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Par Youssef Ziraoui
"Pour être respecté, il faut être bien habillé"
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Mourad Borja, Photographe
et directeur de lagence AIC PRESS
(AIC PRESS)
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Antécédents
| 1967. |
Naissance à Casablanca. |
| 1989. |
Entre en prison. |
| 1993. |
Licence en Droit. |
| 1998. |
Crée AIC PRESS (Agence internationale de communication et de presse). |
| 2007. |
Ecope de deux mois de prison avec sursis pour outrage à fonctionnaire. |
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Smyet bak ?
Ali Borja.
Smyet Mok ?
Fatema Mohammed.
Nimirou dla carte ?
BJ 63763.
Vous venez décoper de 2 mois de prison avec sursis pour outrage à fonctionnaire. Racontez-nous
Jai eu un accrochage en 2005 avec un policier qui voulait confisquer mon appareil photo. Aujourdhui encore, la police estime que les journalistes lui cherchent des noises, alors que nous nous contentons de faire notre travail.
Comment vous êtes-vous retrouvé à faire de la photo ?
Un peu par hasard. Au début, je ny connaissais rien, mais ce qui ma encouragé à me lancer, cest que les appareils photo numériques, contrairement aux argentiques, sont faciles à utiliser.
Ça ne tenait quà ça ?
Non, pas seulement. En 1998, quand jai décidé de fonder AIC, il nexistait pas dagence de presse spécialisée dans la photo, à part la MAP. Mais cest une agence officielle, qui fait limpasse sur de nombreux sujets. Je me suis donc retrouvé sur un marché sans concurrent.
Et alors, cest un business payant ?
Aujourdhui, AIC est une entreprise qui roule bien. Ça paye moins bien quà létranger, cest sûr, mais globalement on sen sort. Au Maroc, notre signature est présente dans la plupart des organes de presse. Et rien quavec le marché national, où nous comptons une vingtaine dabonnés, nous couvrons nos frais. Avec nos clients étrangers, nous engrangeons des bénéfices.
Vous continuez à prendre vos photos vous-même ou vous êtes devenu un rentier ?
Quand il sagit de sujets importants, jassure moi-même la couverture des évènements, comme pour les derniers attentats terroristes.
À ce propos, vous étiez les seuls à détenir des photos du kamikaze Abdelfettah Raydi datant davant sa mort. Vous faites ça comment ?
Effectivement, nous avions des photos de Raydi vivant. Nous les avions prises quand il était encore en prison. Nous avions été introduits par une association qui soutenait les détenus salafistes.
Vous êtes probablement le seul photo-reporter au monde à travailler en costume-cravate. Pourquoi ?
Au Maroc, les apparences comptent beaucoup. Pour être respecté, il faut être bien habillé. Et puis, à nimporte quel moment, on peut être convié par une personnalité importante ou pour un évènement officiel. Dans ce cas-là, il faut être présentable.
Vous vous levez très tôt pour vous coucher très tard. Vous carburez à quoi ?
Jai une entreprise à gérer, donc jy sacrifie ma santé et mon corps.
Euh, en parlant de corps, vous devriez faire quelque chose pour perdre votre bide
Je ne suis pas daccord avec vous. Mon ventre est pour moi un sérieux allié. Je le garde au cas où je serais condamné. Ça me permettra de faire une grève de la faim et de tenir un bon moment.
Mohamed Abdelaziz, du Polisario, vous a mis sur le podium des personnalités les plus persécutées au Maroc. Est-ce un motif de fierté ?
Lorsque surviennent des évènements au Sahara, nous retranscrivons fidèlement les faits, indépendamment des enjeux politiques. Maintenant, nous attendons du Polisario quil nous autorise à visiter les camps de Tindouf, comme nous lavait promis un de ses dirigeants lors dune rencontre à Genève avec la société civile marocaine.
Vous avez passé plusieurs années en prison, pour quel motif était-ce ?
Cest une histoire personnelle comme il peut en arriver à tout le monde. Mais jai été réhabilité depuis, et aujourdhui mon casier judiciaire est vierge. Je nai pas honte de cet épisode de ma vie.
Et vous en êtes sorti avec une licence en droit
Oui, la prison a été une expérience enrichissante. Elle ma permis de côtoyer des militants de gauche de la première heure, en compagnie desquels jai poursuivi des études de droit.
Vous êtes spécialiste en photos de prostituées. Cest une lubie ?
Il marrive de les prendre en photo mais cest pour des raisons professionnelles. La prostitution est un fait de société que nous couvrons en tant que photographes. Dailleurs, votre magazine lui-même ma commandé des photos sur le sujet ! |
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