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Par Youssef Mahla
Etats-Unis. Le monde après Bush
À quoi ressemblera la politique étrangère des Etats-Unis après le départ de George W. Bush ? La revue Foreign Affairs a posé la question aux principaux candidats à la Maison Blanche en 2008.
La très respectée revue américaine de relations internationales, Foreign Affairs, a demandé aux quatre candidats sérieux aux présidentielles de 2008 quel sera, sous leur éventuel mandat, le visage de la future politique étrangère des Etats-Unis. Passage en revue des propositions, pour le moins contrastées, des démocrates Barack Obama et Hillary Clinton, et des républicains Rudolph Giuliani et John McCain.
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Barack Obama.
Mettre fin à la guerre en Irak
En matière de politique étrangère, le jeune sénateur de lIllinois est certainement le plus original des quatre candidats à la Maison Blanche. Il est le seul à avoir voté contre la décision de partir en guerre en Irak. Une guerre qui naurait jamais dû être autorisée ni déclenchée, réaffirme-t-il, comme pour marquer le coup. Afin de renouveler le leadership américain, Obama propose dabord de mettre une fin responsable à la guerre. Il faut reconnaître quen définitive, seuls les dirigeants irakiens peuvent apporter une paix véritable et la stabilité à leur pays. Le problème irakien clos, la priorité sera au règlement du conflit israélo-palestinien et à la création de deux Etats, promesse quObama pose comme un engagement personnel. Plus conventionnel, le sénateur démocrate souhaite renforcer larmée avec le recrutement de plus de 90 000 soldats. Pour lui, les armes de destruction massive et les Etats voyous alliés aux terroristes constituent les plus graves menaces qui pèsent sur les Etats-Unis. Cest pourquoi ces derniers devront mener un effort mondial pour sécuriser lensemble des armes nucléaires et des sites de matériels sensibles en quatre années. Pour cela, Obama estime quil sera nécessaire de coopérer avec la Russie. Enfin, le candidat aux primaires démocrates veut restaurer la morale dans les interventions des Etats-Unis à létranger, en mettant fin aux transferts de prisonniers pour être torturés dans des pays tiers, aux détentions arbitraires et aux prisons secrètes.
Rudolph Giuliani.
Un combat de lombre contre Al Qaïda
Pour lancien maire de New York, nous sommes tous les enfants du 11 septembre. Rudolph Giuliani voit la politique étrangère à mener, sil est élu en 2008, principalement comme une lutte entre la civilisation et les terroristes. Pour une paix réaliste, il ne faut pas se méprendre sur les ennemis de lAmérique : ce sont les adeptes dun islamo-fascisme radical. Giuliani rappelle les leçons du Vietnam, lorsque les Etats-Unis retirèrent leurs troupes, abandonnant la partie nord aux communistes. Abandonner lIrak aurait des conséquences pires. Pour Giuliani, Les Etats-Unis ne doivent pas saccorder de répit avant quAl Qaïda et son idéologie ne soient vaincus. Le combat se fera surtout dans lombre. Un travail despionnage et dopérations spéciales. Adoptant le ton des remontrances, Guliani en appelle à lunité nationale : Des membres du Congrès discutant directement avec des régimes voyous, en porte-à-faux avec la Maison Blanche, ne pratiquent pas la diplomatie. Ils la sapent. Sur ce sujet, la main est tendue à la vieille Europe, notamment la France, lAllemagne et lItalie : Nous ne devrions regarder aucune grande puissance comme notre adversaire irréductible. Mais au détour dune réflexion sur la difficulté dexporter la démocratie, Giuliani dérape : Il nest pas dans lintérêt des Etats-Unis, au moment où ils sont menacés par des terroristes islamistes, daider à la création dun autre Etat qui soutiendra le terrorisme. Lallusion aux Palestiniens nest même pas voilée
Hillary Clinton.
Un retrait dIrak dans les 60 jours
Faisant le constat de la tragédie des six dernières années, la sénatrice de New York juge que ladministration Bush a dilapidé le respect et la confiance des amis et des alliés les plus fidèles des Etats-Unis. Alors quelle est violemment critiquée, au sein même de son camp, pour avoir voté en faveur de la guerre en Irak, Hillary Clinton fustige lempressement de ladministration Bush et promet dengager un retrait dans les 60 premiers jours de sa présidence. Sur le conflit israélo-palestinien, elle remet sur la table les éléments fondamentaux dun accord final qui sont connus depuis 2000, rappelant quune meilleure implication des Etats-Unis dans les négociations - quelle quen soit lissue - aidera à réduire le niveau de violence. Considérant que le leadership requiert un mélange de stratégie, de persuasion, dinspiration et de motivation, lancienne première dame plaide pour des qualités dhomme dEtat et de lhabileté pour gérer les dossiers iranien, russe ou chinois, proposant par exemple de soumettre à la ratification du Sénat un traité dinterdiction totale des essais nucléaires dès 2009. Appelant à lhonnêteté face aux problèmes internes des États-Unis, Hillary Clinton reste prudente : Nous devrons parler de Guantanamo et dAbu Ghraïb. Tout juste, avance-t-elle que la puissance économique et militaire ne peut être soutenue que si les Etats-Unis recouvrent leur autorité morale, pour rendre à lAmérique sa grandeur.
John McCain.
Gagner la guerre contre le terrorisme
Lancien vétéran du Vietnam ny va pas par quatre chemins : il faut gagner la guerre contre le terrorisme. Aujourdhui en Irak, la réponse à linsurrection, appuyée par des forces supplémentaires, donne des chances réelles de succès. McCain se veut volontaire, arguant que tout doit être fait pour gagner cette guerre tant quelle peut lêtre et tance les Démocrates qui veulent retirer les troupes au mépris des conséquences. Le sénateur de lArizona veut également maintenir loption de la menace militaire contre lIran et poursuivre le soutien américain au président pakistanais Pervez Musharraf (lidée quil ne soit pas reconduit à la tête du pays ne traverse même pas lesprit de McCain). Les relations avec lAmérique latine restent réduites à la lutte contre limmigration et les cartels de drogue et à lopposition aux démagogues à Cuba ou au Venezuela. Plus surprenante est lidée de créer une Ligue des démocraties, dès la première année de la présidence. McCain désire aussi revitaliser le partenariat transatlantique, propose de développer une politique énergétique conjointe et de créer un marché commun avec lUnion européenne. Une alliance ouvertement dirigée contre une Russie revancharde. McCain demande même lexclusion de la Russie du G8, au profit de lInde ou du Brésil. Sur le dossier chinois, le candidat républicain reste prudent, mais toujours aussi provocateur, il en appelle à lindépendance à légard des sheiks (sic !) du pétrole et de leur politiques troubles. |
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Primaires. Objectif 2008 !
La course à linvestiture pour les présidentielles de fin 2008 est lancée dans les deux grands partie et promet un terrible suspense. Depuis lannonce des candidatures, les campagnes pour les primaires sont bien avancées. Côté démocrate, la sénatrice Hillary Clinton domine les débats avec une moyenne de 40% des suffrages favorables, selon les sondages les plus récents. Son rival, Barack Obama, peine à dépasser les 25% dintentions de vote, sa progression sétant essoufflée depuis quelques mois. Du côté républicain, la partie semble également bien engagée pour Rudolph Giuliani, qui rassemble plus de 30% dintentions de vote depuis le lancement de sa campagne. Considéré au départ comme un sérieux prétendant, John McCain est de plus en plus à létroit sous la pression du mormon Mitt Romney et surtout du trublion Fred Thompson, invité de dernière minute aux primaires républicaines. Classé en deuxième position, depuis peu, Thompson jouait, il y a quelques mois encore, le procureur dans les séries New York Unité spéciale et Section criminelle. Du grand spectacle, avec un final lété prochain, lors des conventions des deux grands partis. |
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