Politique. Le gouvernement en questions
PJD. Chaude, chaude, la rentrée
Phénomène. La première tournée
Tendance. Un T-shirt pour le dire
Nostalgie. Les sept vies de Balima
Proche-Orient. Une conférence pour la forme ?
France. L'Affreux est mort
E-commerce. Le dirham passe sur la Toile
Faouzi Bensaïdi. "Je suis moderne, mais je me soigne"
Sortie. Il était trois fois rien
N° 294
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Fathallah Oualalou
et Salaheddine Mezouar
(DR)

Budget 2008. La loi de Finances hors délais


Aussitôt la passation des pouvoirs entre Fathallah Oualalou et Salaheddine Mezouar faite, ce dernier a démarré les réunions pour finaliser la Loi de Finances 2008. Le gouvernement sortant a, certes, bouclé un projet de Budget avant son départ, mais celui-ci ne semble pas trop du goût du nouvel argentier du royaume. Mezouar a en effet donné ses instructions pour apporter les retouches nécessaires à cette loi de Finances, avant de la discuter en Conseil de gouvernement. D’abord, la base de calcul a été révisée à la hausse en prenant comme
hypothèse un prix du baril à 75 dollars, alors qu’il était fixé à 68 dollars initialement. Cette révision alourdit davantage l’enveloppe consacrée à la Caisse de compensation, déjà affectée par la hausse des prix à l’international des différentes denrées alimentaires subventionnées. Selon les hypothèses du ministère des Finances, la croissance prévue pour 2008 est de 2,8%, alors que le déficit budgétaire avoisinerait les 3%. Côté recettes fiscales, on s’attend à une progression de 20%, en dépit de la baisse attendue des taux d’IS. Cet impôt devrait passer à 30% pour les entreprises et à 35,5% pour les banques, contre respectivement 35 et 39,6% actuellement. Côté privatisations, le Budget 2008 prévoit des recettes d’un milliard de dirhams, attendu de la cession de certaines petites entreprises publiques. Ces différentes retouches apportées à la loi de Finances laissent supposer qu’elle devra accuser un retard quant à sa discussion devant le Parlement. La loi organique des Finances fixe en effet le délai de son dépôt au 20 octobre.


Contrefaçon. Just don’t do it

Le géant américain du sportswear Nike semble avoir déclaré la guerre aux imitateurs de la marque. Le distributeur local de Nike multiplie les descentes dans les différents souks du royaume, en compagnie d’huissiers de justice, pour constater la mise en vente de produits de contrefaçon. Pas moins de 70 actions en justice ont été introduites jusque-là et deux commerçants ont déjà été condamnés à payer 10 000 dirhams de dommages et intérêts au plaignant Nike International Ltd. Mais pour traiter le problème à la source, la firme américaine attaque également en justice les importateurs. Il faut dire que depuis l’entrée en vigueur de la loi 31/05, relative à la propriété industrielle et commerciale, ce type d’actions engagées par des compagnies internationales est devenu courant.


CDVM. Une circulaire pour le capital risque

Le gendarme du marché vient de rendre publique une circulaire pour organiser le processus d’agrément des organismes de placement en capital risque. La loi réglementant ce domaine, entrée en vigueur en avril 2006, prévoit en effet que les sociétés qui gèrent ces fonds d’investissements soient spécialement agréées. La circulaire du CDVM vise ainsi à “organiser le processus de dépôt et d’instruction de la demande d’agrément par ces sociétés de gestion, afin d’en assurer la fluidité, la transparence, l’efficacité et l’équité”. L’ensemble des opérateurs, y compris ceux déjà en activité, doivent du coup présenter leur dossier de demande d’agrément. Alors que cette nouvelle disposition entre en vigueur début novembre, le CDVM n’aurait reçu, pour l’heure, que quatre demandes d’agrément.


Assurances. RMA lorgne la Tunisie

Le groupe d’assurances de Othman Benjelloun se porte candidat pour une prise de participation à hauteur de 35% dans le capital de la Société tunisienne d’assurances et de réassurance (STAR). Cette compagnie publique cumule depuis plusieurs années les résultats déficitaires et se retrouve aujourd’hui en besoin de renflouer ses fonds propres. L’opération de privatisation devrait d’ailleurs se faire par augmentation de capital. Pour saisir cette opportunité, RMA Watanya doit affronter les huit autres compagnies internationales en lice, parmi lesquels on retrouve les trois puissants groupes français AXA, Macif et Groupama. L’intérêt porté à STAR dépasse le seul marché tunisien, puisque la compagnie est implantée en Algérie et détient une participation de 10% dans une compagnie nigérienne.



Pendant ce temps, le peuple….
Ministres d’affaires

Abdou, comme tout Marocain normalement constitué, a suivi avec amusement les péripéties guignolesques de la formation du gouvernement El Fassi. Il n’est finalement pas très déçu du casting gouvernemental. À part deux noms qui le mettent plutôt mal à l’aise. Il s’agit de deux compétences respectables, mais qui péchent par le fait d’avoir de gros intérêts économiques. Aziz Akhennouch est le plus influent opérateur du secteur des hydrocarbures. Ahmed Chami, de son côté, est l’associé – salarié du patron des patrons. Abdou est persuadé que ces deux ministres ne se désengageront pas de leurs entreprises respectives, surtout qu’il n’y a rien ni personne pour les y contraindre. Abdou est conscient que le Maroc n’a rien à voir avec les Etats-Unis. Chez l’Oncle Sam, le Congrès avait fait pression sur Charles Erwin Wilson, tout-puissant président de General Motors dans les années 50, pour céder ses actions dans la firme, avant d’accéder au poste de Secrétaire d’Etat à la Défense d’Eisenhower. Wilson avait eu à l’époque cette phrase historique : “Ce qui est bon pour l’Amérique est bon pour General Motors”. C’est devenu d’ailleurs une réplique mythique pour illustrer l’enchevêtrement entre affaires publiques et intérêts des grands groupes. Au Maroc, ce concept semble être la véritable politique économique du pays. Le slogan des “Champions nationaux”, sorti des arcanes des puissants holdings royaux, en est certainement la démonstration la plus évidente. Dans l’esprit de cette politique, Akhennouch comme Chami peuvent devenir des “Ministres d’affaires” avec de gros portefeuilles. Même Touria Jabrane pourrait remonter sur les planches, que ça n’embêterait personne...



OFF.

Bladiphone, société franco-marocaine née de l’alliance entre Wana et Phone Systems & Networks, entreprise française de téléphonie sur Internet, vient de mettre sur le marché un abonnement baptisé "Bladi Access Maroc", qui permet d’appeler des portables et des fixes marocains à des prix attractifs. La société vise quelque 100 000 abonnements auprès de la communauté marocaine installée en France et souhaite s'attaquer par la suite à d'autres pays comme l'Algérie, la Tunisie ou le Sénégal.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés