|
Chef de rubrique Abdeslam Kadiri
La semaine.
|
Cheminots, étudiants, magistrats :
les mouvements de contestation
sociale se succèdent.
(AFP)
|
France. Test majeur pour Sarkozy
LHexagone est de nouveau plongé dans la crise. Une grève géante paralyse depuis mercredi les transports. Le pays se prépare à affronter plusieurs journées de chaos avec ce mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, voulue par le président Nicolas Sarkozy.
Les cheminots ont arrêté le travail mardi soir et ont été rejoints mercredi par les conducteurs de métro parisiens, ainsi que par |
|
les gaziers et électriciens. Seuls 90 TGV sur 700 devaient rouler sur le réseau national, et très peu de trains dans les régions. La direction de la RATP a annoncé de son côté un trafic quasi nul.
Au cur du mouvement, la réforme des régimes spéciaux de retraite, qui prévoit le rallongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans, pour toucher une retraite complète, et qui concerne 500 000 personnes face à 18 millions de salariés du secteur privé. Ce conflit est considéré comme un test majeur pour Sarkozy, qui a fait de cette réforme un symbole de sa volonté de changer le pays en profondeur. Lespoir déviter une très longue grève, comparable au conflit de 1995, qui avait duré trois semaines, est cependant apparu mardi soir. Bernard Thibault, secrétaire général du principal syndicat du pays, la CGT, a proposé au ministre du Travail, Xavier Bertrand, dorganiser des négociations avec les directions dentreprises et les représentants de lEtat.
Le pays vit parallèlement un vrai bouillonnement social. Les fonctionnaires seront en grève le 20 novembre, les magistrats - remontés contre la carte judiciaire de Rachida Dati et la suppression de tribunaux se mobiliseront le 29, et depuis plusieurs jours, un mouvement de contestation sétend dans les universités, bloquant une quinzaine de facultés. Les étudiants protestent contre la loi Pécresse (du nom de la ministre de lEnseignement), qui prévoit la généralisation de lautonomie budgétaire à toutes les universités du pays dici cinq ans. Les étudiants craignent de voir luniversité faire appel à des fonds privés sans aucun contrôle, ouvrant la voie à des dérives et aux pressions des entreprises. |
Afghanistan. Amnesty condamne la torture
Amnesty International a demandé à lOtan et à la Force internationale dassistance à la sécurité (Fias) de cesser de livrer des prisonniers aux services de sécurité afghans, qui sont soupçonnés de les torturer. Dans un rapport intitulé Des transferts vers la torture : avec la complicité de la Fias ?, Amnesty affirme, sur la base de témoignages, que les agents et les services de renseignement afghans ont recours à la torture. Daprès lONG internationale, en transférant ses prisonniers aux services de sécurité afghans, les 37 pays de la Fias peuvent se rendre complices des sévices infligés aux prisonniers. Amnesty a adressé une quinzaine de recommandations à lOtan, à lUnion Européenne, au gouvernement afghan lui-même et à lOnu, appelant à linstauration dun moratoire, dont la durée servirait à réexaminer les procédures de transfert de prisonniers. Amnesty demande également à lUE de participer à un plan global de réforme du système pénitentiaire afghan. |
Liban. Brammertz, de lenquête Hariri au TPIY
Promotion ou placard pour Serge Brammertz ? Le magistrat belge, qui avançait discrètement mais efficacement dans lenquête sur lassassinat de lex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, a été nommé mardi procureur du Tribunal pénal international pour lex-Yougoslavie (TPIY). Si sa nomination est confirmée, Brammertz succéderait à Carla Del Ponte. Le magistrat, dont le mandat dans lenquête Hariri arrive à expiration, sera remplacé par le Canadien Daniel Bellemare. Brammertz avait succédé à lAllemand Detlev Mehlis à la tête de la commission denquête Hariri. Il avait publié un rapport détape qui avait permis didentifier certaines personnes (
) pouvant être impliquées dans lexécution de Rafic Hariri et dautres cas. Le régime syrien a toujours démenti tout lien avec cet assassinat. |
Allemagne. Müntefering jette léponge
Le numéro 2 du gouvernement allemand, le social-démocrate Franz Müntefering, a démissionné mardi, compliquant la tâche pour Angela Merkel. La chancelière allemande perd là un partisan de la rigueur budgétaire avec lequel elle travaillait étroitement. Müntefering a préféré jeter léponge pour rester aux côtés de son épouse qui se bat contre un cancer. Ce départ survient en pleine crise de confiance au sein de la coalition gouvernementale entre Chrétiens démocrates (CDU-CSU) et Sociaux-démocrates (SPD). Müntefering a joué, depuis lavènement du gouvernement Merkel, en novembre 2005, un rôle-clé, celui de garant de la volonté des sociaux-démocrates de respecter le contrat de coalition gouvernementale. Müntefering sera remplacé au ministère du Travail par Olaf Scholz. |
Malaisie. Bientôt une voiture islamique ?
Roulez-vous en haram ou en halal ? Une boussole et un rangement pour le Coran devraient régler la question
Le constructeur malaisien Proton envisage de produire, avec lIran et la Turquie, la première voiture islamique, équipée dune boussole indiquant la Qibla (direction de La Mecque) et de rangements pour le Coran et les foulards. Nous développerons une voiture que nous pourrons produire en Malaisie, en Iran ou en Turquie, a déclaré le directeur général de Proton, Syed Zainal Abidin. La voiture aura toutes les indications islamiques et sera destinée à lexportation. LIran veut lappeler Voiture islamique, a ajouté le responsable. Il fallait y penser ! |
 |
Lu pour vous.
Ce quattendent les Palestiniens [SUISSE]
Alain Campiotti, Le Temps, 13 novembre
Le combat continue
Cest le message que le Fatah de Mahmoud Abbas (et naguère de Yasser Arafat) a adressé lundi au Hamas, à loccasion du troisième anniversaire de la mort du raïs, en organisant une énorme démonstration à Gaza, fief du mouvement islamique, depuis son coup de force de juin. Comme prévu, la manifestation sest terminée dans le sang : 7 morts et 130 blessés. Le conflit inter-palestinien a son histoire et sa logique propres. Mais il est aussi désormais une des partitions de laffrontement des axes qui domine, pour son malheur, la région. Dun côté, le front des modérés, qui réunit sous ombrelle américaine (
) des régimes arabes plus ou moins autoritaires, le Fatah, Israël et quelques autres. De lautre, le front du refus qui rassemble lIran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Ce choc dicte aussi la vie des Libanais à la recherche dun président, et dune autre manière celle des Irakiens (
).
La conférence qui va se réunir à la fin du mois à Annapolis, aux Etats-Unis, ne va pas dénouer dun coup lécheveau israélo-palestinien (frontières dun nouvel Etat, Jérusalem, réfugiés). Elle fera peut-être apparaître que la solution est toujours aussi éloignée. Une chose est pourtant à sa portée : lallégement de lépreuve que représente, pour les Palestiniens, leur survie quotidienne. À Gaza, ils sont dans un étau où la pénurie saggrave. En Cisjordanie, leur existence est faite dentraves en couches superposées. |
|
Pakistan. Bhutto assignée à résidence
La situation est toujours aussi chaotique au Pakistan. Lex-Premier ministre Benazir Bhutto a réclamé, mardi, la démission du président Pervez Musharraf, qui la fait assigner à résidence pour la deuxième fois en 15 jours. Plus de 1100 policiers surveillaient la maison où elle était cloîtrée. Bhutto avait appelé à une manifestation géante à Lahore, pour réclamer la levée de létat durgence. Une manifestation interdite par la police en vertu
de la loi dexception ! Musharraf doit partir. Lépoque de la dictature est révolue, a lancé Benazir Bhutto. Elle a brandi la menace dun boycott des législatives par son parti, le plus important de lopposition (PPP). Elle a aussi appelé plusieurs autres dirigeants de parti - et lex-Premier ministre en exil, Nawaz Sharif - à sallier avec elle pour la restauration de la démocratie. Lundi, Washington a aussi réclamé la levée de létat durgence. Pour le moment sans résultat. |
VITE !
173 000 personnes ont fui la capitale somalienne Mogadiscio, ces deux dernières semaines, chassées par les combats intenses entre rebelles et forces somaliennes. 90 000 dentre elles ont rejoint Afgoye, une bourgade à trente kilomètres à louest de la capitale. |
|