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N° 293
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Le président français
Nicolas Sarkozy.
(AFP)

France. Vous avez dit immigration ?


L’ouverture tant prônée par le président français, Nicolas Sarkozy, commence à montrer ses limites. Les premiers craquements se sont fait sentir autour du très controversé projet de loi sur l’immigration en France. La secrétaire d’Etat à la politique de la Ville, Fadela Amara, débauchée à gauche, a été la plus critique. Elle a jugé “dégueulasse” qu’on “instrumentalise l’immigration” et répété son opposition à un amendement instaurant la possibilité de tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Le coup de gueule d’Amara a suscité de
vives réactions dans les rangs de la majorité. La disposition sur les tests ainsi que celle excluant les sans-papiers des centres d’hébergement d’urgence sont au cœur de la polémique suscitée par le projet de loi actuellement en discussion au Parlement. Ce texte a déjà provoqué la désapprobation d’autres personnes de “l’ouverture” sarkozienne, dont le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, et le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch. Fadela Amara, née de parents algériens, prévient : “Très franchement, le jour où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, eh bien je partirai”. La gauche et les associations dénoncent aussi la “politique du chiffre” du gouvernement, qui s’est fixé comme objectif d’expulser 25 000 clandestins cette année. Ironie du sort, cette polémique a éclaté alors que la France s’est dotée mercredi d’un musée de l’immigration. Le gouvernement, chahuté sur son projet, a fait profil bas. L’inauguration dudit musée s’est faite en catimini. Pas de Sarkozy ni de Fillon à l’horizon pour cette Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) à Paris. Seule Christine Albanel, la ministre de la Culture, a fait un passage éclair en début de soirée. La gauche était présente par le biais de François Hollande et Bertrand Delanoë. La Cité raconte l’immigration des débuts à nos jours, évoquant les pages douloureuses mais aussi l’extraordinaire apport de l’immigration : culture, sport, langue, recherche, etc. Mais, comme le note Le Monde, le musée “ne remplira pleinement son rôle que lorsqu’il cessera d’occulter le sujet du colonialisme et invitera la société à l’assumer”.


Prix nobels. La cuvée 2007

C’est la saison des Prix Nobel. L’Allemand Gerhard Ertl a reçu, en guise de cadeau d’anniversaire pour ses 71 ans, celui de chimie. Ses travaux portent sur la chimie des surfaces. “Ertl a étudié l’oxydation du monoxyde de carbone sur le platine, une réaction qui se produit dans le catalyseur des voitures pour nettoyer les émissions”, explique l’Académie royale des sciences. Le Nobel de physique a été décerné à un autre Allemand, Peter Grünberg, conjointement avec le Français Albert Fert, pour leurs recherches sur la magnétorésistance géante (GMR). Celui de médecine est allé lundi à deux chercheurs américains, Mario Capecchi et Oliver Smithies, et un Britannique, Martin Evans, pour des travaux sur la création de souris transgéniques qui aident la recherche sur des maladies comme l’Alzheimer ou le cancer. Le Prix Nobel de littérature a été attribué à la Britannique Doris Lessing, alors que le plus prestigieux d’entre tous, le Nobel de la paix, sera remis vendredi.


Birmanie. Silence, on réprime

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi a déclaré mercredi ne pas avoir été contactée jusqu’ici par la junte en vue d’un dialogue politique, après la répression des récentes manifestations qu’a connues le pays. Pourtant, le régime militaire avait annoncé lundi la nomination d’un officier de liaison, le général de réserve Aung Kyi, un modéré, dont la tâche est de maintenir de “bonnes relations” avec la lauréate du Prix Nobel de la Paix, assignée à résidence depuis 2003 à Rangoun. Mardi, la pression s’accentuait un peu plus sur la junte. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont fait circuler un texte qui dénonce la répression à l’encontre de l’opposition birmane. Depuis que le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est penché sur la crise, le régime des généraux a fait une série de gestes, mais sans réelle portée.


Al Qaïda au Maghreb. Le n°2 est tombé

La presse algérienne a annoncé que le n° 2 d’Al Qaïda au Maghreb (ex-GSPC), Zobeir Harkat dit Sofiane Fassila, a été tué dimanche en Algérie dans un accrochage avec l’armée en Kabylie. Présenté comme l’artificier de la mouvance terroriste, cet homme de 32 ans aurait été à l’origine de l’introduction, depuis avril, des attentats-suicides en Algérie. Plusieurs de ces attentats ont pris pour cibles notamment le Palais du gouvernement, deux commissariats de la banlieue-est d’Alger, deux casernes de l’armée et le cortège présidentiel à Batna. Fassila aurait été aussi à la tête d’un réseau de “passeurs”, dont il était le seul à connaître les ramifications. D’après la presse, la nomination de Fassila comme n°2 faisait l’objet de dissensions au sein de l’organisation.


Insolite. Un Malaisien dans l’espace

C’est une première. Un spationaute malaisien, Cheikh Muszaphar Shukor, a décollé mercredi à bord d’une fusée Soyouz du cosmodrome russe de Baïkonour (Kazakhstan). Ce médecin et mannequin malaisien, âgé de 35 ans, s’entraîne depuis un an à la Cité des Etoiles. Sa participation à une mission spatiale a été décidée en 2003, lorsque Kuala Lumpur a acquis 18 avions de combat russes Sukhoï 30 pour plusieurs milliards de dollars. Cheikh Shukor est accompagné de l’Américaine Peggy Whitson et d’un cosmonaute russe. “Je me sens très bien, dit l’astronaute qui part en plein ramadan. Je ne sais pas encore comment, mais je suis sûr que je pourrai m’arranger pour prier et jeûner”.



Lu pour vous.
La doctrine des néo-conservateurs [EGYPTE]

Morsi Attalla, Al Ahram Hebdo, le 10 octobre

La multiplication et l’aggravation de crises au Moyen-Orient et surtout dans la région arabe reviennent en premier lieu à la stupidité de la politique américaine de ces dernières années. Une politique qui porte en elle toutes les formes d’intolérance envers le monde arabe et islamique, suite à la montée au pouvoir des néo-conservateurs. Ces derniers estiment que l’usage de la force américaine est la seule garantie de la stabilité du monde et de la préservation des intérêts américains. Si cette doctrine continue à dominer la politique américaine, les néo-cons utiliseront l’énorme force américaine pour briser le lien traditionnel entre la souveraineté nationale et la sécurité nationale de tout le pays. L’essentiel pour eux est que les Etats-Unis continuent à posséder une suprématie militaire et économique sans concurrents ni partenaires. Ces néo-cons oeuvrent à convaincre la société américaine que tout retrait des forces américaines des zones de conflit, que ce soit en Europe ou au Moyen-Orient, créera un véritable chaos mondial (…) Par ailleurs, ils pensent à tort que, même si les menaces des armes de destruction massive disparaissent, les Etats-Unis peuvent toujours brandir l’arme de la démocratie comme prétexte pour s’ingérer dans les affaires des autres pays. La principale leçon, selon leur agenda, est que la sécurité américaine est le principal fondement de la sécurité mondiale.



Irak. La sécurité américaine en question

Les scandales autour des entreprises américaines de sécurité en Irak s’accumulent. Après l’affaire Blackwater, une autre société, Unity Ressources Group, est accusée d’avoir tué mardi des civils lors d’une fusillade. L’entreprise assure avoir agi de manière appropriée. Deux femmes ont été tuées et une troisième blessée lorsque des employés d’URG ont ouvert le feu sur une voiture qui s’est approchée du convoi de blindés. L’incident intervient moins d’un mois après une fusillade au passage d’un convoi de Blackwater, qui avait fait 17 tués civils. Les autorités irakiennes ont accusé Blackwater de “crime délibéré” et annoncé leur détermination à mettre au pas les entreprises de sécurité qui ont proliféré en Irak depuis l’invasion américaine en mars 2003.


Vite !

En Afghanistan, l’ingénieur allemand et quatre de ses collègues afghans, enlevés à la mi-juillet par les talibans, ont été libérés. Ils ont été relâchés en échange de cinq prisonniers talibans, ont annoncé un gouverneur local et les rebelles islamistes.

 
 
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