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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
Festival de Marrakech. Nouvelles du front
Quelques jours avant le démarrage de la 7ème édition du Festival international du film de Marrakech, on en sait un peu plus sur cette messe du cinéma et des paillettes. Dabord un jury prestigieux comme à laccoutumée : le réalisateur tchèque Milos Forman sera entouré, entre autres, du réalisateur marocain Hamid Bennani, de lacteur britannique John Hurt et du réalisateur français Claude Miller. Le jury aura à visionner pas moins de 14 films de 14 nationalités différentes (Estonie, Algérie, Maroc, Chine, Serbie, Mexique
). À lhonneur cette |
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| année, un cinéma du monde et un cinéma jeune, puisque les films en compétition sont pour la plupart des premières réalisations. Ensuite, et en plus dune programmation coup de cur regroupant huit films récents (dont En attendant Pasolini du Marocain Daoud Aoulad Syad), dun large panorama du cinéma marocain, lhommage au cinéma égyptien sera le clou de cette édition à travers une programmation passant en revue 100 ans de cinéma. Si vous êtes de passage à Marrakech, vous pourrez ainsi redécouvrir, entre autres merveilles du cinéma égyptien, Gare centrale de Youssef Chahine, Douâa Al Karawane de Henry Barakat, Khally Balak Min Zouzou de Hassan Al Imam ou encore Al Karnak de Ali Badrakhan. Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni et le producteur tunisien Ahmed Bahaa Attia, trois grandes figures disparues cette année, seront également à lhonneur à travers la projection de quelques- uns de leurs films. Alors, qui a dit que le FIFM était juste un festival de pipole et de paillettes ? |
Sortie. Redford...on adore
Réalisateur et reconnu comme tel depuis Des gens comme les autres (1980), son premier film derrière la caméra, Roberd Redford fait partie, avec Clint Eastwood, du club fermé des belles gueules américaines qui ont réussi leur reconversion dans la réalisation. Fervent défenseur du cinéma indépendant, il tient tête, depuis le début de sa carrière, à Hollywood et ne sen cache pas. Quant à ses prises de position, démocrates et ouvertement anti-Bush, Redford ne sest jamais gêné pour les afficher. Avec Lions et Agneaux, il enfonce le clou et dénonce clairement la politique guerrière de son pays. Dans cet opus, Redford, qui joue lui-même le rôle dun professeur légèrement moralisateur, dirige Meryl Streep qui, elle, campe une journaliste sacharnant à démontrer les mensonges du jeune sénateur républicain et cynique, incarné par Tom Cruise. Avec en toile de fond une Amérique en guerre, Lions et Agneaux raconte lhistoire de six Américains concernés de près ou de loin par la guerre (américaine) contre le terrorisme. Si vous aimez les films utiles et engagés, celui-ci est pour vous.
Lions et Agneaux, au Mégarama. du 21 au 27 novembre.
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Soirée. Dansez utile
La très active antenne marrakchie de lAssociation de lutte contre le sida organise une soirée le 14 décembre prochain à Dar Soukkar, en marge du Festival international du film de Marrakech. Les bénéfices seront reversés à lALCS , nous a déclaré Nadia Rafif, directrice de la section locale de lALCS. Au programme, Rachid Ben Abdeslam, contre-ténor, poussera la chansonnette aux côtés de Françoise Atlan, artiste spécialisée dans les romances séfarades. Un pot-pourri musical qui rassemblera également le percussionniste Emmanuel Santarromana, ainsi que les rappeurs 100% cru local, DJ Van, Ktone et Brada. La danseuse Noor devrait aussi être de la fête.
Infoline au 024 43 98 43.
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Verdict. Le Royaume libéré
Le Royaume, superproduction américaine dont la distribution au Maroc semblait un moment compromise, est enfin sorti en salle cette semaine. La sortie du film qui devait se faire en même temps quen France (le 31 octobre 2007), aurait été expressément ralentie par le Centre cinématographique marocain, qui a pris son temps avant de délivrer le fameux visa dexploitation au distributeur. Raison du retard, non affichée mais évidente aux yeux du distributeur : The Kingdom, interdit dans plusieurs pays arabes, ny va pas de main morte concernant les liaisons dangereuses entre nos amis Saoudiens et les Etats-Unis : Le CCM, a voulu jouer un rôle qui nest pas le sien, celui de ménager les relations maroco-saoudiennes. Sil a fini par nous délivrer le visa dexploitation, cest parce que nous avons mis la pression quil fallait, nous dit-on du côté de Mégarama, distributeur du film. Rien que pour ça, le film mérite dêtre vu. |
Expo. Le dépucelage de Mouride
Jai toujours été peintre, mais cest la première fois que jose exposer mes travaux, explique, nerveux, Abdelaziz Mouride. À 58 ans, lartiste accepte donc lidée dêtre dépucelé parce que, comme il nous lexplique, cela devait bien arriver un jour ou lautre. La peinture de Mouride est un peu le prolongement de ses dessins (les BD On affame bien les rats et Le Coiffeur) : un univers toujours aussi sombre, parfois violent, dominé par la répression. Car lhomme est resté le même : un Marocain comme les autres, qui a été privé de dix ans de sa vie pour délit dopinion. Ma peinture, cest un peu mes fantasmes, mes transferts, mes projections, explique encore lartiste. Une peinture finalement très dessinée, qui renvoie indiscutablement à lenfermement. Mais lenfermement, ce nest pas forcément la prison, cest aussi lindividu, sa tête, son intérieur, tranche Mouride, dont lunivers va bien plus loin que le simple carcéral. À découvrir.
Mur et murmures, actuellement à la Galerie dart Nouiga, Rabat.
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Musique. Aldebert en concert
Les publics de Casablanca, Meknès et Marrakech vont pouvoir apprécier rimes et rythmes : les Instituts français de ces villes accueillent du 27 au 30 novembre prochains lartiste français Aldebert. Si son nom ne vous dit pas grand-chose, il est temps de découvrir ce chanteur un peu ado, un peu adulte qui puise ses inspirations dans les chansons dun Brel, dun Brassens ou encore dun Gainsbourg. Tantôt rock tantôt reggae, les albums dAldebert sont des morceaux de vie quil partage avec le public : Plateau Télé en 2000, Sur place ou à emporter en 2003, Lannée du singe en 2004 et enfin Les Paradis indisponibles, font dans la nostalgie comme dans la gaieté. Après les passages dartistes tels quEmilie Simon ou encore Dionysos, cest Aldebert qui vient dépoussiérer les scènes des Instituts français avec ses shows énergiques. À ne pas rater...
Mardi 27 novembre, 20h30, concert au Théâtre de lIF de Marrakech.
Mercredi 28 novembre, 20h30, concert à la Salle Touria Sekkat.
Jeudi 29 novembre, 18h30, rencontre à la Cafet de lIF de Meknès.
Vendredi 30 novembre, 19h, concert au Théâtre de lIF de Meknès.
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Atelier. Les petits frères Lumière
La passion nattend pas : de décembre à juin, la Villa des Arts de Rabat accueille latelier Cinéma pour jeunes. Encadrée par Rachid Kacimi, réalisateur et enseignant à lInstitut spécialisé du cinéma et de laudiovisuel (ISCA) et la camérawoman Barbara Teslar, cette masterclass précoce prend une quinzaine de 7-14 ans par la main pour leur faire découvrir histoire du 7ème Art, analyse cinéphilique, étapes de fabrication dun film, métiers du cinéma et secteur marocain en particulier. Une fois nourris dextraits de Baba Amine (Youssef Chahine, 1949), La Guerre des boutons (Yves Robert, 1961) ou encore De lautre côté du fleuve (Mohamed Abbazi, 1982), les bambins sattelleront à la réalisation dun petit film vidéo de 3 mn. Jamais trop petit pour le grand écran !
Les mardis à 17h, Villa des Arts, Rabat. Tél. 037 66 85 79
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Peinture. El Kahfaï, comme un grand
El Kahfaï fait partie de cette jeune génération dartistes peintres marocains qui ne saurait tarder à marquer de son empreinte la peinture marocaine moderne. Natif de Marrakech et lauréat de lEcole nationale des Beaux-Arts de Tétouan, il sadonne très tôt au dessin et à la peinture et expose dès 1987. La force dEl Kahfaï : sans renier le travail de ses aînés, il arrive pas à pas à tracer son propre chemin. Hanté par la condition humaine, il est lauteur dune série de portraits à la fois sombres et émouvants, montrant des personnages aux contours trahissant un désarroi dans lequel les critiques ont vu lémergence douloureuse de lindividu dans notre société. La très active galerie marrakechie Noir sur Blanc a pris le pari dexposer El Kahfaï. A raison.
Jusquau 10 novembre à la galerie Noir sur Blanc à Marrakech.
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Jeux vidéo. La Moroccan Touch
Léditeur français de jeux vidéo, Ubisoft, vient de lancer un énième épisode de son best-seller Rayman, intitulé Rayman et les Lapins encore plus crétins. Particularité : le jeu vidéo a été signé par une équipe 100% marocaine, puisquil a été développé par le studio casablancais dUbisoft. Une quarantaine de designers, artistes et programmeurs bien de chez nous ont travaillé sur le projet une année entière. Et le résultat semble satisfaire : Ubisoft sapprête à démarrer, dès janvier 2008, un partenariat avec des écoles dart et dinformatique au Maroc, pour la mise en place dune filière de formation à lindustrie des jeux vidéo. Et pour cause : Ubisoft va agrandir son studio de Casablanca, avec le recrutement de 150 nouveaux collaborateurs d'ici 2010. |
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Le livre.
Le târ, sorte de rebab à double caisse de résonance, reconnaissable à ses deux ouvertures qui se rejoignent pour former un huit, est linstrument des mystiques perses. Lorsque le grand joueur de târ, Barbe blanche, disparaît, son aîné Hossein se lance dans une quête didentité, où, porté par lobsession de linstrument, il goûtera la vengeance dun autre héritier. En partant pour Ardabil, Hossein emmène avec lui son jeune frère Nur, un des multiples narrateurs embarqués dans ce périple. Dans ce récit polyphonique, lauteur puise dans la succession des tableaux descriptifs une rythmique épatante. Le deuxième roman de Yasmina Ghata confirme les espérances suscitées après lexcellent La nuit des calligraphes.
Yasmine Ghata, Le târ de mon père, Fayard/rentrée littéraire.
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Humeur.
Le vin mauvais
Attajdid a fustigé cette semaine la Fête de la vigne célébrée à Meknès. On ne peut en tenir rigueur au journal officieux du PJD, puisque tel est son rôle : sobre comme un chameau, il jette lopprobre sur le poivrot. Le chauve bas de la casquette a aussi roté sa prose par réflexe pavlovien, davantage que par réflexion. Pardonnable également car irresponsable. On en veut, par contre, aux autres journaux ayant participé à la levée de boucliers. Un quotidien du soir arabophone, pêché au hasard, sest scandalisé car des Issaoua ont animé la dégustation des crus 2007. Selon ce journal, cest un péché impardonnable, la confrérie meknassie faisant en temps normal léloge du prophète en chansons. On est certes ignare en religion, tout autant quen grands vins, mais la façon quont les Issaoua de se déhancher ressemble plus à une résonance païenne du culte de Bacchus quà une réunion tupperware de muftis. Mais bon, passons, car en vérité, le vrai hic avec cette dégustation des crus 2007 est ailleurs. Elle marque une nouvelle percée de la culture du bon vin, ce foutu pédantisme à la française qui envahit peu à peu le Maroc. Les serveurs de restaurants minables, improvisés nologues grâce à trois malheureux vins sur leur carte, sont devenus agaçants avec leurs manières parisiennes. Si ça continue ainsi, ils vont bientôt être imbuvables... |
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Festival
Du 6 au 15 décembre, danse, théâtre et musique seront à lhonneur de la première édition du Festival des deux rives, initié par lInstitut international du théâtre méditerranéen. Casablanca, Marrakech, Rabat, Tanger et Tétouan sont les villes élues pour accueillir des spectacles marocains et espagnols. Pour toute info, appeler le 022 26 73 37
Film City
Annoncée à deux reprises déjà, la cité des films devrait bientôt voir le jour, à quelques kilomètres de Marrakech. Nécessitant un investissement de 15 milliards de dirhams, Morocco Film City regroupera des studios cinématographiques, des unités hôtelières et des résidences particulières. Premier coup de pioche en 2008... si tout va bien.
Hommage
Une rétrospective Izza Génini est prévue le 28 et 29 novembre prochains. Les films produits et réalisés par cette amoureuse de musique marocaine et de cinéma passeront au Musée du judaïsme marocain, avec une projection finale de sa dernière uvre, le film musical Noubas dor et de lumière. |
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