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N° 294
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Comédie politique

Monsieur Abbas El Fassi doit enfin souffler, après avoir été largement aidé pour former un gouvernement. Ceci laisse penser que, dans l’avenir, il sera tout aussi généreusement assisté dans ses tâches pour faire bonne figure. Question : M. El Fassi est-il le véritable Premier ministre du Maroc, au sens plein du terme ? Je ne le pense pas. Parce que chez nous, un Premier ministre, ça ne sert pas à grand-chose. Sinon à empocher un gros salaire et à bénéficier d’avantages en nature, pour jouer son (petit) rôle dans une pièce de théâtre, où tout le monde s’efforce de véhiculer l’image d’une démocratie. Cette fois, la primature a un bonus : le gouvernement compte dans ses rangs une comédienne professionnelle, Madame Touria Jabrane. Elle pourra prodiguer ses conseils à M. El Fassi, pour qu’il réussisse son passage dans cette mauvaise pièce de théâtre qu’est devenue la politique au Maroc. Seulement, ils la joueront sans spectateurs. Les billets, même distribués gratuitement, n’intéressent plus personne. Nous connaissons trop la médiocrité de cette production. Qu’ils ne comptent pas sur nous pour en être les spectateurs, encore moins des acteurs.

Sara Doulkiffel, Rabat.



Tout ça pour ça !

Et voilà ! Après le tintamarre des élections et des tractations entre les partis, le gouvernement est enfin formé. Mais la montagne a accouché d'une souris, puisqu’il est largement dominé par les technocrates. Tout cela m’inspire une série de questions : pourquoi avoir fait avorter ce qui pouvait ressembler à une première expérience démocratique ? À quoi servent des élections “transparentes” et la nomination du chef du parti gagnant au poste de Premier ministre, si les règles de jeu ne sont pas respectées ? Comment se fait-il que l’USFP, après la correction des urnes, arrive à dicter ses conditions pour participer au gouvernement ? Quel est le rôle à venir du Parti du tracteur, qui ne cesse de se renforcer ? Et dernière question : au lieu de cette mascarade, n’aurait-il pas mieux valu laisser Driss Jettou finir le travail qu’il avait si bien commencé ?

Hassan Laamel, Casablanca.

 
 
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