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Par Youssef Ziraoui
Internet. Que cherchent les Marocains ?
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Google Trends, un formidable
baromètre des penchants
marocaines sur le Net.
(DR)
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Google Trends, loutil statistique du fameux moteur de recherche, permet de décrypter les habitudes des internautes marocains. Les résultats réservent certaines surprises
Que recherchent les Marocains sur le Net ? Google Trends, outil statistique qui parcourt les milliards de requêtes du monde entier, permet de répondre à cette question. Ce programme livre en effet lévolution de la fréquence des recherches dun terme, tout en mentionnant le pays dorigine des internautes qui y ont procédé. Ce baromètre cybernétique est révélateur des habitudes des internautes |
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marocains, plus ou moins imprévisibles. Première pioche : le terme Targuist. Au mois de juillet 2007, la petite bourgade du Rif est passée, du jour au lendemain, de lanonymat total au rang de localité-star, dont le nom inonde les requêtes sur Google. Entre-temps, le Sniper était passé par là ! Fait amusant, dès que la courbe fléchit, elle reprend de plus belle (notamment en octobre) après la diffusion dune nouvelle vidéo du reporter amateur. La réputation de la petite ville a même dépassé nos frontières. Après le Maroc, Targuist est recherchée en deuxième et troisième positions par la France et lEspagne (du classique, vu la proximité du Maroc avec ces deux pays). On retrouve au pied du podium les Pays-Bas, probablement du fait de la présence dune forte communauté rifaine dans ce pays. Google Trends permet aussi de réaliser des recherches comparatives. Une recherche comparée de Mohammed VI et Hassan II est révélatrice de laura du défunt roi, qui semble faire de lombre à son successeur : le terme Mohammed VI et Mohammed 6 sont si peu recherchés, à partir des connexions marocaines, que Google Trends nen fait même pas mention. La même opération effectuée avec Hassan 2 (et non pas Hassan II) montre que le défunt roi intéresse toujours les internautes. Et pas que les Marocains. En effet, le nom du défunt roi est très fréquent sur les recherches provenant de France, de Belgique, dEspagne, du Canada, ou encore des Etats-Unis. Des résultats quil convient toutefois de nuancer. Ce score est artificiellement gonflé par la foison dévénements (surtout sportifs) estampillés Hassan II.
Hassan II, plus fort que Mohammed VI
Le mot Mohammed VI se contente dun lot de consolation, avec un pic le 7 septembre 2007. En rapport direct avec les élections législatives ? Que nenni ! Pour Google Trends (qui renvoie aussi à des articles sur le Web pour expliquer les pics de recherche), le monarque faisait lévénement en recevant
le président du Gabon, par la foi dune dépêche de la MAP. Dans un autre registre, les internautes marocains sont de grands fans des mots sexe, en français, et sex, dans la langue de Shakespeare, se classant même à la cinquième position mondiale ! Que les âmes sensibles se rassurent : les internautes marocains sont même les premiers pour la recherche du mot Amour. Tout aussi instructive est la variation des thèmes recherchés durant le mois de ramadan. Alors que les mots Coran et Harira prennent leur envol, le terme sexe pique du nez. Mais dès le lendemain de Aïd Al Fitr, ce dernier reprend sa courbe ascendante. Et quen est-il de lune des stars du Net marocain, à savoir le mouvement Al Adl Wal Ihsane ? Si la Jamaâ se place honorablement dans le classement, elle reste bien loin de son record sur Google, établi début 2006. Cest la date quavait prédite son leader, le Cheikh Yassine, pour la fin du règne de Mohammed VI, et le début du califat au Maroc. Quand à son frère ennemi, le PJD, ses statistiques montrent un encéphalogramme plat tout au long de lannée 2007
avant de crever le plafond en septembre, durant la semaine des élections législatives marocaines. Idem pour Abbas El Fassi, qui a vécu son quart dheure de gloire, correspondant à la victoire de son parti
avant de sombrer dans lanonymat, une fois nommé Premier ministre. Côté sport, les Marocains suivent de près lactualité footballistique de leur pays. Cest notamment le cas lors de grands évènements comme la CAN 2004, où le Maroc sest incliné en finale, ou encore la Coupe du monde 2006, où le Maroc avait brillé
par son absence. Comme quoi, devant un écran dordinateur comme ailleurs, on fait ce quon peut avec ce quon a. |
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