|
Par Mehdi Sekkouri Alaoui
Sport. Wydad mon amour
À l'occasion des soixante-dix ans du WAC, Mhamed Zeghari, grand fan des Rouge et Blanc, publie un livre richement documenté, retraçant l'histoire du club casablancais.
Mhamed Zeghari est définitivement un passionné du ballon rond. Mais c'est un fan pas comme les autres. Il ne se contente pas de fréquenter les tribunes des stades ou de suivre, dans le confort de son canapé, les journées cathodiques de la Botola. Son dada, c'est surtout l'histoire du football rouge et vert, ce patrimoine qui est en train de disparaître, de passer dans l'oubli sans que personne ne daigne le réhabiliter, déplore-t-il.
Joignant le geste à la parole, l'homme s'est donné pour mission de reconstituer ce passé et d'évoquer les pages glorieuses de l'épopée footballistique du royaume. Première étape : conter l'histoire d'un club mythique, celui du Wdad de Casablanca. Pourquoi le WAC ? Parce que je suis avant tout un pur Wydadi dans l'âme, répond-il, sourire aux lèvres. Et d'ajouter : Surtout, je trouvais anormal que l'histoire d'un club aussi ancien et au passé si riche n'ait jamais été écrite. Pendant deux ans (2004-2006), Mhamed Zeghari s'emploie donc à reconstituer le puzzle. Il s'en va chiner dans les bibliothèques et les archives de quelques journaux sportifs de la place, interroge de nombreux joueurs et dirigeants de club, traque les photographes sportifs du pays à la recherche du cliché rare
|
|
Deux ans de documentation
Un travail de longue haleine, souvent ingrat. La majorité des acteurs de l'époque, dont le parcours est parfois difficile à retracer, sont soit malades soit décédés. L'entretien avec une ancienne gloire du Wydad et des Lions de l'Atlas, aujourd'hui atteinte de la maladie d'Alzheimer, s'est résumé à un long silence de 20 minutes, raconte-t-il. Idem pour les archives, quasiment inexistantes. Et les rares documents retrouvés sont dans un état de conservation déplorable. Malheureusement, de nombreux photographes ne prennent même pas la peine de classer leurs vieux films, souligne Zeghari. Certains se contentaient de les ranger à même le sol, dans leur arrière-boutique. Anecdote : en allant prendre possession d'une pile de films, achetée au kilo à un photographe casablancais, Zeghari découvre que le labo où étaient entreposée les précieux documents
avait été repris par un vendeur de beignets. Quand j'ai demandé à ce dernier que sont devenus les négatifs stockés dans le local, il m'a répondu, le plus calmement du monde, qu'il les avait utilisés pour allumer son premier feu !, se rappelle-t-il, scandalisé.
280 pages, 450 photos
Bon gré mal gré, l'auteur finit par rassembler une matière première suffisante pour confectionner son ouvrage. Le résultat : un livre de 280 pages, comportant 450 photos, des documents inédits et les statistiques complètes des saisons jouées par le WAC depuis sa naissance en 1937. Le tout agrémenté de quelques savoureuses anecdotes.
Publié en édition limitée, L'épopée du Wydad sort à point nommé pour célébrer le soixante-dixième anniversaire du club casablancais. Le livre sera disponible dans les rayons de librairies triées sur le volet, au tarif de 500 dirhams. Ce prix n'est certes pas accessible à toutes les bourses. Mais il se justifie par les coûts d'acquisition des photos, dont certaines ont même été achetées en France, explique l'auteur. J'ai aussi voulu que la qualité de l'ouvrage soit à la hauteur des attentes des supporters du club et des passionnés d'histoire. Et puis, quand on aime, on ne compte pas
|
 |
Bio express.
À 36 ans, Mhamed Zeghari a déjà un impressionnant parcours dans le milieu footballistique. Ce diplômé de l'ESSEC, grande école de commerce parisienne, a découvert le sport-business en participant à la réorganisation du Paris Saint-Germain, pour le compte du prestigieux cabinet d'audit Arthur Andersen.
En 1999, il décide de rentrer au bercail, intégrant dans la foulée le cabinet du Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, avant de rejoindre l'antenne marocaine de la Banque Mondiale. En parallèle, il monte Rouge et blanc, une association de supporters du WAC, la première du genre au Maroc, et devient l'un membres du malheureux team de la candidature à la Coupe du Monde Maroc 2010.
En 2003, à l'âge de 32 ans seulement, il s'installe à la direction du Wydad de Casablanca, des projets plein la tête. Celui qu'il a de faire entrer le club dans l'ère du professionnalisme ne fait pas l'unanimité. Zeghari quitte alors son fauteuil de dirigeant pour se lancer dans la production audiovisuelle et dans l'édition de livres dédiés spécialement au foot. Aujourd'hui, il est directeur de Sport Dev (Société pour le développement et la promotion du sport), filiale de la CDG. |
|
|