Société. Khouanji way of life
Reportage. Tarfaya, l'ex de Saint Ex
Portrait. Itinéraire d'un sans-papier
Idées. Croire en la jeunesse
France. La chicha, c'est fini !
Bourse. Le milliard pour Chaabi
Bigg. "J'ai plus d'impact que l'USFP"
Parution. Le Maroc pour les nuls
Musique. Le voyage des Hoba
Interview. "Banlieusarde le jour, reine le soir"
N° 293
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Adil Boukhima

La semaine.

Le siège casablancais
de Bank-Al-Maghrib.
(AIC PRESS)

Bank Al-Maghrib. Le système de paiement décortiqué


Une première au Maroc ! Bank Al-Maghrib vient de rendre public, pour la première fois, un rapport dédié aux systèmes et moyens de paiement. Cette pratique, courante au niveau international, vise, selon l’institution d’émission “à informer sur l’activité de ce domaine, ainsi que sur les actions entreprises par la Banque Centrale, en concertation avec les différents acteurs concernés, dans le cadre de sa mission consistant à veiller au bon fonctionnement et à la sécurité des systèmes et moyens de paiement”. D’une centaine de pages, ce
premier rapport retrace le cadre juridique et institutionnel de l’activité, son évolution au cours de l’exercice 2006 ainsi que les orientations qui lui ont été définies dans le plan stratégique 2007-2009 de BAM. Il est également bien riche en statistiques éloquentes, au sujet notamment des incidents de paiement. L’encours de ces derniers enregistre une progression annuelle de 10,81% à 43 milliards de dirhams. Près de la moitié de ce montant provient de 68 000 chèques, de montants supérieurs à 100 000 dirhams. Il faut dire que près de 2 chèques sur 100 sont rejetés par les agences bancaires et près de 445 000 Marocains sont interdits de chéquier. Côté fausse monnaie, le fléau reste assez limité au Maroc : moins de 17 billets sur un million sont faux, alors que ce taux est trois fois supérieur pour des monnaies comme l’euro. Enfin, le secteur de la monétique connaît un véritable boom ces dernières années. On recense, à fin 2006, plus de 3,5 millions de cartes bancaires au Maroc, qui ont permis de réaliser des transactions d’un montant global de 2,6 milliards de dirhams.


Multinationales. Les salariés actionnaires

Les multinationales qui ouvrent leur capital aux salariés de leurs filiales au Maroc sont de plus en plus nombreuses. Cette semaine, AXA, comme le groupe Vinci, ont obtenu le visa du CDVM pour une augmentation de capital à laquelle devraient souscrire leurs salariés marocains. Ces opérations, qui renflouent le capital de la maison-mère, se caractérisent par les différents avantages accordés aux salariés - souscripteurs : prix préférentiel, crédit pour l’acquisition des titres, etc. Depuis le début de l’année, l’autorité du marché a donné son aval à trois autres opérations de ce genre, qui ont concerné les salariés de Décapro Maroc, BNP-Paribas (BMCI) ainsi que Crédit Agricole (Crédit du Maroc).


Administration. L’Europe continue d’aider

En décaissant 180 millions de dirhams, l’Union Européenne vient d’effectuer, cette semaine, la 4ème et dernière tranche de son programme d’appui à la réforme de l’Administration publique (PARAP). Au total, c’est une enveloppe de 837 millions de dirhams qui a été gracieusement offerte par les partenaires européens (ces trois dernières années) pour réformer l’Administration marocaine. Un montant qui est venu contribuer au financement des départs volontaires et autres chantiers engagés par le gouvernement, visant l’amélioration de l’efficacité de l’Administration publique. Et l’UE semble, pour le moment, assez satisfaite des réalisations. Elle rempile pour un nouveau programme de 73 millions d’euros, pour consolider cette réforme entre 2007 et 2010.


E-commerce. C’est (vraiment) parti

Payer directement sur Internet, cela va devenir bientôt possible et via la carte de paiement qui se trouve déjà dans vote portefeuille. Maroc Télécommerce et le Centre monétaire interbancaire devraient annoncer, dans les prochains jours, cette petite révolution des systèmes de paiement au Maroc. Jusque-là, les transactions commerciales sur le Web étaient limitées à de simples commandes en ligne, alors que les paiements s’effectuaient à la livraison. Mieux, les titulaires de cartes de paiement marocaines peuvent disposer d’une réserve de 10 000 dirhams en devises, pour pouvoir réaliser des achats en ligne auprès d’entreprises étrangères. Le retard de ce chantier, amorcé depuis plusieurs années, a été enregistré à cause de la mise en place du dispositif de sécurité des transactions.



Pendant ce temps, le peuple….
Pub sociale

Karim voit rouge quand il tombe sur ce spot télé : Méditel annonce que pour tout achat d’un pack Médijahiz ou d’une carte de recharge à 200 dirhams, l’entreprise s’engage à verser un pourcentage pour soutenir la Banque Alimentaire. Karim apprécie vraiment le dévouement de cette Banque bien particulière : le concept de collecter des denrées alimentaires auprès de producteurs pour les redistribuer aux plus nécessiteux est admirable. Il est d’ailleurs ravi de voir de plus en plus d’entreprises venir la soutenir dans ce travail social. Mais au sujet de cette campagne Méditel, il a une série de réserves à émettre. Déjà, le timing n’est pas du goût de notre héros : lier ramadan et l’alimentation, ça fait vraiment cliché. En plus, les objectifs de l’opération ne sont pas à la hauteur d’une entreprise aussi prestigieuse que Méditel. Récolter un million de dirhams à coups de 5 dirhams par pack, ça ne vole pas vraiment très haut. Le calcul est simple : il faut vendre 200 000 packs pour que la Banque Alimentaire puisse toucher son million. Alors qu’au passage, Méditel en aura empoché 40. Et encore heureux que l’opérateur téléphonique ne soustraie pas de ce don les frais marketing : les panneaux publicitaires et les spots télé qui matraquent sans relâche cette “opération de solidarité”. Méditel aurait peut-être mieux fait de reverser son budget de com’ ramadanesque à la Banque Alimentaire et s’épargner cette mauvaise pub.



OFF.

ça bouge chez les enseignes de grande distribution. Marjane, qui semble complètement remis du départ d’Auchan, compte ouvrir deux nouveaux hypermarchés à Safi et à Kénitra d’ici la fin de l’année. Asswak Assalam, de son côté, annonce l’extension de son réseau avec trois nouveaux magasins, notamment à Marrakech, Oujda et Casablanca. Enfin, on parle également de la prochaine introduction en Bourse de Label Vie, autre acteur important du marché.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés