Benslimane & Co. Mais où sont les mandats d'arrêt ?
Politique. Le patchwork islamiste
Débat. "Et si on légalisait l'avortement ?"
Tarik Sektioui : "Je suis de retour"
Reportage. Sur la route du safran
Internet. La "Facebookmania" au Maroc
Musée. L'immigration s'expose
France. L'automne des grèves
Industrie vinicole. La bourse et la vigne
Portrait. Rêves de Bollywood
Phénomène. Ragga, et plus si affinités
Scène. Les contes de Halima
Musique. Origines revendiquées
N° 299
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le magazine Economia a analysé les
motivations des abstentionnistes.
(AFP)

Sondage. Le Parlement “pas important”…


Pourquoi les Marocains ont-ils boudé les élections de septembre 2007 ? Qu’est-ce qui n’a pas marché dans la communication des acteurs politiques ? Le magazine Economia, fraîchement (re)lancée par HEM, est revenu sur toutes ces questions à travers un sondage sur “le marketing politique face aux réalités électorales”. Premier résultat qui interpelle : le taux des abstentionnistes (57%) parmi les sondés. L’étude, qui a porté sur 1000 personnes, les surnomme “les abstentionnistes désengagés”, car leur “boycott” n’est animé par
aucune conviction. Ils se sont inscrits “juste par une force contraignante héritée des vestiges du Makhzen, représenté par le moqaddem”, mais ne sont pas allés voter. La majorité des sondés juge le Parlement “pas du tout important”. Et pour les deux tiers, le rendement du gouvernement sortant est insatisfaisant. L’impact de la sensibilisation de l’Etat n’a concerné que 11,3% des sondés, qui considèrent les élections “comme un passeport pour l’enrichissement d’une élite politique opportuniste”. Autre résultat : parmi les votants, 47% l’ont fait pour le parti et 41,3% pour le candidat. La prééminence de l’image des partis est d’autant plus surprenante que l’expérience électorale a démontré que les gens étaient attirés par les notables, donc par des personnes. “Malgré cela, les gens optent de plus en plus pour les programmes et les candidats sérieux”, nous explique Abdelaziz Bahoussa, un des responsables de l’étude. Dans les faits, ce sondage a concerné uniquement Casablanca, Rabat et Médiouna. À ne pas extrapoler au Maroc profond.


Lalla Salma. L’art et la manière

Notre first lady reprend du service. La semaine dernière, Lalla Salma inaugurait un centre d’accueil pour cancéreux à Agadir. Elégante et décontractée, l’épouse de Mohammed VI a paru affectée par les cas des quelques malades qu’elle a salués. La fille du peuple n’a rien perdu de ses manières… simples. Elle retire toujours aussi vite sa main et la ramène vers son buste avant de se pencher légèrement pour saluer les personnes qu’elle croise. “La maison de vie” qu’elle a inaugurée à Agadir est la deuxième du genre, après celle de Casablanca. Quarante patients pourront y résider le temps de recevoir des soins au centre d’oncologie de la ville d’Agadir.


Youtube. Le gendarme maboul

Après le feuilleton “Targuist”, les hommes de Housni Benslimane sont à nouveau à l’honneur sur le Net. Postée il y a quelques jours sur le site de partage Youtube, une vidéo intitulée “Le fou gendarme”, fait le bonheur des internautes marocains. Le film met en scène durant un peu moins de deux minutes un élément de la Gendarmerie royale. Celui-ci porte un uniforme totalement débraillé, paraît âgé, et souffle nerveusement dans son sifflet en courant après tous les véhicules qui transitent par un carrefour de Beni Mellal, où il est assigné. Quant à ceux qu’il arrive à stopper, il passent aussitôt à la caisse.


Aeroexpo. Trois mois plus tard…

Du 23 au 26 janvier, l’aéroport de Marrakech accueillera (enfin) son Aeroexpo. Prévu en octobre, ce salon international aéronautique avait été annulé à la dernière minute, officiellement pour ne pas faire de l’ombre à la visite de Nicolas Sarkozy… qui devait pourtant l’inaugurer au milieu d’avions Rafale, finalement non vendus au Maroc. “Nous avons atteint les 180 exposants”, respire le commissaire Frédéric Le Hénaff. Parmi eux, la vedette sera donc le F-16 américain. “C’est la cerise sur le gâteau. Car l’enjeu du Salon, c’est l’achat de services par les industriels européens qui cherchent à délocaliser la sous-traitance et la maintenance. Ce qui va le plus rapporter au Maroc, c’est le développement d’un pôle”. Un pôle dont le chiffre d’affaires – 3,3 millions de dirhams – devrait tripler d’ici à 2012, et créer plus de 10 000 emplois à forte valeur ajoutée.


Télé. Les plaisirs de Yazami

Driss Yazami, ex-membre de l’IER et ex-président de la Fidh (Fédération internationale des droits de l’homme), était cette semaine l’invité de l’émission “Mais encore” sur 2M. Comme prévu, Yazami s’est largement exprimé sur la question des droits de l’homme et de l’émigration (l’homme serait pressenti pour présider le Conseil royal pour les MRE). L’émission a également été riche en confidences. On apprend ainsi que Yazami est un grand gourmand qui raffole de kharchouf, de zaâlouk et de “babbouch”. C’est également un grand colérique… qui se soigne. “J’ai suivi un stage de non-violence à New York en 1990”, a-t-il notamment déclaré.


Immobilier. La hausse, c’est fini !

ça ne fait plus aucun doute, 2008 s’annonce comme une année charnière pour le marché de l’immobilier au Maroc. Beaucoup d’observateurs s’attendent à une correction des prix des logements résidentiels en 2008, à cause de la conjugaison de plusieurs facteurs, dont l’augmentation des taux d’intérêt sur les crédits logement et l’annulation des exonérations fiscales accordées aux promoteurs immobiliers. Karim Beqqali, directeur de CB Richard Ellis Maroc, a expliqué dernièrement que “même si les prix s’inscrivent toujours dans une tendance ascendante, on s’attend à leur stagnation pour le haut (et le moyen) de gamme de bonne qualité. En revanche, dans les petits projets de moindre qualité, la baisse est inéluctable”… C’est déjà ça !


Expo 2012. Allez Tanja !

A quelques jours du vote qui désignera la ville-hôte de l’Exposition internationale 2012, Wroclaw, la rivale polonaise de Tanger, a dénoncé l’inscription à la dernière minute d’une quarantaine de pays au Bureau international des expositions (BIE). Parmi ces inscrits, 20 pays africains et arabes sont susceptibles de voter pour la ville du détroit. “Nous avons lancé un appel à nos concurrents pour que les pays nouvellement inscrits s’abstiennent lors du vote, mais la Corée n’a pas été intéressée à s’y joindre, et le Maroc non plus”, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la candidature de Wroclaw. Rendez-vous le 26 novembre, à Paris, pour le verdict.



3 questions à Mohamed Bellaoûchi
[Responsable à la météorologie nationale]


Des pluies de forte intensité se sont abattues sur le Maroc. Vont-elles durer ?
Nous attendons une deuxième vague de précipitations, ce week-end, similaire à celle qui a eu lieu mardi dernier. Longtemps bloquées par l’anticyclone des Açores, ces pluies ont arrosé tout le Maroc, de Tanger à Boujdour. D’ailleurs, elles ont été excédentaires dans l’Oriental et le Nord. Leur intensité nous a poussés à émettre, à titre exceptionnel, des bulletins météo spéciaux pour alerter les usagers de la route.

Vous attendiez-vous à ces averses ? Quel rapport avec la prière rogatoire ?
Nous ne sommes pas surpris, puisque l’automne est une saison pluvieuse. Dans notre métier, nous faisons des prévisions en toute objectivité sur 5 à 7 jours. Quant à la prière rogatoire, chacun est libre d’utiliser ces prévisions à sa manière.

Quelles sont les conséquences de ces pluies ?
Ces pluies de forte intensité ne s’infiltrent pas dans les nappes. Elles ruissellent jusqu’aux barrages. Ainsi, au cours de la période allant du 1er septembre au 22 novembre, le volume global des apports d’eau dans les barrages a représenté 69% des apports normaux durant cette période. Au-delà des répercussions psychologiques, la pluie atténuera la spéculation sur l’Aïd El Kébir. Les éleveurs ne vendront pas leur cheptel à des prix trop élevés.


Détenus islamistes. La grève, c’était écrit

Les détenus islamistes font à nouveau parler d’eux. Un groupe des pensionnaires de la prison de Oukacha a adressé mardi un courrier aux responsables de l’AMDH, leur réclamant “l’envoi d’avocats pour s’enquérir de leurs conditions de détention” dans le pénitencier de Aïn Sebaâ. Dans la missive, les détenus évoquent différentes violations de leurs droits, parlant de “kidnappings, tortures, fausses accusations et falsification de preuves”. Curieusement, 24 heures plus tard, ce sont trois cents détenus islamistes, incarcérés dans onze prisons du royaume, qui ont déclenché une énième grève de la faim, selon un communiqué de l’association Annassir (de soutien aux détenus islamistes). Motifs : “Les transferts arbitraires et la dispersion des islamistes parmi les détenus de droit commun”.


Maroc-France. Hou ! Les siffleurs…

Le mensuel sportif Les cahiers du football a fait une analyse originale de la rencontre France-Maroc. “Contrairement à France-Algérie en 2001, les sifflets contre la Marseillaise, vendredi soir, n'ont pas suscité de tsunami médiatico-politique. Pourquoi une telle différence de traitement ?”, s’interroge le mensuel. Et de rappeler l’existence d’une loi anti-siffleurs, totalement inapplicable, car on ne saurait “procéder à des arrestations massives en tribunes”, ou encore, “interpeller ceux qui sifflent le plus fort”, ironise le mensuel. Pour Jean-Michel Larqué, commentateur sportif sur TF1, les coupables sont tout trouvés : “Ce sont les mêmes (ceux qui sifflent la Marseillaise) qui vous disent, s’ils sont pris en flagrant délit, qu’on ne les respecte pas”. Et ça, Jean-Mimi, c’est un flagrant délit de racisme.


TVM. Mustapha, où es tu ?

L’animateur vedette de la TVM, Mustapha Alaoui, n’a pas été mis au placard ou assigné à temps plein à la couverture des activités royales, comme le laissait penser la rumeur. Disparue bizarrement des écrans à la veille des élections législatives, l’émission Hiwar qu’il animait tous les mardis soir devrait donc, d’après des sources concordantes, retrouver au mois de janvier sa place dans la programmation de la chaîne. “Sauf que cette fois-ci, la liberté de ton qu’on retrouvait sur cette émission et qui visiblement dérangeait beaucoup de monde devrait être revue à la baisse”, nous ont confié ces mêmes sources.


Naoual Moutawakil. Surprise, surprise !

Le samedi 17 novembre, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Naoual El Moutawakil, a débarqué à l’improviste dans la maison des jeunes de Dar Bouazza, dans la périphérie de Casablanca. Munie d’un appareil photo numérique, elle a pris plusieurs clichés des installations en état de délabrement avancé. “Depuis sa nomination, madame El Moutawakil a déjà visité plusieurs maisons de jeunes dont celles de Marrakech, Tanger et Taza. Ces visites impromptues ont permis de constater l’état déplorable dans lequel se trouvent la plupart de ces institutions”, nous a confié un proche collaborateur de la ministre. Celui-ci n’écarte pas la possibilité de prochaines sanctions contre les responsables de ces établissements.


Sida. L’ALCS marche

L’Association de lutte contre le sida (ALCS) célèbre la Journée mondiale de lutte contre le sida, samedi 1er décembre. Au programme, kermesses, spectacles de chant et de danse dans les grandes villes du pays. Et, grande première, une marche aura lieu à Casablanca dont le coup d’envoi sera donné de la place Mohammed V à 10 heures. “C’est une nouvelle manière pour nous de sensibiliser la population au problème du sida, qui touche de plus en plus de personnes au Maroc”, nous a déclaré Hakima Himmich, présidente de l’ALCS. Le Maroc compte 20 000 cas de séropositifs en 2007, contre 18 000 en 2006.


Parti amazigh. Dgharni en suspens

Créé par l’avocat provocateur Ahmed Dgharni, le fantomatique Parti démocratique amazigh marocain (PDAM) pourrait bientôt être obligé de mettre la clé sous le paillasson. Le 13 décembre prochain devrait se tenir au Tribunal administratif de Rabat une audience dans l’affaire qui oppose le parti berbériste au ministre de l’Intérieur. Pour rappel, le département de Chakib Benmoussa demande la dissolution judiciaire du PDAM, qui n’a jamais réellement existé. L’occasion pour Dgharni de se poser en victime : “Cette procédure est une vengeance politique. On veut nous punir parce que nous avons boycotté les dernières élections”. Rien que ça.


Show. La Marocaine de Rotana

L’information est rapportée par nos confrères du site Internet Hespress.com. La chanteuse marocaine Hasna y déclare notamment que Haifa Wehbe et l’Egyptienne Ruby ne lui font pas peur. “J’ai longtemps résidé en Occident. J’aime donc le style dénudé que j’adopte au quotidien, mais je ne l’utilise pas dans mes clips”, a notamment déclaré Hasna. Il y a quelques mois, la chanteuse marocaine établie à Beyrout a signé un contrat de cinq ans avec la maison de disques Rotana. Avant cela, Hasna s’était illustrée au Maroc avec une reprise de “Marsoul Al Houb”, de Abdelwahab Doukkali. Un chanteur davantage vêtu que Haïfa et Rouby.


Procès. La vaisselle royale

Bien mal acquis ne profite jamais, c’est bien connu. Cette semaine, la Cour d'appel de Salé a confirmé des peines de prison, allant de deux à quatre ans de prison, contre huit personnes condamnées, en juin dernier, pour “vol qualifié et recel de biens” dérobés dans une résidence royale à Rabat. Au total, dix-sept personnes avaient été poursuivies en septembre 2005 par le Tribunal de première instance de Rabat. Le butin comprenait des bols, des carafes, des verres en cristal et des assiettes estampillés Hassan II. L’histoire se répète car, toujours en 2005, un employé du palais royal de Marrakech avait été arrêté et inculpé pour le même motif. L’homme est mort durant sa détention dans des circonstances plus qu’obscures.


Irak. Made in Morocco

Un peu plus de 16% des jihadistes étrangers, combattant aux côtés des l’insurrection irakienne, seraient originaires du Maroc. C’est du moins ce que vient de révéler dans sa livraison de jeudi le New York Times. Le quotidien cite des responsables militaires américains, qui ont découvert des documents parlants, suite à un raid mené par l’armée US contre un camp d’insurgés dans le nord ouest irakien, il y a quelques semaines. Ces estimations placent ainsi les Marocains à la sixième position, loin derrière les Saoudiens et les Libyens qui, à eux seuls, représentent 60% des combattants étrangers en Irak.


Contrebande. Bola Hamra au top !

À Oujda, les psychotropes sont en tête des ventes des médicaments de contrebande. Une étude effectuée par un groupe de pharmaciens vient de le confirmer. Seulement 30% de ces hallucinogènes, appelés “bola hamra”, sont écoulés au marché Al Fellah, plaque tournante de la contrebande. Les 70% restants “sont vendus devant les collèges et les lycées à 20 dirhams le comprimé, voire moins”, nous explique Hayat Keddani, un des auteurs l’étude. “Ma pharmacie se trouve au milieu de trois établissements scolaires. Je vois quotidiennement des scènes de violence”, témoigne-t-elle. Le Rivotril, nom du psychotrope qui inonde le Maroc en toute illégalité, est généralement introduit à partir du territoire algérien.


Cinéma. Faouzi l’Américain

Si Faouzi Bensaïdi est bien marocain, son dernier film, le superbe WWW. What a Wonderful World ne l’est peut-être pas. C’est du moins ce que pensent certains “pirates” de la Joutiya de Derb Ghallef. Bensaïdi raconte, avec le sourire : “Les pirates exposent mon film comme étant américain, sans doute à cause du titre. L’un d’eux a eu affaire à un client averti, qui a voulu lever le malentendu. Rien à faire, le marchand était sûr de son affaire et il a fallu qu’il visionne les 15 premières minutes du film (presque sans dialogue) avant de se rendre compte de son erreur… et de retirer le film de l’étal parce qu’il n’était pas américain”. Pas grave, Faouzi, l’erreur est humaine. La faute de goût aussi.


Parlement. L’intrus ronfleur

C’est connu, avec ses sièges capitonnés et son ambiance soporifique, le Parlement sert souvent de dortoir à des élus en manque de sommeil. Mais c’est la première fois qu’un intrus se permet de somnoler en pleine séance des questions orales… Et sur un siège de conseiller, s’il vous plaît ! L’homme en question a été découvert en flagrant délit de roupillon, mardi dernier, dans la Chambre des conseillers. Selon un fonctionnaire du Parlement, témoin de la scène : “Ce monsieur, apparemment invité par El Mâati Benkaddour, le président du groupe du RNI, ronflait si fort qu’il a fallu l’intervention d’un mokhazni pour le réveiller”.


Prisons. Noir, c’est noir

Une profonde réforme de la politique pénale : c’est ce que demande l’Observatoire des prisons, dont le rapport 2006, livré le 21 novembre, dénonce les faibles améliorations du système carcéral, huit ans après la Loi 23-98. Véritable boîte de Pandore : le surpeuplement, fruit d’un recours abusif à la détention préventive et à l’absence de peines alternatives. “Sur les 60 000 détenus des 59 prisons, la moitié n’ont rien à y faire”, dénonce Me Abderrahim Jamaï. Pour les “accueillir”, équipements délabrés, sous-alimentation, manque de soins, corruption, trafic de drogue… “Depuis 2005, le budget de l’Administration pénitentiaire est bloqué à 300 millions de dirhams”, souligne Me Jamaï, rappelant la “souffrance” des 5800 petits fonctionnaires. Mais le manque de moyens ne saurait expliquer les mauvais traitements - brutalité, torture - (39% des plaintes) et autres transferts abusifs (18%), pour lesquels l’Observatoire exige des enquêtes indépendantes, tout en appelant à l’abolition de la peine de mort.



Humeur. …Ou Bikheer

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Oui, célibataire. Ma grand-mère disait : “Un homme seul a deux fois plus de chances de rencontrer Satan”. Sartre et les existentialistes auraient très bien pu répondre : “Tant mieux alors !”. Satan, c’est une métaphore, ou alors juste rien, personne. Je dors pour le moment sur un tapis qui m’engloutit tous les soirs pour me recracher au matin, fatigué de mes ronflements, mes claquements de dents, et tout le cortège d’événements bizarres qui peuvent peupler une nuit sans témoin. Quand je reçois quelqu’un, on se serre un peu, on écoute de la musique, et puis on se couche. La règle, c’est qu’il n’y a pas de règle. J’ai beaucoup de tendresse pour ces inconnues qui rougissent et baissent les yeux quand l’homme, en face, vomit la phrase qui tue : “Je suis seul”. L’une d’elles m’a même dit un jour : “Je crois que tu me fais peur”. Mais il n’y avait pas que de la peur dans son regard. C’est le plus important, je crois... Comme vous, on m’a souvent répété à l’école : “Un homme accompli se marie, obtient son passeport, son permis de conduire, et va en pèlerinage à la Mecque”. J’imagine qu’il faut une longue vie pour tricoter toutes ces réalisations, alors j’ai le temps. Il y a encore dix ans, mes voisins m’appelaient “le journaliste”, aujourd’hui “le célibataire”. Une amie médecin m’a dit : “Ça se guérit !”. Possible, possible. J’ai croisé l’un de mes anciens professeurs et, en une minute, il m’a asséné quatre fois la même question : “Comment vont les enfants ?”. J’ai fini par répondre qu’ils allaient bien, et la maman aussi, merci. Etre célibataire, cela veut dire écrire des SMS comme des poèmes. Et trouver du charme aux débats d’un forum Internet dont l’intelligence n’est pas très supérieure à celle d’une vache canadienne.



VITES !

Al Adl Wal Ihsane a fini par mettre en ligne un film institutionnel qui, jusque là, circulait sous le manteau. Une sorte de carte de visite audiovisuelle qui retrace le parcours (tumultueux) de la Jamaâ islamique et de son guide spirituel, Cheïkh Yassine. Sur Internet, cette saga résonne comme une opération de recrutement.


“Au lieu de Aziz Akhenouch et Jamal Aghmani, lire Aziz Akhannouch et Jamal Rhmani”, indique un bulletin officiel en date du mois d’octobre, pour rectifier les erreurs parues dans le dahir de nomination des membres du gouvernement. Au Secrétariat général du gouvernement, on ne supporte pas que les noms des ministres soient écorchés.


Mohamed Bouzoubaâ s’est éteint vendredi des suites d’une longue maladie. Avocat, ex-SG de l’UNEM, le défunt faisait partie des membres fondateurs de l’USFP. Nommé en 1990 au CCDH, puis ministre chargé des Relations avec le Parlement dans le 1er gouvernement Youssoufi, Bouzoubaâ a été ministre de la Justice de 2002 à 2007.


Le brillant latéral gauche du Dynamo Kiev et des Lions de l’Atlas, Badr El Kaddouri, 26 ans, devrait bientôt renforcer les rangs de l’AS Monaco. “C’est un grand plaisir pour moi. J’avais envie de commencer ma carrière dans un (grand) club français”, a déclaré l’ancien joueur du Wydad sur les ondes de RMC.


Les diplômés chômeurs étaient à l’ordre du jour d’une réunion ministérielle tenue en début de semaine. Le gouvernement veut les recycler dans des écoles d’ingénierie, avant de les intégrer dans le monde du travail. Près de 3450 diplômés sont concernés par cette reconversion, qui coûtera à l’Etat 167 millions de DH.
 
 
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