Monsieur Abbas El Fassi doit enfin souffler, après avoir été largement aidé pour former un gouvernement. Ceci laisse penser que, dans lavenir, il sera tout aussi généreusement assisté dans ses tâches pour faire bonne figure. Question : M. El Fassi est-il le véritable Premier ministre du Maroc, au sens plein du terme ? Je ne le pense pas. Parce que chez nous, un Premier ministre, ça ne sert pas à grand-chose. Sinon à empocher un gros salaire et à bénéficier davantages en nature, pour jouer son (petit) rôle dans une pièce de théâtre, où tout le monde sefforce de véhiculer limage dune démocratie. Cette fois, la primature a un bonus : le gouvernement compte dans ses rangs une comédienne professionnelle, Madame Touria Jabrane. Elle pourra prodiguer ses conseils à M. El Fassi, pour quil réussisse son passage dans cette mauvaise pièce de théâtre quest devenue la politique au Maroc. Seulement, ils la joueront sans spectateurs. Les billets, même distribués gratuitement, nintéressent plus personne. Nous connaissons trop la médiocrité de cette production. Quils ne comptent pas sur nous pour en être les spectateurs, encore moins des acteurs.
Sara Doulkiffel, Rabat.
Tout ça pour ça !
Et voilà ! Après le tintamarre des élections et des tractations entre les partis, le gouvernement est enfin formé. Mais la montagne a accouché d'une souris, puisquil est largement dominé par les technocrates. Tout cela minspire une série de questions : pourquoi avoir fait avorter ce qui pouvait ressembler à une première expérience démocratique ? À quoi servent des élections transparentes et la nomination du chef du parti gagnant au poste de Premier ministre, si les règles de jeu ne sont pas respectées ? Comment se fait-il que lUSFP, après la correction des urnes, arrive à dicter ses conditions pour participer au gouvernement ? Quel est le rôle à venir du Parti du tracteur, qui ne cesse de se renforcer ? Et dernière question : au lieu de cette mascarade, naurait-il pas mieux valu laisser Driss Jettou finir le travail quil avait si bien commencé ?