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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Je ne suis personne”

Momo,
Animateur radio
(AIC PRESS)

Antécédents

1983. Naissance à Casablanca.
1994. Vend des chaussures dans le magasin paternel.
2003. Deug de littérature anglaise à la Faculté de Marrakech.
2004. Animateur sur Radio 2M.
10/06. Animateur à la station Hit Radio.
2007. 2007 : Rencontre la femme de sa vie.

Smyet bak ?
Hassan Bousfiha.

Smyet Mok ?
Rachida Bent Ahmed.

Nimirou d’la carte ?
Désolé, je ne le connais pas par cœur et je n’ai pas ma carte sur moi. Vous attendez un petit moment que j’aille
la chercher ?

Non, ça ira pour cette fois. Vous avez multiplié toutes sortes de petits boulots avant d’atterrir à la radio. Comment ça s’est passé ?
Un jour, en visionnant un film, j’ai été frappé par cette réplique : “Rien ne vaut l’expérience dans la vie”. J’ai donc commencé à me prendre en charge très tôt. Après mon bac, j’ai multiplié les emplois. J’ai été serveur de café, voiturier, j’ai fait la plonge dans des restaurants… J’ai aussi travaillé en tant qu’opérateur téléphonique dans un centre d’appels.

ça vous a aidé pour la radio ?
La radio, c’est venu un peu plus tard. Je faisais des animations dans les grandes surfaces, ou encore dans les kermesses. Un beau jour, je suis rentré en contact avec Radio 2M. On m’a donné ma chance, et les essais se sont avérés concluants.

Comment avez-vous vécu cette période ?
Entre les parents qui vous engueulent, les amis qui vous demandent si vous aspirez à faire un vrai métier, autre que la radio, ce n’était pas facile à vivre. Mais heureusement, la roue tourne.

Donc, Momo gagne bien sa vie aujourd’hui ?
Oui, hamdoullah, je n’ai pas à me plaindre. Même si je ne roule pas sur l’or. À titre d’exemple, je n’ai toujours pas de voiture.

Trop dure la vie… Sur Hit Radio, vous ne passez pas de chansons orientales, c’est un choix délibéré ?
Je suis mal placé pour en parler vu que je ne m’occupe pas de la programmation. Mais, en matière de musique arabe, on préfère favoriser les chansons marocaines, modernes de préférence, c’est plus valorisant. D’ailleurs, nos artistes font du très bon travail.

Vous enchaînez quotidiennement deux émissions, la première de 7h à 10h du matin, la deuxième de 20h à minuit. Vous dormez de temps en temps ?
Ce n’est pas facile, j’arrive à dormir quelques heures entre les deux émissions, mais c’est un peu limite. Je repousse souvent l’heure du réveil pour grignoter quelques minutes de sommeil. Sinon, je récupère en faisant la sieste pendant la journée. J’essaie aussi de surveiller mon alimentation et de mener une vie saine.

C’est pas très rock’n roll tout ça, pas d’alcool non plus ?
Comme mes parents vont lire cette interview, je répondrai par la négative.

Pourquoi, sur antenne, vous prenez une voix sensuelle ?
(Rires) Ah ! ça, c’est pour les filles !

La radio a boosté votre sex-appeal ?
Blagues à part, au travail, je m’impose une ligne de conduite : pas de relation intime avec les auditrices.

Il paraît que vous vous fâchez si un videur ne vous reconnaît pas à l’entrée d’une boîte…
Un des bons côtés de la radio, c’est qu’on travaille dans l’ombre, dans le sens où les auditeurs ne savent pas à quoi vous ressemblez. Donc, je ne vais pas m’offusquer si quelqu’un ne me reconnaît pas. Il faut savoir rester humble, je ne suis personne.

Sur votre émission Antenne Libre, ça va un peu dans tous les sens. Est-ce dû à un manque de préparation ?
Vous savez, cinq minutes avant le démarrage de l’émission, on ne sait pas de quoi on va parler. Il faut savoir faire preuve de réactivité et, surtout, d’un certain sens de l’improvisation.

Vous adoptez parfois des positions conservatrices, aux antipodes de l’image qu’on se fait d’une radio jeune. C’est aussi de l’impro ?
C’est juste un malentendu. Quand on lance une vanne, ça peut être mal interprété. D’ailleurs, je fais très attention de ne jamais livrer mon avis personnel. Je ne suis ni sociologue, ni psychiatre, et encore moins mufti.

Vous vous autocensurez ?
Les émissions passent en direct, donc, il n’y a pas de place à la censure.

Vous êtes aussi DJ à vos heures, mais vous ne faites pas l’unanimité auprès des clubbers. Vous comptez persévérer dans le domaine ?
En musique comme en toute chose, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mais il faut accepter la critique. Je comprends que certains n’apprécient pas ma musique, parce que je mixe surtout du commercial, pas de l’électro. Mais vous savez, à chaque fois que j’ai mixé, la piste de danse était remplie. Mon but est de mettre de l’ambiance et, jusque-là, j’y arrive.

 
 
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