Politique. Le gouvernement en questions
PJD. Chaude, chaude, la rentrée
Phénomène. La première tournée
Tendance. Un T-shirt pour le dire
Nostalgie. Les sept vies de Balima
Proche-Orient. Une conférence pour la forme ?
France. L'Affreux est mort
E-commerce. Le dirham passe sur la Toile
Faouzi Bensaïdi. "Je suis moderne, mais je me soigne"
Sortie. Il était trois fois rien
N° 294
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Nicolas Sarkozy et sa
future ex-épouse.
(AFP)

France. Mauvaise passe pour Sarkozy


Ce qui n’était qu’une rumeur se confirme. Le Nouvel Observateur a annoncé mercredi que le couple Sarkozy s’est séparé. Selon le site Internet de l’hebdomadaire, “le président et son épouse se sont rendus ensemble devant un juge lundi 15 octobre pour matérialiser la procédure de séparation”. Lundi, interrogé cinq fois par des journalistes sur ce point, le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, bottait en touche : “Aucun commentaire !”. Il s’est contenté de dire que Cécilia Sarkozy n’accompagnerait pas le chef de l’Etat lors de sa visite au
Maroc. Cecilia Sarkozy n’a plus été vue aux côtés de son mari depuis le 14 juillet dernier. Quant à sa dernière apparition publique, elle remonte aux funérailles de son ex-époux, Jacques Martin, le 20 septembre dernier. La rumeur enflait, se faisait insistante. On s’étonnait de l’absence de Cécilia Sarkozy aux matchs de rugby. Elle a aussi “séché” le récent voyage de Nicolas Sarkozy à Moscou, ainsi que sa visite-éclair en Bulgarie, où elle joua pourtant un rôle-clé dans la libération des infirmières. Cet été, elle invoqua “une angine blanche” pour ne pas se joindre un déjeuner privé avec la famille Bush. Le couple s’était déjà séparé, de manière passagère en 2005, avant de se reformer à la veille des élections présidentielles. Et de s’afficher de manière décomplexée au lendemain de la victoire de Sarkozy. C’est une mauvaise passe pour le président français, qui traverse un automne délicat. L’affaire EADS le touche indirectement. Son ami, Arnaud Lagardère, est dans l’œil du cyclone. Les enseignants, eux, sont partagés sur l’immixtion présidentielle dans la question de la lecture de la lettre du jeune résistant Guy Môquet dans les écoles. Jeudi, le chef de l’Etat affrontait le premier grand test de son quinquennat : une grande grève qui menace de paralyser tout le pays. Parallèlement, mardi, les parlementaires devaient débattre du budget 2008. Un budget décrié par les alliés du Nouveau centre. Enfin, les élus devaient s’accorder sur le très controversé projet de test ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial. Le projet a déjà été considérablement remanié. Pour Sarkozy, cela ressemble à l’état de grâce : les choses sérieuses commencent.


Chine. Le Dalaï Lama indésirable

La Chine a demandé aux Etats-Unis d’annuler tous les honneurs prévus cette semaine à Washington pour l’accueil du Dalaï Lama, mettant en garde contre une dégradation des relations bilatérales. Mais le président américain, George W. Bush, est passé outre ces menaces. Non seulement il a reçu mardi, en privé, le chef spirituel tibétain, mais il lui a également remis la plus haute distinction du Congrès, la fameuse Médaille d’or. Le geste irrite bien évidemment le régime communiste, qui considère le Dalaï Lama comme un dangereux séparatiste en exil. “Ces cérémonies constituent une ingérence dans les affaires intérieures chinoises”, estime Pékin, alors que Washington soutient l’indépendance du Tibet. La Chine avait déjà exprimé son courroux quand la chancelière allemande, Angela Merkel, avait reçu en septembre le Dalaï Lama. Conséquence : lundi, Pékin a annulé une rencontre sino-allemande sur les droits de l’homme, et reporté sine die un colloque sur le nucléaire iranien.


Pakistan. Benazir Bhutto de retour

L’ex-Premier ministre, Benazir Bhutto, devait rentrer ce jeudi au Pakistan, dans sa ville de Karachi, après huit ans d’exil à Dubaï. Bhutto avait dirigé le pays de 1988 à 1990 puis de 1993 à 1996, avant que des accusations de détournements de fonds ne l’obligent à s’exiler. Aujourd’hui, elle revient par la grande porte, encouragée par les Américains et… son premier rival, Pervez Musharraf ! Pourtant, le gouvernement actuel, empêtré dans une crise politique, a tenté de la persuader de retarder son retour. Bhutto a dit craindre un complot ourdi par les anciens officiers de l’armée. “L’avenir du Pakistan est en jeu. J’y vais avec pour mission d’y voir une transition politique vers la démocratie”, a-t-elle dit. 20 000 policiers seront déployés à Karachi pour la protéger, car elle a reçu des menaces d’islamistes proches des Talibans et d’Al Qaïda.


États-Unis. Al Gore ne sera pas candidat

L’attribution du Prix Nobel de la paix à Al Gore avait relancé les spéculations sur son éventuelle candidature à la Maison Blanche en 2008. Mais l’ancien vice-président a confirmé mercredi qu’il ne se lancera pas dans la course à la présidentielle. “Je n’ai aucun projet d’être de nouveau candidat. Je ne vois pas les choses sous cet angle-là”, a déclaré Al Gore à la télévision norvégienne NPK. “Je suis impliqué dans un autre type de campagne. C’est une campagne globale pour changer la façon dont les gens pensent en ce qui concerne la crise climatique”, a précisé Al Gore. Mardi, les instigateurs d’une pétition visant à encourager Al Gore à se lancer dans la course à la présidentielle avaient annoncé que le texte avait recueilli 200 000 signatures.



Lu pour vous.
Sebta, dans la ligne d’Al Qaïda [FRANCE]

François Musseau, Libération, le 13 octobre

Le quartier pauvre de Principe à Sebta est devenu le symbole du péril islamiste qui planerait sur ce confetti espagnol de 8,5 km2, peuplé par 35% de musulmans. Al Qaïda a menacé d’y commettre des attentats. Ancien bidonville, le Principe a été construit par ses habitants, la plupart maçons de profession, sans presque aucune aide publique. Tout y est chaotique : les câbles électriques illégaux s’entrelacent, le système d’égouts est archaïque, le taux de chômage dépasse les 40%. Ali, 36 ans, accoudé à un comptoir, est un inactif typique. Jusqu’à la fin des années 90, comme beaucoup, il vivait grassement du trafic de haschich : “On pouvait se faire 1800 euros par nuit”. Le détroit de Gibraltar est désormais surveillé par des radars et les bénéfices sont en chute libre. Ces hommes oisifs et sans aucune formation inquiètent les leaders musulmans de Sebta. “Ils constituent une population influençable. Il est facile de les endoctriner, d’autant qu’ils n’ont pas de d’éducation religieuse digne de ce nom”, estime Jalila Ahmed Liazid. À la tête de l’école coranique de Sidi Embarek, cette fille d’un imam respecté prétend justement inculquer l’islam “de façon correcte” pour éviter que les jeunes musulmans de Sebta se laissent séduire par les islamistes. “La plupart ne connaissent rien de leur culture. Or, c’est fondamental pour que se perpétue à Sebta la tradition de bonne coexistence religieuse”.

 
 
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