Choquant ! La chasse à l'homo
Étude. Dans la tête des jeunes
Reportage. Petit poucet devenu grand
Habitat. Sans toit ni droit
Société. Sois belle, mais pas trop
Proche-Orient. Les espoirs d'Annapolis
Agriculture. Il est urgent... d'attendre
Art moderne. Les bricolages d'El Baz
Parution. Les Berbères, en une leçon
Portrait. Ne l'appelez pas Douiba
N° 300
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Le Conservatoire de Casablanca
fera bientôt sa mue.
(AIC PRESS)

Conservatoire de Casablanca. La résurrection


Unique temple de la musique à Casablanca, le Conservatoire de musique, sis au Boulevard de Paris, tombait en désuétude depuis quelques années. Il suffisait d’y faire un petit tour pour se rendre compte de son état de délabrement avancé et de sa quasi- inactivité. Quelle bonne nouvelle donc d’apprendre qu’une Fondation américaine du nom de Genesis at the Crossroads (genèse à la croisée des chemins), basée à Chicago, vient d’octroyer un don au Conservatoire pour sa réhabilitation. Le chantier démarrera en janvier 2008 et prévoit
la rénovation du bâtiment, la création d’une salle d’enregistrement, d’une station de radio, d’un musée de musiques andalouses et d’un café sur le toit. En sus, des sessions de formation sont prévues (création de master class, révisions des programmes, certification des classes supérieures…) pour renforcer et améliorer l’enseignement. Autant dire une révolution au cœur du Conservatoire. Le projet sera annoncé en grande pompe le 18 décembre prochain lors d’un concert unique qui rassemblera 15 musiciens et 5 choristes venus des quatre coins du monde. Et pour vous mettre l’eau à la bouche, Horacio Hernandez, batteur de Carlos Santana, sera de la partie, ainsi que l’Orchestre de Casablanca de musique andalouse, la diva sahraouie Saïda Charaf, l’organiste égyptien Hani Mhanna et, complètement inattendu, le groupe Fnaïre. Le concert sera retransmis en direct sur la radio américaine WFMT et 150 stations.


Sortie. Panne des sens

Jeune femme moderne et aguicheuse, Amina (Mouna Fettou) prend la route du nord pour retrouver son mari emprisonné pour trafic de drogue. Coincée par une panne de voiture, elle rencontre Lalla Rahma (Aïcha Mahmah), sexagénaire de caractère, abandonnée par son mari et à la recherche de son fils. Vingt-trois ans après son premier long-métrage, La Braise, Farida Bourquia n’a jamais déserté les plateaux, et s’est fait un nom en réalisant une brassée de feuilletons (Jnane lkarma, Oulad nass, Douair zmane…) pour le compte de la TVM. Du coup, on n’a pas vraiment l’impression de quitter le petit écran devant Deux femmes sur la route : un road-movie féminin gentillet mais engourdi, dont les quelques jolis plans pastoraux et situations cocasses ne suffisent pas à habiller un scénario fin comme un épi de blé plombé par un montage parfois grossier et un jeu proche du cabotinage, malgré une Aïcha Mahmah attachante, et une Mouna Fettou moins flamboyante qu’à l’accoutumée. Dommage.

Deux femmes sur la route. En salles depuis le 21 novembre.



Disparition. Mitsouko sans Chichin

Ils ne faisaient qu’un, mais aujourd’hui ne sont plus qu’un : les Rita Mitsouko a perdu son guitariste Fred Chichin, emporté par un cancer fulgurant. Depuis 1979, année de la rencontre entre le gosse de Clichy et Catherine Ringer sur une comédie musicale, le duo kitsch et déjanté faisait germer son grain de folie sur le terroir du rock français. C’est à Essaouira, en 1993, que les amoureux ont enregistré Système D, parmi la dizaine d’albums latino-rock chaudement servis par les auteurs de “Andy”, “C’est comme ça” et “Marcia Baila”. Avec Variety, 2007 signait leur grand retour. Le soir de la mort de Chichin, mercredi 27 novembre, les Rita devaient jouer à l’Olympia.


Festival. Dakhla forever

Souvenez-vous, la première édition du Festival de Dakhla avait agréablement surpris par la qualité de sa programmation et le répondant du public de la ville. Considéré d’abord comme un OVNI, (un festival à Dakhla ? Mais c’est le bout du monde !), l’événement a très vite fait sa petite place au soleil. Du 28 février au 3 mars prochains, la deuxième édition proposera, en plus des spectacles de sports de glisse, un plateau artistique des plus éclectiques : H-Kayne, Zayan Freeman, Fez City Clan, Dj Key, Haoussa, Najat Atabou et Tagadda représenteront dignement la scène locale et le public découvrira pour la première fois Khaled, Mouss et Hakim (ex-Zebda), Tiken Jah Fakoly (prince du reggae) et Daby Touré (grosse pointure mauritanienne). Cerise sur le gâteau, un autre nom se chuchote avec insistance, celui du grand Ben Harper qui risque de faire un petit tour par là-bas. Rien que cela ! ça y est, Dakhla joue bel et bien dans la cour des grands !


Courts-métrages. 10 sur 10

Sur les hauteurs du Grand Socco, la Cinémathèque de Tanger met sous les feux des projecteurs les cinéastes en herbe. Samedi 1er décembre, dix courts-métrages de dix minutes maximum, concoctés par dix graines de réalisateurs quasi inconnus, seront projetés dans la grande salle du cinéma Rif. Farida Bourquia (Deux femmes sur la route), Narjiss Nejjar (Wake up Morocco) et le critique Hamid Aidouni (Festival méditerranéen de Tétouan) départageront Sk8 Hero de Yassine Zaghloul, Isolement de Ali Boudra, Parano Land de Khalid Souqbi, Mort à l’aube de Hicham El Jebbari, Fabula Zero de Azzedine El Ouafi, Rêves silencieux de Omar Saâdoune, Construit anonyme de Hamza Boulaiz, Je t’aurai, je t’aurai de Omar ElBizi, Depression de Hicham Ibn Abdelouhab et Zapping de Samah Aidouni (avec le club des Frères Lumière). Prime collective : une “leçon de cinéma” par Fayçal Al Ghandouzi, et la projection de Komany en présence de son auteur, Nabyl Lahlou.


Peinture. Sur les pas d’Ibn Arabi

À travers l’exposition “Le voyage à Damas, sur les pas d’Ibn Arabi”, Mohamed Mourabiti rend hommage au maître soufi. Tout a commencé, quand, en visite dans la capitale syrienne, l’artiste marrakchi se rend sur la tombe du grand mystique : “J’ai été choqué de voir son cercueil entouré de vitres. J’ai alors voulu rendre compte de ma manière de voir ce lieu”, nous a-t-il déclaré. Que ce soit sur la toile, sur le bois ou sur le papier, les figures géométriques de Mourabiti, vivement colorées, dessinent ainsi des édifices en aplats et se mêlent à des formes plus sphériques. Cette invitation à l’abstraction est complétée par une table ronde, organisée le 22 décembre, pendant laquelle des spécialistes débattront de l’expérience soufie du Cheikh Al Arabi. Un concert de luth, donné par le quatuor du virtuose Saïd Chraïbi, ponctuera la soirée.

Jusqu’au 30 janvier, galerie Dar Cherifa à Marrakech.



Expo. Bellamine et l’ire iranienne

“C’est une profanation du Dôme du Rocher de Jérusalem !”, est l’argument fumeux que l’ambassadeur d’Iran au Mexique a brandi la semaine dernière, au Musée San Pedro de Puebla, pour tenter d’interdire une œuvre cosignée Fouad Bellamine et Mohamed Elbaz. Une offense à l’islam, voilà donc ce qu’a vu Ghadiri Abyaneh, un “barbu des Pasdaran” selon resist-iran.org, dans cette installation photographique exclusive qui superpose un dôme à la toile de Courbet, L’Origine du monde (musée d’Orsay). “C’est très grave et inacceptable de faire à mon œuvre un procès d’intention (…) sous la menace de la guerre des cultures” , rétorque Fouad Bellamine, qui ne veut toutefois “pas envenimer les choses”. À ce jour, l’œuvre polémique n’a pas été retirée de l’expo “Mirages” réunissant 22 artistes contemporains du Maghreb et du Moyen-Orient.


Publication. De l’écran à l’écrit

150 pages consacrées au film marocain et international, qu’il soit ciné, TV, pub ou vidéo : c’est le pari de 16/9ème, le nouveau-né de la presse nationale, en kiosque à partir du 7 décembre (30 DH). Distribué en France et au Maroc, et lancement synchro avec l’ouverture du FIFM, 16/9ème, d’abord bimestriel, espère devenir mensuel dès avril prochain. Dirigé par le photographe Karim Ramzi, le mag consacre sa première couv’ à Spike Lee, rencontré aux Etats-Unis. Au sommaire également, l’interview de Michael Chaplin, un hommage au cinéma égyptien… et, quand même, des sujets plus couleur locale, rassure mystérieusement la rédactrice en chef Nadia Ramzi, très attachée à l’effet de surprise.


Musique. Electro solidaire

La musique électronique au service d'une bonne cause : c'est le but du festival “State Of Mind”, qui se déroule le 8 décembre à Rabat. Le principe ? Assurer 14 heures de mix non-stop pour récolter des fonds pour l'association “L'avenir”, dont la mission est d’aider les enfants atteints de cancer. Initié par deux étudiants, le festival pense accueillir 5000 personnes et prévoit 7 Dj's et Vj pour assurer le show : Java, DJ Green et les autres se succéderont sur la scène de l'Espace Hilton. Bien plus que concilier musique et soutien à une association, “State Of Mind” veut sensibiliser la jeunesse au principe de mobilisation... Que de bonnes choses !

Samedi 8 décembre, de 10h du matin à minuit, espace Hilton de Rabat.



Le livre.

Mike Davis, historien américain classé à gauche, entreprend dans cet essai ébouriffant de relater une success story de plus de 80 ans. Sa Petite Histoire de la voiture piégée porte sur un sujet d’actualité, mais la profondeur historique aide à prendre du recul. L’auteur y raconte dans de courts paragraphes, incisifs, l’itinéraire de cette “arme des pauvres”. Des anarchistes américains aux insurgés irakiens, en passant par les terroristes de l’Irgoun, Preuves à l’appui, Mike Davis raconte aussi comment s’est produit le transfert de cette technologie dans les laboratoires de l’IRA ou au Pakistan. Eclipsées par les attentats du 11 septembre, les voitures infernales représentent aujourd’hui encore l’arme la plus meurtrière du terrorisme. Explosif.

MiIke davis, Petite histoire de la voiture piégée ; Zones/ La découverte.




Humeur.
Big Brother

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Notre concierge, insomniaque, aime papoter à l’heure où l’on rentre se coucher. De sujets d’actualité brûlants et de notre vie privée. Les jours de grande bourrasque médiatique, il trouve même des liens hypertextes entre ces deux extrêmes. Une fille vous rend visite deux jours avant, ressort dix minutes après, c’est forcément louche aux yeux de notre portier de nuit. La notion de râteau lui étant étrangère, soit vous êtes éjaculateur précoce, soit vous en êtes. “T’as vu le mariage homo de Ksar El Kébir sur youtube ?”, tel fut son raccourci clavier, un soir de cette semaine. L’homme avait décrété que nous en étions. Et non, on n’avait pas vu la lettre du corbeau postée sur Internet. Lui, si, et il tenait à sa séance cinéclub-débat. Histoire, sans doute, de vérifier ce que lui affirmait la presse arabophone du soir : méfiance, ils sont partout ! Notre concierge le tenait de source sûre, c’était parole d’évangile. La conversation ne pouvait que stagner au niveau de la cage d’escalier, à hauteur d’un chauve bas de la casquette. Au bout d’une demi-heure, notre concierge s’était fait son idée. On avait l’air d’un mec honnête, juste pas très doué avec les filles, sans signes extérieurs de déviance sexuelle. Absous au bénéfice du doute, on ne méritait pas encore une vidéo sur youtube. Mais gare au prochain râteau...



Une nuit avec Leonardo
Engagé, indigné, insaisissable et passionné : DiCaprio est tout ça à la fois. Samedi 8 décembre, le FIFM lui concocte une nuit spéciale en VO. Après le sérieux et écolo La 11ème heure (18h), place au grand public avec Blood Diamond (20h), Titanic (22h), Catch me if you can (2h) et Romeo+Juliet (4h30). Au Mégarama de Marrakech.


Photo
Jusqu’au 29 décembre, “Moroccan graffiti” de Thami Benkirane envahit les murs de l’Institut français de Fès. À travers ses nouvelles photographies, l’artiste joue avec les surimpressions où les images se mêlent, se rencontrent dans un fondu enchaîné. À vous de les identifier.


Etrange Festival
Du 24 Novembre au 15 décembre, Essaouira accueille “le Festival de l’étrange” : pas de bizarreries au programme, mais une quête de singularité artistique : expositions de sculptures, peintures et photographies se marieront à la danse, au théâtre et à la musique. Rien d’étrange en somme.

 
 
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