Spécial Tunisie.
20 ans de Ben Ali. Les intellectuels contre le dictateur
La Tunisie, souvent présentée comme un modèle de développement et de stabilité, vit pourtant sous la dictature d'un régime policier. 20 ans. L'âge du régime de Zine El Abidine Ben Ali, successeur de Habib Bourguiba. Le pays où l'on respecte le plus la femme (dans le monde arabo-musulman) est aussi celui où les droits de l'homme sont le plus muselés, à l'exception relative des deux premières années de l'ère Ben Ali. Presse écrite, audiovisuelle, électronique
tout est passé au peigne fin, régulièrement censuré, dans tous les cas contrôlé et mis sous l'éteignoir. 20 ans, donc, de leurres, d'entraves à la liberté, d'emprisonnements, qui ne sont pas venus à bout de la résistance de nos confrères journalistes, aidés des ONG militant pour les droits de l'homme.
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| À l'occasion de ce triste anniversaire célébré le 7 novembre, TelQuel ouvre ses colonnes à des figures connues et respectées de lopposition tunisienne. |
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Génération Ben Ali : le gâchis
Par Sihem Bensedrine
Journaliste et militante des droits de l'homme, fondatrice du CNLT
(Conseil national pour les libertés en Tunisie)
Kais a vingt ans aujourd'hui. Le bel âge ? Pas vraiment. Il est né le 7 novembre 1987, le jour où le Général Ben Ali prenait le pouvoir en Tunisie par un coup d'Etat médical(1) sans effusion de sang, il est vrai. La révolution du jasmin, commenteront certaines chancelleries occidentales qui s'étaient empressées de cautionner ce régime et n'ont jamais pris leur distance depuis. Seulement, ce n'est pas dans les jasmins qu'a grandi la "génération Ben Ali", mais dans les cactus.
Kais est né et a grandi sans avoir jamais vu un seul journal indépendant. Pour lui, il est normal que les journaux publics et privés chantent la gloire de l'artisan du changement(2). Et il est normal qu'aucune critique ne soit tolérée à l'endroit du chef de l'Etat, de son entourage ou de sa politique, dans les médias. C'est comme ça. Les critiques, on a juste le droit de les chuchoter en privé, en s'assurant que les enfants n'écoutent pas. On ne sait jamais, les murs ont des oreilles et les enfants répètent imprudemment.
Kais ne sait pas ce qu'est l'art de la caricature, tel qu'il l'a découvert sur un journal comme Le Canard enchaîné, que les amis étrangers de ses parents leur rapportent de voyage de temps en temps et qu'ils lisent en cachette, car le journal est interdit en Tunisie. Kais ignore que le lendemain de sa naissance a marqué la mort de cet art en Tunisie. Un journaliste a osé une caricature montrant un homme sur un baudet qui sort du 6 novembre et entre au 7 nov sur la même monture et les mêmes habits (par allusion à la classe politique qui a servi avec la même fidélité les deux régimes du jour au lendemain). Il lui en coûta un passage de quelques jours dans les sous- sols de la Dakhilya, les locaux de la sûreté de l'Etat à l'avenue Bourguiba, où l'on vous somme de mettre votre dignité aux vestiaires. La leçon valut pour tous. Depuis ce jour-là, plus aucun caricaturiste ne s'essaya à cet art impertinent. Certains se sont convertis en cireurs de pompes, un des plus virulents crayons a signé un hymne à la gloire de Ben Ali en bande dessinée et les plus dignes se sont exilés.
Pour Kais, c'est aussi normal d'avoir le même président pour toujours. Il a grandi avec le même président qui n'a jamais changé et il va peut-être mourir avant lui. Les présidents chez nous, cest pour la vie ! Périodiquement, on fait un festival et on dit qu'on est content de l'avoir et que sans lui, on ne peut rien faire. On appelle cela élections, mais c'est réservé aux adultes qui ont un boulot et beaucoup de dettes auprès des banques. Les plus jeunes n'ont pas de carte d'électeur, c'est normal, ils ne payent pas le 2626 (3) !
Kais aimait bien passer ses week-ends dans des cafés de Karaoké avec des copains du quartier huppé d'El Manar. Le goût lui est passé, depuis que l'un de ses amis a été embarqué par les flics qui l'ont attrapé fumant un joint et il a écopé de 2 ans de prison, le tarif de base. Pour Kais, c'est normal que les flics fassent des rafles dans les cafés, embarquent les jeunes au poste un samedi soir et prennent 24 heures pour vérifier leur identité à coups de matraque. Il en a toujours été ainsi. Kais n'a pas connu cette période où les policiers du régime autoritaire de Bourguiba présentaient des mandats d'amener avant d'embarquer un citoyen.
La fréquentation des cybercafés n'est pas moins à haut risque. Kais la appris à ses dépends. Il a rencontré un jeune avec lequel il a sympathisé. Il lui a fait découvrir certains sites islamistes salafistes, pas du tout censurés par la cyberpolice ! Il a découvert un autre discours et un exutoire à sa quête d'idéal et de défis à relever. Un jour la police est arrivée dans le cybercafé et a embarqué son copain dans une mise en scène digne d'un western spaghetti. Les autres ont compris. Et de crainte de voir son tour arriver, tétanisé, il s'est cloîtré chez lui. Ils ne sont pas venus le chercher, ni le premeir, ni le deuxième jour, ni les jours suivants. Pourtant, le gérant du cybercafé le connaît pour avoir relevé son identité et son adresse, et tout le monde sait que les propriétaires de cybercafés travaillent pour la police.
Kais ne sait plus quoi faire de ses vingt ans. Il a envie d'éclater, de se faire exploser pour LA bonne cause- et il y en a tellement ! Ce vide d'activité, il ne le supporte plus, il a le dégouttage comme on dit dans le jargon des jeunes Tunisiens. Cela fait déjà un moment qu'il ne suit plus les cours à l'Université. A quoi bon. Il n'a même pas pu choisir sa branche d'études : il voulait faire les Beaux arts et on lui a imposé techniques commerciales dans un institut public, comme il en a été créé partout, comme des champignons, et qui n'ouvrent sur aucun avenir. Diplômes pas assez qualifiés pour les métiers de cadres et trop qualifiés pour les filières professionnelles, Kais comprend que ces champignons ont l'avantage de retenir les jeunes et de fournir des statistiques aux réalisations de Ben Ali
Kais ne rêve que d'une chose maintenant, partir, fuir, n'importe où. Il a fait une demande de passeport et on le lui a refusé car il n'a aucune raison valable pour voyager ! Kais ne le sait que trop, quand on est jeune, on est considéré comme un suspect, suspect de délit de jeunesse, cette race qui n'a rien à perdre et qui fait tant peur à Ben Ali.
Aujourd'hui, Kais pense à brûler, à faire le "Harq", franchir les frontières par n'importe quelle manière, quitte à mourir en mer. Et mourir pour mourir, autant que ce soit pour La bonne cause !
(1) Ben Ali a fait signer à des médecins au ministère de l'Intérieur, le 6 novembre 1987,
un certificat de sénilité concernant le premier président de Tunisie, Habib Bourguiba,
et a pu ainsi le déposer et prendre possession de Carthage.
(2) La qualité attribuée à Ben Ali
(3) Fonds de solidarité opaque, prélevé comme un impôt obligatoire chez les salariés.
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Il était une fois à l'ouest de Ben Zaï
Par Taoufik Ben Brik
Journaliste et écrivain, célèbre opposant au régime du président Ben Ali
Cest fini. Ne vous retournez pas. Ben Zaï se décide enfin. C'est un homme qui ferme une porte. Du CNLT (Conseil national pour les libertés en Tunisie). Celle-ci est un peu particulière. C'est une porte en pleine mer. Bab B'har. C'est la porte d'une métaphore. Et la métaphore est un phare. C'est la porte d'un minaret en plein désert. Au bout d'Azzamharir, bivouac, baliseurs du désert, proue d'un monde à part, veilleur, guetteur, gardien d'Al Ichq. Al mourabitoun. Finie l'épopée ? Ben Zaï referme la porte de notre phare, de notre brin de paille. Eteint, le phare ? Des policiers. Et les fellags. Kifaya. ça suffit ! Délogés à coups de rangers
Sauf que, cette fois, la rengaine ne passe pas. De travers. Quelle importance qu'un gardien soit ou non dans le phare, qu'un phare soit ou non lumineux ? Quelle importance qu'il y ait un cavalier sans monture ? Quelle importance un Sahara chauve ? Aujourd'hui, Ben Zaï ferme le CNLT.
En tout cas, le CNLT possède une mémoire. Un cercueil sur les graviers ? Le CV d'un prisonnier torturé ? La liste des pourris et des mouchards ? Passé poussière et au suivant ! Dire CNLT, c'est rédiger son premier rapport. Il aurait dû être prêt le 10 décembre 1999 et il traîne. Nous sommes dix rédacteurs : Sihem Bensedrine, Omar Mestiri, Moncef Marzouki, Nejib Hosni, Mustafa Ben Jaffar, Salah Hamzaoui, Jemeleddine Bida, Mokhtar Arbaoui, Mohamed Talbi et moi-même. Impossible de reporter encore une fois nos délais, il en va de notre crédibilité. Nous avons décidé de le lancer sur la Toile avant le 15 mars 2000. Ce Conseil est né le 10 décembre 1998, à l'époque où la Tunisie était encore somnolente, à l'initiative de trente-cinq personnalités indépendantes, presque toutes issues de la petite bourgeoisie scolarisée. Il est né d'une impasse. C'est une opération de sauvetage, d'abord de soi-même. La Tunisie était au bord du ravin. Nous n'avions pas le choix : soit nous succombions au vide périlleux, soit nous avancions sur l'orge.
C'est un acte de désobéissance civile. Les Tunisiens se sentent castrés, nuisibles, ils errent en sursis, la mort dans l'âme. D'où cette obligation de liberté. Il faut réinventer une geste tunisienne, avec pour toute arme l'imagination et surtout des mots neufs, lumineux, plaisants, loin de la redondance de l'orthodoxie militante, en rupture avec son discours stérile. C'est avec des écrits qui swinguent, qui séduisent, que le CNLT a fait banco.
Jamais dans son histoire contemporaine, la Tunisie n'a connu un tel acharnement contre les libertés - écrivons-nous en préambule de notre premier rapport- Jamais en Tunisie nous n'avons connu un tel sentiment d'insécurité face à l'omniprésence policière, au délabrement de la justice et à l'extension de la corruption (
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Le 15 mars à deux heures du matin, nous sommes la NASA des clochards. Nous avons deux ordinateurs que seuls deux d'entre nous savent manipuler, et encore, avec deux doigts. Nos soixante-deux pages sont prêtes. Une sorte de Guide Bleu dans les dédales de la Tunisie cachée aux touristes, avec ses testicules écrasés par des casiers, ses femmes violées, ses tortionnaires, ses rafles
La Tunisie de l'exil intérieur et de la clandestinité. Une visite guidée dans le second pays, sous la plage, des pavés.
Dans quelques minutes, nous avons rendez-vous avec Le Monde. Avec Human Rights Watch à New York, Amnesty International à Londres, la Fédération internationale des droits de l'homme à Paris, et une conférence de presse nous attend dans les locaux du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples, également à Paris. Nous avons dépêché , pour les besoins de la cause, le seul d'entre nous qui, à, l'époque avait encore un passeport, notre honorable chargé des affaires extérieures, Sadri Khiari, peintre de son état. C'est dans son atelier que nous apportons les dernières touches au rapport et qu'affreux, sales et méchants nous nous apprêtons à lancer notre navette dans l'espace. |
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La Nakba de 1987
Par Raouf Ayadi
Avocat et militant des droits de l'homme
Ce matin du 7 novembre 1987, quand un général lit le communiqué annonçant la destitution de Bourguiba, beaucoup ne cachent pas leur joie. Pas tant à l'idée de se débarrasser de l'ancien régime qu'à la promesse d'une nouvelle ère, débarrassée d'un système qui a pesé pendant des décennies sur la vie des Tunisiens, leur déniant tout droit d'exercer leurs droits politiques dans un premier temps, avant de devenir une charge pour lui-même, illustrée par les luttes intestines que se livraient les proches du pouvoir en place, et qui allaient finir par l'emporter.
Le peuple ne peut alors imaginer un seul instant que l'événement en cours- et auquel il n'a pas participé- n'est que le préambule à une souffrance baptisée sur le coup nouvelle ère. Celle-ci a débuté par la mise à l'écart de ceux qui représentaient encore le mouvement national, entre syndicalistes, politiques... tels Ahmed El Mestiri, Mohamed El Masmoudi, Ahmed Bensalah, Habib Achour et tant d'autres. Des technocrates de l'oppression, qui ne connaissaient rien à la politique ni à l'exercice du pouvoir, allaient se mettre à l'ouvrage et réduire la notion même d'Etat à une simple administration au service de l'exécutif, remplacer la fonction publique, déjà inefficace durant l'ère Bourguiba, par une fonction au service de l'oppression, en maîtrisant les techniques et le style et s'appuyant sur ses propres lois et une Constitution détournée pour diriger le pays.
Rapidement, ceux qui ont applaudi à l'événement ou ont tout simplement porté un jugement hâtif, croyant avoir leur place parmi l'élite, vont se rendre compte que cette administration leur était étanche, de par sa constitution et sa nature, et que même celui qui la dirige était incapable d'en maîtriser le fonctionnement. Il ne leur restait alors que l'option de se fourvoyer en acceptant un poste dans l'establishment, ou affronter la police politique, érigée en outil du changement avec sa propre justice, ses lois et ses prisons. (
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Les deux dernières décennies peuvent se résumer dans les différentes vagues d'oppression, devenues une sorte de guerre policière contre la société et ses élites. La pratique de la torture devient monnaie courante et les procès factices en tous genres ont traîné devant la justice des milliers d'innocents, en plus de les encercler, les affamer et les casser. Les pays occidentaux ne se contentent pas d'accorder des aides généreuses mais dépêchent aussi leur presse au chevet du régime pour en encenser les actions, glorifiant ainsi la politique de modération et de tolérance et le miracle économique.
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20 ans de souffrances
Par Mohamed Abbou
Avocat condamné à 3 ans et demi de prison pour avoir critiqué les prisons tunisiennes sur Internet
(libéré le 24 juillet 2007)
Comme il est affligeant de vivre dans une société dirigée par un Etat qui ne garantit ni les droits de la personne, ni sa dignité, ni sa liberté ; et qui mobilise ses institutions pour réprimer les citoyens, sans rendre compte de ses actes à personne.
Et comme il est pénible pour un intellectuel de constater que la majorité des enfants de son pays sont sous l'empire de la peur, préoccupés à assurer la subsistance de leur famille, en quête de sécurité personnelle et de salut individuel.
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) Nous faisons face à un appareil sécuritaire qui poursuit par moments les criminels et les sanctionne ; et par moments agit comme un gang qui menace, frappe et torture, sans aucun respect des lois qu'il est censé appliquer. Cet appareil sécuritaire place au dessus des lois les puissants qui n'ont de compte à rendre à personne. Ceux-là, il n'est pas permis de les critiquer, ni de les dénoncer, ni d'évoquer leur corruption sous peine d'être jeté en prison. Aucune attention n'est prêtée aux cris de secours venant de l'intérieur, ni aux déclarations de nos partenaires en Occident, qui sont parfois contradictoires avec leurs positions secrètes.
Ces mêmes institutions sont parfois utilisées pour persécuter les adversaires du Pouvoir en place et qui osent le critiquer. Leurs ressources sont coupées, ils sont affamés et humiliés de façon qu'ils n'oublieront jamais ; ils sont agressés dans la rue et leurs enfants sont soumis à des harcèlements ; tout cela afin de garantir la pérennité du régime et du pouvoir absolu. (
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Lorsque j'ai osé dénoncer la réalité de la situation qui prévaut en Tunisie, j'ai transgressé l'interdit en dénonçant les scandales et évoquant le sujet de la corruption. C'est alors que le régime a décidé de frapper les intérêts de ma famille et de la persécuter ; puis il m'a jeté en prison en cherchant à m'humilier. Et malgré les nombreuses pressions qu'il a subies, il a prolongé ma détention au maximum. Non parce que je dirigerais une association qui constituerait une menace pour le régime, ni même parce que je disputais au potentat son trône, couvert de sang et de larmes, mais seulement parce que je représentais désormais à ses yeux un modèle de contestation qui risquait de contaminer d'autres franges de la société.
Ceci n'est qu'un aperçu de la politique suivie par ce régime 20 ans durant. Une politique également suivie par l'ancien président.
Je me remémore une anecdote rapportée par feu Mohamed Chakroun, alors qu'il était ministre dans le gouvernement Bourguiba et qu'il l'accompagnait pour inaugurer une caserne de la garde nationale qui venait d'être tunisifiée. Il lui dit : Il faudrait maintenant que le Tunisien aime la garde nationale après avoir craint la gendarmerie ; et Bourguiba de rétorquer : Il faudrait plutôt que sa peur du gendarme reste vivace. (
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La sanction ne se fait plus seulement par la voie de l'emprisonnement ou de la torture, mais elle englobe également les représailles collectives, en affamant les familles. De façon à ce que celui qui éprouve une disposition à sacrifier sa liberté, sa santé et sa vie pour une cause, comprenne bien qu'il expose également sa famille et ses enfants à la faim, à la terreur et à la désolation.
Le Pouvoir a réussi admirablement dans cette politique et, jusqu'à présent, la majorité des citoyens tunisiens est terrorisée à l'idée de parler de politique.
La Tunisie a une spécificité qui la distingue des autres pays arabes : la société tunisienne est une société homogène ethniquement et religieusement. La majorité des croyants est sunnite. La Tunisie ne compte pas de minorité ayant besoin d'une protection particulière, ni de séquelles de tribalisme. Par conséquent, on ne trouve en Tunisie aucune des causes qui favorisent les conflits dans d'autres pays arabes. (
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