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N° 296
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Hosni Moubarak
(AFP)

Egypte. L’ambition nucléaire


L’Egypte a pris la tête de la famille du nucléaire civil que les pays arabes entendent former dans une région instable, où Israël et l’Iran les ont déjà devancés. Hosni Moubarak a annoncé lundi que l’Egypte allait se doter de plusieurs centrales nucléaires, dont quatre pourraient être construites d’ici 2020, chacune pour un coût de 1,2 milliard d’euros. Le président Moubarak insiste sur le fait que ce sera un programme nucléaire pacifique. Les centrales seront construites “dans la plus grande transparence” et encadrées au niveau international. Le
Caire a reçu l’immédiate bénédiction de Washington. Pour Moubarak, cette décision, qualifiée de “stratégique”, répond à des besoins de sécurité énergétique. Le bilan énergétique de ce pays à la démographie galopante (76 millions d’habitants) reste en effet défavorable. L’Egypte est en déficit énergétique, malgré une production croissante de gaz et de pétrole, alors que la consommation du pays en électricité est en très forte augmentation. Moubarak relance ainsi un programme gelé depuis 20 ans. L’option nucléaire avait été discrètement mise en oeuvre sous Nasser, en 1955, puis abandonnée après la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Mais la dimension politique de la décision égyptienne est évidente, au moment où six pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, ainsi que le Yémen, la Jordanie, la Libye ou l’Algérie et le Maroc ont annoncé quasi simultanément vouloir se doter de l’énergie nucléaire civile. “C’est un droit pour les arabes”, selon Moubarak. D’après Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire du monde arabe, “c’est la volonté de l’Iran d’accélerer son programme douteux qui a poussé les pays arabes à se lancer à leur tour dans la course du nucléaire”. L’Egypte et l’Arabie Saoudite n’ont jamais caché leurs inquiétudes face aux éventuelles ambitions militaires de l’Iran, puissance chiite, et de son influence sur l’Irak. L’Egypte, qui a signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), soutient officiellement l’élimination des armes nucléaires au Moyen-Orient et critique Israël sur cette question. L’Etat hébreu, qui n’adhère pas au TNP et n’a jamais reconnu détenir l’arme nucléaire, posséderait quelque 200 ogives.


Israël. L’annonce d’Ehud Olmert

Le Premier ministre israélien a révélé lundi qu’il avait un cancer de la prostate. La maladie serait à un stade premier, ne menaçant pas la vie d’Ehud Olmert et ne l’empêchant pas d’assurer ses fonctions. Elle présente toutes les chances de guérison. “Selon les médecins, il s’agit d’une tumeur microscopique que l’on peut ôter par une opération chirurgicale (…) il n’y aura pas besoin de chimiothérapie ou de radiations”, a déclaré Olmert. Le Premier ministre, 62 ans, subira l’opération, qui n’est pas urgente, après un sommet israélo-palestinien prévu fin novembre, près de Washington. L’Autorité palestinienne a souhaité un “prompt rétablissement” à Olmert. L’annonce d’Olmert est une première. Jamais un Premier ministre israélien n’avait révélé - aux médias - une maladie grave. “Les citoyens ont le droit de savoir. C’est mon devoir civique”, a dit Olmert, qui n’oublie pas qu’il a succédé à Ariel Sharon, toujours plongé dans un coma profond.


Argentine. Viva Cristina !

Sans surprise, l’Argentine a élu à la présidence Cristina Fernandez Kirchner dès le premier tour d’une élection aux allures de référendum. Cette brune de 54 ans récolte les fruits de la gestion de son mari, le président sortant Nestor Kirchner, dont le mandat a coïncidé avec la prospérité retrouvée. Sous Nestor Kirchner, le pays a connu une croissance à la chinoise (9% par an) et une stabilité politique retrouvée après la crise de fin 2001. La sénatrice Cristina Kirchner, péroniste, a obtenu 44,8 % des voix. Elle n’a rien promis hormis la continuité. Il lui faudra néanmoins répondre assez vite aux aspirations des électeurs, préoccupés par la hausse des prix mais aussi par l’insécurité, un thème qu’elle n’a jamais abordé. D’autres défis l’attendent, à commencer par la faiblesse des investissements et la pénurie énergétique.


France. Sarkozy double son salaire

Le salaire du président français a été plus que doublé par l’Assemblée nationale afin de “l’aligner” sur celui du Premier ministre. Dès 2008, Nicolas Sarkozy devrait donc toucher, comme François Fillon, une indemnité d’environ 19 000 euros bruts mensuels sur 12 mois, contre environ 7700 euros bruts actuellement. “Je veux que les Français sachent”, a dit Sarkozy lors d’un récent déplacement en Corse. À droite, Jean-François Copé évoquait un “souci de transparence et de cohérence. Être président de la république, être chef d’Etat, c’est une responsabilité considérable.” Alors qu’à gauche, le communiste Maxime Gremetz parlait “d’insulte à la misère”.


Royaume-Uni. Abdallah, invité de marque

C’est la première visite d’un roi saoudien au Royaume-Uni en vingt ans. Le roi Abdallah a été accueilli avec faste par la reine Elisabeth II. Un banquet royal (et halal) a été préparé à Buckingham pour Abdallah. Mais le monarque a été critiqué par des manifestants sur “les violations sur les droits de l’homme et la corruption” en Arabie Saoudite. Londres a choyé son invité, Ryad étant un allié-clé (politique et économique) du Royaume-Uni au Moyen-Orient. Le roi Abdallah devait rencontrer Gordon Brown et aborder les questions brûlantes de l’Iran, l’Irak, le processus de paix au Proche-Orient et, surtout, de la lutte contre le terrorisme. Le roi avait accusé Londres d’avoir ignoré des “informations” saoudiennes, qui auraient pu éviter les attentats de Londres du 7 juillet 2005.


VITE !

La justice espagnole a condamné, mercredi, à des peines de près de 40 000 ans de prison trois des huit accusés des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, acquittant par ailleurs l’un des organisateurs présumés, le dénommé Mohamed Al Masri.

 
 
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