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Élections. Et Daba, on fait quoi ?
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Espagne. La monarchie chahutée
Bourse. Le rush des souscripteurs
Abderrahim Tounsi. Le clown éternel
Sortie. La vie derrière le Mur
Fellag. "Le rire, c'est le costume du désespoir"
N° 295
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine.

Une scène des Jardins
de Samira, de Latif Lahlou.
(DR)

Festival du film de Tanger. Des films (et) du cru


Hébergée par la Cinémathèque de Tanger, cette 9ème édition du Festival national du film aura brassé un cinéma hétéroclite et trans-générationnel. Ainsi, la compétition accueillait aussi bien le retour d’un vétéran, Ahmed Maânouni, avec Les Cœur brûlés (vingt-cinq ans après le mythique Transes), que la mise en scène percutante des enfants de la balle que sont Sweil et Imad Noury (Les Portes du paradis), ou le regard de novices venus d’autres horizons (la danse pour Lahcen Zinoun et sa Beauté éparpillée, la pub pour Hamid Faridi
et sa Darraja). Surtout, la manifestation aura, cette année, célébré l’audace : quelques auteurs ont (enfin) franchi le rubicon de la transgression, ébouriffant les plumes de l’hypocrisie et du moralement correct. Dans Les Jardins de Samira, Latif Lahlou égratigne les tabous de l’impuissance masculine et du plaisir féminin, osant même une scène de masturbation, certes plus suggérée que montrée. Pour sa part, dans Le Jeu de l’amour, Driss Chouika met en scène un couple qui cherche un second souffle dans des jeux sexuels pimentés, alors que Abdelkader Lagtaâ aborde le sujet de la liberté sexuelle et du harcèlement dans son Yasmine et les hommes.

Une fraîcheur cinématographique toujours dérangeante, comme le montrèrent les débats offusqués qui ont suivi les projections, clouant au pilori les cinéastes coupables de “dépravation sociale”. Deux ans après la levée de boucliers suscitée par Marock, on en est encore là...


Sortie. Ado parano

Enfermé chez lui sur décision judiciaire, Kale, ado américain type, passe ses journées à épier ses voisins à la jumelle. Ses cibles de prédilection : une bien jolie jeune fille et l’énigmatique M. Turner. Mais ce qui n’était qu’un jeu prend vite une tournure plus inquiétante, quand Kale commence à soupçonner ce dernier d’être un tueur en série. Si la trame vous rappelle un certain Fenêtre sur cour, d’Alfred Hitchcock, ce n’est pas un hasard : le réalisateur, D.J. Caruso, parle lui-même de “remake assumé”. Un remake, mais à la sauce djeun’s, qui surprend par ses allers-retours entre le teen-movie et le thriller, alternant subitement le rose bonbon et le noir le plus sombre. Si le clin d’œil à l’environnement ado actuel, envahi par le tout-électronique, fait mouche, si la mise en scène, caméra à l'épaule, ne manque pas de charme, Paranoïak doit surtout son efficacité au jeu des acteurs (un David Morse en forme et un Shia LaBeouf convaincant), moins aux rebondissements du scénario, souvent téléphonés.

Paranoïak, au Mégarama.



Reggae. Lucky tar

Il faudra plus qu’une Coupe du monde de rugby pour consoler les Sud-africains : deux jours avant la victoire, la nation arc-en-ciel perdait Lucky Dube, immense reggaeman tué par balles à Johannesburg, lors d’une tentative de “carjacking”. L’icône pacifiste, tranquille père de famille en dreadlocks, a été rattrapé par la violence ordinaire après 25 ans de messages anti-apartheid, disséminés dans ses 21 albums, vendus à 2 millions d’exemplaires dans le monde. Le premier, Rasta Never Die, avait été censuré par les ondes sud-africaines, avant que celui que l’auteur du Prisoner ne devienne le premier chanteur noir diffusé sur une radio blanche.


Photo. Nejmi étoilé

C’est une consécration qui rime avec confirmation pour Malik Nejmi, tout juste auréolé par l’Académie des Beaux-Arts. Son premier prix de photographie, fraîchement créé et présenté mercredi 24 octobre à l’Institut de France à Paris, récompense l’artiste franco-marocain, né à Orléans et diplômé du Conservatoire du cinéma, pour son travail sur la représentation du handicap en Afrique, initié à la pouponnière et à l’orphelinat de Bamako. Une bourse de 15 000 euros lui permettra de poursuivre cette recherche, de l’Algérie à Madagascar. “L’enfance est d’une fragilité familière dans cette Afrique, dont on a toujours perçu la douleur par l’image”, retient le lauréat du 30ème prix Kodak de la critique en décembre 2005. Malik Nejmi avait été adoubé l’an passé par Raymond Depardon en personne, qui l’invitait à présenter, lors des Rencontres photographiques d’Arles, son travail sur le Maroc de son père, un retour aux sources en images pour tenter, pendant cinq ans, de reconstituer “son album de famille”.


Cinéma. Camara oscura

Pour sa Semaine du cinéma espagnol, l’Institut Cervantès a concocté une affiche caliente d’actualité. Des petits bijoux personnels et récemment acclamés, tel Azul oscuro casi negro, où Daniel Sanchez Arevalo dessine en clair-obscur le destin de Jorge, auquel son frère demande de mettre enceinte sa compagne. Dans Obaba, Montos Armendariz adapte et met en abîme un succès de la littérature basque sur des habitants prisonniers de leur passé. Mikel, Ana et Carlos se cherchent et se croisent dans Malas temporadas, un road-movie étouffant de Martin Cuenca, tandis que Miguel Albaladejo suit un gamin de la rue voleur de voitures dans Volando voy. Enfin, la guerre civile s’impose en toile de fond de Cajas espanolas, documentaire d’Alberto Porlan, dont les archives inédites retracent le voyage des trésors du musée du Prado, réfugiés à Genève.

À Rabat, du 26 au 31 octobre, Casa du 1er au 6 novembre, Agadir du 12 au 16 et Essaouira du 19 au 23.



RAP. Salaheddin, pur et cher

Des nouvelles du rappeur Salaheddin : on avait aperçu l’ex-numéro 1 des charts hollandais sur scène, cet été à Essaouira, aux côtés des Fnaïre et de son ami et manager Cilvaringz, alias Tarek Azzougarh. Son prochain album Horr (pur ou libre), composé de titres en arabe classique, sort en février prochain, inaugurant un nouveau label rap et r’n’b, lancé par Cilvaringz, Hicham Kabbaj (Monsieur Culture du British Council) et l’ancien Fnaïre DJ Van. En attendant, on retrouvera Salaheddin sur la bande son de Détention secrète, thriller du Sud-africain Gavin Hood (oscarisé pour Mon nom est Tsotsi), avec Meryl Streep, Reese Witherspoon et la Marocaine Zineb Oukach. Un intermède de deux minutes, négocié au prix de 36 000 dollars selon le management de l’artiste. Plus c’est pur, plus c’est cher...


Exploitation. Un, 2, 3D.

C’est officiel : un cinéma Imax prendra ses quartiers dans le futur Morocco Mall, méga centre commercial attendu en 2010 à Casablanca. Le 22 octobre, les associés du projet, Aksal et Nesk Investment, ont signé, via Al Amine Investissement, un accord avec Imax Corporation, leader mondial de technologie numérique dans l’image cinématographique. À quoi s’attendre ? Se retrouver au beau milieu d’un bon gros blockbuster, genre Spiderman ou Dinosaurs Alive, projeté en 2D ou 3D, et avoir assez peur pour ensuite foncer trouver du réconfort dans les bras de Zara ou Massimo Dutti. Du côté du Mégarama, on ne s’inquiète pas trop de cette arrivée, s’attendant à un «fiasco total», pour cause de prix trop élevés, selon le directeur d’exploitation David Frauciel, qui évoque la fermeture de certains des 290 Imax déjà existants dans 40 pays.


Documentaire. Source de vie

C’est entre deux étagères de “La Source” que commence le Mois du film documentaire de l’IF de Casablanca. Dans Alimentation générale (sélection Acid de Cannes 2005), Chantal Briet pose, quatre ans durant, sa caméra dans une humble épicerie d’Epinay-sur-Seine, en banlieue parisienne. Un lieu aussi banal que vital, véritable oasis d’échange social dans un désert d’avenirs plombés. Un “microcosme utopique”, violemment rattrapé par la réalité à la mort de Ali Zebboud, l’épicier bienveillant, victime d’une agression le 4 septembre dernier. Un coup de cœur, suivi de trois courts de Christophe Loizillon, CasaNayda de Farida Belyazid, ou encore Nubas d’or et de lumière, le dernier né d’Izza Genini.

Alimentation générale, vendredi 2 octobre à 20h30, IF Casa.



Cabaret. Marrakech en Folie’s

Extravagant et pour tous : c’est le pari des “Folie’s de Marrakech”, premier music-hall du royaume, dont l’ouverture est annoncée pour décembre. Après une décennie passée à monter des cabarets, de Lille à Las Vegas et du Québec à Tokyo, le meneur de revue Claude Thomas s’est mis en tête de recréer, à 12 km de la ville ocre, une oasis de cinq hectares, pour accueillir 750 convives devant un dîner spectacle haut en plumes et paillettes. En coulisses, une équipe de 130 techniciens, passementiers, cuisiniers et serveurs, en plus des 40 jongleurs, magiciens et danseurs auditionnés à Casablanca, Rabat et Marrakech. Surprise : parmi eux, des jeunes du cirque Shems’y, créé par l’Association de défense des enfants défavorisés Amesip.


Le livre.

À quelques jours de son mariage, la vie de Hoshi’tiwa bascule. Un seigneur obscur l’enlève pour qu’elle ramène la pluie grâce à ses poteries, sinon son peuple périra. Submergée par la peur et la haine, la jeune fille produit malgré tout une jarre exceptionnelle. Plusieurs siècles après, le Dr Faraday Hightower, veuf inconsolable, se lance à la recherche des chamanes indiens. Il exhume la jarre de Hoshi’tiwa en sillonnant le désert. Mais il n’en reviendra jamais. Sa fille Morgana, en tentant de comprendre sa disparition, déterrera bien d’autres secrets… Barbara Wood mêle suspense, romantisme et spiritualité avec émotion, tout en dressant le portrait d’un peuple. Un éblouissant kaléidoscope de passions déchaînées.

La dernière chamane, Barbara WOOD ; Editions Presses de la Cité.




Humeur.
Derby de quartier

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

A-t-on le droit de ne pas s’intéresser au derby Raja-Wydad ? Oui, le droit et même le devoir. Le match est annoncé à chaque fois comme “l’un des plus grands derbies du monde”, avec son côté combat ultime à la Highlander. Cette année, on y a vu plus clair, le sommet du ballon rond s’étant révélé être une partie de foot dans une cour de récré. Et, au chevet des gamins, des papas trop indulgents qui ont toujours un mot d’encouragement. Un commentateur télé y est même allé de son “occasion de voir en action la crème du football marocain”. Au vu des deux buts pris par le goal du Raja, la crème du foot sent le brûlé. Sur les deux actions, Bidodane a certes le sens du placement. Mais, on ne nous ôtera pas de l’esprit une évidence géométrique. Le gardien de but du Raja a une appréciation des distances qui prouve qu’il ne vit pas dans le même espace euclidien que vous et nous. Il est libre, Max, tant mieux pour lui, mais ça a cassé le mythe du combat de titans. Tout aussi sûrement que les commentaires des deux entraîneurs. Du Arsène Wenger ? Du Mourinho ? Du Domenech ? Non, du lisse qui glisse sans laisser de traces. Côté vaincu, le coach du Raja a expliqué aux caméras d’Al Aoula qu’il habitait en face du stade, avec l’air béat du type heureux d’avoir trouvé
à se loger pas trop loin du boulot. Côté vainqueur, l’entraîneur du Wydad arborait sa tête, impassible, qu’il neige ou qu’il vente. Enfin, bref, pas de quoi casser un bus...



Bien au show
La bouillonnante fusion de Darga s’en va réchauffer le Nord : après un concert le 27 octobre à Houthalen, pas loin de Bruxelles, les dix survoltés frotteront leurs épines au froid de Göteborg, en Suède, le 2 novembre au festival Muzikens Hus, aux côtés de Habib Koïté, les Skatalites et tout plein de punks suédois.


MIZ prend la pause
Avant de s’attaquer à la salle 8 du Mégarama, Miz, le djeun’s qui cultive le buzz dans le business de l’humour actuel, fera jaser sur son Stand Up show. Rendez-vous le samedi 27 octobre à 20h30 au Théâtre Mohammed VI de Casa. Pour une fois, “L’Entracte” ne gâchera pas le spectacle ! www.miz.ma


Radiohead, por fabor !
En rupture avec la major EMI, le groupe d’Oxford a commercialisé son nouvel album In Rainbows directement sur Internet au tarif… choisi par l’internaute. Et ça marche : sans intermédiaire, le groupe empoche une moyenne de 8 dollars (au lieu de 2) par album vendu. Les fans marocains, qui ne peuvent payer online, peuvent télécharger légalement… et fabor !

 
 
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