Gouvernement. Tous contre Abbas ?
Henri Michel. "Les Lions sont moins guerriers qu'en 1998"
Témoignage. "Mon ami Driss Basri"
Transport. Opération Bus propres
Nostalgie. Les passeurs du Bouregreg
Etats-Unis. Le monde après Bush
BTP. Cherche maçons désespérément
Documentaire. Docus en stock
Portrait. Friandise libanaise
N° 296
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Mahla

Etats-Unis. Le monde après Bush

Hillary Clinton
(AFP)

À quoi ressemblera la politique étrangère des Etats-Unis après le départ de George W. Bush ? La revue Foreign Affairs a posé la question aux principaux candidats à la Maison Blanche en 2008.


La très respectée revue américaine de relations internationales, Foreign Affairs, a demandé aux quatre candidats sérieux aux présidentielles de 2008 quel sera, sous leur éventuel mandat, le visage de la future politique étrangère des Etats-Unis. Passage en revue des propositions, pour le moins contrastées, des démocrates Barack Obama et Hillary Clinton, et des républicains Rudolph Giuliani et John McCain.

Barack Obama.
“Mettre fin à la guerre en Irak”

En matière de politique étrangère, le jeune sénateur de l’Illinois est certainement le plus original des quatre candidats à la Maison Blanche. Il est le seul à avoir voté contre la décision de partir en guerre en Irak. “Une guerre qui n’aurait jamais dû être autorisée ni déclenchée”, réaffirme-t-il, comme pour marquer le coup. Afin de renouveler le leadership américain, Obama propose d’abord de mettre “une fin responsable à la guerre. Il faut reconnaître qu’en définitive, seuls les dirigeants irakiens peuvent apporter une paix véritable et la stabilité à leur pays”. Le problème irakien clos, la priorité sera au règlement du conflit israélo-palestinien et à la création de “deux Etats”, promesse qu’Obama pose comme un “engagement personnel”. Plus conventionnel, le sénateur démocrate souhaite renforcer l’armée avec le recrutement de plus de 90 000 soldats. Pour lui, “les armes de destruction massive et les Etats voyous alliés aux terroristes” constituent les plus graves menaces qui pèsent sur les Etats-Unis. C’est pourquoi ces derniers devront mener un effort mondial pour “sécuriser l’ensemble des armes nucléaires et des sites de matériels sensibles en quatre années”. Pour cela, Obama estime qu’il sera “nécessaire de coopérer avec la Russie”. Enfin, le candidat aux primaires démocrates veut restaurer la morale dans les interventions des Etats-Unis à l’étranger, en mettant fin “aux transferts de prisonniers pour être torturés dans des pays tiers, aux détentions arbitraires et aux prisons secrètes”.

Rudolph Giuliani.
“Un combat de l’ombre contre Al Qaïda”

Pour l’ancien maire de New York, “nous sommes tous les enfants du 11 septembre”. Rudolph Giuliani voit la politique étrangère à mener, s’il est élu en 2008, principalement comme une lutte entre la civilisation et les terroristes. Pour une paix réaliste, il ne faut pas se méprendre sur les ennemis de l’Amérique : ce sont les adeptes d’un “islamo-fascisme radical”. Giuliani rappelle “les leçons du Vietnam”, lorsque les Etats-Unis retirèrent leurs troupes, abandonnant la partie nord aux communistes. “Abandonner l’Irak aurait des conséquences pires”. Pour Giuliani, Les Etats-Unis ne doivent pas s’accorder de répit “avant qu’Al Qaïda et son idéologie ne soient vaincus. Le combat se fera surtout dans l’ombre. Un travail d’espionnage et d’opérations spéciales”. Adoptant le ton des remontrances, Guliani en appelle à l’unité nationale : “Des membres du Congrès discutant directement avec des régimes voyous, en porte-à-faux avec la Maison Blanche, ne pratiquent pas la diplomatie. Ils la sapent”. Sur ce sujet, la main est tendue à la vieille Europe, notamment la France, l’Allemagne et l’Italie : “Nous ne devrions regarder aucune grande puissance comme notre adversaire irréductible”. Mais au détour d’une réflexion sur la difficulté d’exporter la démocratie, Giuliani dérape : “Il n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis, au moment où ils sont menacés par des terroristes islamistes, d’aider à la création d’un autre Etat qui soutiendra le terrorisme”. L’allusion aux Palestiniens n’est même pas voilée…

Hillary Clinton.
“Un retrait d’Irak dans les 60 jours”

Faisant le constat de “la tragédie des six dernières années”, la sénatrice de New York juge que l’administration Bush a “dilapidé le respect et la confiance des amis et des alliés les plus fidèles” des Etats-Unis. Alors qu’elle est violemment critiquée, au sein même de son camp, pour avoir voté en faveur de la guerre en Irak, Hillary Clinton fustige “l’empressement” de l’administration Bush et promet d’engager un retrait dans les “60 premiers jours de sa présidence”. Sur le conflit israélo-palestinien, elle remet sur la table les “éléments fondamentaux d’un accord final qui sont connus depuis 2000”, rappelant qu’une meilleure implication des Etats-Unis dans les négociations - quelle qu’en soit l’issue - aidera à réduire le niveau de violence. Considérant que “le leadership requiert un mélange de stratégie, de persuasion, d’inspiration et de motivation”, l’ancienne première dame plaide pour “des qualités d’homme d’Etat” et de l’habileté pour gérer les dossiers iranien, russe ou chinois, proposant par exemple de “soumettre à la ratification du Sénat un traité d’interdiction totale des essais nucléaires dès 2009”. Appelant à l’honnêteté face aux problèmes internes des États-Unis, Hillary Clinton reste prudente : “Nous devrons parler de Guantanamo et d’Abu Ghraïb”. Tout juste, avance-t-elle que “la puissance économique et militaire ne peut être soutenue que si les Etats-Unis recouvrent leur autorité morale, pour rendre à l’Amérique sa grandeur”.

John McCain.
“Gagner la guerre contre le terrorisme”

L’ancien vétéran du Vietnam n’y va pas par quatre chemins : il faut gagner la guerre contre le terrorisme. Aujourd’hui en Irak, la réponse à l’insurrection, “appuyée par des forces supplémentaires, donne des chances réelles de succès”. McCain se veut volontaire, arguant que tout doit être fait pour gagner cette guerre tant qu’elle peut l’être et tance les Démocrates qui veulent retirer les troupes “au mépris des conséquences”. Le sénateur de l’Arizona veut également maintenir “l’option de la menace militaire” contre l’Iran et poursuivre le soutien américain au président pakistanais Pervez Musharraf (l’idée qu’il ne soit pas reconduit à la tête du pays ne traverse même pas l’esprit de McCain). Les relations avec l’Amérique latine restent réduites à “la lutte contre l’immigration et les cartels de drogue” et à l’opposition aux “démagogues” à Cuba ou au Venezuela. Plus surprenante est l’idée de créer une Ligue des démocraties, dès “la première année de la présidence”. McCain désire aussi revitaliser le “partenariat transatlantique”, propose de développer une politique énergétique conjointe et de créer un marché commun avec l’Union européenne. Une alliance ouvertement dirigée contre “une Russie revancharde”. McCain demande même l’exclusion de la Russie du G8, au profit de l’Inde ou du Brésil. Sur le dossier chinois, le candidat républicain reste prudent, mais toujours aussi provocateur, il en appelle à l’indépendance “à l’égard des sheiks (sic !) du pétrole et de leur politiques troubles”.



Primaires. Objectif 2008 !

La course à l’investiture pour les présidentielles de fin 2008 est lancée dans les deux grands partie et promet un terrible suspense. Depuis l’annonce des candidatures, les campagnes pour les primaires sont bien avancées. Côté démocrate, la sénatrice Hillary Clinton domine les débats avec une moyenne de 40% des suffrages favorables, selon les sondages les plus récents. Son rival, Barack Obama, peine à dépasser les 25% d’intentions de vote, sa progression s’étant essoufflée depuis quelques mois. Du côté républicain, la partie semble également bien engagée pour Rudolph Giuliani, qui rassemble plus de 30% d’intentions de vote depuis le lancement de sa campagne. Considéré au départ comme un sérieux prétendant, John McCain est de plus en plus à l’étroit sous la pression du mormon Mitt Romney et surtout du trublion Fred Thompson, invité de dernière minute aux primaires républicaines. Classé en deuxième position, depuis peu, Thompson jouait, il y a quelques mois encore, le procureur dans les séries New York Unité spéciale et Section criminelle. Du grand spectacle, avec un final l’été prochain, lors des conventions des deux grands partis.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés