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Propos recueillis par
Mehdi Sekkouri Alaoui
Interview.
Mustapha Khalfi. Attajdid critiquera le PJD sil le faut
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Mustapha El Khalfi.
(AIC PRESS)
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Défenseur dun islam modéré et personnage apprécié des modernistes, Mustapha Khalfi vient de se voir confier la direction dAttajdid, le très radical (et officieux) journal du Parti de la justice et du développement. Entretien.
Votre récente nomination à la tête dAttajdid devrait-elle apporter des changements au niveau de la ligne éditoriale de cette publication ?
Absolument ! Jai dailleurs été mandaté dans ce sens. Dorénavant, Attajdid sera avant tout un journal dinformation. Il traitera objectivement tous les sujets de grande importance qui interpellent la |
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société marocaine, comme la démocratie, la transparence, la justice, la gouvernance... Le tout, bien entendu, dans un respect total des règles déontologiques. Mais au-delà de relater linformation, Attajdid se doit dêtre un canal déchange, de dialogue et de tolérance, qui jouerait un rôle de dynamique sociale et culturelle et participerait activement au renouvellement du mouvement islamiste marocain.
Vous reconnaissez donc quAttajdid a souvent dérapé par le passé ?
Je vous le concède. À maintes reprises, des sujets complexes ont été traités avec légèreté. Et tout le monde est daccord sur le fait que, dans le traitement quotidien de linformation, la qualité laissait parfois à désirer. Lencadrement des journalistes est, à mon avis, le premier responsable de cette situation. Mais bon, aujourdhui une nouvelle ère commence. Et beaucoup de choses vont changer. Jarrive avec une vision très claire de ce que doit être ce journal : un bon canal dinformation, responsable et respectueux.
Cest bien le bureau politique du PJD qui vous a nommé à ce poste ?
Je tiens à préciser une chose. Notre ligne éditoriale nest pas dictée par le PJD, et nous navons aucun rapport avec ce parti. Dailleurs vous le constaterez par vous-même puisque, dorénavant, nous critiquerons le PJD chaque fois quil le faudra, comme nimporte quelle autre formation politique. Et ses activités ne seront couvertes que si nous sommes convaincus de leurs pertinences. Pour revenir à votre question, cest le bureau exécutif du Mouvement unicité et réforme (MUR) qui a pris cette décision, avec les intentions que je vous ai énoncées plus tôt.
Rejoindre un journal radical comme Attajdid ne pose-t-il pas un problème de conscience au modéré que vous êtes ?
Lorsque jétais simple journaliste, puis rédacteur en chef de cette publication, chaque fois que je nétais pas daccord sur un point, je nhésitais pas à le faire savoir. Donc, une chose est sûre : tout le monde connaît les valeurs qui me sont chères et que jessaie de véhiculer. Récemment, jai pu constater que les responsables dAttajdid ont fourni des efforts louables. Cest ce qui ma dailleurs convaincu de revenir et de relever ce défi. Ma mission aujourdhui est très claire : apporter plus de rigueur et douverture à un journal qui en a grandement besoin. Je suis conscient que cela ne sera pas facile, quil y aura des réticences. Mais je suis prêt à aller jusquau bout.
En tant que membre du Conseil national du PJD, vous auriez pu prendre la tête de Adala, son journal officiel ?
Peu le savent, mais on ma proposé le poste de directeur de la publication de Adala. Jai refusé.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que je ne crois pas en la presse partisane.
Vous revenez dun stage de formation dune année aux Etats-Unis, quen avez-vous retenu ?
Jai pris conscience des enjeux et des défis qui attendent le Maroc en marge des transformations majeures que connaît le monde. Jai surtout pu constater limportance que prennent certaines valeurs, comme la famille ou la liberté, dans la société américaine. Aujourdhui, je suis certain dune chose : une nation qui ne suit pas cet exemple est vouée à léchec.
Cela ne vous a pas dérangé daccepter linvitation des Américains, nos ennemis daprès Attajdid ?
Pas le moins du monde. Ce nest pas la première fois que je me rends aux Etats-Unis. Et personnellement, je nai aucun problème avec les Américains, mais plutôt avec leur politique étrangère, que je nai pas hésité à critiquer, même quand jétais chez eux. Quon le veuille ou pas, ce pays est fascinant et la dynamique quil connaît est intéressante à analyser. Il est donc parfaitement légitime de chercher à le comprendre. Et comme, de son côté, il fait un effort pour nous comprendre, nous pouvons au moins en faire autant. |
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