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Par Soufiane Khairat,
Ancien secrétaire général de la Jeunesse ittihadie et membre du Conseil national de lUSFP.
Débat. Cherche projet politique
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Les élections du 7 septembre ont
consacré le déclin de la gauche.
(AIC PRESS)
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Le Maroc pourrait-il devenir la première monarchie musulmane démocratique au monde ? Oui, mais à condition dabandonner loption dun pouvoir absolu et de miser sur la gauche. Pour commencer.
Les derniers développements politiques, notamment après le scrutin du 7 septembre, annoncent un changement majeur dans notre vie politique, vieille de 50 ans. Linédit taux dabstention, le déclin de la gauche, le retour des notables comme principal acteur électoral et laffirmation de lislamisme comme un courant structuré nous |
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interpellent quant à la logique sous-jacente de ces évolutions, et aux futures tendances possibles. Deux questions fondamentales se dégagent : dans quel contexte mondial défendons-nous notre nation ? Quels sont les clivages politiques daujourdhui, avec quels référentiels et quelles valeurs ? Le Maroc est désormais confronté à une nouvelle cartographie géopolitique mondiale. Depuis le début des années 90, une nouvelle réalité sest installée avec, en filigrane, deux constats majeurs :
- Un unilatéralisme américain qui annonce la concentration du pouvoir et des richesses entre les mains de lOccident démocratique. Lincapacité manifeste des Européens à engendrer une union politique laisse la porte ouverte à une succession dalignements sur les positions américaines. Les changements politiques en France ou en Allemagne confirment, déjà, cette tendance.
- Un islamisme mondialisé, sattaquant principalement aux valeurs de lOccident. Cet islamisme, fruit dune réalité internationale déséquilibrée, entraînera les nations musulmanes alliées aux Etats-Unis dans un environnement extrémiste et violent (exemple de lIrak et du Pakistan). Les non-alliées se verront octroyer le pouvoir à un islamisme conciliant. Cest ce qui explique quelque part louverture des Américains sur lislamisme modéré.
Ces deux tendances, si elles sont mondiales, ne sont pas universelles. Car dautres (grandes) nations sont tentées dévoluer en dehors de toute référence religieuse : la Chine, lInde, la Russie, etc.
Cest dans ce contexte que nous défendons notre intégrité territoriale. Le conflit au Sahara se jouera sur notre capacité à nous ouvrir sur les évolutions mondiales et à opérer une transition dans ce sens. En réglant ce problème, le Maroc pourrait devenir la première monarchie musulmane démocratique au monde. Ce qui nécessite un redéploiement total de nos capacités de gouvernance politique interne. Aujourdhui, le contexte de lacquisition de notre indépendance politique est entièrement dépassé. Nous ne pouvons pas, non plus, nous fier au clivage traditionnel : monarchie - mouvement national. Au-delà dun courant islamiste internationalement légitime, la société marocaine est traversée par un mouvement qui cherche une force politique qui lincarne, le représente. Il est électoralement abstentionniste, politiquement méfiant, économiquement ambitieux et culturellement ouvert. Et il est le fruit de deux paramètres : une ouverture économique et informationnelle et un développement économique national basé sur le secteur privé. Ces deux paramètres marquent, à leur manière, la fin de lancien équilibre social acquis depuis les premières politiques de lindépendance. La classe moyenne, ciment de tout projet politique, nest plus lapanage de lEtat employeur. Elle est en transition. Un nouvel équilibre sinstalle au sein delle. Résultat : le clivage traditionnel qui a encadré la vie politique marocaine depuis 50 ans, na plus aucune base sociale. Nous serons, donc, amenés à choisir entre deux options :
- Un pouvoir absolu politiquement stable, économiquement euphorique, avec des disparités sociales monstrueuses, mais qui est très dépendant du climat international. Cest, grosso modo, ce que nous sommes déjà en train de vivre aujourdhui.
- Un Etat démocratique centré autour du roi. La monarchie nest pas uniquement une institution constitutionnelle. Elle est la concentration dune histoire de plusieurs siècles. Elle est notre identité.
La deuxième option, plus intéressante pour lavenir, nécessite une refondation totale de la gauche. Celle-ci, avec ses valeurs universelles, est le seul canal capable de communiquer avec lOccident en tant que civilisation et non pas (seulement) comme un pouvoir. Et la refondation a les ingrédients pour réussir : une classe moyenne en quête de projet politique, de bonnes perspectives de croissance économique et une histoire et une culture très ouvertes. |
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