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Pétrole. L'inexorable flambée
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Livre. L'Egypte, version américaine
Abdelkader Lagtaâ. Laïc, moderne, dérangeant
N° 298
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Faouzi Bensaïdi
(AIC PRESS)

Fondation des Arts Vivants. Et maintenant, la prod


Honorant enfin son engagement à produire des événements culturels, la Fondation des Arts Vivants (créée en 2004 à l’initiative de Noureddine Ayouch) n’a clairement pas fait pas dans la demi-mesure, en faisant appel à Faouzi Bensaïdi pour mettre en scène le premier spectacle qu’elle produit. La création artistique, joliment intitulée “Histoire d’amour en 12 chansons, 3 repas et un baiser”, rappelle ainsi à ses premières amours le réalisateur de WWW. What a Wonderful World, qui, lauréat de l’Institut Supérieur d’art dramatique, a d’abord
commencé par mettre en scène des pièces de théâtre. Pour interpréter son spectacle, heureux mariage de musique, de textes et d’expression corporelle, Faouzi Bensaïdi a par ailleurs fait appel à une poignée de valeurs sûres du cinéma et du théâtre marocains, dont Amal Ayouch et Abdellah Chicha. Selon Hekmat Hadri, directrice de la Fondation, “cette création n’est que la première d’une longue série de productions et de coproductions, notre objectif étant de produire ou de coproduire un spectacle par an. Nous sommes d’ailleurs en pourparlers avec une troupe de théâtre marocaine pour travailler sur un texte d’auteur à partir de janvier prochain”. En attendant, une tournée est déjà prévue pour “Histoire d’amour en 12 chansons…” et démarrera à Casablanca mi-décembre pour aller ensuite à Marrakech, pendant le Festival international du Film, puis à Rabat, Mohammedia et El Jadida.


Sortie. La promesse de Cronenberg

Refusant de ne pas agir face à la mort en couches d’une adolescente, le jour de Noël, Anna (Naomi Watts, déjà extraordinaire dans 21 Grammes), sage-femme londonienne, tente d’identifier la famille du nouveau-né. Le journal intime laissé par la jeune mère est une explosive pièce à conviction, qui la conduit à des membres de la mafia russe, les Vori V’zakone… Deux ans après le dérangeant History of violence, le Canadien David Cronenberg a l’excellente idée d’offrir à Viggo Mortensen un nouveau rôle de composition à la mesure de son gabarit. Fossette acérée, tatouages saillants, Viggo est brillantissime en insondable homme de main, face à un Vincent Cassel très à l’aise en prince mafieux brutal et complexé. Mélange d’attirance et de servilité, la complicité ambiguë qui les lie, dans un milieu sans concessions, apporte beaucoup à l’angoisse sourde que diffuse ce thriller où violence, amour et manipulation sont filmés avec une sobre virtuosité. Droit, intense et esthétique, Les Promesses de l’ombre revisite magnifiquement le film de gangsters. Âmes sensibles, surtout ne pas s’abstenir.

Les Promesses de l’ombre, au Mégarama.



Peinture. Rê accueille Amina

Amina Benbouchta est une artiste-peintre singulière. Anthropologue de formation, elle participe à des ateliers de dessin, lithographie et gravure sur bois à Paris, avant de diriger une revue de culture et de mode en France. Elle se lance parallèlement dans la peinture et expose pour la première fois en 1986. Elle fait aujourd’hui partie des artistes-peintres marocains les plus en vue. Jeux de matières, de couleurs et d’espaces, modernité, légèreté et finesse font la particularité de son travail. À découvrir : ses dernières œuvres dont l’ensemble est intitulé “Espaces et miroirs”.

À la galerie Rê à Marrakech, jusqu’au 23 décembre.



Mode. Dress up Morocco

Confirmant la vitalité créatrice et les ambitions mondiales de la haute couture marocaine, un nouveau défilé vient élargir le cercle encore un peu restreint des évènements mode du royaume. Lancé par Maroc Premium, le magazine trimestriel de l’art de vivre (en kiosques depuis 2006), Mode Made in Morocco accueillera chaque année – voire 2 fois par an, pour mieux suivre les tendances – les meilleurs stylistes du pays, dixit les organisateurs. Seule contrainte imposée aux créateurs : se lâcher ! Sur le podium de cette première édition défileront les créations de Najia Abbadi, Salima Abdelwahad, Fadilah Berrada, Mohammed Elamine Mrani, Albert Oiknine, Hassan Tamer, Karim Tassi et Zahra Yaagoubi. Huit virtuoses de la ligne, accompagnés du maestro Jean-Louis Scherrer, invité d’honneur de l’évènement. Les bénéfices de Mode Made in Morocco iront à l’Association des femmes du village d’Outerbat, près d’Imilchil, pour financer un atelier de tissage et de confection.

Samedi 17 novembre au Hyatt Regency, Casablanca.



Tournage. De Taza à Casa

Le prometteur Ismaïl Saïdi démarre le tournage de son premier long-métrage le 6 décembre prochain. Deux mois de travail laborieux entre Taza et Casablanca et un ambitieux projet : après plusieurs téléfilms (Rhimou pour 2M) et courts remarqués (Loin des yeux), le réalisateur belgo-marocain s’inspire d’une histoire vraie en adaptant la biographie d’Ahmed Guessous, Ahmed Gassiaux. L’histoire raconte, de 1917 à 1956, l’itinéraire et la quête identitaire d’un jeune villageois de Taza, rare survivant d’une tribu réprimée par les troupes du protectorat et recueilli par un lieutenant. Elevé par des Français, Ahmed rejoindra pourtant la lutte pour l’indépendance. Coproduite par Bigshot et bénéficiant d’une avance sur recettes de 3 millions de dirhams octroyée par le CCM, cette reconstitution historique s’offre un casting à la hauteur de ses ambitions : on y retrouvera Assaâd Bouab, Loubna Azabal, Richard Bohringer et Sagamore Stevenin. Affaire à suivre de très près.


Bio. Le crépuscule de Marilyn

La blonde étoile de Marilyn a crépité avant de s’éteindre. C’est à cette fin de vie mythique qu’est dédiée la biographie Marilyn, dernières séances (Grasset, 2006), auréolée du Prix Interallié 2006. Economiste, essayiste, journaliste, mais aussi psychanalyste, son auteur Michel Schneider fouille dans la relation de la star avec son propre psy, Ralph Greeson, où survie, obsession et destruction se mêlent dangereusement. Il y a de cela aussi dans Roselyn Taber, héroïne des Désaxés de John Huston (1961). Projeté après la rencontre avec l’auteur, ce film écrit par Arthur Miller (alors mari de la star) et offrant la dernière apparition de Clark Gable, résonne comme le chant du cygne de Marilyn Monroe, qui mettra fin à ses jours l’année suivante, sur le tournage de Something’s Got to Give de George Cukor.

Jeudi 6 décembre à 19h à l’IF de Casablanca.



FIFM. Samira bien esseulée

Un seul film marocain prendra part, en compétition officielle, à la 7ème édition du Festival international du film de Marrakech, du 7 au 15 décembre : Les Jardins de Samira, de Latif Lahlou. “La sélection a été très dure cette année, beaucoup de films auraient pu figurer dans les 16 retenus en compétition officielle”, nous a expliqué cette source proche du comité d’organisation. Ce “recul” (l’année dernière, deux films représentaient le Maroc à Marrakech) sera quelque peu compensé par la présentation, en section “coup de cœur” (hors-compétition), du dernier film de Daoud Aoulad Syad : l’excellent En attendant Pasolini. En plus de la présentation, toujours hors compétition, d’une inédite rétrospective “Maroc 2007” avec 14 films marocains, pour la plupart inédits en salles. C’est toujours mieux que rien.


Expo. Caractères s’affiche

Le groupe Caractères (éditeur de Femmes du Maroc, Nissae Min Al Maghrib, La Vie Eco, Maisons du Maroc) se lance officiellement dans l’événementiel et ouvre le bal avec une exposition en bonne et due forme à la Cathédrale du Sacré-Cœur. L’exposition itinérante, produite par le prestigieux musée de design Vitra Design Museum et intitulée “Living under the Crescent Moon, Architecture et Art d’intérieur dans le monde arabe”, s’arrête ainsi trois semaines à Casablanca après Bangkok, Madrid et Singapour. Rien que ça ! Maquettes, photographies, films, l’expo propose une large rétrospective de l’architecture arabe à travers l’histoire, du Yémen au Maroc (architecture nomade et rurale, ville traditionnelle et moderne). L’exposition, voulue grandiose par les organisateurs, est ouverte au public. C’est gratuit et ça vaut le détour.

Jusqu’au 8 décembre à la Cathédrale du Sacré-Cœur à Casablanca.



Festival. Marrakech vs Dubaï

Le Festival de Marrakech, organisé du 7 au 15 décembre, et celui de Dubaï, du 9 au 16, se chevauchent depuis deux ans. Simple coïncidence ? Pas si sûr. Toujours est-il que chacun des deux aspire à être le festival de référence du monde arabe. Si le FIFM se fait sa petite place au soleil, celui de Dubaï ne lésine pas sur les moyens, invitant une kyrielle de stars hollywoodiennes. Autre point commun avec Marrakech : la volonté de promouvoir le cinéma arabe auprès des grands du cinéma mondial. Le Maroc sera cette année très présent à Dubaï, avec une projection du documentaire The White thread de Khalil Benkirane, suivi d’un live de DJ Zayan Freeman. Milos Forman président à Marrakech, Gloria Estefan célébrée à Dubaï… Dure dure la concurrence.


Le livre.

Il a été enlevé en 1965 à Paris et on n’a pas cessé de parler de lui. Vous avez deviné : il s’agit, bien entendu, de Mehdi Ben Barka, le plus célèbre disparu marocain, à propos duquel l’écrivain Daniel Guérin disait : “Ce mort aura la vie dure ; ce mort aura le dernier mot”. Dans la foulée de la commémoration, le 29 octobre, du 42ème anniversaire de la disparition, Bachir Ben Barka a rassemblé les travaux d’un colloque international tenu en 2005 dans un livre aussi utile que précis. La qualité et la diversité des intervenants, de Patrick Baudoin à Mohamed Sebbar, en passant par René Gallissot, l’ouvrage survole les aspects politique, juridique et géostratégique du triste événement. A lire pour mieux comprendre le débat actuel sur les suites de l’affaire Ben Barka...

Mehdi Ben Barka en héritage : de la Tricontinentale à l’Altermondialisme, co-édition ; Tarik – Syllepse.




Humeur.
Pas lu et approuvé

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Sur Internet, les pétitions se ramassent à la pelle. Le mois de novembre semble même la haute saison pour faire sa moisson de signatures. Rien que pour cette semaine, on a été invité par mail à sauver l’Amazonie, une femme de la lapidation et un chien de l’euthanasie. Intrigué, on a cliqué sur le lien fourni pour le canidé en danger de mort. On est tombé sur gopetitions.com, un site dédié au genre littéraire et réservé aux personnes voulant contribuer à “changing the world”, annonce le slogan. Merveille de la technologie, un type a eu l’idée d’inventer une usine à signatures où l’on peut fabriquer et signer des pétitions à échelle industrielle. C’est forcément beau le progrès quand on peut militer sans suer, sans risquer l’extinction de voix, sans fricoter avec le peuple, le postérieur vissé à sa chaise. Se rebeller en devient plaisant, un vrai loisir du dimanche. Aussi, on s’est pas privé, on a signé sur tout ce qui bouge. Solidaire avec une mère de famille voulant faire virer un directeur d’école pas à son goût. Fraternel avec des Australiens réclamant plus de concerts de Bon Jovi. En symbiose avec des fans de Freddy exigeant la rediffusion télé des Griffes de la nuit. Et ému par une petite fille, une gamine attachée à son chien au seuil de la mort. Bientôt il n’aboiera plus et la caravane continuera de passer. Elle était vaine au fond, la pétition de cette enfant, comme toutes les pétitions. On peut tout aussi bien signer Bobi le chien, ce n’est pas ça qui empêchera les petites filles d’avoir du chagrin. Et les femmes d’être lapidées.



Le royaume va mal…
“The Kingdom (le Royaume)”, le thriller controversé de Peter Berg, sur fond de traque de terroristes en Arabie Saoudite, attend toujours son visa d’exploitation au Maroc. Déprogrammé voire interdit dans certains pays arabes, le film n’est pas assuré d’une sortie en salles. Au pire, il nous restera les pirates de Derb Ghallef…


Masterclass
Du 10 au 14 décembre, et en plein Festival international du film de Marrakech, les élèves de l’Ecole supérieure des arts audiovisuels (ESAV) rencontreront des pros du cinéma, dans le cadre d’ateliers d’écriture de scénarii, entre autres. Un nom est déjà annoncé, celui du scénariste Gilles Taurand (Une affaire de goût). Y en a qui ont
de la chance.


Le carton des anges
Les Anges de Satan, d’Ahmed Boulane, vient de dépasser la barre symbolique des 100 000 entrées. Ce qui fait du film l’un des plus gros succès de l’année. “Il a fait plus fort que Harry Potter. à ce rythme, il devrait être consacré numéro Un de l’année”, prédit un distributeur. Confirmation le 31 décembre.

 
 
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