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N° 298
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Mohamed Kettani,
PDG d’Attijariwafa Bank
(TNIOUNI / NICHANE)

Attijariwafa. Encore un “coup” au Sénégal


Rien ne semble arrêter le “champion national” dans sa conquête de l’Afrique subsaharienne. Alors que Mohamed Kettani, PDG d’Attijariwafa Bank, déclarait sur les tabloïds économiques qu’il a des visées sur la Mauritanie, voilà que la banque annonce sa plus grande opération jamais réalisée au Sénégal. Pour 1,3 milliard de dirhams, elle vient de s’offrir 79% du capital de la CBAO. C’est la plus vieille banque du pays, mais aussi la première avec un réseau de 34 agences, qui vient s’ajouter aux 6 autres agences d’Attijari Bank Senegal. Au passage, la
banque marocaine récupère également une participation importante dans le groupe agro-industriel Mimram, connu dans la culture du sucre au nord du pays. Pour financer cette opération, la banque vient de lancer un emprunt obligataire d’un milliard de dirhams. En Bourse, le titre est resté suspendu pendant trois jours, avant de revenir en force en signant une performance de 3%, qui porte son cours à 3245 dirhmas. Attijariwafa ne compte pas s’arrêter là dans son épopée africaine. Les bruits courent autour de l’imminente annonce d’une nouvelle implantation dans la République démocratique du Congo. Attijari brigue égalment le marché libyen. Elle vient d’y être retenue parmi les candidats pour l’acquisition de 19% (avec option de passer à 51%) du capital de la banque Al Wahda. Pour remporter ce marché, le groupe financier devra rivaliser avec quatre prestigieuses banques internationales, dont Société Générale ou encore la banque italienne Intesa San Paolo.


Résultats. L’ONA communique !

C’est une première ! Le plus important holding du pays rend publics ses comptes trimestriels, alors qu’elle a jusqu’à présent habitué le marché au minimum légal au niveau information. Mais on n’en est pas pour autant aux standards internationaux, puisque le groupe se contente de divulguer uniquement son chiffre d’affaires. Un volume d’activité qui enregistre, sur les 9 premiers mois de l’année, une hausse de 14,4%, par rapport à la même période de l’année précédente. Une croissance tirée essentiellement par le secteur de la distribution, dont le chiffre d’affaires s’est amélioré de 2 milliards de dirhams par rapport à septembre 2006. La contribution de la filiale télécoms Wana pèse sur la progression du volume d’activité du groupe, avec un apport de 440 millions de dirhams. Enfin, les activités financières accusent un léger repli (-1,8%), dû à la baisse du taux moyen des commissions du courtier Agma.


Transferts MRE. Le Maroc champion

Une récente étude, financée par la Commission européenne et intitulée “Volume et géographie des transferts de l’Union Européenne”, vient de révéler que le Maroc est le premier bénéficiaire des flux financiers des immigrés vers leur pays d’origine. Selon l’étude, le royaume s’approprie 11,5% des 18,7 milliards d’euros envoyés par les résidents des pays de l’UE. L’étude explique également que les flux en direction du Maroc proviennent à moitié de la France, et sont six fois plus importants que les transferts en direction de l’Algérie. Et encore, le différentiel a dû se creuser davantage, puisque l’étude tient compte de données datées de 2004. Or, ces trois dernières années, les transferts de MRE au Maroc n’ont cessé de progresser. À fin septembre dernier, ils ont totalisé pas moins de 41 milliards de dirhams.


Méditel. Jeu de chaises musicales

Brusque départ d’Inigo Serrano, directeur général de Méditel. Pour les observateurs, ce “débarquement” n’est pas à dissocier du conflit entre actionnaires au sujet du calendrier de l’introduction en Bourse. Annoncée pour 2006, puis reportée à 2008, l’arrivée du deuxième opérateur télécoms à la Bourse de Casablanca ne fait visiblement pas l’unanimité dans son tour de table, puisque les Espagnols auraient exprimé leur souhait de retarder davantage l’échéance. Mais visiblement, c’est la partie marocaine qui semble avoir obtenu gain de cause. Méditel est aujourd’hui à la recherche d’un DG de “nationalité marocaine”, qui devra justifier d’une expérience auprès des investisseurs et des marchés financiers. Le vice-président commercial de Méditel, Moncef Belkhayat, a lui aussi fait ses cartons il y a plus d’une semaine. Mais il est pressenti comme administrateur de l’opérateur !



Pendant ce temps, le peuple….
“Al Inâach Al Watani”

Diplômé chômeur en fiscalité, Salah taxe trois clopes et un café aux copains du “derb” pour leur traduire la Loi de Finances en des termes intelligibles. À force d’éplucher les chiffres et les lettres du Budget, il tombe sur un compte spécial du Trésor, destiné à la lutte contre le chômage et doté de près de 600 millions de dirhams. Sauf que notre fiscaliste chômeur ne comprend pas que ce compte “très spécial” soit logé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. “Je ne vois pas d’autres moyens pour les flics de lutter contre le chômage que d’exterminer les chômeurs à coups de matraque. Tous ces millions doivent donc être destinés à l’acquisition de ‘zraoute’”, se dit Salah, qui garde toujours les séquelles de ses cinq séjours aux urgences pendant sa courte carrière de “manifestant permanent devant le Parlement”. Le ministère des Finances lui explique que ce fonds est celui “d’Al Inaâch Al Watani”, géré par les collectivités locales. Pour ceux qui ne connaissent pas “Al Inâach Al Watani”, précisons que c’est lui qui paie les agents occasionnels des communes, qui taillent les arbres ou peignent les trottoirs pour embellir le circuit du cortège royal et qui sont payés en dessous du SMIG. Ceux qui, comme Salah, connaissent les rouages des communes, devinent aisément que ce fonds est le moyen le plus facile pour inventer des charges : il suffit par exemple de facturer des travaux fictifs de jardinage ou encore oublier une couche de peinture pour se garder le pot. Et ce sont les chômeurs qui trinquent...



OFF.

Le groupe USFP à la Chambre des représentants a demandé à avoir plus d’informations, en séance plénière, sur les performances financières de l’Offie national de l’électricité et ses capacités d’investissement. L’ONE prévoit en effet de lancer un programme de 11,6 milliards de dirhams en 2008, soit autant que le volume cumulé des deux dernières années. Younès Maâmar, DG de l’Office, devra se montrer convaincant devant les représentants du peuple.

 
 
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