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Sahara. Des indépendantistes si discrets
Politique. Rififi à la Haraka
Lahbib Hajji. "La corruption, un mal marocain"
Sport. Le Maroc perd la boule
20 ans de Ben Ali. Les intellectuels contre le dictateur
France. L'immigration "par métiers"
Textile. Le péril chinois
Portrait. Mahi Binebi ne, en toute intimité
Cinéma. Chroniques persanes
Hommage. Le Docteur s'en est allé
N° 297
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Pervez Musharraf
(AFP)

Pakistan. L’état d’urgence


L’état d’urgence imposé par le Président pakistanais risque de se retourner contre lui. Les élections législatives de janvier 2008 sont compromises. Pervez Musharraf a justifié sa décision brutale par la montée en puissance du terrorisme et l’opposition de la Cour suprême à sa réélection. La police a encerclé le siège de la Cour suprême qui devait se prononcer sur la validité de la candidature de Musharraf à un nouveau mandat présidentiel. Le président de la Cour suprême, le juge Iftikhar Mohamed Chaudhry a été du coup remplacé par Hameed Dogar
et la Constitution a été suspendue. Quant aux médias indociles, ils sont dans la ligne de mire du Pouvoir. Faut-il croire aux arguments de Musharraf ? Certes, le pays a été le théâtre cette année de 157 attentats attribués aux islamistes, qui ont tué 667 personnes, d’après le ministère de l’Intérieur. L’armée pakistanaise se bat avec des combattants talibans ou proches d’Al Qaïda, réfugiés dans des zones frontalières de l’Afghanistan. Pourtant, l’opposition et de nombreux analystes considèrent que le général Musharraf, à la tête du pays depuis un coup d’Etat sans effusion de sang en 1999, a trouvé un prétexte commode pour rester au pouvoir et suspendre un scrutin qui le mettait en danger. D’après le politologue Rasul Baksh Rais, Musharraf est aujourd’hui “le capitaine d’un bateau sans gouvernail dans une tempête aux conséquences imprévisibles”. Mardi, la répression a de nouveau frappé : des centaines d’opposants déclarés (avocats, magistrats) ont été arrêtés. Mais l’étau se resserre autour du “général président”. Les Etats-Unis ont haussé le ton en menaçant de réexaminer leurs relations avec le Pakistan, un allié stratégique dans la “guerre contre le terrorisme”. Washington, qui comptait fortement sur Islamabad, a déjà versé quelque 11 milliards de dollars à l’armée pakistanaise. Une inconnue de taille demeure : l’attitude de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, qui devait négocier avec Musharraf un partage du pouvoir. Arrivée mardi à Karachi, elle a ouvertement condamné l’état d’urgence et prévoit de rencontrer des dirigeants de l’opposition pour “élaborer une stratégie” pour l’annuler.


Proche-Orient. Vers un espoir de paix

Annapolis, sommet de la dernière chance ? Le président palestinien Mahmoud Abbas et Condoleezza Rice se sont dits, lundi, déterminés à parvenir à un accord de paix israélo-palestinien avant la fin du mandat de George W. Bush à la Maison Blanche, en janvier 2009. Même le Premier ministre israélien Ehud Olmert a dit croire à un accord avec les Palestiniens avant cette date. “Toutes les parties sont d’accord et déterminées”, a déclaré Mahmoud Abbas. Rice espère, elle, que la réunion de novembre à Annapolis sera “le tremplin que nous attendons depuis longtemps”. Et d’ajouter : “La création d’un Etat palestinien est dans l’intérêt des Etats-Unis”. Même son de cloche chez Olmert. On croit rêver ! Et si les négociateurs israélo-palestiniens s’accordaient (enfin) sur les dossiers clés (Jérusalem-est, réfugiés palestiniens, colonies israéliennes en Cisjordanie) ? Et si c’était le bout du tunnel ?


Royaume-Uni. Brown fixe le cap

Gordon Brown a présenté mardi les grandes lignes de son programme législatif lors du traditionnel discours du Trône, lu par la reine Elisabeth. Le renforcement de la lutte antiterroriste, la protection de l’environnement, la réforme de l’éducation et la ratification du Traité européen sont au cœur du programme de Brown. La reine a aussi annoncé un projet de loi pour réduire les émissions de gaz carbonique. Cette législation - une première - obligerait le pays à réduire ses émissions de CO2 de 60% d’ici 2050. Brown envisage également de renforcer les pouvoirs du Parlement, en proposant qu’un Premier ministre ne puisse plus déclarer la guerre sans le feu vert des élus. Avec ce train de mesures, Brown espère reprendre la main après avoir renoncé à convoquer des élections anticipées. Depuis, sa cote s’est érodée dans les sondages.


Egypte. Toutankhamon dévoilé

Le visage du légendaire jeune pharaon a été révélé au public, à Louxor, pour la première fois depuis sa mort il y a 3300 ans. Sa momie a été déplacée du sarcophage où elle reposait pour être déposée dans une vitrine en plexiglas, disposant d’un système de contrôle d’humidité et de température. Le corps a été entièrement enroulé de bandes de lin, ne laissant apparaître que le visage du jeune homme, mort à l’âge de 19 ans, après dix ans de règne. Un visage de silicone de Toutankhamon avait déjà été reconstitué par des spécialistes en 2005. Proclamé Pharaon à l’âge de 9 ans, Toutankhamon avait été rendu célèbre par son trésor funéraire. Sa tombe fut découverte le 4 novembre 1922.


Italie. Coup de filet antiterroriste

L’Italie, à l’initiative du Parquet de Milan, a démantelé mardi un réseau recruteur de futurs jihadistes. Mardi, une opération contre 20 terroristes présumés, en majorité tunisiens, accusés de former des volontaires pour commettre des attentats en Irak et en Afghanistan, a été menée en Italie, au Portugal et en France. Le réseau se consacrait “à l’entraînement de personnes et à la préparation de moyens pour des actions en Afghanistan et en Irak”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Giuliano Amato. Cette opération aurait permis “de décapiter un réseau qui opérait en Europe, notamment en Italie”. Onze personnes ont été arrêtées en Italie, à Milan, Bergame, Regio Emilia et en Calabre. Neuf autres font l’objet d’un mandat d’arrêt européen.



Lu pour vous.
Le destin des Belges [BELGIQUE]

Béatrice Delvaux, Le Soir, le 5 novembre

Si le chiffre est peu banal, le vrai drame est qu’au 148ème jour de crise, au lieu de regarder en adultes la réalité belge, des hommes politiques jouent encore à affoler le citoyen. Ils dégoupillent une “grenade secondaire”, la fameuse question de l’arrondissement Bruxelles Hal-Vilvorde (BHV), alors qu’un vrai travail de fond s’impose pour la Belgique. Oui, ce pays a furieusement besoin d’hommes d’Etat, qui prendront des décisions non en fonction d’opportunismes partisans ou communautaires. Mais pour doter ce pays d’un gouvernement qui s’attaque aux problèmes urgents de la société : pensions, compétitivité, environnement, recherche, enseignement. Oui, la Belgique doit faire aboutir une large réforme de l’Etat. Les francophones ne sont pas demandeurs, mais les Flamands l’exigent. Il est plus que temps de revoir les termes du contrat de vie commune. Mais pas question de faire cette réforme en panique. Le profil du pays doit être redessiné selon l’amélioration de la gestion politique et la prise en compte des divergences culturelles et idéologiques entre le nord et le sud. Le visage de cette “nouvelle Belgique” doit être discuté dans une enceinte où tous les partis sont représentés, majorité et opposition. Si l’Orange bleue échoue, place à un gouvernement d’union nationale, avec cette réforme pour seul objectif. À trois jours de cette dramatisation inutile sur BHV, le bon sens s’impose : il faut faire des compromis.



VITE !

40 personnes (dont 6 parlementaires) ont été tuées et 120 blessées dans l’attentat suicide le plus meurtrier en Afghanistan depuis la chute des talibans fin 2001. L’attentat a été perpétré contre des députés en visite dans une usine du nord du pays.


Etats-Unis. Noyer n’est pas torturer

Six ans après le 11 Septembre et malgré le scandale d’Abou Ghraïb, les Etats-Unis défendent toujours l’usage de leurs techniques d’interrogatoire musclées, comme le simulacre de la noyade, au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Mais Washington refuse catégoriquement de parler de torture. Dernier épisode en date : la nomination de Michael Mukasey comme ministre de la Justice. Ce dernier, auditionné par le Sénat, a refusé de se prononcer sur la légalité du “supplice de la baignoire” pour faire parler des suspects. Mukasey a provoqué un tollé chez les démocrates et les ONG. Bush a défendu Mukasey, prétextant que “les méthodes d’interrogatoire de la CIA sont secrètes et que Mukasey n’en a pas été informé et ne le sera pas jusqu’à sa confirmation”. Le gouvernement américain a toujours refusé de dire précisément quelles méthodes employait la CIA depuis le programme de détention et d’interrogatoire lancé au lendemain du 11 Septembre.

 
 
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