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Société. Sois belle, mais pas trop
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Agriculture. Il est urgent... d'attendre
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Salaheddine Mezouar
(TNIOUNI / NICHANE)

Loi de finances. Le joker de l’article 51


Malgré le niet exprimé par les partis de l’opposition (PJD, MP, UC) et le refus marqué de l’USFP de certaines de ses dispositions, la Loi de Finances 2008 a finalement été adoptée, mardi dernier. Exit donc les 76 amendements, portant notamment sur les abattements fiscaux dont certains secteurs ont bénéficié (notamment les banques) et sur les nouvelles exonérations accordées aux promoteurs immobiliers. Au grand dam des députés PJD de la commission des Finances, qui se sont retirés de la salle. Exit également les neuf amendements de l’USFP,
dont le plus important a porté sur la “correction” des baisses annoncées de l’IS (de 35 à 30%). La proposition de procède par paliers dans l’application à cet impôt (un IS de 20% pour les PME, de 30% pour les sociétés réalisant entre 1 et 5 millions de dirhams de bénéfices et, au-delà, le taux actuel de 35%), ne sera pas pour l’année prochaine. Le débat a certes été houleux, mais Salaheddine Mezouar a fini par avoir le dernier mot. Il n’a pas hésité, séance tenante, à invoquer l'article 51 de la Constitution pour faire passer ses dispositions fiscales. “Pourtant, c’est un article que l’on ne peut utiliser que lorsqu’il s’agit de réduire les recettes de l’Etat. Or, nos amendements au sujet de la fiscalité engendrent plutôt une hausse des recettes”, explique un député USFP. Mezouar s’est contenté d’accepter les remarques et autres amendements de la majorité, portant plus sur la forme que sur le fond. “Il est clair que l’objectif du gouvernement est de faire adopter le projet de Loi de Finances tel qu’il a été proposé, et le plus rapidement possible”, déclare ce parlementaire. Voilà qui est fait.


Lydec/Casa. L’Intérieur devra arbitrer

Encore un rebondissement dans le feuilleton de la révision des termes du contrat liant Lydec à la ville de Casablanca. Cette fois-ci, le dossier a été soumis à l’arbitrage du ministère de l’Intérieur, après plusieurs années de négociations directes. L’écart d’investissement par rapport aux engagements dans le cahier des charges est le principal point d’achoppement : Lydec a économisé plus d’un milliard de dirhams sur les investissements promis. Le concessionnaire précise néanmoins que ses recettes ont été inférieures de 2,7 milliards de DH aux prévisions du contrat de gestion. Autre point de discorde : les dividendes distribués par le concessionnaire, qui seraient 30 fois supérieurs au maximum autorisé. C’est désormais à Chakib Benmoussa de réexaminer tous ces points.


ONCF. Le TGV sur les rails

Le projet de TGV marocain prend forme. Ce sera d’abord le tronçon Tanger-Casablanca, prévu pour 2013, qui sera réalisé. Il a déjà fait l’objet d’un protocole d’accord avec le groupe Alstom, pour un investissement initial de 20 milliards de dirhams. Suivront les liaisons Casablanca-Marrakech, en 2015, et enfin Marrakech-Agadir, pour 2030. L'annonce a été faite au courant de la semaine par Karim Ghellab et Rabie Khlie, respectivement ministre de l'Equipement et directeur de l'ONCF. Après des décennies de rêveries et des années de projections, ils ont pu enfin expliquer concrètement ce que sera la grande vitesse au Maroc. Le futur TGV marocain atteindra une vitesse maximale de 220 km/h, contre une vitesse moyenne de 300 km/h en France.


Immobilier. Addoha lève 2 milliards

Le groupe immobilier vient d’annoncer une augmentation de capital de plus de deux milliards de dirhams, par l’émission de nouvelles actions cotées à la Bourse de Casablanca. Le pactole devrait servir à financer partiellement les nouveaux projets annoncés dans le cadre de partenariats avec les sociétés Al Qudra, Somed ou encore Fadesa. Depuis son introduction en Bourse, la réserve foncière de la société immobilière s’est nettement accrue. Aujourd’hui, plus de 2300 hectares sont en chantier pour de nouveaux programmes de logements économiques et de standing, pour une surface plancher totale de 9,5 millions de mètres carrés ! Pour cette augmentation de capital, le prix des actions à émettre est fixé à 3100 dirhams, soit un peu moins que la moyenne de son cours sur les six derniers mois.


Investissement. La première de Abbas

Le Premier ministre Abbas El Fassi a présidé, le mercredi 28 novembre, sa première commission des investissements. Un baptême du feu fructueux, puisque ladite commission a examiné plusieurs projets d’investissement, portant sur montant global de 4,7 milliards de dirhams, débouchant sur la création plus de 7200 emplois. Le dossier le plus important reste celui du gigantesque centre commercial Morocco Mall, dont l’enveloppe d’investissement se chiffre à 2 milliards de DH, avec, à la clé, la création de 5000 emplois directs. La convention avec l’Espagnol Essentium pointe à la seconde place, avec un projet prévu à Nador, pour un montant de 1,7 milliard de dirhams avec la création de 400 emplois en perspective. Bessaha, Si Abbas !



Pendant ce temps, le peuple….
Piratage

Accro à la console de jeux dans son adolescence, Samir décide, en son âme et conscience, de rechuter. C’est tout ce tapage au sujet d’un jeu vidéo, conçu à 100% par des Marocains, qui a réveillé de nouveau en lui le démon des manettes. Samir part alors à la conquête du fameux jeu “Rayman et les lapins encore plus crétins” à Derb Ghallef. Complètement dépassée par l’actu des jeux vidéo, il est surpris de découvrir que la version piratée ne circule pas encore dans les rayons du “Kezdir Store” casablancais. Pour Samir, c’est un mythe qui se brise. “Pour les codes de Canal+, qui a disparu depuis quelques mois, ça va encore. Mais de là à ne pas trouver d’astuce pour pirater un jeu fabriqué à deux pâtés de maisons d’ici, c’est inadmissible”, se dit Samir, jusque-là fervent défenseur de la cause du DVD à 10 dirhams. Il pense, dans un premier temps, qu’il s’agit de la clémence habituelle dont font preuve les barons marocains du piratage vis-à-vis de la production nationale. Que nenni ! Le développeur est une multinationale qui pèse lourd dans le marché mondial du jeu vidéo, estimé à 184 milliards de dirhams. Elle n’a pas besoin des miettes du marché marocain. Hassan finit par comprendre que le handicap est une simple affaire d’équipement : la console de jeux adéquate est encore trop chère et, surtout, elle est impossible à “switcher” pour qu’elle puisse accepter des DVD de jeux piratés. Samir réalise alors que le vrai piratage, à valeur ajoutée, consiste à fabriquer des clones de machines, comme le font nos amis chinois. Le reste, ce n’est que du “copier-coller”, que le dernier des lapins, encore plus crétin, peut faire.



Bourse. Rush sur Salafin

C’est une véritable ruée sur l’OPV Salafin. Pourtant, le groupe BMCE Bank avait pris toutes ses précautions pour cette opération d’introduction de sa filiale de crédit à la consommation : aucun crédit levier, encore moins de procurations, de quoi limiter les sursouscriptions. Néanmoins, cette tentative visant à limiter d’éventuels dégâts post-vente d’actions par les petits spéculateurs n’ont pas dissuadé grand monde. Résultat : une large sursouscription en perspective et la menace d’un scénario à la Snep. Une menace qu'on tient à nuancer du côté de la banque. “Il ne faut pas s'attendre à une montée en flèche des cours. Là n'est pas notre objectif. Nous ciblons une rentabilité à moyen-terme”, précise un responsable du groupe. Verdict sous peu.


OFF.

Taoufiq Hejira entend bien amortir le maintien des carottes fiscales accordées aux promoteurs immobiliers. Le ministre de l’Habitat a convié, jeudi après-midi, les membres de la Fédération des promoteurs immobiliers dans ses locaux. À l’ordre du jour, le nouveau produit de logements à 140 000 DH, qu’ils sont désormais priés de prendre en charge. Comme quoi, rien n’est jamais gratuit.


Les professionnels de la pêche côtière et artisanale entendent accueillir, à leur manière, leur nouveau ministre. Ils annoncent pour le 5 décembre prochain une grève pour dénoncer “les dysfonctionnements que connaît le secteur” et une situation sociale des professionnels qu’ils jugent “déplorable”.

 
 
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