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N° 295
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Les promoteurs immobilers
perdront-ils leurs
avantages fiscaux ?
(AIC PRESS)

Immobilier. La fin de la carotte


Dans le lot des mesures fiscales apportées par la prochaine loi de Finances, il est prévu la suppression pure et simple des avantages accordés aux promoteurs réalisant des programmes de logements sociaux. Ces incitations, contenues dans l’article 19 de la loi de Finances 1999 – 2000, concernent l’exonération, pour les signataires de conventions avec l’Etat pour la construction de plus de 2500 logements, d’une panoplie de taxes et impôts (droits d’enregistrement et de timbre, impôt sur les patentes, IS, IGR et TVA). Le nouveau
gouvernement estime que cette carotte fiscale ne profite pas forcément à la catégorie ciblée. Surtout, il espère récupérer le manque à gagner fiscal, estimé à 350 millions de dirhams. Cette disposition ne manquera pas de soulever un tollé dans le secteur du bâtiment, où les opérateurs sont habitués depuis plusieurs années à profiter de ces avantages. D’autant que ces derniers tiennent un formidable moyen de pression : parmi les ambitions du gouvernement, figure la construction de 150 000 logments par an durant l’actuelle législature. Autre point qui touche à la fiscalité du secteur : la hausse de la TVA à 20% (au lieu de 14%) sur la vente d’habitations de superficie de moins de 100 m2 et dont le prix ne dépasse pas les 200 000 dirhams. Cette mesure aurait été dictée par la constatation, par le ministère des Finances, de plusieurs cas de fraudes fiscales. Alors que le paiement d’une partie du prix au noir est la règle en matière d’acquisition de logements, le département de Mezouar fait semblant de le découvrir.


Patronat. La semaine des nominations

Semaine chargée pour quelques associations et fédérations affiliées à la CGEM. D’abord, la Confédération elle-même vient, au terme de son conseil d’administration, de désigner trois nouveaux vice-présidents et de nouveaux présidents de comités mixtes. Quant à l’association des textiliens (AMITH), elle vient, après plusieurs semaines de tractations et d’élections, de boucler la composition de son bureau. Enfin, la Fédération nationale du tourisme a décidé de reporter les élections de son bureau, officiellement pour laisser le temps aux opérateurs d’adhérer à cette nouvelle structure. Mais, dans les coulisses, on lie ce report à la querelle au sujet de l’élection du président. La candidature d’Amyn Alami a été estimée irrecevable par ses collègues, qui estiment qu’il ne représente aucun opérateur touristique.


Hausse des prix. Les subventions comme remède

La réunion de crise, consacrée à la problématique de la hausse des prix et tenue lundi dernier, n’a pas vu la participation de tous les départements concernés. Le ministère du Commerce et de l’Industrie était le grand absent de cette rencontre, destinée à l'examen des mesures à prendre pour préserver le pouvoir d'achat. Pour autant, des axes d'intervention majeurs ont été définis : l'activation de la loi sur la concurrence, la définition de projets logistiques visant la réduction du nombre d'intermédiaires, ainsi que la création d’un observatoire des prix. Il a été également décidé de renforcer les subventions accordées à la Caisse de compensation pour faire face à la flambée des prix des matières premières et des produits de première nécessité. Une enveloppe de 19 milliards de dirhams devra être consacrée à la Caisse dans le Budget 2008.


Bourse. Stokvis arrive

Stokvis Nord Afrique, une des filiales du groupe de Saïd Alj, vient d’obtenir le visa du CDVM pour réaliser son introduction en Bourse. Le prix des actions, mises en vente à partir du 12 novembre, a été fixé à 590 dirhams. La société de distribution de matériel agricole devra donc opérer une augmentation de capital de 108,5 millions de dirhams. Cette manne permettra à la société de soutenir financièrement ses filiales. Ainsi, Pacific Motors, spécialisée dans la distribution des véhicules asiatiques, disposera d’une enveloppe de 45 millions de dirhams, et Komcat, spécialisée dans la location longue durée d’engins, recevra de son côté un montant de 13,5 millions. Le reliquat du montant de l’opération servira à améliorer la structure financière de Stokvis Nord Afrique.


Accor. Nouvelle convention

En marge du forum économique Maroc-France, organisé lors de la visite de Nicolas Sarkozy, le groupe touristique Accor a signé avec le gouvernement un accord-cadre pour une période de 10 ans. Ce n’est pas la première convention du genre conclue entre les deux partenaires. En 1996 déjà, le groupe français avait signé un accord avec les autorités marocaines, l’engageant à créer une chaîne d’hôtels de 7000 chambres à terme. Un programme qui avance plutôt bien, comme en témoigne la récente ouverture des deux nouveaux-nés du groupe à Casablanca : Ibis et Novotel City Center. Cette nouvelle convention, qui relance les investissements du groupe hôtelier au royaume, vise aussi la création d’une offre de restauration collective, destinée aux salariés des entreprises marocaines.


Palais des Roses. Rebelote

Nouveau rebondissement dans la désormais célèbre affaire “Palais des Roses”. Cette semaine, le Tribunal de première instance d’Agadir vient de condamner Azzedine Lakhouaja, actionnaire minoritaire dans l’hôtel, à 4 mois de prison avec sursis et au paiement de plus de 171,8 millions de dirhams de dommages et intérêts au profit de l’administration des Douanes, pour “transfert illégal d’argent”. L’homme d’affaires avait déjà été condamné en octobre dernier dans le cadre du procès intenté par son associé (Dallah Al Baraka) pour abus de confiance. Il avait écopé à l’époque d’un an de prison ferme et de l’obligation de restituer plus de 18 millions de dirhams à son associé. L’affaire est désormais devant la Cour d’appel.



Pendant ce temps, le peuple….
Bonnes affaires à l’école

Abdellah, 19 ans, rempile pour sa troisième année au baccalauréat. Cancre typique du système d’éducation marocain, notre héros nourrit pourtant de grands espoirs dans sa carrière professionnelle. Abdellah rêve d’un parcours à la Michael Dell. Il espère qu’une idée géniale lui viendra un jour dans son garage. Mais c’est finalement sur le tableau d’affichage de son lycée qu’il la trouve. Une note qui informe parents et élèves que l’établissement compte externaliser les services de nettoyage, de gardiennage, de jardinage, etc. Abdellah décide alors de monter sa propre boîte pour proposer ses services à son école. “Qui mieux que quelqu’un qui campe depuis 5 ans dans ce lycée pour le protéger et l’entretenir”, se dit notre entrepreneur en herbe. En plus, Abdellah a une stratégie toute prête. Il est certain de pouvoir recruter à moindres frais ses camarades de classe, qui jouent déjà aux caïds aux portes du lycée. Mais dès le lendemain, Abdellah déchante. Une nouvelle note lui apprend que son lycée, comme neuf autres établissements à Casablanca, vont être vendus à des promoteurs immobiliers. Argument : une optimisation du patrimoine de l’Académie de Casablanca, qui veut se délester des écoles les moins remplies. “Awah ! À 40 élèves par classe, on considère que le lycée est en sous-effectif ?”, s’interroge notre héros. Il trouve encore plus drôle que les 350 millions de dirhams attendus de cette cession viennent alimenter un soi-disant fonds de soutien de l’enseignement dans la région. Il anticipe déjà les actions que sera amené à financer ce fonds : augmenter le directeur de l’Académie et les enseignants, lancer de nouveaux manuels scolaires et, s’il reste un petit chouia, trouver un terrain éloigné pour y construire une nouvelle école. En espérant que le terrain prenne de la valeur dans 20 ans.



OFF.

Wana, le petit poucet des télécoms, vient de dépasser le cap du million de clients, huit mois seulement après le lancement de son produit Bayn. La filiale de l’ONA ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’elle
prévoit d’étoffer son réseau de distribution en 2008, en ouvrant 200 agences supplémentaires (en plus des 300 existantes) et d’atteindre les 50 000 points de recharge. Toutefois, Wana devra attendre 2010 pour commencer à récolter les bénéfices de ses milliards investis.


La taxe sur les plus-values de cession des valeurs mobilières (TPCVM) devra doubler dès l’année prochaine. Cette taxe, en vigueur depuis 2005, passe désormais à 20%. Une révision largement justifiée vu la hausse vertigineuse des cours boursiers depuis ces deux dernières années.

 
 
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