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N° 294
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“J’ai le cœur à gauche, le portefeuille à droite”

Fatiha layadi, Députée SEP
(sans étiquette politique)
(TNIOUNI / NICHANE)

Antécédents

1960. Naissance à Casablanca.
1982. Maîtrise en Littérature anglaise.
1989. Obtient la bourse Dag Hammarskjold des Nations Unies.
1990. Naissance de sa fille unique.
1993. Couvre le conflit somalien pendant deux mois.
2003. Directrice au sein du ministère de la Communication.
2007. Rejoint la liste électorale d’El Himma.

Smyet bak ?
El Hachmi Layadi.

Smyet Mok ?
Aïcha Mokhtar Jamaï.

Nimirou d’la carte ?
E40652.

Qu’auriez-vous pensé, il y a quelques années, si on vous avez prédit que vous figureriez un jour sur la liste de Fouad Ali El Himma ?
Il y a quelques années, j’étais observatrice de la chose politique dans le cadre de mon travail de journaliste. Or, il y a incompatibilité entre observation et pratique de la politique. Je ne pensais donc pas me lancer dans ce domaine.

Vous ne trouvez pas qu’une femme des villes comme vous, ça jure avec la liste du Tracteur ?
Quand vous parlez de femme des villes, ça me fait penser au rat des villes et au rat des champs. J’ai dû effectivement surprendre en me présentant sur cette liste, mais je ne pense pas que cela ait choqué. D’ailleurs, lors de mes visites aux Rhamna, j’ai reçu un accueil plus que favorable.

Vous avez déjà conduit un tracteur ?
(Rires). Non, mais en revanche, j’ai déjà été côté passager. Ma grand-mère, jusqu’à la fin de sa vie, préférait vivre à la campagne. Et comme j’allais souvent la voir, c’est un engin qui m’est familier.

Vous avez été journaliste à Al Bayane, journal du PPS. Vous n’avez pas l’impression de trahir les vôtres en vous faisant élire sur une liste SAP ?
J’ai effectivement écrit dans le journal Al Bayane, mais pas en tant que partisane. À un moment donné, les dirigeants du journal ont décidé d’avoir recours à des professionnels. D’ailleurs, je n’ai pas ma carte du PPS et c’est une information facile à vérifier. Mais si vous voulez tout savoir, autant qu’on puisse parler de gauche et de droite aujourd’hui, je dirais que, comme beaucoup, j’ai le cœur à gauche et le portefeuille à droite (rires).

Par la suite, vous avez été recrutée par un ministre PPS, Nabil Benabdellah, ça fait beaucoup de coïncidences…
À l’époque, Nabil Benabdellah avait besoin de certains profils au sein de son ministère, des personnes qui possèdent, entre autres, un carnet d’adresses. Son choix s’est porté sur moi et il a proposé mon nom au roi, qui a validé ma nomination au poste de directrice de la communication par dahir.

Vous êtes déçue pour votre ex-patron, Benabdellah, qui a échoué aux élections ?
Je trouve cela dommage qu’il n’ait pas remporté de siège. Il aurait contribué positivement à l’action parlementaire. Comme beaucoup de politiques, c’est quelqu’un dont l’absence va se faire ressentir dans la vie parlementaire marocaine.

Vous vous êtes présentée sur la liste de M. El Himma pour être sûre de passer ?
J’y suis allée la fleur au fusil, parce que je tenais à faire l’expérience d’une campagne électorale. Comme vous le savez, j’étais troisième sur cette liste, et c’est vraiment rare que trois candidats d’une même liste remportent tous les sièges. C’est vous dire à quel point j’y croyais.

Vous avez longtemps collaboré avec le magazine Femmes du Maroc, vous écriviez dans la rubrique mode ou beauté ?
Non, j’écrivais dans la rubrique politique.

Et où sont les femmes, dans la scène politique ?
Justement, dans mes articles de l’époque, j’expliquais que les femmes sont en partie responsables de leur absence sur la scène politique.

Etes-vous une Iron Lady ?
I don’t like clichés, you know ! (en anglais dans le texte). Je pense être une femme normale. Marocaine, et fière de l’être.

Vous comptez être assidue aux séances du Parlement ou bien sécher de temps à autre ?
Je compte être très assidue. Aux Rhamna, le taux de participation a été particulièrement élevé. Ces électeurs, comme l’ensemble des citoyens marocains, méritent qu’on se penche sur leur sort. Donc, je ne compte pas être une parlementaire absente.

Et “Si Fouad”, comme on l’appelle, vous pensez qu’il voit les choses de la même manière ?
Je ne veux pas me prononcer pour lui, mais en tout cas, pour l’instant, il a fait preuve d’assiduité. Hier (ndlr mardi), par exemple, il a assisté à toute la séance. Il s’est absenté seulement cinq minutes de l’hémicycle.

Vous n’avez pas postulé, comme beaucoup d’autres, pour un poste de ministre ?
Jamais il ne me viendrait à l’esprit d’envoyer un CV pour postuler au poste de ministre. Je suis bien là où je suis.

Au Parlement ?
Oui, au Parlement !

 
 
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