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Par Youssef Ziraoui
Tendance. Un T-shirt pour le dire
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Kamel Sebti, le créateur
de la marque Gazal.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Agée dà peine six mois, la marque marocaine dhabillement Gazal rencontre un certain succès auprès dune clientèle jeune et branchée. Son secret : des slogans originaux, parfois provocateurs.
La trentaine à peine entamée, Kamel Sebti saffaire dans son commerce de vingt mètres carrés, une ancienne boutique dopticien transformée en fringant magasin de streetwear. En maître des lieux, il veille à la disposition de ses produits : quelques casquettes, mais surtout des T-shirts, dont la conception constitue le cur de métier de |
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la jeune entreprise. Leur particularité ? Ils sont floqués de slogans originaux, souvent décalés, parfois provocateurs : Maman jai trouvé un Fassi ou Reviens quand tu seras plus mignon pour la gent féminine, Absolut Skrane, Mal mok Dasssrrr pour les plus hardis. Et à en croire le jeune créateur, ça marche : en six mois dexistence, les produits de Gazal habillent déjà près de 7000 aficionados, séduits par le côté branché des T-shirts. Branché, Kamel lest également. Dans ses phrases, le jeune homme jongle avec aisance entre la langue de Molière et celle de Shakespeare. Et si ce nétait sa tenue de travail (pantalon bermuda, tongs Havaïanas), il ne ferait pas tache dans une salle des marchés. Loquace, il ne se fait pas prier pour expliquer lorigine de sa marque : un simple délire entre amis. Avec un groupe de copains, on avait lhabitude de sappeler Ghazal, beau gosse. Cest de là quest née la marque Gazal, lance-t-il. Quant à lidée des slogans apposés sur ses T-shirts, Kamel na en vérité rien inventé.
Plus fashion que contestataire
Dans les années soixante déjà, Lou Reed, le célèbre chanteur de rock et fondateur du groupe The Velvet Undergroud, un temps managé par Andy Warhol, décidait dutiliser ses T-shirts comme moyen dexpression artistique ou contestataire, les ornant de slogans en tout genre. La vogue sest ensuite développée un peu partout dans le monde, utilisant parfois des variations autour du détournement des logos de marques à la notoriété planétaire.
Sous nos cieux, ses échos prendront diverses formes. On pense au logo M7a-k du rappeur Mc Jo ou encore à la marque Hmar ou Bikheer, lancée avec un certain succès par le trio de la griffe Stounami. Sans oublier les fameux maillots détournés du Wydad et du Raja de Casablanca, respectivement ornés dun Frimija ou dun Omega (en référence au panneau daffichage du Complexe Mohammed V, emplacement réservé des supporters des Verts).
Kamel Sebti a eu en revanche le mérite den faire un véritable business, en créant une marque en bonne et due forme. Une marque qui évolue dans un registre plus fashion que contestataire, comme le souligne la devise de Gazal, forcément en anglais dans le texte : For your fashion statements, think Gazal (Pour votre positionnement mode, pensez Gazal).
Pourtant, rien ne prédestinait Kamel à une carrière dans lhabillement. Début des années 90, son bac en poche, il senvole pour les Etats-Unis, direction Philadelphie, pour entamer des études en télécoms, quil boucle cinq ans plus tard, pour rejoindre les équipes dentreprises locales. Ça ne durera pas longtemps : en 2003, cest le retour à Casablanca. Kamel est recruté par le groupe IBM, au poste de responsable des grands comptes. Une fonction qui ne laissait aucune place à la créativité. En plus, je navais aucun défi à relever dans le cadre de cette profession. Las des réunions clientèle et des présentations PowerPoint, Kamel décide de retourner aux études, à 31 ans. Son choix se porte sur une école de commerce à Paris, où il découvre le quartier du Marais et ses boutiques de jeunes créateurs. Ce sont ces échoppes, comme celles du Shanghaï Market (marché en plein air chinois, découvert au hasard dun voyage scolaire en Chine), qui inspireront le futur entrepreneur. À Paris comme à Shangaï, je me suis rendu compte que les consommateurs étaient friands de marques originales. Cest de là quest née lidée de créer Gazal, se rappelle-t-il.
Marketing maison
Début 2007, Gazal voit le jour. Après avoir recruté un infographiste qui avait le même état desprit, Kamel Sebti planche sur la conception de sa première collection. Il conçoit les slogans, définit le graphisme, les coupes et les couleurs
et fait tester lensemble dans son entourage immédiat, entre famille et amis. Sur 300 slogans proposés, on a fini par en retenir une centaine qui ont recueilli le plus de suffrages, précise-t-il. Passé ce tamis, la phase de fabrication peut commencer, en sous-traitance à une usine de confection casablancaise. Mais chaque déclinaison est produite en petite série (une centaine de T-shirts), histoire de minimiser les risques.
Pour la commercialisation, à lexception de la boutique casablancaise, Gazal sappuie sur des enseignes tierces : les magasins Best Mountain, à Rabat et Casablanca, et des points de vente mobiles à Marrakech et à Tanger, dans des sites soigneusement sélectionnés. Je partage mes marges avec les distributeurs, mais cest un sacrifice à consentir pour consolider la présence de la marque et accroître sa notoriété, explique Kamel Sebti, qui connaît son mercator sur le bout des doigts.
Autre atout de Gazal : la réactivité. La marque tente en effet de coller à lactualité, en renouvelant constamment ses créations et en les adaptant à lair du temps. Mention spéciale pour la mini-collection conçue pour le mois de ramadan, avec des accroches idoines, comme Mramdan ou Ma9tou3. Actuellement, Kamel planche sur la collection hiver, qui se déclinera également en
lingerie. Et le jeune créateur a déjà des idées bien précises : des caleçons estampillés I was born ready pour les hommes, et des strings frappés dun Catch me if you can pour les dames. |
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