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Par Fahd Iraqi
Affaire. Ouragan judiciaire sur Tahiti Plage
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Le Club Tahiti est aujourdhui
au centre dun feuilleton
judiciaire.
(TNIOUNI / NICHANE)
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À la veille de louverture du très médiatisé procès Tahiti Plage, une nouvelle plainte vient encore corser une affaire déjà complexe, où se mêlent détournement, falsification et trafic dinfluence.
Bienvenue à Tahiti Plage. Un des clubs les plus chics de la corniche casablancaise, où le gotha de la métropole vient faire trempette, bronzette, siroter des cocktails ou plus simplement se restaurer. Pourtant, les coulisses de ce décor paradisiaque sont loin dêtre aussi glamour. Depuis quelques mois, Tahiti Plage est devenu lintitulé dune |
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affaire judiciaire, où se mêlent détournement, chantage et falsification. Tout commence en 2005. Hicham Sedki et Saâd Benkirane sassocient dans lentreprise Compagnie des Plages, qui gère le complexe Tahiti Plage pour le compte de la société Blue Invest. Le projet cartonne : les clients affluent par milliers, les recettes sont estimées à des dizaines de millions de dirhams, et lendroit devient une véritable machine à cash. De quoi faire des deux partenaires les meilleurs amis du monde. Mais dès le début de la saison estivale 2006, les choses se gâtent. Un conflit éclate entre les deux associés, qui séchangent de graves accusations : faux et usage de faux pour lun, détournement de fonds pour lautre. Laffaire se transforme en un véritable feuilleton judiciaire aux multiples rebondissements : incarcération de Sedki et prise en main de la gestion par Saâd Benkirane, puis libération de Sedki, qui récupère le complexe via la société Blue Invest, qui a entre-temps résilié le contrat de gérance avec la Compagnie des Plages. Bref ! Un véritable fouillis judiciaire, qui pousse le juge dinstruction à prendre tout son temps avant de présenter laffaire devant le tribunal. Depuis le 15 octobre dernier, cest chose faite.
Enième rebondissement
Et le rapport dinstruction est plutôt épais. Il mentionne une dizaine de chefs dinculpation qui vont du détournement au trafic dinfluence, en passant par la mauvaise foi dans la gestion des biens sociaux. Et laffaire ne se limite plus aux deux associés, mais touche désormais trois de leurs collaborateurs. Et comme dans un mauvais thriller hollywoodien, à la veille de louverture du procès, un élément nouveau vient sajouter à un dossier déjà très complexe. Une nouvelle plainte est déposée par Hicham Sedki, où il accuse son ex-associé de gestion malveillante et de transfert illégal de fonds vers létranger. Pour soutenir ses accusations, il apporte une pile de documents qui lui auraient été remis par Boujemaâ Redouane, ex-gérant de Tahiti (également poursuivi dans laffaire) mais également ex-directeur administratif et financier dune autre société, Store Azur, gérée par Saâd Benkirane. Une partie des documents qui font aujourdhui leur apparition sont dailleurs liés à cette société. On y trouve des factures libellées en dollars, les coordonnées dun compte bancaire en Suisse, qui appartiendrait à Saâd Benkirane, la photocopie du contrat dacquisition de ce dernier dun appartement au Canada, ainsi que le bordereau de versement sur le compte bancaire de Benkirane dun montant dun million de dirhams
et en espèces, sil vous plaît. Il sagit là de documents sans réel lien direct avec laffaire Tahiti Plage. Pourtant, la brigade financière de la police judiciaire de Casablanca décide louverture dune enquête, dans le cadre de laquelle tous les protagonistes sont entendus : Hicham Sedki, Saâd Benkirane, et bien évidemment Boujemâa Redouane, lhomme par qui le scandale est arrivé. Et chacun y va de sa propre version. Tous les documents que M. Sedki a apportés sont sans fondement. Je nai ni compte en Suisse, ni appartement au Canada, nous explique Saâd Benkirane. Ce nest quune manuvre pour retarder le procès, alors que nous voulons que la justice tranche le plus rapidement possible. Une déclaration que Boujemâa Redouane confirme, avant de préciser : Je nai jamais vu ces documents dont parle Sedki. Cest seulement une manuvre de sa part, en réaction à une plainte que jai déposée contre lui en octobre, pour dénoncer ses pratiques frauduleuses dans la gestion de Tahiti Plage. Du côté de Hicham Sedki, nous avons bien sûr droit à un autre son de cloche. Je ne vois pas pourquoi je voudrais retarder le procès, alors que je nai pas le moindre doute que je serai blanchi. Jai en ma possession des expertises qui prouvent que les documents que M. Benkirane maccuse davoir falsifiés sont authentiques, explique-t-il. Le procès qui souvre le 17 décembre sannonce houleux. Et il pourrait bien réserver dautres rebondissements. Un mauvais thriller hollywoodien, on vous dit
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