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N° 299
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Le X ? Parlons-en…

Bravo pour l’enquête intitulée “Les Marocains et le X” (TelQuel n° 296). D’abord, ce dossier nous a rappelé que les Marocains sont de gros consommateurs de X. Mais il a aussi révélé que nous avions une star dans le domaine le plus tabou chez nous : la pornographie. Ceux qui s’offusquent du contenu de ce dossier font semblant d’ignorer que le X a depuis longtemps trouvé son chemin vers les foyers marocains grâce à la parabole. Ils font aussi mine de découvrir que les arabes sont friands de tout ce qui se rapporte au sexe. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la prolifération des chaînes satellitaires au contenu explicite, utilisant la langue arabe pour faire la pub des services de téléphone rose. Que dire alors de cette hypocrisie qui nous habite : en privé, on prend un plaisir certain à se rincer l’œil, mais en public, nous sommes les premiers à crier au scandale et à la débauche. Personnellement, je pense que le cinéma X est quelque chose d’ignoble, humiliant pour les femmes et dégradant pour la dignité humaine. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas en parler. Ce n’est pas en fermant les yeux sur un problème qu’on pourra le résoudre. Bravo donc pour cet article qui a décrit une vérité que la plupart d’entre nous n’ont pas envie d’entendre, ni même de lire.

Adil Benali, Casablanca.



L’interview inutile

Je voulais juste vous exprimer mon désaccord sur l’opportunité de publier l'interview de la princesse arabe du X, dans votre dossier intitulé “Les Marocains et le X” (TelQuel n° 296). En fait, je n’ai pas été offusquée par le contenu de l’article lui-même. En tant que lectrice assidue de TelQuel, je reconnais à cet article un certain contenu informatif sur une réalité marocaine. Et je comprends parfaitement que vous donniez la parole à des personnes intéressantes ou hors du commun. Mais je ne vois pas l’utilité de recueillir les propos de cette actrice de films X, et je suis outrée par l’importance que vous lui avez accordée. D’autant plus que cette personne s’est donné le rôle de conseillère et de moraliste, et c’est ce qui m’a réellement dérangée et poussée à réagir en tant que femme, épouse et mère. À l’écouter, on pourrait donc comprendre qu’une personne peut tout faire, à condition de garder ses valeurs et de respecter ses traditions. Mais quelles valeurs et quelles traditions ? En plus, elle ne s’est pas contentée d'expliquer son choix personnel. Au risque de troubler les idées d’une certaine jeunesse, elle ose même faire passer le cinéma X pour une libération !
Très nombreuses sont les femmes qui se sont battues et qui luttent encore pour une véritable libération, pour sauvegarder leurs valeurs et leur identité d'être humain au féminin. Mais toutes n’ont pas obtenu trois pages dans un hebdomadaire. Et encore moins dans TelQuel. Aviez-vous l’intention de concurrencer TF1 et partir à la chasse au tirage comme cette chaîne court après l’audimat ? Quelle qu’ait été la raison de ce choix, il n’est pas le bon.

Imane Kinani Agadir.



L’Histoire bégaie-t-elle ?

Je vous écris pour réagir au courrier adressé par un lecteur et intitulé “El Himma, pourquoi pas ?” (Courrier, TelQuel n° 298). Ce monsieur semble heureux, enchanté même, à l'idée que l'ami intime du roi ait réussi aussi vite à former un parti politique qui ne dit pas son nom, et que les députés se bousculent pour y adhérer. À n’en pas douter, ce parti, s’il voit le jour, défendra certainement les intérêts du peuple. Allons donc ! Quand on voit ce qui se passe, on ne peut s’empêcher de penser que l'Histoire est un éternel recommencement. Il y a quelques décennies, un proche du roi Hassan II n'avait-il pas fait la même chose ? On a bien vu le résultat. Et dire qu’il y en a encore pour applaudir des deux mains. Il y a vraiment de quoi être pessimiste quand on observe ce qu’est devenue la carte politique du Maroc : des pantins sont parachutés pour exécuter les instructions, alors que ceux qui veulent réellement faire avancer ce pays font de la figuration forcée. Et le peuple dans tout cela ?

Yassine Yahya, Rabat.

 
 
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