Souss (une soixantaine selon Rachid Bouksim, l’un de ses membres), en colère contre l’émission Film Industry du 29 septembre sur Al Aoula. On y aurait “censuré” les passages en tamazight et privé de f’tour des participants amazighs lors de l’enregistrement, après les avoir “sous-payés”, pour travailler dans des conditions “dégradantes”. “Il est regrettable que la défense d’une langue et d’une culture (…) soit pour certains l’occasion de revenir sur des arguments d’ordre économique”, répond-on chez Ali N’ Production… fatigués du malentendu selon lequel FI serait censée glorifier l’amazighité. Et de préciser qu’il s’agit “d’un projet marocain dans toute sa diversité culturelle”, auquel chacun a participé “de plein gré en acceptant les conditions financières” inhérentes à des budgets qui seront incessamment “audités en toute transparence”.


Danse. Aïta au corps

Lorsque Bouchra Ouizguen part à la rencontre des chikhate de la Aïta, c’est plus par fascination personnelle que par désir professionnel. À Beni Mellal, elle entend parler d’une chikha de génie qui maîtrise le oud au point de pouvoir en jouer avec ses orteils. “Elle a 98 ans. Tout le monde me déconseillait de l’approcher parce qu’elle ne voulait pas d’intrusion dans son univers. Elle m’y a pourtant laissé entrer. Elle m’a martelé que je devais être initiée au chant et au oud”, raconte la chorégraphe. Les deux femmes se trouvant des affinités, elles décident de travailler à la création d’une pièce de groupe. “Ce n’est ni un concert de chikhate, ni un spectacle de danse contemporaine : c’est une rencontre entre deux mondes”. Et ça s’intitule Aïta, tout simplement. Le spectacle, qui sera présenté le 9 novembre dans le cadre de la tournée de la troupe Anania, donnera ensuite lieu à une seconde pièce totalement dédiée aux chikhate et promise pour février 2008.

Le 9 novembre au théâtre Mohammed V, à Rabat



Raï. Le come-back de Khaled

Dans une interview accordée cette semaine au quotidien algérien El Watan, le roi du raï a annoncé son retour sur scène. Khaled affirme s’être réconcilié avec sa maison de disques, Universal, après un divorce de quatre ans. Du coup, il préparerait un album pour janvier, avec la participation entre autres de Don Was, producteur des Rolling Stones. En attendant, un best of sera dans les bacs début novembre, incluant son vieux titre, Liberté, “une chanson rebelle et juvénile” de ses débuts, pour reprendre les mots de Khaled. Interrogé sur son séjour au Maroc, le chanteur a démenti avoir été victime de l’accident de voiture, près d’Oujda, que lui avaient attribué divers sites Internet début septembre. C’est en fait une échirure musculaire contractée “en soulevant une valise” qui lui aurait valu sa récente intervention chirurgicale à Paris.


Parution. Bambins et futurs citoyens

Votre petit dernier persécute ses camarades de crèche ? Sa sœur de 3 ans refuse de se mêler aux jeux communs ? Dites-vous qu’à moins d’y remédier, il risque de faire un très mauvais citoyen. Dans son livre Eveil et civisme des enfants, la psychologue Assia Akesbi Msefer propose quelques pistes de compréhension de ces problèmes, en analysant le rôle du jardin d’enfant dans le développement intellectuel et social des futurs citoyens marocains. Après Ecole, sujets et citoyens, ce deuxième ouvrage donne une nouvelle clé aux parents et aux éducateurs pour aborder avec sérénité ces années déterminantes pour l’enfant. En posant des questions aussi diverses que “l’affirmation du moi par le non”, ou “la place symbolique de la nounou”, l’ouvrage fournit aussi un précieux outil aux professionnels de la psychologie enfantine.


Animation. La ferme se rebelle

Des poulets déjantés, des vaches survoltées, des cochons allumés, des fermiers dépassés… un vent de folie soufflera sur les écrans de Meknès et région le week-end du 27 octobre, amené par Federico Vitali, auteur de la série d’animation Guano ou encore de l’hilarante Lava Lava – parodie animée du monde rural – diffusée sur Canal+. Le réalisateur sera en effet l’invité spécial de l’Institut français de Meknès, en célébration de la Journée mondiale du cinéma d’animation (le 28 octobre). Lors d’une mini-tournée rétrospective de son œuvre, Vitali présentera les locataires de sa ferme à Moulay Driss Zerhoun (le 27 octobre) et à El Hajeb (le 28 octobre) avant sa date meknassie (le 29 octobre).


Le livre.

Un écolier découvre qu’il a une belle écriture. Il entreprend alors de copier tous les textes qui lui tombent sous la main et développe une vraie passion pour sa nouvelle activité. Insatiable, il s’atèle à copier des livres entiers, s’enfermant dans sa chambre, n’éprouvant nul besoin de jouer, ni même de parler. À l’adolescence, sa passion allait abandonner le contenant pour le contenu. L’adolescent dévore deux livres par jour sans pour autant satisfaire sa boulimie de lecture. De ces premières amours, des souvenirs de textes ont survécu, des histoires, des fantasmes, des idées qui ont façonné sa vision de la littérature, une fois devenu adulte. Une littérature où les histoires sont si joliment écrites qu’elles peuvent se passer d’une fin.

Le cheval de Nietzsche ; Abdelfattah Kilito, Éd. Fennec.




Humeur.
Sabir juridique

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Le journaliste et le lecteur ont vécu copains comme cochons après la première vague d’attentats de mai 2003. Tout pour s’entendre. Le plumitif avait de la bonne matière à vendre : du sang, des bouts de corps, des sirènes d’ambulance, une panique générale et de la misère sociale. Et le lecteur, de la substance pour se donner le frisson, assouvir ses indignations et son goût pour le morbide. Les lois antiterroristes qui ont suivi ont mis fin à cette belle amitié, bâtie sur des affinités sélectives inavouables. Après l’action, il a fallu vendre la réaction : les inculpations et les arrestations. C’est mission quasi impossible, tant la législation antiterroriste est rédigée dans un style imbitable. Dernier exemple en date, l’homme arrêté à Meknès pour avoir voulu se faire exploser. L’histoire regorge de détails pittoresques auxquels peut s’identifier le lecteur, comme une butagaz et le bras perdu par l’apprenti kamikaze. Par contre, le passage en jugement de ce dernier a donné des suées aux journalistes couvrant l’affaire. Intitulé de l’inculpation : “Actes terroristes ayant un lien prémédité avec un projet individuel visant à porter gravement atteinte à l’ordre public par la terreur.” C’est aussi barbant à lire qu’à écrire. Aussi, plus personne ne prête attention à ces mots hypertrophiés par rapport à la nature du crime. L’indifférence règne. Au fond, c’était l’idée...



Au souvenir de Brel
Cela fera bientôt 30 ans que l’enfant du Plat pays n’est plus. Mais à en croire Mamoun, il ne nous quitte pas. À sa mémoire – et comme le veut l’usage désormais - le chanteur se produira le 11 et 12 octobre au complexe Sidi Belyout à Casablanca et le 26 Octobre au Centre Culturel de l’Agdal à Rabat.


Lounge en plein air
Marrakech accueillera du 19 au 21 octobre prochain la première édition du “Desert Lounge Week-end”. Des concerts en plein air, avec de gros calibres comme Bryan Ferry ou encore Air, au menu. Mais ce ne sera pas pour tous les portefeuilles, puisque les prix des places oscillent entre 600 et 7500 DH.


Une place au Festimode
Avis aux fashion-workers : les candidatures à la 3ème édition de Festimode sont à déposer jusqu’au 15 décembre à la Casa del Arte, à Casablanca. La fashion week marocaine est annoncée, pour 2008, du 13 au 17 mai, à la Cathédrale du Sacré-Cœur, avec défilé, expos, projections et débats. A vos patrons…

 
 
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