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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Mezouar n’est pas au bout de
ses peines pour défendre
sa première Loi de Finances.
(AIC PRESS)

Loi de finances. Le projet chez les conseillers


Premier cap franchi pour le Budget de Salaheddine Mezouar. La Chambre des représentants a adopté le projet de Loi de Finances 2008, après qu’un accord ait été trouvé avec le groupe parlementaire de l’USFP (pourtant un parti de la majorité), qui a donné du fil à retordre à Mezouar. L’argentier du royaume a ainsi concédé des promesses pour le Budget 2009 au sujet de la baisse du taux de l’IS pour les établissements financiers, qui devra se limiter à 37% (au lieu de 35%), et la révision du barème de l’IR. Pour autant, Mezouar n’est pas
au bout de ses peines. Son budget est désormais en discussion dans la Chambre des conseillers. Une discussion qui risque de s’éterniser, puisque certains conseillers appellent au respect du délai des 30 jours prévu par la Constitution. Résultat : la Loi de Finances risque d’être adoptée avec un certain retard. Et encore, ce n’est qu’une mise en bouche pour le ministre. Deux points, en particulier, risquent d’être fortement contestés dans son projet. Il s’agit d’abord des avantages fiscaux accordés à Tanger. Jusque-là, les entreprises qui y sont implantées bénéficiaient d’une réduction de 50% sur le taux de l’IS. Le projet de Loi de Finances prévoit le maintien de ce taux réduit de 17,5%, mais uniquement pour les entreprises produisant des biens et services vendus dans la région. Une restriction qui ne semble pas satisfaire le patronat tangérois, décidé à défendre bec et ongles ses acquis. Un autre lobby risque de s’activer auprès des conseillers : celui des investisseurs institutionnels, qui demandent le prolongement des dérogations fiscales sur les produits de cession de valeurs mobilières.


Balance commerciale. Le déficit se creuse

Les chiffres publiés par l’Office des changes font état d’une progression des importations à fin octobre de 20% (à 208 milliards de dirhams), alors que les exportations n’ont crû de 7,3%. Résultat : le défit commercial se creuse, tirant dans son sillage le taux de couverture. Ce dernier s’établit à 47%, au lieu des 52,3% enregistrés l’année dernière. Outre les biens d’équipement, qui totalisent une valeur de 45,7 milliards de dirhams (en augmentation de 18%), la facture énergétique pèse lourd dans le volume des importations. Et encore, les importations en pétrole brut ont stagné à 21,3 milliards de dirhams, pour un volume en hausse de 2,1% par rapport à 2006. Cette stagnation s’explique par la relative baisse des cours du brut. Le prix moyen de la tonne importée a atteint, fin octobre, 4027 DH, contre 4105 en 2006.


Bourse. Upline s’associe à Al Akhawayne

Upline Securities ne compte pas uniquement sur sa nouvelle identité visuelle pour se faire remarquer sur le marché. Cette semaine, la banque d’affaires indépendante a signé, avec l’université Al Akhawayne, une convention de partenariat visant à mettre en place des projets de recherche communs, pour la valorisation de la recherche en général et de l’analyse de la communication financière en particulier. Baptisé Al Akhawayne-Upline FC (Financial Center), ce centre devrait entreprendre diverses études sur des projets proposés et financés par Upline Group. La banque d’affaires ne manquera pas, au passage, de puiser dans le vivier que constitue cette université pour le recrutement de futurs ingénieurs financiers.


Crédit. Renault ramène sa banque

Avec son investissement pour un milliard d’euros à Tanger, rien ne peut être refusé à l’Alliance Renault-Nissan. Tout récemment, sa banque, RCI Finance, a obtenu l’agrément de Bank Al-Maghrib pour exercer sur le sol marocain. Il s’agit de la 25ème filiale financière du constructeur automobile ouverte à travers le monde. Cette nouvelle structure, dotée d’un capital de 123 millions de dirhams, devra octroyer des crédits aux particuliers pour l’achat de véhicules neufs des trois marques du groupe (Renault, Nissan et Dacia) et financer les concessionnaires du groupe pour alimenter leurs stocks en véhicules neufs et pièces de rechange. Pour le moment, RCI Finance Maroc limitera ses activités au crédit auto, mais devrait, dès les prochains mois, lancer des produits de garantie et d’assurance.


Conserverie. Sanam se renforce

Sanam Holding, le groupe de Saïd Alj, a été finalement retenu pour la reprise de Monégasque Maroc, une conserverie filiale à 100% de l’ONA, au terme d’un processus de placement international. La transaction, officialisée le 3 décembre dernier, porte sur un montant de 300 millions de dirhams, soit quasiment l’équivalent du chiffre d’affaires annuel de la Monégasque. Un montant qui laisse une plus-value confortable à l’ONA, dans la mesure où la valeur comptable nette de cette filiale est de l’ordre de 175 millions de dirhams. Mais le grand gagnant est sans contexte Saïd Alj. En s’offrant le leader de la conserverie des anchois, il consolide sa position dans ce secteur où l’une de ses filiales, Unimer, détient déjà une position confortable. Les économies d’échelle et les effets de synergie devraient être significatifs.



Pendant ce temps, le peuple….
Preview in Ouarzazate

Du 7 au 9 mars 2008 se tient le Festival international du tourisme rural à Ouarzazate. Voilà une nouvelle qui va faire plaisir à Mostafa. La star des faux guides de la ville est incollable sur le circuit touristique du coin. Il connaît comme sa poche les moindres recoins de la casbah d’Ouarzazate (estampillée sur le billet de 50 dirhams). Il maîtrise même le bagne d’Agdz, son histoire et la liste complète de ses ex-occupants. Alors, Mostafa attend beaucoup de ce Festival. Il espère qu’il sera une véritable manifestation internationale. Il exige une brochette de stars du calibre de DiCaprio ou Scorsese, qui traîneront dès ce week-end à Jamaâ El Fna à l’occasion du Festival du film de Marrakech (ville dans laquelle il n’ont pourtant jamais tourné le moindre plan). Mostafa n’est pas du genre à se laisser impressionner par les people d’Hollywood. Tous les grands du 7ème Art ont fait escale dans sa ville, le temps d’un ou plusieurs films. Mostafa les a côtoyés. La légende urbaine d’Ouarzazate lui attribue même un un flirt avec l’hôtesse du jet privé de Brad Pitt, à l’occasion du tournage de Babel. “Une blondinette encore plus jolie qu’Angelina”, ne cesse de ressasser notre héros. Tout ce que Mostafa demande , c’est de renouer, à l’occasion de ce festival du tourisme, avec ses vieilles connaissances, qui viendraient cette fois-ci découvrir l’arrière-pays, loin des projecteurs des plateaux de tournage. Faute de quoi, pas la peine de déranger Mostafa. Il vous recommandera d’oublier tout ce cinéma et de revenir à la bonne vieille méthode quand on veut parler tourisme : des assises, des discours et des visions dans les salles climatisées des palaces.



OFF.

Après l’acquisition, par la BCP, d’une participation conséquente dans la Marocaine Vie, la banque s’apprête à transférer son portefeuille assurance, estimé à quelque 2 milliards de dirhams, vers sa nouvelle filiale. La CNIA, qui gérait jusque-là ce pactole, n’aurait pas apprécié la manœuvre. La compagnie d’assurances de Moulay Hafid Elalamy serait derrière les ventes massives des actions BCP, qui ont largement affecté le cours des titres de la banque.

 
 
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