Reportage. El Rey à Sebta
Sahara. Des indépendantistes si discrets
Politique. Rififi à la Haraka
Lahbib Hajji. "La corruption, un mal marocain"
Sport. Le Maroc perd la boule
20 ans de Ben Ali. Les intellectuels contre le dictateur
France. L'immigration "par métiers"
Textile. Le péril chinois
Portrait. Mahi Binebi ne, en toute intimité
Cinéma. Chroniques persanes
Hommage. Le Docteur s'en est allé
N° 297
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le roi Juan Carlos lors
de sa visite à Melilia.
(AIC PRESS)

Melilia. Un couscous pour le roi d’Espagne


Une marée humaine s’est déversée sur Bab Melilia le 6 novembre. Comme pour Sebta, la “porte” de la ville a été le théâtre de manifestations anti-espagnoles, protestant contre la visite de Juan Carlos et son épouse. Selon Mounaïm Chaouqui, coordinateur de la manifestation, près de 5000 personnes se seraient ainsi rassemblées devant le poste-frontière. “Seul le PJD a fait cavalier seul, loin de notre mouvement, parce qu’il avait son propre programme de protestation”, poursuit notre source. L’attitude ainsi exprimée par le
PJD s’inscrit dans la continuité du comportement des leaders du parti islamiste qui ont, dès l’annonce de ladite visite, cherché à se démarquer de leurs pairs, en étant les premiers à la dénoncer, bien avant que les autres partis ne leur emboîtent le pas. Durant la manifestation de Béni Ensar, un autre leader de parti s’est distingué. Il s’agit de Yahya Yahya, du parti Al Ahd, qui est arrivé à franchir la frontière espagnole en brandissant le drapeau marocain… avant de se faire arrêter par les garde-frontières espagnols, puis refouler. Pendant ce temps, à Melilia, le roi Juan Carlos, chaleureusement accueilli par les habitants, a même été invité à partager un couscous avec des citoyens de la ville… habillés en jellabas marocaines ! “La particularité de Melilia par rapport à Sebta, c’est que les musulmans y sont bien intégrés. La preuve : aucun parti prônant le rattachement au Maroc n’arrive à percer”, analyse le journaliste espagnol Ignacio Cembrero. (lire aussi le focus).


Rif. Le fils Khattabi n’est plus

Saïd, fils du leader rifain Abdelkrim Khattabi, est décédé jeudi matin au Caire, à l’âge de 75 ans. Cet homme d’affaires, journaliste à ses heures perdues, installé en Egypte depuis la fin des années 40, était, rappelons-le, l’interlocuteur des autorités marocaines pour le rapatriement de la dépouille de son père. En 2006, il déclarait à TelQuel : “C’est au roi de demander ce rapatriement, la famille estime que la question mérite d’être traitée au plus haut niveau de l’Etat marocain”. Saïd Khattabi a été enterré, selon les vœux de son épouse, dans la capitale égyptienne, à côté de son illustre père.


Terrorisme. Al Zawahiri menace le Maroc

Samedi dernier, un enregistrement sonore d’Ayman Al Zawahiri, numéro 2 d’Al Qaïda, a été diffusé via Internet par As Sahab, l’arme médiatique de la nébuleuse terroriste. Le bras droit de Ben Laden y somme “la Nation de l’islam au Maghreb, celle de la résistance et du jihad” de contrer les intérêts des Etats-Unis, de la France et de l’Espagne dans la région. “Soutiens tes enfants pour battre nos ennemis et nettoyer nos terres de leurs esclaves Kadhafi, Zine El Abidine, Bouteflika et Mohammed VI”. Pour l’heure, l’enregistrement n’a pas été authentifié. Rappelons que le 20 septembre dernier, le même Al Zawahiri appelait les jihadistes à “débarrasser le aghreb des fils de Français et d’Espagnols.”


DGED. Mansouri se lâche (un peu)

Il fallait bien que cela arrive un jour. Les journalistes de l’AFP et d’Europa Press ont eu droit, mercredi, à la première sortie médiatique du patron du renseignement extérieur (DGED), Yassine Mansouri. Le plus discret des proches du roi est sorti de sa réserve, en déclarant son intention d’ester en justice contre les auteurs de la plainte instruite par le juge espagnol Balthazar Garzon et accusant des responsables marocains (dont Mansouri) de “génocide au Sahara”. “Je me réserve le droit d’obtenir réparation, en chargeant mes conseils d’introduire une action contre ces associations et ces personnes qui s’affairent à manipuler l’histoire et la vérité”, a notamment déclaré Mansouri. Prévisible ?


Tourisme. Armani à Marrakech

Un article publié par le quotidien britannique, The Financial Times, annonce la prochaine construction d’un hôtel de la prestigieuse chaîne Armani à Marrakech. Composé de résidences touristiques et de lieux de loisirs, ce resort très haut de gamme est le fruit d’une association entre le géant émirati de l’immobilier Emaar et de l’entreprise du célèbre couturier italien Giorgio Armani. Prévue pour l’année 2009, l’ouverture du palace coïncidera avec celle du complexe touristique Four Seasons, propriété du milliardaire saoudien Al Waleed Bin Talal. Qui a dit que la vogue Marrakech s’essoufflait ?


Procès. Benchemsi - Yassine, même combat ?

Après un premier report de deux mois, le procès d’Ahmed Benchemsi a été de nouveau repoussé… de quatre mois ! La prochaine audience a ainsi été fixée “raisonnablement” (c’est le mot du juge) au 19 mars 2008. Pour rappel, le directeur de TelQuel et Nichane est accusé de “manquement au respect dû à la personne du roi” pour avoir, dans la foulée du dernier discours du trône, écrit un éditorial titré “Majesté, que dites-vous là ?”. La justice continuera-t-elle à repousser indéfiniment ce procès, histoire de maintenir une épée de Damoclès au-dessus de la tête du journaliste ? La même tactique a été employée avec Nadia Yassine qui, pour avoir déclaré que “la monarchie ne convient pas au Maroc”, attend d’être jugée depuis… 4 ans ! Ce serait sans aucun doute le seul point commun entre la pasionaria islamiste et le directeur de TelQuel...


Justice. Pourquoi divorcer ?

Les couples qui demandent le divorce devant les tribunaux pourront prochainement profiter des conseils d’un corps de médiateurs. L’idée, novatrice, est sérieusement à l’étude au sein du ministère de la Justice, qui a tenu une réunion spéciale avec les ONG féministes, fin octobre. À côté de cette “brigade de réconciliation”, qui agira dans les tribunaux, le personnel des centres d’écoute seront également formés à la médiation. Depuis l’entrée en vigueur de la Moudawana en 2004, les cas de divorce ont régressé de plus de la moitié, selon des estimations officielles, notamment en raison des actions de réconciliation engagées par les juges. La mission des futurs médiateurs sera d’éviter les déchirures familiales entraînées par les séparations hâtives.


Foot. Diego Sektioui !

L’international marocain Tarek Sektioui a brillé de mille feux lors du match de Champion’s League, qui a opposé mercredi son équipe, le FC Porto, à l’Olympique de Marseille (2-1). Meilleur joueur de la rencontre, d’après de nombreux commentateurs, Tarek a réussi un but à la Maradona, après une série de dribbles enchaînés depuis le milieu de terrain. Formé au Moghreb de Fès, Sektioui, 30 ans, a débuté sa carrière professionnelle en 1997, à l’AJ Auxerre, avant de transiter par différents clubs hollandais, pour signer enfin en 2007 avec le FC Porto. Vu ses performances, il n’est pas étonnant que Henri Michel l’ait rappelé en équipe nationale.


Sit-in. L’AMDH, comme d’hab’

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) n’est toujours pas en odeur de sainteté à la télévision marocaine, et l’ONG n’a pas fini de le rappeler. à l’occasion de la journée nationale de l’information, le 15 novembre, l’association présidée par Khadija Ryadi compte organiser deux manifestations, une première devant les locaux de la SNRT et une seconde en face du siège de 2M. “Les deux sit-in ont pour objet de protester contre l’exclusion de l’association et d’autres forces démocratiques de leurs droits à l’accès aux médias publics”, annonce le bureau central de l’AMDH, dans un communiqué publié cette semaine.


Arabie Saoudite. Parlons nafaka !

Une délégation de responsables saoudiens est arrivée au Maroc, le 7 novembre, pour examiner la question des mariages mixtes entre les ressortissants des deux pays. Le problème concerne les Marocaines qui ont eu des enfants de maris saoudiens, avant que ces derniers ne les abandonnent sans nafaka (pension). à titre de compensation, l’ambassade d’Arabie Saoudite leur versait une aide mensuelle de 4000 DH, révisée ensuite à 3600. Pire, depuis plusieurs mois, cette aide a été interrompue… faute de ressources ! La délégation saoudienne devrait rencontrer des responsables marocains des départements de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, des Affaires sociales et de Diwan Al Madhalim. En plus de certaines ONG.



3 questions à Hassan Benjelloun
[Cinéaste marocain]


Votre nouveau film (“Où vas-tu Moshé”, sortie le 12 décembre) raconte l’exode des juifs du Maroc, thème également évoqué par Mohamed Ismaïl dans “Adieu mères”. Est-ce une coïncidence ?
Les deux films sont différents. Et le plus important est ailleurs : l’exode en question a longtemps été tabou alors qu’il fait partie de notre histoire. C’est même la plus grande harga collective de notre histoire, puisqu’elle a concerné 256 000 personnes.

Ce retour vers l’histoire relève-t-il d’une politique officielle ?
On ne peut pas affronter notre monde si on continue à occulter notre histoire. Il y a évidemment une volonté politique qui a permis aux droits des femmes d’être progressivement restaurés, et qui nous permet aujourd’hui de relire l’histoire des années de plomb. Demain, forcément, il y aura des films sur d’autres faits et personnages de notre histoire : les Khattabi, Ben Barka, etc. Ce n’est que du positif, rien d’autre.

Comment votre film a-t-il été accueilli par le public du festival du film qui vient de se tenir à Tanger ?
Globalement, l’accueil du public a été émouvant. Mais d’autres personnes sont venues voir le film avec un a priori négatif, l’opinion déjà bien tranchée. Je trouve simplement aberrant que des individus se réclament de la liberté (d’expression) qu’ils semblent refuser à nous, cinéastes. Pour un cinéaste, il est difficile d’accepter d’être critiqué, voire éreinté, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le cinéma.


Tétouan. Dérapag incontrôlé

La semaine dernière, une foule impressionnante s’est amassée devant le consulat espagnol de la ville de Tétouan. Mais, une fois n’est pas coutume, il ne s’agissait pas de candidats à l’émigration venus demander un visa, mais de manifestants qui ont fait le déplacement pour protester contre la visite du roi Juan Carlos dans les villes de Sebta et Melilia. Et pour exprimer son mécontentement, tout ce beau monde n’a rien trouvé de mieux que de scander - en basque s’il vous plaît - “Vive l’ETA”, devant le consul d’Espagne, présent sur les lieux. Se mettre aux langues étrangères, c’est bien. Soutenir une organisation terroriste est moins glorieux...


Parlement. Transhumance entre socialistes

Retour aux sources pour le Parti socialiste (PS). Les deux parlementaires de cette formation viennent de rejoindre le groupe de l’USFP, et non le PPS comme annoncé auparavant. Pour la petite histoire, le PS, dirigé par Abdelmajid Bouzoubaâ, est le fruit d’une scission du CNI (de Noubir El Amaoui), lui-même surgi de l’USFP, suite au congrès houleux de 2001, qui a vu le retrait de plusieurs figures ittihadies. En passant sous la bannière de l’USFP, les anciens amis de Bouzoubaâ opèrent finalement leur retour au bercail, renforçant ainsi une formation qui en a grand besoin. “Mais ils garderont quand même l’étiquette PS”, nuance cependant Abdelmajid Bouzoubaâ. L’USFP reprendrait-elle du poil de la bête ?


Commando de Targuist. La télé ? Non, merci !

L’épopée du “Commando de Targuist”, auteur de quatre vidéos postées sur Internet, montrant des éléments de la Gendarmerie royale en flagrant délit de corruption dans la bourgade rifaine, n’est pas passée inaperçue auprès des télévisions étrangères. Pas moins de trois chaînes (une française, une espagnole et une émiratie) ont cherché à entrer en contact avec les auteurs des vidéos, dans le but de réaliser un reportage sur leurs aventures. Mais elles sont toutes rentrées bredouilles. Les concernés ont en effet décliné l’offre des trois chaînes. “Nous préférons garder l’anonymat, tout simplement parce que nous craignons pour notre sécurité”, nous ont-ils notamment déclaré.


Presse. Les chinoiseries de la MAP

L’agence officielle MAP (Maghreb arabe presse) ne cessera jamais de nous surprendre. Après avoir lancé, en janvier dernier, une version japonaise de son site Web, l’agence récidive cette semaine en mettant en ligne… des versions chinoise et coréenne. Oui, vous avez bien lu. “Le lancement de ces deux sites s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’agence, amorcée depuis quelques années, de s’implanter progressivement sur le continent asiatique. Stratégie déjà concrétisée par l’ouverture de bureaux en Inde et en Chine et la nomination d’un correspondant à Tokyo”, annonce la page d’accueil. Et si l’agence commençait, simplement, et en darija même, par nous parler vrai, tout simplement...


Raja-Wydad. Unis dans le malheur

Le sort continue de s’acharner contre le Wydad et le Raja. Après leur interdiction de jouer dans le Complexe Mohammed V à Casablanca, les Rouges et les Verts viennent d’écoper d’une amende infligée par l’Union arabe de football. La pénalité, dont le montant demeure inconnu, est due au changement de terrain… imposé par la Fédération marocaine aux deux clubs casablancais, qui devront accueillir leurs adversaires, dans le cadre de la ligue des champions arabes, en dehors de Casablanca. “La Fédération ne nous a même pas consultés avant d’émettre la demande pour le changement de terrains”, nous a déclaré Abdellah Ghallam, le président du Raja.


PJD. 23 chapitres pour rien

Après le livre de Farid El Ansari, Les six fautes du mouvement islamiste, peu amène envers le PJD, voilà qu’une autre figure du parti de Saâd Eddine El Othmani en remet une couche. Nourredine Zaouch, secrétaire régional du PJD à Oujda, s’apprête à publier un ouvrage au titre étonnant : La communauté gauchiste dans le Parti de la justice et du développement. Explication de l’auteur : “Le PJD a opéré un virage à l’opposé de ses idées, en recrutant des personnalités de la gauche marocaine”, nous a-t-il déclaré. “De plus, au Parlement, les députés islamistes se comportent désormais comme les députés de la gauche : ils crient et hurlent à tout va”. Oui, mais de là à en faire 23 chapitres...


Gendarmerie. Sauvetage de plaisance

Le téléjournal francophone d’Al Aoula nous a récemment gratifiés d’un reportage unique en son genre : le sauvetage en haute mer d’un touriste américain. Les images (tournées par la Gendarmerie royale) montrent des gendarmes décontractés se préparant à prendre l’hélicoptère, puis survolant l’Océan Atlantique, quelque part au large de Dakhla. Ensuite, ils s’approchent d’un énorme paquebot de croisière, pour embarquer un touriste américain dont l’état de santé nécessitait une hospitalisation d’urgence. Mission accomplie ! Tant mieux pour le croisiériste… et tant pis pour les migrants subsahariens, les victimes d’accidents de la circulation, les nourrissons d’Anfgou (où le froid frappe à nouveau). Les hélicoptères, c’est toujours pour les autres !


Maroc-France. Fous de Kaboul

D’après le bi-hebdomadaire spécialisé France Football, les responsables de la Fédération royale marocaine de football n’ont pas renoncé à convaincre Younès Kaboul, international (français) Espoirs d’origine marocaine, de porter le maillot vert et rouge. “Les dirigeants du Maroc insistent pour la naturalisation de Younès. Ils souhaiteraient le convoquer pour le match amical contre… la France, le 16 novembre”, peut-on lire sur France Football. Né en 1986, ce défenseur central a fait ses débuts à l’AJ Auxerre, avant de signer, en 2007, un contrat de 4 ans avec le club anglais de Tottenham Hotspurs, pour un montant de 12 millions d’euros.


Sahara. Sit-in sur la voie royale

L’Association le Sahara marocain (ASM) n’est toujours pas sortie de sa “crise financière”. La semaine dernière, et alors que le roi se trouvait à Casablanca, Réda Taoujni et ses copains ont tenté d’improviser une manifestation sur le trajet royal. “Nous nous sommes déployés, en petits groupes, sur les artères que pourrait éventuellement emprunter le roi. Nous étions prêts à dérouler nos banderoles et réclamer l’intervention de Mohammed VI pour nous aider à défendre la marocanité du Sahara”, explique Taoujni. Et comme souvent lors des actions menées par l’ASM, un responsable sécuritaire apparaît au dernier moment pour tout annuler, promettant un règlement “plus discret de l’affaire”.


Classement. Macho Maroc

La société marocaine n’est certainement pas une référence en matière d’égalité femme - homme. C’est du moins ce que vient de révéler une étude internationale sur l’égalité des chances (entre les sexes). Le document, signé par le Forum économique mondial, place en effet le royaume au 122ème rang mondial, cinq places seulement devant la lanterne rouge, le Yémen. Basé sur des critères objectifs, comme la participation à l’économie (emplois, salaires, fonctions), l’accès à l’éducation, la représentation politique et l’accès aux soins, ce classement est, on pouvait s’y attendre, dominé par le trio scandinave, Suède, Norvège et Finlande.


Jamaâ. Gouvernement en kit

La semaine dernière, Al Adl Wal Ihsane a livré son “analyse” sur la composition du nouveau gouvernement. Extraits : “C’est comme ces meubles qu’on monte et qu’on démonte à volonté et qui, entre nous, sont d’une solidité plus que douteuse”, peut-on lire sur le site du mouvement. Les responsables de la Jamaâ sont également revenus, sans citer personne, sur les nominations : “Le gouvernement a fait ses emplettes du côté des technos, placé une comédienne sur le retour à la maison de la Culture, (…) et une médaillée olympique à la Jeunesse et les sports”. En guise de conclusion, l’article se clôt par cette phrase plus qu’équivoque : “Pour ne pas trop accabler ce gouvernement, nous lui dirons ce que dit le proverbe connu : au royaume des aveugles, le borgne est roi”.



Humeur. Sans code ni foi

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Une question, alors que le royaume célèbre cette semaine (le 15 novembre) la journée nationale de l’information : où est passé le projet de nouveau Code de la presse ? Abdessadek Rabii, le vaillant gardien du temple, tient toujours la route, en bon Highlander de l’hémisphère sud. L’esprit de Nabil Benabdellah est encore là, puisque son remplaçant, Khalid Naciri, passe un peu pour son père spirituel. Radi est arrivé à la place de Bouzoubaâ, Benmoussa est resté là où on l’a placé, et Abbas El Fassi, qui n’a rien d’un Che Guevara, a juste dit à Jettou : “Où sont les toilettes ?». Rien n’a changé, en somme ? Mmm… Les professionnels se tournent les pouces. Ils s’ennuient un peu, ils doutent. Ils ont tous en mémoire l’autre facette d’un Khalid Naciri, celui d’avant, quand il fustigeait en toute circonstance “les dérapages de la presse indépendante”. Ils doutent parce que Rabii a toujours un cadenas dans son tiroir, prêt à servir au moindre écart (de liberté). Ils ont peur du statu quo qui nous maintient sous la coupe d’un Code de la presse caduc, et de la perspective que le prochain ne ressemble trop à un Naciri, un Rabii, un El Fassi des mauvais jours. Avant les législatives, on nous disait, en parlant du projet : “Mais validez-le, acceptez-le, tant que les islamistes ne sont pas arrivés aux affaires”. Les islamistes ont échoué à l’examen des élections, et l’herbe n’est pas plus verte. Nous sommes toujours à nous tourner les pouces, sans réponses… Et si ce Code de la presse se tramait, encore une fois, loin des institutions légales (gouvernement, Parlement, syndicats) ? Et s’il n’était qu’un attrape-poussières de plus dans le bureau de ce cher Rabii ? Ne prêtez pas trop attention à ces interrogations, c’est juste que notre avenir se joue loin, ailleurs, sans nous. Comme d’hab’, quoi !



VITES !

70 parlementaires sur un total de 325 étaient absents lors de l’adoption de la déclaration gouvernementale, présentée par Abbas El Fassi devant la première chambre le 31 octobre. En réaction à cet absentéisme, une pétition vient d’être mise en ligne sur le site eMarrakech.info, pour inciter les parlementaires marocains à plus d’assiduité. Vous signez ?


Depuis une semaine, l’USFP passe au crible le résultats des élections et la participation du parti au gouvernement. Désignée à cet effet, une commission devrait rendre sa copie fin novembre. Pas de surprise à attendre. “Personne n’osera pointer le vrai problème, celui du leadership”, nous déclare un membre du parti.


On se doutait bien que l’argent coulait à flot à Derb Ghallef. Il a fallu cependant attendre une enquête de nos confrères de l’hebdomadaire La Vie Eco pour connaître le chiffre d’affaires brassé par le temple de l’informel casablancais, voire marocain : un milliard de dirhams par an, excusez du peu !


Et une casquette de plus pour Gad Elmaleh ! L’humoriste sera la voix française de Barry Bee Benson, dans Bee Movie, film d’animation de Dreamworks. Gad Elmaleh se substituera à Jerry Seinfeld, qui prête sa voix à l’abeille Benson dans la version originale du film. Sortie mondiale prévue le 12 décembre.


SOS Villages inaugure son quatrième village d’enfants au Maroc, près d’El Jadida. Le nouveau centre se compose de 4 bâtiments, dont 3 résidences abritant chacune quatre appartements familiaux. L’opération a été rendue possible grâce à l’engagement de partenaires comme Total, Accor et McDonald’s. Pour une fois, ils méritent bien d’être cités.
 
 
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