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Chef de rubrique Abdeslam Kadiri
La semaine.
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Le président Lahoud quittant définitivement le Palais
de Baabda, le 24 novembre.
(AFP)
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Liban. Un pays sans président
Depuis une semaine, le Liban na plus de président. Le mandat du chef de lEtat pro-syrien, Emile Lahoud, sest achevé le 24 novembre à minuit. La majorité parlementaire pro-syrienne et lopposition ont été incapables de désigner son successeur, qui doit être élu au Parlement. Faute de consensus, lélection présidentielle a été reportée - pour la cinquième fois en deux mois - au 30 novembre. Pour jeter de lhuile sur le feu, Emile Lahoud a suggéré, dans une déclaration ambiguë, de décréter létat durgence et de confier la sécurité du pays à larmée. |
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| Une proposition rejetée par le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, répliquant que rien ne justifiait une telle mesure. En fait, le gouvernement de Siniora est jugé illégitime par Lahoud, depuis la démission de six ministres, dont les cinq représentants de la communauté chiite. Les tractations entre la majorité parlementaire et lopposition sont toujours dans limpasse, malgré les médiations internationales. La majorité accuse lopposition de suivre les instructions de Damas et de Téhéran pour permettre à la Syrie de regagner son influence. Lopposition accuse le Pouvoir dêtre inféodé à lOccident, et notamment aux Américains. Dans ce contexte, cest le Conseil des ministres qui, en vertu de la Constitution, assure lintérim des pouvoirs présidentiels, jusquà lélection dun nouveau chef de lEtat. Daprès lanalyste politique Michael Young, la situation (de vacance du pouvoir) pourrait durer des semaines. Depuis plus dun an, le Liban est paralysé politiquement avec des institutions comme la Présidence, le gouvernement et le Parlement qui ne fonctionnent pas. Washington et lUE redoutent que la situation ne dégénère en un conflit entre chrétiens et chiites. La crise libanaise est interprétée comme un prolongement du bras de fer opposant les Etats-Unis à la Syrie et lIran. Des responsables libanais jugent dailleurs que le blocage ne pourra être résolu quaprès la réunion sur le Proche-Orient dAnnapolis, aux Etats-Unis. Cest la pire crise politique dans laquelle est plongé le Liban depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). |
Espagne. Zapatero prêt pour les législatives
José Luis Zapatero, le chef du gouvernement espagnol, sest lancé dans la course pour un second mandat, en prévision des législatives de mars 2008. Le timing est bien choisi : Zapatero jouit dune cote de popularité record, bien plus élevée que celle de son principal rival, le conservateur Mariano Rajoy. Zapatero a annoncé trois objectifs pour un éventuel mandat futur : la baisse du chômage, la lutte contre le changement climatique et lamélioration de la cohabitation politique. Le chef du gouvernement a entrepris jusque-là dimportantes réformes sur des questions de société - mariage homosexuel, procédure simplifiée de divorce, lutte contre les violences conjugales - qui ont souvent braqué les milieux conservateurs. Il peut aussi se targuer dun bilan économique envié en Europe (3,8 % de croissance en 2007). Sa politique daccroissement de lautonomie régionale (Catalogne) et léchec de la main tendue à lETA lui ont valu les foudres de la droite. |
Australie. Virage à gauche
LAustralie bascule à gauche. Le Parti travailliste de Kevin Rudd a remporté une large victoire aux législatives (53% des voix), mettant fin à 11 ans dhégémonie des conservateurs, menés par lindécrottable John Howard. La cote de Howard a pâti de son alignement sans faille sur lallié américain et de sa décision de maintenir des troupes en Irak. Lopposition sest engagée à rapatrier les 1500 militaires australiens encore stationnés en Irak. La seconde rupture est écologique. Les travaillistes vont se consacrer au problème du réchauffement climatique, négligé par Howard. LAustralie est le seul pays industrialisé du monde, avec les Etats-Unis, à ne pas avoir ratifié les accords de Kyoto. Rudd veut rectifier le tir en signant une feuille de route à Bali. LAustralie entend aussi renforcer ses liens avec la Chine, ce qui inquiète le Japon. |
Pays-Bas. Tariq Ramadan nenseignera pas
Tariq Ramadan a annoncé sur son site Internet, mercredi, quil renonçait à postuler pour la chaire détudes islamiques de lUniversité de Leyde (ouest des Pays-Bas). Le prestige des études islamiques de cette université et la nature du travail proposé étaient particulièrement intéressants. Il me fallait contrebalancer cela avec une vie de famille et dautres projets académiques importants, explique-t-il. Daprès lUniversité, il était un candidat intéressant, qui correspondait à toutes les exigences. Lextrême droite a réagi contre léventuelle nomination de Ramadan, dénonçant le fait que la chaire était financée par le Sultanat dOman. Tariq Ramadan vit actuellement en Grande-Bretagne, où il mène des recherches au sein du département dislamologie dOxford. |
Pakistan. Musharraf quitte larmée
Sous la pression américaine et internationale, le président pakistanais, Pervez Musharraf, a abandonné mercredi son titre de chef des armées. Cétait la condition sine qua non pour quil puisse prêter serment comme président civil du pays. Huit ans après son coup dEtat militaire, Musharraf a donc rendu son uniforme. Son successeur est le général Ashfaq Kiyani, un fidèle parmi les fidèles. Le Pakistan devrait donc commencer une ère de démocratie normale, où les fonctions de chef de lEtat et de chef de larmée ne sont pas occupées par le même homme. Pour autant, lopposition et la communauté internationale continuent à exiger la levée de létat durgence instauré le 6 octobre. |
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Lu pour vous.
France, ta culture fout le camp [ÉTATS-UNIS]
Donald Morrison, Time, 26 novembre
Personne ne prend la culture française plus au sérieux que les Français. Ils la subventionnent généreusement. Ils la dorlotent de quotas et dincitations fiscales. Et les médias lui accordent une large place. Lannonce du prix Goncourt - lun des 900 prix littéraires français - a fait la Une des journaux dans tout le pays. Mais il y a un problème. Tous ces grands chênes abattus dans la forêt culturelle française ne font pas un bruit dans le reste du monde. Autrefois admirée pour lexcellence de ses écrivains, artistes et musiciens, la France est aujourdhui une puissance vieillissante sur le marché mondial de la culture. Cette perte dinfluence de la France pourrait nêtre quune caractéristique nationale, si la France nétait pas la France : un pays où la promotion de linfluence culturelle a été une politique nationale durant des siècles, où les philosophes controversés et les nouveaux musées tapageurs sont des symboles de fierté et de patriotisme. Et un pays qui, de plus, a lancé une bataille pour une exception culturelle
Comment la France pourrait-elle redevenir un géant culturel ? Le pays pourrait peut-être retrouver sa grandeur perdue grâce à ses minorités, pleines dambition et de colère, qui sinvestissent dans la culture aux quatre coins du pays. Ces minorités transforment la nation française en un grand bazar multiethnique fait dart, de littérature et de musique. |
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Bolivie. Evo Morales passe en force
Le président bolivien Evo Morales est confronté à une grave fronde de la part des régions les plus riches, alliées à la population de Sucre (sud-est). Ces provinces lui reprochent davoir voulu faire passer en force sa nouvelle Constitution. Les députés du Mas (Mouvement vers le socialisme), ont approuvé le texte, samedi, par surprise et en labsence de lopposition. Selon la presse de La Paz, lEtat serait unitaire, plurinational, communautaire et laïque, le drapeau indigène à rayures, la whiphala, deviendrait lemblème national ; il nexisterait plus quune Chambre unique au Parlement et la concentration économique serait interdite. Les cinq gouverneurs des provinces les plus riches (Santa Cruz, Tarija, Pando, Beni et Cochabamba) se disent prêts à lancer un vaste mouvement de grève et de désobéissance civile. Morales mobilise déjà sa base politique, planteurs de coca, ouvriers et paysans pour préparer la riposte. |
VITE !
Amnesty International a accusé mercredi les autorités russes de répression systématique dans la perspective des élections législatives du 2 décembre. LONG appelle à la libération immédiate de lopposant Garry Kasparov, condamné à 5 jours de prison. |
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