Drogue. De la coke dans l'air
Politique. Un zaïm sur la touche
Khadija Rouissi. "Je revendique le non-lieu"
Affaire. Ouragan judiciaire sur Tahiti Plaget
Mustapha Khalfi. "Attajdid critiquera le PJD s'il le faut"
Sport. Wydad mon amour
Société. La marche rouge
Liban. Un militaire à la présidence ?
Immobilier. Le début de la crise ?
Abdellatif Laabi. "Je suis un insoumis littéraire"
Cinéma. Une cause, deux films
Ismaël Saidi. Histoires de flic
N° 301
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Propos recueillis par
Mehdi Sekkouri Alaoui

Interview.
Mustapha Khalfi. “Attajdid critiquera le PJD s’il le faut”

Mustapha El Khalfi.
(AIC PRESS)

Défenseur d’un islam modéré et personnage apprécié des modernistes, Mustapha Khalfi vient de se voir confier la direction d’Attajdid, le très radical (et officieux) journal du Parti de la justice et du développement. Entretien.


Votre récente nomination à la tête d’Attajdid devrait-elle apporter des changements au niveau de la ligne éditoriale de cette publication ?
Absolument ! J’ai d’ailleurs été mandaté dans ce sens. Dorénavant, Attajdid sera avant tout un journal d’information. Il traitera objectivement tous les sujets de grande importance qui interpellent la
société marocaine, comme la démocratie, la transparence, la justice, la gouvernance... Le tout, bien entendu, dans un respect total des règles déontologiques. Mais au-delà de relater l’information, Attajdid se doit d’être un canal d’échange, de dialogue et de tolérance, qui jouerait un rôle de dynamique sociale et culturelle et participerait activement au renouvellement du mouvement islamiste marocain.

Vous reconnaissez donc qu’Attajdid a souvent dérapé par le passé ?
Je vous le concède. À maintes reprises, des sujets complexes ont été traités avec légèreté. Et tout le monde est d’accord sur le fait que, dans le traitement quotidien de l’information, la qualité laissait parfois à désirer. L’encadrement des journalistes est, à mon avis, le premier responsable de cette situation. Mais bon, aujourd’hui une nouvelle ère commence. Et beaucoup de choses vont changer. J’arrive avec une vision très claire de ce que doit être ce journal : un bon canal d’information, responsable et respectueux.

C’est bien le bureau politique du PJD qui vous a nommé à ce poste ?
Je tiens à préciser une chose. Notre ligne éditoriale n’est pas dictée par le PJD, et nous n’avons aucun rapport avec ce parti. D’ailleurs vous le constaterez par vous-même puisque, dorénavant, nous critiquerons le PJD chaque fois qu’il le faudra, comme n’importe quelle autre formation politique. Et ses activités ne seront couvertes que si nous sommes convaincus de leurs pertinences. Pour revenir à votre question, c’est le bureau exécutif du Mouvement unicité et réforme (MUR) qui a pris cette décision, avec les intentions que je vous ai énoncées plus tôt.

Rejoindre un journal radical comme Attajdid ne pose-t-il pas un problème de conscience au modéré que vous êtes ?
Lorsque j’étais simple journaliste, puis rédacteur en chef de cette publication, chaque fois que je n’étais pas d’accord sur un point, je n’hésitais pas à le faire savoir. Donc, une chose est sûre : tout le monde connaît les valeurs qui me sont chères et que j’essaie de véhiculer. Récemment, j’ai pu constater que les responsables d’Attajdid ont fourni des efforts louables. C’est ce qui m’a d’ailleurs convaincu de revenir et de relever ce défi. Ma mission aujourd’hui est très claire : apporter plus de rigueur et d’ouverture à un journal qui en a grandement besoin. Je suis conscient que cela ne sera pas facile, qu’il y aura des réticences. Mais je suis prêt à aller jusqu’au bout.

En tant que membre du Conseil national du PJD, vous auriez pu prendre la tête de Adala, son journal officiel ?
Peu le savent, mais on m’a proposé le poste de directeur de la publication de Adala. J’ai refusé.

Pourquoi ?
Tout simplement parce que je ne crois pas en la presse partisane.

Vous revenez d’un stage de formation d’une année aux Etats-Unis, qu’en avez-vous retenu ?
J’ai pris conscience des enjeux et des défis qui attendent le Maroc en marge des transformations majeures que connaît le monde. J’ai surtout pu constater l’importance que prennent certaines valeurs, comme la famille ou la liberté, dans la société américaine. Aujourd’hui, je suis certain d’une chose : une nation qui ne suit pas cet exemple est vouée à l’échec.

Cela ne vous a pas dérangé d’accepter l’invitation des Américains, nos ennemis d’après Attajdid ?
Pas le moins du monde. Ce n’est pas la première fois que je me rends aux Etats-Unis. Et personnellement, je n’ai aucun problème avec les Américains, mais plutôt avec leur politique étrangère, que je n’ai pas hésité à critiquer, même quand j’étais chez eux. Qu’on le veuille ou pas, ce pays est fascinant et la dynamique qu’il connaît est intéressante à analyser. Il est donc parfaitement légitime de chercher à le comprendre. Et comme, de son côté, il fait un effort pour nous comprendre, nous pouvons au moins en faire autant.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés