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Par Fahd Iraqi
E-commerce. Le dirham passe sur la Toile
2,6 millions de cartes
4,7 millions de transactions
2,6 milliards de dirhams
Source : Bank Al-Maghrib / à fin 2006
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Dans quelques semaines, les Marocains pourront enfin réaliser des transactions sur Internet avec une simple carte de paiement. L'ère du e-commerce vert et rouge démarre.
Défilement jusqu'au mouton de son choix, zoom sur les cornes, double-clic sur le poids, introduction du numéro de la carte de paiement, de sa date d'émission
et le tour est joué. Il n'est pas exclu de voir des Marocains acheter ainsi leur hawli au prochain Aïd Al Adha. Il suffirait seulement qu'un vendeur de bétail plus malin que les autres ait l'audace de lancer un souk de moutons on line. Car le paiement via Internet se démocratise. Réservé jusque-là aux seuls (chanceux) titulaires de cartes de paiement internationales ou de comptes à l'étranger (et la Carte bleue qui va avec), le e-commerce s'ouvre désormais aux porteurs de cartes de paiement en dirhams. Le |
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système devrait devenir opérationnel dès le mois prochain, promet Rachida Benabdellah, directeur général du Centre monétaire interbancaire (CMI), tout en s'interdisant d'en dire plus avant le lancement officiel, prévu en novembre.
Il s'agit ainsi d'une véritable révolution dans les systèmes de paiement au Maroc. Commerçants et consommateurs devront voir progressivement leurs habitudes chamboulées. Car même si les sites Internet marchands au Maroc ont fait leur apparition depuis plusieurs années déjà, les services qu'ils proposent se limitent aux réservations ou aux commandes. Quant au paiement, il ne peut s'effectuer qu'à la livraison. Il ne faut pas oublier que le Maroc reste toujours une société de cash, explique Mohammed Horani, président de HPS, société spécialisée dans les solutions monétiques qui a accompagné le CMI dans la mise en place du nouveau système de paiment. Les solutions de paiement électroniques possibles sont exploitées bien en deçà de leur potentiel.
L'entrée en service de ce mode de paiement est l'aboutissement d'un long processus de mise à niveau du secteur de la monétique. Une modernisation qui a démarré par le regroupement et l'harmonisation des différentes interfaces de paiement des banques (via la création du CMI, justement), le remplacement des classiques fers à repasser par des terminaux spécifiques, puis l'introduction de cartes à puce sécurisées. Techniquement, ce système de paiement aurait pu être mis en place depuis longtemps. Mais il fallait que le marché le justifie, ajoute le président de HPS.
Une réserve en devises
Et c'est justement l'ouverture de l'économie marocaine, menée au pas de charge, qui a permis cette maturité tant attendue du marché. Les différentes compagnies aériennes low-cost qui se sont installées au Maroc ont été les premiers lobbyistes pour convaincre le Groupement professionnel des banques du Maroc et l'Administration de franchir ce pas, explique cette source proche du dossier. Convaincue, l'Administration est même allée plus loin. Dans la foulée, l'Office des changes a bien voulu accorder à tout titulaire d'une carte de paiement en dirhams le droit de bénéficier d'une réserve annuelle de 10 000 dirhams en devises (à condition évidemment de l'avoir sur son compte bancaire). Ce montant, qui n'est pas déduit des 20 000 dirhams de la dotation touristique, peut être mobilisé pour effectuer des achats en ligne auprès d'entreprises étrangères. Concrètement, tout Marocain titulaire d'une carte de paiement peut commander un roman sur Amazon.com, saisir les bonnes affaires sur e-bay.com ou encore acheter un billet d'avion ou un séjour touristique sur last-minute.com.
Pour autant, le développement du e-commerce dépend surtout de l'offre marchande locale disponible sur la Toile. La facilitation des moyens de paiement incitera forcément à la création de nouvelles vitrines virtuelles au Maroc, explique un observateur. D'ailleurs, les quelques portails de commerce en ligne déjà existants connaissent un réel engouement. Exemple : le site bi3ochri.ma, récemment lancé, compte aujourd'hui près de 10 000 produits mis en vente et enregistre près de 2000 connexions par jour. Et à en croire les responsables du site, ce dernier est déjà prêt pour s'adapter au nouveau mode de paiement. Jusque-là, les titulaires de compte sur notre site devaient effectuer des virements bancaires pour pouvoir commander des articles en ligne, mais tout est prêt aujourd'hui pour basculer vers ce système de paiement par carte. Depuis le lancement de bi3 o chri, nous disposons d'un système adapté qu'on va pouvoir utiliser désormais, expliqunt-ils.
Sécuriser, rassurer
Mais au préalable, il faudra gagner la confiance des titulaires de carte. Pour cela, le système bientôt lancé devra offrir de réelles garanties de sécurité des paiements. Avant le Maroc, nous avons installé ce genre de système dans d'autres pays. D'ailleurs, il a été validé par les géants de la monétique que sont Visa et Master Card, explique Mohammed Horani.
Et le processus semble verrouillé : le traitement des opérations sera assuré par Maroc Télécommerce, qui jouera le rôle de terminal de paiement électronique virtuel, permettant de sécuriser la transaction. Le relais est ensuite pris par le CMI, qui valide le débit des sommes du compte du client, comme il le fait actuellement pour n'importe quel achat payé par carte bancaire.
Toutefois, les deux entités se portent uniquement garants du processus technique de la transaction (sécurisation des données, versement au commerçant) et non pas de sa finalité. En d'autres termes, ils n'ont pas à savoir si le produit a été effectivement commandé par le client, s'il a été livré dans les délais ou s'il est conforme à l'annonce sur le site marchand. Pour autant, l'acheteur peut toujours contester toute opération. Auquel cas, il sera au commerçant crédité d'apporter la preuve de la transaction (avec un bon de livraison, par exemple). Cela dit, la vigilance reste de rigueur. Il y a mille et une manières de se faire arnaquer en ligne. Et les Marocains, novices en la matière, auront tout le temps de s'en rendre compte... |
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Paiement. Le mobile à la place du cash ?
Qui n'a jamais reçu un SMS appelant à soutenir une action ou une association quelconque ou encore un texto invitant à s'inscrire pour une tombola au lot alléchant. Les prix des SMS de réponse surtaxés, sont évidemment nettement plus élevés que les tarifs d'un message classique facturé par un opérateur téléphonique. Ce dernier reçoit d'ailleurs une commission sur ces SMS surtaxés, alors que le gros des recettes est reversé aux organismes à l'origine de l'action commerciale. Ces pratiques démontrent la capacité qu'ont les opérateurs de faire rapidement du mobile un moyen de paiement. Un service qui reste aujourd'hui limité à quelques actions ponctuelles. Méditel, par exemple, permet à ses abonnés de recharger ou d'acheter des packs en payant directement sur leurs factures téléphoniques. Dans d'autres pays, le paiement via téléphone portable tend à se banaliser. Les consommateurs peuvent payer leurs factures récurrentes (eau, électricité) ou même acheter des articles dans le commerce. Exemple : devant des distributeurs de soda, il n'y a plus besoin d'introduire des pièces de monnaie : il suffit de composer un numéro pour être servi. Les applications de paiements via mobile sont multiples et la technologie qui le permet est déjà aussi simple qu'un coup de fil. Les verra-t-on se développer dans l'avenir au Maroc ? |
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