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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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À propos de Ksar El Kébir

Je viens de lire l’éditorial et l'article du dernier numéro de TelQuel consacrés aux évènements de Ksar el Kébir (“Grand danger” et “La chasse à l’homo”, TelQuel n° 300). Je ne puis que vous faire mes compliments, car je partage votre analyse et vos sentiments concernant la manipulation de l'opinion et l’exploitation de la sottise humaine. Il y a quelques années, s'offusquait-on de la présence, sur la place Jamaâ El Fna, de jeunes danseurs habillés en femme, et qui étaient de toutes les fêtes organisées chez des particuliers ? La première fois que j’ai mis les pieds dans une boîte de nuit à Agadir, ou quand j'ai eu l'occasion d'assister à un mariage, quelle n'a été ma surprise de voir des garçons danser entre eux et parfois de façon particulièrement équivoque, sans que cela ne choque personne. Quant à l'homosexualité, ne m'a-t-on pas déclaré un jour qu'elle n'existait pas au Maroc, puisqu'il n'y avait pas de mot en arabe pour la désigner ?

Jean Alain, Marrakech.



Taisez-vous, M. Rousset !

Je trouve que le témoignage public de M. Michel Rousset sur Driss Basri (“Mon ami Driss Basri”, TelQuel n°296) est scandaleux, indigne de son métier et des valeurs de la justice. Permettez-moi de rappeler à M. Rousset qu’aujourd’hui, les Marocains préfèrent simplement oublier Basri et les blessures de son époque. L’héritage laissé par ce “brillant étudiant” est un système d’injustice et de corruption, dont la meilleure illustration fut le racket institutionnalisé exercé sur des entreprises privées, des commerçants et des travailleurs pour la construction de la Mosquée Hassan II à Casablanca. Que dire aussi des partis politiques créés de toutes pièces, des fraudes et des tripatouillages électoraux, des violations des droits de l’homme, de la censure… Ce sont des gens comme Basri qui ont plongé mon pays dans la pauvreté et l’inju-stice, et poussé de nombreux Marocains à ne pas être fiers de leur marocanité. Monsieur Rousset, la liste des méfaits de votre ami et étudiant serait tellement longue à énumérer. Aussi, je regrette de vous le dire : si vous avez encore la moindre amitié pour mon pays et pour son peuple, votre silence sera plus honorable et fort apprécié.

Aziz Alaoui, Montréal, Canada.



Quel projet de société ?

Quand l'obscurantisme est soutenu par les autorités au détriment du respect de la loi, quand la foule, assoiffée de vengeance, veut en découdre avec un bouc émissaire (c’est plus facile de “casser de l’homo” que de se battre contre l’injustice, les inégalités, l’incurie en matière de santé publique et d’éducation), quand le tout est véhiculé par la rumeur nauséabonde… on a vraiment envie de rendre les armes, de se dire que ce beau pays n'est pas pour nous. Ceux qui peuvent le quitter l’ont déjà fait. Quant aux autres, ils sont bien forcés d’y vivre. Comme je le dis souvent aux jeunes, personne ne vous donnera vos droits. Personne ne vous offrira la liberté sur un plateau. Si vous voulez offrir un Maroc meilleur à vos descendants, il faudra vous battre, monter au front, parler , manifester, crier, hurler. Mais de grâce, arrêtez d’être passifs. Nous écrivons tous les pages de l'Histoire de ce pays. Mais si votre choix de société est celui-là, alors il faudra l'assumer et fermer les “lieux de débauche”, interdire l'alcool, fusiller les homosexuels et les athées, lapider les femmes adultères, supprimer les malades du sida, enfermer les maris qui trompent leurs femmes, imposer le voile ou la burka… C’est ce Maroc que vous voulez ? Non ? Alors dites-le haut et fort !

Ahmed Sebbane, Rabat.



Tanger 2012 : nouvelle déception

Qu'est-ce qu'il faut faire pour convaincre les instances internationales, qu’elles soient sportives ou culturelles, de la capacité du Maroc à mener à bien l’organisation de grands événements ? Une nouvelle fois, le royaume a été sanctionné par le vote du BIE, qui, je l’avoue, laisse un goût amer et un immense sentiment de déception. Mais bon, ne nous laissons pas abattre. Courage pour la ville du détroit : ce n'est que partie remise. On finira bien par y arriver un jour…

Abdelhamid Mendili, Bruxelles.



Un débat sur l’avortement

Je tiens à saluer le courage et la clairvoyance du Pr Chafik Chraïbi, signataire de la tribune sur la légalisation de l’avortement (“Et si on légalisait l’avortement”, TelQuel n° 299). Voici quelqu’un, un spécialiste de surcroît, qui ose poser un problème sociétal et sanitaire auquel personne ne veut s’attaquer, en proposant l’ouverture d’un débat sur le statut légal actuel de l’avortement. Bien sûr, je vois d’ici la pluie d’indignations et de condamnations, qui prendront pour premier et unique argument la religion, sans jamais apporter une quelconque réponse au problème lui-même. Mais bon, depuis quelque temps, on a fini par nous y habituer…

Hasna Cherki, Rabat.

 
 
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