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N° 297
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le logement économique
continue à profiter du soutien
inconditionnel du Palais.
(AIC PRESS)

Logement social. Un programme new look


Comme si un cadeau ne suffisait pas, voilà que les promoteurs immobiliers en obtiennent de nouveaux. Le ministre des Finances, qui voulait supprimer les réductions fiscales incitatives aux programmes de logement social, doit désormais composer avec une nouvelle génération d’exonération d’impôt. Les instructions seraient venues du Palais pour renforcer le volet social du secteur de l’Habitat. Après les appartements à 200 000 dirhams, ce sont désormais de nouveaux appartements à 140 000 dirhams qui profiteront d’un régime spécial. Les promoteurs
ayant construit 500 logements en milieu urbain ou 100 logements en milieu rural, bénéficieront alors d’une exonération totale, de l’accès au foncier public et à la viabilisation au prix coûtant. Auprès du ministère de l’Habitat, on salue une telle initiative qui devrait toucher une population de 15 millions de personnes. Pour financer l’acquisition de ce type de logement, le Fonds de garantie de l’Etat (Fogarim) est désormais habilité à accorder des prêts héréditaires d’une durée de… 50 ans !

Même pour les anciens programmes de construction de 2500 logements sociaux, le plafond devra baisser à 1000 unités seulement. Pour le volet fiscal, qui a créé un tollé suite à la proposition de supprimer les dispositions de l’article 19, le Premier ministre a fini par arbitrer. La nouvelle version du projet de Loi de Finances ne touche pas aux exonérations de la TVA et de l’IR. Seul l’IS a été retouché, mais les promoteurs ont tout de même décroché un abattement de 50% par rapport au taux normal.


Loi de finances. Elle arrive… enfin

Constitution tardive du gouvernement oblige, la Loi de Finances est arrivée au Parlement avec une quinzaine de jours de retard. Autant de temps perdu par les députés et les conseillers pour en débattre. Au menu, un budget assez optimiste : il prévoit une croissance de 6,8%, un cran au-dessus des prévisions servies depuis dix ans par Oualalou, qui tablaient systématiquement sur un taux de croissance à 6%. Le budget annonce également des investissements publics dépassant pour la première fois la barre des 100 milliards de dirhams, pour atteindre 31% du PIB. La Loi de Finances prévoit aussi de limiter le taux d’inflation en 2008 à moins de 2%, alors que pour les neuf premiers mois de l’année 2007, l’Indice du coût de la vie (ICV) a déjà dépassé les 3%. Il faut dire que pour l’année prochaine, le budget devrait mobiliser pas moins de 20 milliards de dirhams pour alimenter la Caisse de compensation.


Investissements. Alstom comme un train

En moins de deux semaines, le groupe français Alstom a décroché deux marchés au Maroc : une vingtaine de rames pour le compte de l’ONCF (pour 800 millions de dirhams) et du matériel roulant pour le tramway de Rabat-Salé (pour 1,2 milliard de dirhams). En plus de celui signé en marge de la visite de Nicolas Sarkozy, et qui porte sur la conception, la réalisation, l’exploitation et l’entretien de la future ligne de TGV entre Tanger et Casablanca. Un contrat de quelques dizaines de milliards de dirhams, où Alstom est partenaire avec la SNCF et le Réseau ferré de France. Rappelons que le groupe Alstom avait décroché en juillet dernier un autre marché dans le domaine de l’énergie. Il porte sur l’équipement et la maintenance de la future centrale thermo-solaire de Aïn Béni Mathar, située dans la région d’Oujda.


Maroc Telecom. Une forme olympique

Tels nos athlètes de demi-fond, que Abdeslam Ahizoune connaît désormais tous par leurs prénoms, Maroc Telecom, l’opérateur qu’il dirige, ne cesse d’améliorer son chrono. Déjà au terme du troisième trimestre de l’année, les prévisions ont été multipliées par 3. Au lieu d’une progression prévisionnelle du chiffre d’affaires de 6%, ce dernier s’est amélioré à fin septembre de 19%, pour dépasser les 20 milliards de dirhams. Le résultat opérationnel a, de son côté, bondi de 26% pour atteindre les 9,5 milliards. Ces résultats s’expliquent par un accroissement du parc des abonnées au Maroc, mais également par les bonnes performances des filiales à l’international. Que ce soit Onatel, Mauritel ou Gabon Telecom, toutes les filiales africaines connaissent un taux de croissance à deux chiffres du nombre de leurs clients.


RAM. Air Sénégal s’autonomise

Malgré l’ambiance “imprégnée de fraternité et de compréhension mutuelle” dont parle Driss Benhima, PDG de la RAM, l’Assemblée générale extraordinaire de sa filiale Air Sénégal (tenue à Casablanca) a finalement voté des résolutions qui ne profitent pas à la RAM. L’Etat sénégalais s’entête en effet à reprendre le contrôle du capital de la société ainsi que la gestion de la compagnie. Par ailleurs, il a été décidé la création d’une commission mixte composée de représentants des deux partenaires. Elle est chargée d'étudier et de faire des propositions, notamment sur le montant et le schéma de la recapitalisation, les modalités du transfert de la gestion par la RAM et la prise en charge par l'Etat sénégalais des garanties fournies aux partenaires, fournisseurs et bailleurs de fonds de la compagnie sénégalaise.



Pendant ce temps, le peuple….
Moisson de logements

Bouchta, “khemmas” dans sa commune rurale, est stupéfait d’apprendre que le logement social débarque dans sa cambrousse. C’est le bien nommé Hejira, ministre de l’Habitat, qui lance ce nouveau chantier. En gros, les Chaabi, Sefrioui et autre Jamaï peuvent bénéficier d’avantages fiscaux s’ils s’engagent à construire 500 logements dans des zones champêtres. En théorie, Bouchta peut se payer quatre murs pour 140 000 dirhams, le prix d’un appart’ avec vue imprenable sur l’étable du voisin. On lui propose même de ne rien miser au départ : une misérable traite de 500 dirhams à rembourser sur un demi-siècle. S’il rend l’âme plus tôt, ses enfants continueront de payer pour lui. “Ça va pas la tête !”, s’exclame notre héros. De surcroît, Bouchta apprécie son triplex de 420 m2, construit en terre et sans autorisation, avec l’aide des voisins du douar. Il ne l’échangerait pour rien au monde, et certainement pas pour une piaule de 50 m2 où ne tiendraient même pas ses poules. Cela dit, Bouchta pourrait bien un jour changer d’avis. Les mesures fiscales inciteront certainement les grands groupes marocains à investir les communes rurales. Qui sait ? Peut-être même que les géants émiratis de la construction suivront leurs traces. Al Qudra pourrait transformer la commune rurale de Zhiliga en Benidorm. Emaar pourrait faire jaillir d’Aousserd (à la frontière du Sahel), un Las Vegas sahraoui. Il est donc temps pour Bouchta d’oublier ses vaches et de se lancer dans l’immobilier… Un jour, il finira peut-être en Bourse.



IDE. Par ici les dollars

À la veille de la 5ème édition des Intégrales de l’investissement, qui aura lieu à Skhirat les 13 et 14 décembre, la Direction des investissements extérieurs se frotte les mains. Le dernier rapport de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement) sur les investissements directs à l’étranger en 2006 met en lumière la plus forte croissance des investissements étrangers que le monde ait connue depuis l’an 2000. Et le Maroc a eu sa part de cette croissance. Il est en effet classé 5ème en Afrique, avec 2,9 milliards de dollars US et 8% des IDE. Si les investisseurs étrangers sont attirés par les ressources naturelles du continent noir, le Maroc s’appuie sur le développement de secteurs économiques tels que les télécoms, les transports et le tourisme. Et la tendance ne semble pas s’essouffler, avec l’arrivée de Renault-Nissan à Tanger, avec son milliard d’euros. ça baigne!


OFF.

À peine le projet de Loi de Finances avait-il atterri au gouvernement que les actions de lobbying ont démarré. Des groupes parlementaires de certains partis de la majorité promettent des débats houleux durant les travaux des commissions, qui commencent lundi. Certains députés voient d’un mauvais œil les mesures fiscales introduites, d’autres sont dépités de voir les propositions contenues dans les programmes électoraux passer à la trappe.


Ernst & Young vient de boucler une étude stratégique commanditée par l’Agence de l’Oriental. Celle-ci conclut à la nécessité de mettre en place un plan de développement industriel pour constituer le pôle Medest (Méditerranée Est), complémentaire de Tanger Med, et qui couvre l’Ouest de la Méditerranée. La hache de guerre entre l’Agence de l’Oriental et l’Agence Spéciale Tanger Med sera-t-elle enterrée pour autant?

 
 
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