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Pages coordonnées par Cerise Maréchaud
La semaine.
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Une scène des Jardins
de Samira, de Latif Lahlou.
(DR)
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Festival du film de Tanger. Des films (et) du cru
Hébergée par la Cinémathèque de Tanger, cette 9ème édition du Festival national du film aura brassé un cinéma hétéroclite et trans-générationnel. Ainsi, la compétition accueillait aussi bien le retour dun vétéran, Ahmed Maânouni, avec Les Cur brûlés (vingt-cinq ans après le mythique Transes), que la mise en scène percutante des enfants de la balle que sont Sweil et Imad Noury (Les Portes du paradis), ou le regard de novices venus dautres horizons (la danse pour Lahcen Zinoun et sa Beauté éparpillée, la pub pour Hamid Faridi |
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et sa Darraja). Surtout, la manifestation aura, cette année, célébré laudace : quelques auteurs ont (enfin) franchi le rubicon de la transgression, ébouriffant les plumes de lhypocrisie et du moralement correct. Dans Les Jardins de Samira, Latif Lahlou égratigne les tabous de limpuissance masculine et du plaisir féminin, osant même une scène de masturbation, certes plus suggérée que montrée. Pour sa part, dans Le Jeu de lamour, Driss Chouika met en scène un couple qui cherche un second souffle dans des jeux sexuels pimentés, alors que Abdelkader Lagtaâ aborde le sujet de la liberté sexuelle et du harcèlement dans son Yasmine et les hommes.
Une fraîcheur cinématographique toujours dérangeante, comme le montrèrent les débats offusqués qui ont suivi les projections, clouant au pilori les cinéastes coupables de dépravation sociale. Deux ans après la levée de boucliers suscitée par Marock, on en est encore là... |
Sortie. Ado parano
Enfermé chez lui sur décision judiciaire, Kale, ado américain type, passe ses journées à épier ses voisins à la jumelle. Ses cibles de prédilection : une bien jolie jeune fille et lénigmatique M. Turner. Mais ce qui nétait quun jeu prend vite une tournure plus inquiétante, quand Kale commence à soupçonner ce dernier dêtre un tueur en série. Si la trame vous rappelle un certain Fenêtre sur cour, dAlfred Hitchcock, ce nest pas un hasard : le réalisateur, D.J. Caruso, parle lui-même de remake assumé. Un remake, mais à la sauce djeuns, qui surprend par ses allers-retours entre le teen-movie et le thriller, alternant subitement le rose bonbon et le noir le plus sombre. Si le clin dil à lenvironnement ado actuel, envahi par le tout-électronique, fait mouche, si la mise en scène, caméra à l'épaule, ne manque pas de charme, Paranoïak doit surtout son efficacité au jeu des acteurs (un David Morse en forme et un Shia LaBeouf convaincant), moins aux rebondissements du scénario, souvent téléphonés.
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Reggae. Lucky tar
Il faudra plus quune Coupe du monde de rugby pour consoler les Sud-africains : deux jours avant la victoire, la nation arc-en-ciel perdait Lucky Dube, immense reggaeman tué par balles à Johannesburg, lors dune tentative de carjacking. Licône pacifiste, tranquille père de famille en dreadlocks, a été rattrapé par la violence ordinaire après 25 ans de messages anti-apartheid, disséminés dans ses 21 albums, vendus à 2 millions dexemplaires dans le monde. Le premier, Rasta Never Die, avait été censuré par les ondes sud-africaines, avant que celui que lauteur du Prisoner ne devienne le premier chanteur noir diffusé sur une radio blanche. |
Photo. Nejmi étoilé
Cest une consécration qui rime avec confirmation pour Malik Nejmi, tout juste auréolé par lAcadémie des Beaux-Arts. Son premier prix de photographie, fraîchement créé et présenté mercredi 24 octobre à lInstitut de France à Paris, récompense lartiste franco-marocain, né à Orléans et diplômé du Conservatoire du cinéma, pour son travail sur la représentation du handicap en Afrique, initié à la pouponnière et à lorphelinat de Bamako. Une bourse de 15 000 euros lui permettra de poursuivre cette recherche, de lAlgérie à Madagascar. Lenfance est dune fragilité familière dans cette Afrique, dont on a toujours perçu la douleur par limage, retient le lauréat du 30ème prix Kodak de la critique en décembre 2005. Malik Nejmi avait été adoubé lan passé par Raymond Depardon en personne, qui linvitait à présenter, lors des Rencontres photographiques dArles, son travail sur le Maroc de son père, un retour aux sources en images pour tenter, pendant cinq ans, de reconstituer son album de famille. |
Cinéma. Camara oscura
Pour sa Semaine du cinéma espagnol, lInstitut Cervantès a concocté une affiche caliente dactualité. Des petits bijoux personnels et récemment acclamés, tel Azul oscuro casi negro, où Daniel Sanchez Arevalo dessine en clair-obscur le destin de Jorge, auquel son frère demande de mettre enceinte sa compagne. Dans Obaba, Montos Armendariz adapte et met en abîme un succès de la littérature basque sur des habitants prisonniers de leur passé. Mikel, Ana et Carlos se cherchent et se croisent dans Malas temporadas, un road-movie étouffant de Martin Cuenca, tandis que Miguel Albaladejo suit un gamin de la rue voleur de voitures dans Volando voy. Enfin, la guerre civile simpose en toile de fond de Cajas espanolas, documentaire dAlberto Porlan, dont les archives inédites retracent le voyage des trésors du musée du Prado, réfugiés à Genève.
À Rabat, du 26 au 31 octobre, Casa du 1er au 6 novembre, Agadir du 12 au 16 et Essaouira du 19 au 23.
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RAP. Salaheddin, pur et cher
Des nouvelles du rappeur Salaheddin : on avait aperçu lex-numéro 1 des charts hollandais sur scène, cet été à Essaouira, aux côtés des Fnaïre et de son ami et manager Cilvaringz, alias Tarek Azzougarh. Son prochain album Horr (pur ou libre), composé de titres en arabe classique, sort en février prochain, inaugurant un nouveau label rap et rnb, lancé par Cilvaringz, Hicham Kabbaj (Monsieur Culture du British Council) et lancien Fnaïre DJ Van. En attendant, on retrouvera Salaheddin sur la bande son de Détention secrète, thriller du Sud-africain Gavin Hood (oscarisé pour Mon nom est Tsotsi), avec Meryl Streep, Reese Witherspoon et la Marocaine Zineb Oukach. Un intermède de deux minutes, négocié au prix de 36 000 dollars selon le management de lartiste. Plus cest pur, plus cest cher... |
Exploitation. Un, 2, 3D.
Cest officiel : un cinéma Imax prendra ses quartiers dans le futur Morocco Mall, méga centre commercial attendu en 2010 à Casablanca. Le 22 octobre, les associés du projet, Aksal et Nesk Investment, ont signé, via Al Amine Investissement, un accord avec Imax Corporation, leader mondial de technologie numérique dans limage cinématographique. À quoi sattendre ? Se retrouver au beau milieu dun bon gros blockbuster, genre Spiderman ou Dinosaurs Alive, projeté en 2D ou 3D, et avoir assez peur pour ensuite foncer trouver du réconfort dans les bras de Zara ou Massimo Dutti. Du côté du Mégarama, on ne sinquiète pas trop de cette arrivée, sattendant à un «fiasco total», pour cause de prix trop élevés, selon le directeur dexploitation David Frauciel, qui évoque la fermeture de certains des 290 Imax déjà existants dans 40 pays. |
Documentaire. Source de vie
Cest entre deux étagères de La Source que commence le Mois du film documentaire de lIF de Casablanca. Dans Alimentation générale (sélection Acid de Cannes 2005), Chantal Briet pose, quatre ans durant, sa caméra dans une humble épicerie dEpinay-sur-Seine, en banlieue parisienne. Un lieu aussi banal que vital, véritable oasis déchange social dans un désert davenirs plombés. Un microcosme utopique, violemment rattrapé par la réalité à la mort de Ali Zebboud, lépicier bienveillant, victime dune agression le 4 septembre dernier. Un coup de cur, suivi de trois courts de Christophe Loizillon, CasaNayda de Farida Belyazid, ou encore Nubas dor et de lumière, le dernier né dIzza Genini.
Alimentation générale, vendredi 2 octobre à 20h30, IF Casa.
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Cabaret. Marrakech en Folies
Extravagant et pour tous : cest le pari des Folies de Marrakech, premier music-hall du royaume, dont louverture est annoncée pour décembre. Après une décennie passée à monter des cabarets, de Lille à Las Vegas et du Québec à Tokyo, le meneur de revue Claude Thomas sest mis en tête de recréer, à 12 km de la ville ocre, une oasis de cinq hectares, pour accueillir 750 convives devant un dîner spectacle haut en plumes et paillettes. En coulisses, une équipe de 130 techniciens, passementiers, cuisiniers et serveurs, en plus des 40 jongleurs, magiciens et danseurs auditionnés à Casablanca, Rabat et Marrakech. Surprise : parmi eux, des jeunes du cirque Shemsy, créé par lAssociation de défense des enfants défavorisés Amesip. |
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Le livre.
À quelques jours de son mariage, la vie de Hoshitiwa bascule. Un seigneur obscur lenlève pour quelle ramène la pluie grâce à ses poteries, sinon son peuple périra. Submergée par la peur et la haine, la jeune fille produit malgré tout une jarre exceptionnelle. Plusieurs siècles après, le Dr Faraday Hightower, veuf inconsolable, se lance à la recherche des chamanes indiens. Il exhume la jarre de Hoshitiwa en sillonnant le désert. Mais il nen reviendra jamais. Sa fille Morgana, en tentant de comprendre sa disparition, déterrera bien dautres secrets
Barbara Wood mêle suspense, romantisme et spiritualité avec émotion, tout en dressant le portrait dun peuple. Un éblouissant kaléidoscope de passions déchaînées.
La dernière chamane, Barbara WOOD ; Editions Presses de la Cité.
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Humeur.
Derby de quartier
A-t-on le droit de ne pas sintéresser au derby Raja-Wydad ? Oui, le droit et même le devoir. Le match est annoncé à chaque fois comme lun des plus grands derbies du monde, avec son côté combat ultime à la Highlander. Cette année, on y a vu plus clair, le sommet du ballon rond sétant révélé être une partie de foot dans une cour de récré. Et, au chevet des gamins, des papas trop indulgents qui ont toujours un mot dencouragement. Un commentateur télé y est même allé de son occasion de voir en action la crème du football marocain. Au vu des deux buts pris par le goal du Raja, la crème du foot sent le brûlé. Sur les deux actions, Bidodane a certes le sens du placement. Mais, on ne nous ôtera pas de lesprit une évidence géométrique. Le gardien de but du Raja a une appréciation des distances qui prouve quil ne vit pas dans le même espace euclidien que vous et nous. Il est libre, Max, tant mieux pour lui, mais ça a cassé le mythe du combat de titans. Tout aussi sûrement que les commentaires des deux entraîneurs. Du Arsène Wenger ? Du Mourinho ? Du Domenech ? Non, du lisse qui glisse sans laisser de traces. Côté vaincu, le coach du Raja a expliqué aux caméras dAl Aoula quil habitait en face du stade, avec lair béat du type heureux davoir trouvé
à se loger pas trop loin du boulot. Côté vainqueur, lentraîneur du Wydad arborait sa tête, impassible, quil neige ou quil vente. Enfin, bref, pas de quoi casser un bus... |
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Bien au show
La bouillonnante fusion de Darga sen va réchauffer le Nord : après un concert le 27 octobre à Houthalen, pas loin de Bruxelles, les dix survoltés frotteront leurs épines au froid de Göteborg, en Suède, le 2 novembre au festival Muzikens Hus, aux côtés de Habib Koïté, les Skatalites et tout plein de punks suédois.
MIZ prend la pause
Avant de sattaquer à la salle 8 du Mégarama, Miz, le djeuns qui cultive le buzz dans le business de lhumour actuel, fera jaser sur son Stand Up show. Rendez-vous le samedi 27 octobre à 20h30 au Théâtre Mohammed VI de Casa. Pour une fois, LEntracte ne gâchera pas le spectacle ! www.miz.ma
Radiohead, por fabor !
En rupture avec la major EMI, le groupe dOxford a commercialisé son nouvel album In Rainbows directement sur Internet au tarif
choisi par linternaute. Et ça marche : sans intermédiaire, le groupe empoche une moyenne de 8 dollars (au lieu de 2) par album vendu. Les fans marocains, qui ne peuvent payer online, peuvent télécharger légalement
et fabor ! |
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