Gouvernement. Tous contre Abbas ?
Henri Michel. "Les Lions sont moins guerriers qu'en 1998"
Témoignage. "Mon ami Driss Basri"
Transport. Opération Bus propres
Nostalgie. Les passeurs du Bouregreg
Etats-Unis. Le monde après Bush
BTP. Cherche maçons désespérément
Documentaire. Docus en stock
Portrait. Friandise libanaise
N° 296
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine.

Untitled 1, de Maria Karim.
(DR)

Documentaires. Corps vendus, regards libres


Deux films sans titre, autour d’un même tabou, la prostitution. Ce sont les travaux à découvrir, dans un avenir plus ou moins proche, de deux auteures marocaines au regard libre. Dans Untitled 1*, court de fin d’études dont le titre évite de “réduire, poétiser ou dramatiser une réalité complexe”, Maria Karim, 27 ans, recueille trois moments de confession face à la caméra, intenses et pudiques. Trois personnes pour qui vendre leur corps, c’est aussi un don de soi, dans l’espoir de trouver dignité, plaisir ou liberté. Quête impossible ou commerce de dupes ?
“Je suis leur corps face à leur image”, dit des hommes la première - pull rose, perruque noire, geste délicat - qui “se confronte à son homosexualité”, explique la vidéaste. La seconde, col roulé blanc sur fond blanc, “paumée”, laisse échapper de son visage flouté tout son dégoût de l’autre sexe, contrastant avec la troisième, ancienne prostituée opulente, décomplexée et “philosophe”. “Ce sont des traversées du désert, estime Maria Karim. Je ne m’intéresse pas au phénomène social de la prostitution, mais au témoignage”. Tout comme Dalila Ennadre, 41 ans, qui a fini de tourner son prochain documentaire : le portrait d’une vieille femme de plus de 70 ans, envoyée satisfaire les goumiers dans les bordels de campements militaires indochinois. “Le sexe était une arme coloniale”, rappelle la réalisatrice, dont l’héroïne “a toujours revendiqué qu’on reconnaisse sa participation à l’effort de guerre, comme les anciens combattants”.

*Programmé à Casa Ciné, dimanche à 19h30, Complexe Touria Sekkat, sous réserve de l’accord du CCM.



Sortie. Zone interdite

Au diable les bureaucrates ! Quand un attentat sanglant pulvérise une centaine de vies américaines dans une société pétrolière en Arabie Saoudite, une équipe du FBI, peu convaincue par les hésitations de Washington, concocte la mission de sa vie : une discrète expédition dans le royaume ami pour décapiter le réseau terroriste impliqué. Mais face au choc culturel et à la mauvaise volonté ambiante, l’enquête se corse. Malgré un scénario agaçant de redondances, Le Royaume a le mérite de vouloir remuer quelques neurones en plus de la poussière saoudienne, questionnant et narguant l’impérialisme US. Plus bourrin mais moins tordu qu’un Syriana, il trouve un certain équilibre, évitant le manichéisme tout en flattant la fibre patriotique. Caméra nerveuse collée aux flingues de héros stoïques mais déstabilisés (Jamie Foxx et Jennifer Garner), aux prises avec un ennemi invisible mais pas forcément diabolisé, Peter Berg (Very bad things) livre un thriller d’action politico-militaire assumé et efficace.

Le Royaume, Au Mégarama.



Expo. Coups de perso

D’épais traits noirs de peinture acrylique traversent les toiles, se rangent en cadres et s’affolent en cercles. Mélangées à l’encre et à l’huile, les couches de jaune, de rouge ou d’orange se superposent, jusqu’à saturer des fresques à la personnalité multiple. “Kenza. Individu”, la nouvelle œuvre de Kenza Benjelloun, dessine à coups de pinceaux puissants un caractère bien trempé. Une catharsis pour l’artiste qui concrétise sa “volonté de sortir du monochrome. Un travail de repli sur soi, un combat pour trouver l’essentiel”, face au trop plein ou au trop vide. à découvrir.

Jusqu’au 17 novembre, Galerie Shart, Casa. Fermé le lundi. Tél. : 022 39 49 80



Magazine. Courant Alternatif

Après sept mois de gestation, un nouveau-né arrive en kiosque en décembre : attention, il est rebelle. Alternatif, créé par des ex de Marockmagazine.com, c’est le magazine de l’“autre” chabiba. Cette jeunesse hétéroclite et décomplexée à laquelle le numéro 0 (16 pages au lieu de 64) dédie sa couv’ sur le Clubbiz, une interview vérité de Bigg, un papier mémoire sur Hendrix au Maroc ou un autre assommoir sur le “headbanging” des metalleux. Le tout, parsemé de titres chocs comme “Vierge à 2000 balles” (sur l’hyménoplastie) ou “Pu**&bikhir” (c’est clair ?), plus des “kroniks” (“boukinage”, “tilifizioune”…), des posters… Prix de lancement : 10 DH. “C’est moins cher qu’un bout de matière brune et ça fait planer votre matière grise”, avance le réd’ chef Adil Mahfoum, toujours en quête de sponsors (100 000 DH), mais confiant : “C’est dans la presse écrite que tout est à réinventer”. Mais qui dit provocation, dit ambition. On attend donc Alternatif au tournant…des pages !


BD. Plein sur la planche

Saïd Bouftass a des projets plein les planches. Le diplômé des Beaux-Arts de Paris, féru de dessin et d’animation, porte les dernières retouches aux illustrations d’une BD enfantine (au titre encore secret), écrite par Habib Mazini, auteur de romans pour les grands (Le Complexe du hérisson, 2002) et de contes pour les petits (La Révolte du 30 février, 1999). “Une histoire de chats et de rats dans le Maârif, prévue pour début 2008”, explique le dessinateur, qui rejoindra ensuite le monde des adultes, pour illustrer un scénario co-signé par l’écrivain Noureddine Saudi. “Un meurtre sur le Boulevard Mohammed V”, avance Saïd Bouftass, selon qui l’artère casablancaise, bien plus qu’un décor, y sera un protagoniste “triste et beau”. “Il est d’une telle richesse architecturale, admire l’illustrateur. Mais aujourd’hui, c’est une cicatrice”. Les croquis et clichés saisis tout le long du boulevard seront ensuite réunis dans une expo.


Photo. Trois yeux à Bamako

Ali Chraïbi, Mohamed El Baz et Fouad Maazouz : trois ambassadeurs d’une photographie marocaine de plus en plus cotée, trois regards atypiques dont les clichés anti-clichés seront suspendus dès fin novembre aux cimaises des 7èmes Rencontres africaines de Bamako. Teintes saturées et paradoxes urbains pour Fouad Maazouz (Ici et / est l’ailleurs), qui expose dans quelques jours à Paris ; villes et dessins surimprimés pour Mohamed Elbaz et ses tentatives de “bricoler l’incurable” ; noir et blanc presque torturé pour Ali Chraïbi, de retour dans la capitale malienne six ans après une première expo. Avec sa série Downtown Memories, réalisée en périphérie de Marrakech, “le vrai Maroc, loin des clichés”, il propose un travail troublant sur la ville et la mémoire, “toujours confuse, un peu brouillée...”. Une renommée transsaharienne, c’est tout le Mali qu’on leur souhaite !


Ciné arabe. Des clics et des claps

Opération : créer un répertoire du cinéma arabe. Nom de code : ACDIR. Mot de passe : 500, comme le nombre de films de la banque de données “Arab Cinema Directory”, qui permet de tout savoir, en un clic, sur le dernier Omar Chraïbi ou le meilleur de Youssef Chahine. Le site compile les détails de 80 années de Septième art arabe : fiches techniques, synopsis, contacts, affiches, photos et vidéos de grands films épiques comme de courts d’art et d’essai. Petit plus interactif : un membre peut compléter ou modifier une info, envoyer une vidéo à la cinémathèque de Beyrouth ou lui commander un film au choix. On allait oublier : ACDIR est un projet du programme Med-Screen, porté dans le cadre de Euromed Audiovisuel II pour appuyer le développement, la promotion, la distribution et l’exploitation du cinéma méditerranéen.


Festival du film. Le palmarès 2007

À Tanger, l’expérience et l’audace ont payé : Ahmed Maânouni repart avec le Grand prix pour Les Cœurs brûlés, tandis que le doyen Latif Lahlou rafle, pour ses Jardins de Samira, le Prix du jury et ceux d’interprétation masculine. Doublé féminin pour les actrices de La Beauté éparpillée, consolant Lahcen Zinoun de passer à côté du Prix de la meilleure première œuvre, attribué aux frères Noury pour Les Portes du paradis. Les Anges de Satan d’Ahmed Boulane sortent auréolés (forcément) du Prix de la meilleure musique, celui de l’image revenant à Où vas-tu Moshé, de Hassan Benjelloun. Et c’est Tabit or not Tabit qui s’offre le prix du scénario, “un hommage de convenance”, estiment des festivaliers. Restent les favoris aux mains (curieusement) vides, tels Faouzi Bensaïdi et son WWW What a wonderful world.


Vidéo. Projecta jacta est

Au crépuscule, le resto La Corrida se mue en salle sombre. Bien gardé par les taureaux empaillés, son patio andalou sert d’écrin et d’écran à Projecta, une sélection de petits films initiée par Jamal Abdennassar et Alejandro Mariotti, deux publicitaires désirant “faire connaître des œuvres que l’on ne voit pas dans les festivals”. Au menu, lundi dernier, une quinzaine de découvertes, dont quelques perles animées, comme celle de Rachid Jahir, hilarante à en faire des bulles dans sa sangria. Plus speed, Sacrifake, la fiction vidéo de Tarik El Jouhari, alias “Osmoz”, qui rappelle l’urgence d’une voie de sortie après le choc du 16 mai.

Le premier lundi du mois, à 19h30 à La Corrida, Mers Sultan, Casa.



Le livre.

Suite et fin des aventures de Michael Pinson, mortel devenu élève dieu. Dans le dernier volet de la trilogie des dieux, Bernard Werber explore les limites du phénomène divin : Y a-t-il quelque chose après les dieux A entendre le héros, il existe bien, à l’est d’Aeden, sur une montagne plus haute, une créature supérieure plus grande que Zeus, dieu de tous les dieux. Pour percer le mystère, Michael Pinson devra d’abord affronter ses dix rivaux de l’école des dieux. Récit mythologique, avec un zeste de suspense, et roman d’apprentissage, l’exercice est rodé. Sans surprise, Bernard Werber délivre son pensum du mois d’octobre, avec les habituels extraits de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu et la sobriété de la narration. Les fans apprécieront.

Bernard Werber, Le Mystère des dieux ; Albin Michel.




Humeur.
J’ai vu tuer l’USFP

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Une bloggeuse s’indigne, cette semaine, du silence de la télévision marocaine sur l’affaire Ben Barka. Objet du grief : la petite lucarne n’a pas pipé mot sur le mandat d’arrêt émis à l’encontre du Général Housni Benslimane. Si ça peut consoler la jeune femme, il y a pire, toujours pire que la censure. Le mutisme des ex-amis, par exemple. Et celui de Mohamed Elyazghi, en particulier. Le boss à perpétuité de l’USFP a été invité par 2M en qualité de témoin, à l’occasion du 42ème anniversaire de la disparition du martyr de la gauche. De visu, il faut au moins lui reconnaître une chose : il fait très bien la carpe. Elyazghi a expédié la chose, mine de rien, appelant à faire toute la vérité, à la manière d’une inauguration de chrysanthèmes, comme s’il s’entraînait pour ses nouvelles fonctions de ministre sans portefeuille. Deuil impossible ? Pudeur ? Le surmenage, déjà ? On ignore la raison de l’oubli d’Elyazghi, mais lui non plus ne semblait pas avoir entendu parler du mot doux adressé à Housni Benslimane par le juge Ramaël. Et impossible de compter sur les amis pour vous rafraîchir la mémoire. Abdelouahed Radi, tout ministre de la Justice qu’il soit, avait vaguement ouï dire de la chose. La surdité de l’USFP faisait peur à voir et à lire dans les médias. Elle résonnait comme un signal. Il est peut-être temps de prendre le chemin vers le cimetière des éléphants. Là où les pachydermes se cachent pour finir leur carrière dignement...



Rêves vision
Oeil magnétique contre prose sympathique : les rappeurs ALB de Mas-K-Gaz et Dias de MAP posent leur voix sur des extraits (“Révision” et “Départ au bled”) de La Vie rêvée de Mademoiselle S., premier roman de la Franco-marocaine Samira El Ayachi. www.myspace.com/mademoisellelille et dailymotion.com/exprim


Lazywall en speed
Avec seize dates françaises, Lazywall ne rase manifestement pas les murs ! Retrouvez les frères tangérois du rock alter au Havre le 5 novembre, à Paris les 6, 7 et 8, à Nantes le 11, à Bordeaux le 12, à Nice le 15, à Grenoble le 16, à Lyon les 17 et 18, à Reims le 19, le 22 à Nancy ou le 25 à Lille. www.lazywall.com


Concentré de Faudel
Avant un nouvel album en 2008, sous le signe d’un virement de bord managérial, Faudel chauffe son public maghrébin et oriental en sortant son Best Of, L’Essentiel, chez le label maroco-belge Fassiphone. Une compilation de treize titres connus et de deux inédits. Effectivement, faut aimer…

 
 
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