Services secrets. Quand Mansouri parle
Mohamed Sassi. "J'assume mon échec électoral"
Débat. Cherche projet politique
Administration. Drôles de certificats
Internet. Que cherchent les Marocains ?
Histoire. Un fqih à Paris
Pétrole. L'inexorable flambée
Budget 2008. Mezouar l'équilibriste
Livre. L'Egypte, version américaine
Abdelkader Lagtaâ. Laïc, moderne, dérangeant
N° 298
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Cheminots, étudiants, magistrats :
les mouvements de contestation
sociale se succèdent.
(AFP)

France. Test majeur pour Sarkozy


L’Hexagone est de nouveau plongé dans la crise. Une grève géante paralyse depuis mercredi les transports. Le pays se prépare à affronter plusieurs journées de chaos avec ce mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, voulue par le président Nicolas Sarkozy.

Les cheminots ont arrêté le travail mardi soir et ont été rejoints mercredi par les conducteurs de métro parisiens, ainsi que par
les gaziers et électriciens. Seuls 90 TGV sur 700 devaient rouler sur le réseau national, et très peu de trains dans les régions. La direction de la RATP a annoncé de son côté un trafic “quasi nul”.

Au cœur du mouvement, la réforme des régimes spéciaux de retraite, qui prévoit le rallongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans, pour toucher une retraite complète, et qui concerne 500 000 personnes face à 18 millions de salariés du secteur privé. Ce conflit est considéré comme un test majeur pour Sarkozy, qui a fait de cette réforme un symbole de sa volonté de changer le pays en profondeur. L’espoir d’éviter une très longue grève, comparable au conflit de 1995, qui avait duré trois semaines, est cependant apparu mardi soir. Bernard Thibault, secrétaire général du principal syndicat du pays, la CGT, a proposé au ministre du Travail, Xavier Bertrand, d’organiser des négociations avec les directions d’entreprises et les représentants de l’Etat.

Le pays vit parallèlement un vrai bouillonnement social. Les fonctionnaires seront en grève le 20 novembre, les magistrats - remontés contre la carte judiciaire de Rachida Dati et la suppression de tribunaux – se mobiliseront le 29, et depuis plusieurs jours, un mouvement de contestation s’étend dans les universités, bloquant une quinzaine de facultés. Les étudiants protestent contre la loi Pécresse (du nom de la ministre de l’Enseignement), qui prévoit la généralisation de l’autonomie budgétaire à toutes les universités du pays d’ici cinq ans. Les étudiants craignent de voir l’université faire “appel à des fonds privés sans aucun contrôle”, ouvrant la voie à des “dérives” et aux “pressions” des entreprises.


Afghanistan. Amnesty condamne la torture

Amnesty International a demandé à l’Otan et à la Force internationale d’assistance à la sécurité (Fias) de cesser de livrer des prisonniers aux services de sécurité afghans, qui sont soupçonnés de les torturer. Dans un rapport intitulé Des transferts vers la torture : avec la complicité de la Fias ?, Amnesty affirme, sur la base de témoignages, que “les agents et les services de renseignement afghans ont recours à la torture”. D’après l’ONG internationale, en transférant ses prisonniers aux services de sécurité afghans, les 37 pays de la Fias peuvent se rendre complices des sévices infligés aux prisonniers. Amnesty a adressé une quinzaine de recommandations à l’Otan, à l’Union Européenne, au gouvernement afghan lui-même et à l’Onu, appelant à l’instauration d’un “moratoire”, dont la durée servirait à réexaminer les procédures de transfert de prisonniers. Amnesty demande également à l’UE de “participer à un plan global de réforme du système pénitentiaire” afghan.


Liban. Brammertz, de l’enquête Hariri au TPIY

Promotion ou placard pour Serge Brammertz ? Le magistrat belge, qui avançait discrètement mais efficacement dans l’enquête sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, a été nommé mardi procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Si sa nomination est confirmée, Brammertz succéderait à Carla Del Ponte. Le magistrat, dont le mandat dans l’enquête Hariri arrive à expiration, sera remplacé par le Canadien Daniel Bellemare. Brammertz avait succédé à l’Allemand Detlev Mehlis à la tête de la commission d’enquête Hariri. Il avait publié un rapport d’étape qui “avait permis d’identifier certaines personnes (…) pouvant être impliquées dans l’exécution de Rafic Hariri et d’autres cas”. Le régime syrien a toujours démenti tout lien avec cet assassinat.


Allemagne. Müntefering jette l’éponge

Le numéro 2 du gouvernement allemand, le social-démocrate Franz Müntefering, a démissionné mardi, compliquant la tâche pour Angela Merkel. La chancelière allemande perd là un partisan de la rigueur budgétaire avec lequel elle travaillait étroitement. Müntefering a préféré jeter l’éponge pour rester aux côtés de son épouse qui se bat contre un cancer. Ce départ survient en pleine crise de confiance au sein de la coalition gouvernementale entre Chrétiens démocrates (CDU-CSU) et Sociaux-démocrates (SPD). Müntefering a joué, depuis l’avènement du gouvernement Merkel, en novembre 2005, un rôle-clé, celui de garant de la volonté des sociaux-démocrates de respecter le contrat de coalition gouvernementale. Müntefering sera remplacé au ministère du Travail par Olaf Scholz.


Malaisie. Bientôt une voiture islamique ?

Roulez-vous en haram ou en halal ? Une boussole et un rangement pour le Coran devraient régler la question… Le constructeur malaisien Proton envisage de produire, avec l’Iran et la Turquie, la première voiture “islamique”, équipée d’une boussole indiquant la Qibla (direction de La Mecque) et de rangements pour le Coran et les foulards. “Nous développerons une voiture que nous pourrons produire en Malaisie, en Iran ou en Turquie”, a déclaré le directeur général de Proton, Syed Zainal Abidin. “La voiture aura toutes les indications islamiques et sera destinée à l’exportation. L’Iran veut l’appeler Voiture islamique”, a ajouté le responsable. Il fallait y penser !



Lu pour vous.
Ce qu’attendent les Palestiniens [SUISSE]

Alain Campiotti, Le Temps, 13 novembre

Le combat continue… C’est le message que le Fatah de Mahmoud Abbas (et naguère de Yasser Arafat) a adressé lundi au Hamas, à l’occasion du troisième anniversaire de la mort du raïs, en organisant une énorme démonstration à Gaza, fief du mouvement islamique, depuis son coup de force de juin. Comme prévu, la manifestation s’est terminée dans le sang : 7 morts et 130 blessés. Le conflit inter-palestinien a son histoire et sa logique propres. Mais il est aussi désormais une des partitions de l’affrontement des axes qui domine, pour son malheur, la région. D’un côté, le front des modérés, qui réunit sous ombrelle américaine (…) des régimes arabes plus ou moins autoritaires, le Fatah, Israël et quelques autres. De l’autre, le front du refus qui rassemble l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Ce choc dicte aussi la vie des Libanais à la recherche d’un président, et d’une autre manière celle des Irakiens (…).
La conférence qui va se réunir à la fin du mois à Annapolis, aux Etats-Unis, ne va pas dénouer d’un coup l’écheveau israélo-palestinien (frontières d’un nouvel Etat, Jérusalem, réfugiés). Elle fera peut-être apparaître que la solution est toujours aussi éloignée. Une chose est pourtant à sa portée : l’allégement de l’épreuve que représente, pour les Palestiniens, leur survie quotidienne. À Gaza, ils sont dans un étau où la pénurie s’aggrave. En Cisjordanie, leur existence est faite d’entraves en couches superposées.



Pakistan. Bhutto assignée à résidence

La situation est toujours aussi chaotique au Pakistan. L’ex-Premier ministre Benazir Bhutto a réclamé, mardi, la démission du président Pervez Musharraf, qui l’a fait assigner à résidence pour la deuxième fois en 15 jours. Plus de 1100 policiers surveillaient la maison où elle était cloîtrée. Bhutto avait appelé à une manifestation géante à Lahore, pour réclamer la levée de l’état d’urgence. Une manifestation interdite par la police en vertu… de la loi d’exception ! “Musharraf doit partir. L’époque de la dictature est révolue”, a lancé Benazir Bhutto. Elle a brandi la menace d’un boycott des législatives par son parti, le plus important de l’opposition (PPP). Elle a aussi appelé plusieurs autres dirigeants de parti - et l’ex-Premier ministre en exil, Nawaz Sharif - à s’allier avec elle “pour la restauration de la démocratie”. Lundi, Washington a aussi réclamé la levée de l’état d’urgence. Pour le moment sans résultat.


VITE !

173 000 personnes ont fui la capitale somalienne Mogadiscio, ces deux dernières semaines, chassées par les combats intenses entre rebelles et forces somaliennes. 90 000 d’entre elles ont rejoint Afgoye, une bourgade à trente kilomètres à l’ouest de la capitale.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés