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Par Samir Achehbar
Société. La marche rouge
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La marche du 1er décembre
a connu une grande affluence
de jeunes manifestants.
(MARCO RICCI / KAOTIK)
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Célébrant la Journée mondiale de lutte contre le sida, lALCS a organisé une première marche dans des artères casablancaises. Un coup dessai plutôt réussi.
Un long et bruyant cortège serpente le long du Boulevard Hassan II, à Casablanca. Mégaphones, banderoles, oriflammes et petits drapeaux
Ce 1er décembre, on marche en geste de solidarité, pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre le sida. La couleur rouge, dominante, est là pour le rappeler, tout comme les manifestants, majoritairement vêtus de T-shirts aux couleurs de lAssociation de lutte contre le sida |
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(ALCS). Entre camions customisés, sonos hurlantes et autres tambours et acrobates, la marche prend des allures de fête populaire, à mi-chemin entre la manifestation altermondialiste et une love parade. Le sujet est grave, mais lambiance festive. Combien étaient-ils à marcher ce samedi matin ? Quelques milliers, quatre aux dires des organisateurs, les premiers étonnés par le succès de lentreprise. Pour cette première édition, nous navons pas voulu faire beaucoup de bruit autour de lévénement. Nous nétions pas sûrs de pouvoir maîtriser une foule très importante, déclare Hakima Himmich, présidente de lALCS, perchée à larrière dune Honda Gold Wing de lescorte policière. Les Aigles de lAtlas, association de motards venus soutenir la marche, étaient en tête du cortège. Celui-ci comptait aussi les associations de défense de droits humains, lAMDH, lOMDH et la jeune Bayt Al Hikma. Il est réconfortant de voir que des associations soccupant de questions aussi sérieuses que les droits humains simpliquent dans notre combat et intègrent la lutte contre le sida dans leurs problématiques, commente Hakima Himmich. Et elle nétaient pas esseulées : la Ligue démocratique des femmes, le Réseau maillage, lAssociation sport et développement, lAssociation marocaine de solidarité et de développement (AMSED), ainsi que les centrales syndicales UMT et CDT, entre autres, étaient de la partie.
Pas de wali, ni maire
Visiblement, une bonne partie de la société civile a répondu à lappel de lALCS. Et tant pis si, du côté des officiels, aucun responsable na daigné sacrifier son samedi matin. Pas de wali, ni maire, et encore moins de ministres à lhorizon
pourtant tous invités par les organisateurs, assure-t-on à lALCS. Quimporte ! Ceux pour qui la marche était organisée sont là, et en masse. La majorité des manifestants sont en effet des jeunes, parfois des très jeunes. Des lycéens ou des étudiants, venus parfois de Settat, Mohammedia ou Oued Zem, qui se sont employés à préparer soigneusement leur participation à lévénement, avec banderoles et slogans, tout heureux de pouvoir sexercer à une activité peu commune sous nos cieux : manifester. La présence massive des jeunes illustre bien le thème de la journée mondiale cette année, Prendre le leadership. Explication : chaque communauté doit prendre en charge ses campagnes de prévention, y utiliser ses propres codes et références. Objectif : transmettre le message de manière plus efficace que sil létait par des professionnels ou des médecins. Petit regret : la marche na pas vu la participation (visible du moins) de personnes vivant avec le VIH ou malades du sida. Pourtant, le même jour, naissait la première association marocaine de séropositifs, opportunément baptisée Annahar (le jour). Côté service dordre, zéro faute. La marche a été dirigée de main de maître par Ahmed Douraïdi, coordinateur national de lALCS, avec le soutien des camarades de lAMDH et des syndicats. Organiser une marche demande tout un savoir-faire que nous ne maîtrisions pas, déclare-t-il. Il faut savoir endiguer la foule, mettre en place le comité des slogans, désigner les leaders
tout en évitant tout dérapage ou récupération, surtout en ces temps où la pensée rétrograde et lesprit dinquisition pointent (à nouveau) leur nez. Un pari réussi, même si le parcours de la marche fut plutôt court : départ de la Place Mohammed V, passage par le Rond-point Saint-Exupéry, puis par le Bd Moulay Youssef et la rue Marie Curie, et retour. Petit détail dimportance, sur une carte de Casablanca, le parcours traçait un ruban. Rouge bien sûr. |
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