Drogue. De la coke dans l'air
Politique. Un zaïm sur la touche
Khadija Rouissi. "Je revendique le non-lieu"
Affaire. Ouragan judiciaire sur Tahiti Plaget
Mustapha Khalfi. "Attajdid critiquera le PJD s'il le faut"
Sport. Wydad mon amour
Société. La marche rouge
Liban. Un militaire à la présidence ?
Immobilier. Le début de la crise ?
Abdellatif Laabi. "Je suis un insoumis littéraire"
Cinéma. Une cause, deux films
Ismaël Saidi. Histoires de flic
N° 301
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc


[ Groupe TelQuel

Communiqué
Rachid Nini, directeur du quotidien Al Massae, a publié, lundi 3 décembre 2007, une chronique dans laquelle il insulte les magazines TelQuel et Nichane, et s'en prend personnellement au directeur du groupe TelQuel Ahmed R. Benchemsi, en des termes bas et indignes. Dans les dernières semaines, M. Nini avait également publié, sur un ton similaire et tout aussi inacceptable, des attaques personnelles contre le rédacteur en chef de TelQuel, Karim Boukhari, et le rédacteur en chef adjoint de Nichane, Ahmed Najim.
Nous soussignés, membres de l'équipe du groupe TelQuel (magazines TelQuel et Nichane, et régie publicitaire Annonces Directes), déclarons notre pleine et entière solidarité avec MM. Benchemsi, Boukhari et Najim, condamnons fermement les propos de M. Nini, et affirmons que si le débat d'idées est légitime, l'injure et les attaques personnelles ne peuvent en aucun cas être admises.

Rachid Agouzzoul
Nadia Akouri
Moulay Ahmed Alami
Meryem Alaoui Mdaghri
Réda Allali
Lahcen Aouad
Abdelmoula Arafa
Ahmed Arfaoui
Hicham Barakat
Ismaïl Bellaouali
Ahmed R. Benchemsi
Boutaïna Bennani
Driss Bennani
Chadwane Bensalmia
Karim Boukhari
Fatima Boutouzzaze
Maria Daïf
Wafaa Doudar
Sanaa El Aji
Khadija El Alaoui
Majdoulein El Atouabi
Abdelhak El Faïz
Nawal El Fakhouri
Abdelmjid El Faraji
Azzedine El Hadef
Wafaa El Ouilani
Khalid Errouif
Souad Ghomari
Fatima Hadiri
Hassan Hamdani
Touria Hassani
Fatim-Zohra Housni
Fahd Iraqi
Nadia Lamlili
Oumama Maaroufi
Fouad Madani
Yassine Maghni
Ilham Mahfoud
Ghizlane Malki
Mohamed Mandouri
Ziane Mansour
Moussa Matrouf
Cerise Maréchaud
Saïd Mejjat
Dounia Moussaïd
Ahmed Najim
Nisrine Raïss
Redouane Ramdani
Abdelkrim Rassiane
Salah Roudane
Mehdi Sekkouri Alaoui
Hicham Smyej
Latifa Tigri
Rachid Tniouni
Youssef Ziraoui


Les suites judiciaires
des événements de Ksar
El Kébir viennent de débuter.
(DR)

Chasse à l’homo. Au chevet de Ksar El Kébir


En début de semaine, les six personnes inculpées pour homosexualité dans l’affaire du prétendu “mariage gay de Ksar El Kébir” ont comparu devant le tribunal de la ville. L’avocat et militant Abdelaziz Nouaydi, président de l’Association Adala et membre de l’OMDH, s’est proposé de défendre les accusés “puisque aucun avocat de la ville n’a accepté de le faire”, nous a-t-il expliqué. Le lendemain, le président du Forum vérité et justice et avocat, Mohamed Sebbar, lui a emboîté le pas, en se rendant dans la ville. Après une brève séance, le juge a reporté
l’examen de l’affaire au jeudi 6 décembre, le temps pour la défense de prendre connaissance des charges retenues contre leurs clients. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) est aussi montée au créneau en publiant un communiqué qui rappelle son attachement aux principes universels des droits de l’homme. Au passage, L’ONG a pointé du doigt une certaine presse qui a mis le feu aux poudres, provoquant une véritable “chasse à l’homo”. L’Association a aussi tenu à désavouer son responsable local, signataire d'une pétition appelant à “l'ouverture d'une enquête sur un mariage gay”, arguant que celui-ci a agi “sans concertation avec les instances locales et nationales”. Jeudi dernier, Me Sebbar a demandé la liberté provisoire pour les accusés, en vain. Le procès a été reporté au 10 décembre, Journée mondiale des droits humains. Mais ces droits sont-ils seulement en vigueur à Ksar El Kébir ? Les accusés risquent en effet une peine d’emprisonnement de 6 mois à 3 ans, assorties d’amendes de 120 à 1000 dirhams, selon le Code pénal.


Bziz. Ecran total ?

Ahmed Snoussi, alias Bziz, sera à l’honneur de la cinquième édition de Noujoum Biladi, le 15 décembre prochain, au cinéma Rialto de Casablanca. Primant les meilleurs animateurs et émissions du PAM, la cérémonie, qui sera retransmise le soir de l’Aïd El Kébir, par l’une des deux chaînes nationales, marquera le retour de Bziz à la télévision marocaine où il était persona non grata. “C’est l’occasion pour nous d’appeler et de contribuer à la levée de l’embargo qui frappe cet artiste engagé”, assène un organisateur. “Espérons seulement qu’il n’y aura pas trop de coupures au montage”, nous a déclaré pour sa part Bziz.


Rapatriement. Un malade pas imaginaire

Lahcen Ouladlhaj a enfin été rapatrié au Maroc mardi dernier. Ce Marocain de 40 ans était hospitalisé en Papouasie-Nouvelle Guinée depuis 1998 à cause d’une encéphalite. Il était devenu une cause humanitaire pour de nombreux internautes marocains, qui ont mené une campagne de lobbying, qui a porté ses fruits. L’Organisation internationale pour les migrations “a pris en charge les frais de rapatriement et l’équipe médicale accompagnant Lahcen”, nous a confié un proche du malade. Arrivé dans un état inquiétant, le patient a été transporté d’urgence au CHU de Casablanca.


Maria Moukrim. Représailles égyptiennes

Notre collègue Maria Moukrim, d’Al Ayyam, s’est vue refuser un visa pour l’Egypte, suite à une enquête qu’elle a publiée, il y a peu, sur la prostitution des Marocaines au pays des pharaons. La journaliste, conviée à une conférence en Jordanie, devait faire escale au Caire. “L’ambassade d’Egypte à Rabat a commencé par me mettre les bâtons dans les roues, en me demandant des documents qu’elle n’exige pas des autres journalistes. Ensuite, le Consul m’a formellement signifié son refus et m’a pratiquement chassé de l’ambassade”, s’indigne Maria Moukrim. La journaliste a saisi le Syndicat de la presse afin de tirer l’affaire au clair.


Justice. SOS médiateur

Search for Common Ground, une ONG internationale spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits, vient de former un groupe de médiateurs marocains pour décongestionner les tribunaux. La médiation sera payante : “Deux personnes en conflit pourront ainsi s’offrir les services d’un médiateur au lieu de porter l’affaire en justice. Cela leur coûtera moins cher en argent pour un résultat plus rapide que les tribunaux”, nous explique une responsable de l’ONG. Ces intermédiaires (avocats, juges, activistes associatifs, jeunes…) interviendront au niveau des affaires légères sans caractère pénal.


Hadji senior. Guest-star en Belgique

L’ex-star du football marocain, Mustapha Hadji (frère de Youssouf), ne veut pas raccrocher les crampons malgré ses 36 ans bien sonnés. Il est sur le point de signer pour une saison au FC Dender, une modeste équipe du championnat belge, loin d’avoir l’envergure des clubs où a évolué l’ancien international marocain. “Je suis ici car Monsieur Boskamp (entraîneur du FC Dender) me l’a demandé. Je veux l’aider, son club et lui, à se maintenir en première division”, a expliqué Hadji à la presse belge, ajoutant : “Je sais que ce club ne peut payer ce que je réclamais. Mais j’ai gagné assez d’argent, ils ne doivent pas s’inquiéter pour cela”.


Pèlerinage. Makka sans quota

Quelle mouche a donc piqué le député du PPS, Abdelhamid Mernissi ? Il a demandé au Parlement que la période du pèlerinage soit étalée sur plusieurs mois, afin de contourner le problème des quotas et son lot de Marocains déçus chaque année. Selon Mernissi, le Coran l’autorise en évoquant les mois de pèlerinage au pluriel. Une interprétation qui a fait sortir de ses gonds le prédicateur Ahmed Raïssouni, expatrié en Arabie Saoudite. Sur son site Web, ce dernier a qualifié cette position “d’anecdotique, témoignant de la pauvreté intellectuelle de son auteur”. Et d’ajouter : “Le but est que tous les pèlerins musulmans soient réunis au même moment”.


Islamistes. Prison Sex

C’est une histoire pour le moins cocasse qui vient de se produire dans la prison de Aïn Borja à Casablanca, le 4 décembre dernier. Adil Boutzat, un jeune détenu salafiste qui purge une peine de trois ans de prison, a réussi à introduire sa fiancée dans sa cellule. Trompant la vigilance des gardiens du parloir, Boutzat a dissimulé la jeune femme, âgée de 21 ans, dans un gros sac en plastique, avant de la transporter tranquillement dans sa chambrée. Les tourtereaux n’ont été découverts qu’au bout de six heures d’un tête-à-tête qu’on devine très hot. Adil Boutzat a aussitôt été mis au cachot, tandis que son amoureuse a été livrée au commissariat le plus proche. Elle risque d’être poursuivie pour débauche.


Permis électronique. Arrivée imminente

Après son lancement à Rabat, l’expérience des permis de conduire électroniques a été étendue aux autres régions du Maroc depuis début décembre. Mais ce n’est qu’en juillet 2008 que les détenteurs de vieux permis pourront les échanger contre les nouveaux au format de carte bancaire. Il faudra aussi attendre “la mise en place d’un cadre légal approprié pour y inclure des données telles que le nombre de points et de contraventions”, nous a confié Abdelfettah Chahli, responsable du système d'information au Ministère des Transports. Pour l’heure, la puce électronique du nouveau permis ne contient que des informations basiques sur l’identité de son détenteur.



3 questions à Khalid Naciri
[Ministre de la Communication]


Où en est le Code de la presse que la profession attend toujours ?
Nous allons reprendre l’examen de ce projet de loi avec le Syndicat de la presse et la Fédération des éditeurs que j’ai reçus récemment. Le dialogue se passe très bien et le texte sera soumis au Conseil de gouvernement dans les semaines qui viennent.

Pourquoi un tel retard ?
Il n’y a pas d’échéance. C’est un texte qui exige un minimum de sérieux et il est trop important pour qu’on l’expédie à la va-vite. Pour l’instant, j’écoute les arguments des différentes parties en cherchant un consensus. Je ne veux pas débarquer avec une mouture qui fera des mécontents.

Vous comptez maintenir les peines privatives de liberté pour les journalistes ?
Ces peines privatives de liberté seront revues à la baisse de manière drastique. Je ne peux pas encore vous dire pour quels délits elles seront maintenues puisque les concertations sur le projet ne sont pas achevées. Je peux par contre vous affirmer, tout comme mon prédécesseur Nabil Benabdallah, mon opposition à ceux qui ne voient dans ce Code de la presse que l’aspect répressif. On ne peut pas condamner tout un texte parce qu’il sanctionne ceux qui s’attaquent à la religion ou à la monarchie. Il est temps qu’on mette un terme à ce débat stérile. La philosophie du projet est bien plus importante que ça.


Noureddine Saïl. Jamais sans mon CCM

Il y a quelques semaines, Noureddine Saïl, directeur du Centre cinématographique marocain (CCM), fêtait ses 60 bougies, atteignant l’âge fatidique de la retraite, comme le stipule un règlement administratif. Enfin, en théorie, car le numéro 1 du cinéma marocain devrait rempiler pour un nouveau mandat à la tête du CCM. “Il est fort probable que M. Saïl soit reconduit dans ses fonctions, mais à l’heure actuelle, j’ignore pour quelle durée”, nous a confié Khalid Naciri, ministre de la Communication. Et de préciser : “C’est une décision qui n’appartient pas au ministère de la Communication, mais à la Primature, et même au-delà”. C'est-à-dire ?


Aherdane. L’indéboulonnable

Le prince de l’Atlas a été maintenu à la tête du MP, malgré la fronde qui enflait au sein de son parti. La question de son départ n’a même pas été abordée lors de la réunion du comité central de la Haraka, le week-end dernier. Le comité s’est contenté d’examiner les rapports moral et financier du parti. “Nous sommes un parti de consensus et rien ne cassera notre union”, s’enorgueillit à ce propos un membre du bureau politique. L’Amghar, 94 ans, n’a visiblement pas tiré la leçon de la démission d’Elyazghi de la tête de l’USFP. Epaulé par son dauphin Mohand Laenser, Aherdane a même chassé du parti son ennemi juré, Mohamed El Mansouri, meneur de la fronde. Il n’est d’ailleurs plus question d’organiser un congrès extraordinaire pour élire de nouvelles instances dirigeantes, comme le réclamaient plusieurs harakis.


Blogs du Maghreb. Les Marocains preum’s

La blogosphère marocaine est la plus active du Maghreb. Quatre millions d’internautes du royaume surfent sur quelque 30 000 blogs, selon les dernières statistiques recueillies par l’AFP. Le Maroc se hisse ainsi, les doigts dans le nez, sur le podium maghrébin, dépassant largement son voisin algérien qui abrite 5 fois moins de blogs (5892). La Tunisie, quant à elle, est en queue de peloton avec à peine 1000 blogs, du fait d’une surveillance draconienne du Net. Les filles ne sont pas en reste. La blogosphère nationale se conjugue ainsi de plus en plus au féminin : les Marocaines tiennent à jour plus de 1000 blogs, ex-aequo avec… les Saoudiennes.


Espagne. Vilain Garzon

C’est un événement en Espagne ! Un nouveau livre, intitulé “Garzon, juge ou partie ?”, retrace le parcours du magistrat le plus médiatisé du pays, Balthazar Garzon. Juge à la Audiencia national, l’homme s’est notamment fait connaître grâce à l’affaire Pinochet qu’il a instruite de bout en bout. Récemment, c’est aussi sur le bureau de Balthazar Garzon qu’a atterri la plainte accusant 13 responsables marocains de génocide au Sahara. Le livre, pas du tout complaisant, présente Garzon comme un “juge politique” courant derrière les projecteurs et “qui consacre une bonne partie de son temps à animer des conférences et des cours de magistrature rémunérés à prix d'or”, peut-on lire sur Aujourd’hui le Maroc, qui cite des passages du livre.


Rachad Bernoussi. One million dirhams baby

C’est une première pour le club du Rachad Bernoussi. Grâce à sa place de finaliste de la Coupe du trône, il y a deux semaines, le petit club de Casablanca, évoluant en deuxième division de la Botola, a décroché son ticket pour la Coupe de la confédération africaine de football. Mais ce n’est pas tout : “La Fédération devrait bientôt nous reverser le million de dirhams promis au finaliste de la Coupe du Trône”, nous a confié un dirigeant du Rachad Bernoussi. “Ce ne sera pas de trop, car, avec notre budget, même un déplacement dans une ville comme Settat est problématique. Alors, balader une trentaine de joueurs à travers l’ Afrique…”.


AMDH. Camping le 10 décembre

On ne se refait pas, dit l’adage. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) non plus. Fidèle à elle-même, l’Association a décidé de ne pas passer inaperçue lors de la Journée mondiale des droits humains, célébrée le 10 décembre. Son slogan ? “Liberté pour les détenus politiques, Constitution démocratique et vie digne pour tous”. Au programme, un désormais classique sit-in prévu Place de la Grande poste à Rabat. Plus original, les organisateurs ont dressé une “Tente droits humains”. Gageons qu’on ne devrait pas y retrouver les militants de l’Association Annassir de soutien aux détenus islamistes, qui organise, le même jour, un sit-in devant le siège du CCDH.


Abderrahim Bargach. Un bon vivant est mort

Abderrahim Bargach est décédé mercredi 5 décembre des suites d’une longue maladie. Le grand public avait découvert l’homme sur le petit écran dans les années 80, époque où il animait l’inoubliable émission culinaire Walima, ou encore Maïda. Le cordon bleu de la télévision marocaine avait plus d’une corde à son arc. Il était devenu comédien sur le tard, jouant, entre autres, dans À la recherche du mari de ma femme et dans la sitcom à succès Moi, mon frère et sa femme, de Saïd Naciri. Et, facette moins connue du personnage : Bargach a commencé comme journaliste. Il a occupé le poste de rédacteur en chef de l’agence MAP (Maghreb arabe presse) à Paris, et a aussi collaboré à des titres de presse prestigieux, comme Le Monde ou encore Libération (France).


Al Adl Wal Ihsane. Arrêté des comptes

En guise de vœux de fin d’année, Al Adl Wal Ihsane a livré un décompte des actions menées à son encontre par les autorités de juin 2006 à novembre 2007. Mis en ligne cette semaine sur le site de la Jamaâ, le bilan, au titre plus qu’évocateur (“Du nouveau sur les procès et statistiques sur les campagnes du Makhzen”), affirme que 4567 membres du mouvement islamiste sont passés par les commissariats, tandis que 844 fans de Cheikh Yassine (dont 24 femmes) ont été poursuivis en justice. Au total, les membres de la Jamaâ ont passé quelque 6900 jours en prison sur cette période, et on dû débourser près de 5 millions de dirhams en amendes. Bonne année tout de même.


Expulsion. Samira a perdu

Le miracle n’a pas eu lieu pour Samira Bobouch, une Marocaine de vingt-trois ans, qui vivait depuis sept ans en France. La jeune fille, qui travaillait comme bénévole dans une association d’autistes, résidait en situation irrégulière dans l’Hexagone, avant d’être arrêtée à la suite d’un contrôle policier, pour être reconduite au centre de rétention à Marseille. Samira a réussi à retarder son rapatriement prévu en début de semaine à destination de Casablanca, grâce à la mobilisation des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF). Ce n’était que partie remise, car Samira a été embarquée manu militari sur le bateau Tanger-Sète. Destination le Maroc, où elle n’a plus de famille.


Peine de mort. Le Maroc joue la montre

Le Maroc s’abstiendra à l’ONU, le 16 décembre prochain, lors du vote de la résolution instituant un moratoire sur la peine de mort. Cette décision est un recul, comparée aux engagements (pour l’abolition) pris par feu Mohamed Bouzoubaâ, l’ex- ministre de la Justice, et feu Driss Benzekri, ex-président du CCDH. Cependant, une lueur d’espoir persiste : “Le ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, a lancé un appel aux juges pour ne plus prononcer des peines capitales. Et cela ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd”, nous a déclaré Youssef Madad, membre de l’Observatoire marocain pour l’abolition de la peine de mort. Pendant ce temps, 125 condamnés attendent toujours dans les couloirs de la mort.


Rallye Dakar. Vroum vroum marocain

Petite nouveauté sur le rallye Dakar 2008. Des Marocains participent pour la première fois à cette compétition qui transite par le royaume, et dont le coup d’envoi sera donné le 5 janvier prochain. Parmi les concurrents rouge et vert, Saïda Ibrahimi, cadre d’entreprise et mère de famille côté face, pilote automobile côté pile. “Membre de l’organisation du Dakar 2006, j’ai découvert avec surprise qu’aucun Marocain n’avait osé l’aventure. J’ai décidé d’y remédier cette année”, nous a-t-elle confié. La dame a quand même dû financer personnellement sa participation, les équipages marocains n’ayant apparemment pas la cote auprès des sponsors. “J’ai contracté un crédit de 400 000 dirhams pour couvrir l’ensemble des frais”, précise avec dépit l’aventurière.


Code de la route. Roulez sur le Net

Depuis quelques mois, le ministère des Transports et de l’Equipement a mis en ligne une simulation de l'examen théorique du permis de conduire. Le test regroupe trente questions, dont la plupart font appel au bon sens. Morceaux choisis : “Certains médicaments favorisent-ils la somnolence au volant ?”, ou encore, “A-t-on le droit de faire demi-tour sur l’autoroute ?”. Sur les quelques 600 000 internautes à avoir passé le test, 95% ont choisi la version en arabe. Mais seule une moitié d’entre eux ont passé l’examen virtuel avec succès. Un résultat à nuancer toutefois, car une partie des “candidats” n’est pas allée au bout de l’examen, ne répondant qu’à une dizaine questions sur les 30. Dépités par la lenteur de la connexion Internet ?


AS Nancy. L’angine marocaine

L’AS Nancy semble marquer le pas en championnat de France depuis qu’elle doit se passer de son trio marocain. Michaël Chrétien, Moncef Zerka et Youssef Hadji n’ont pas participé aux deux derniers matchs du club, qui se sont soldés par une défaite et un match nul. Les Lions de l’ASLN, comme on les surnomme du côté de Nancy, souffraient tous les trois d’angine. “Mickaël Chrétien, Moncef Zerka et Youssef Hadji sont désormais rétablis et ont participé normalement à la séance d’entraînement en salle jeudi matin”, apprend-on sur le site de l’ASLN. Le club, 2ème au classement, compte beaucoup sur ses internationaux marocains pour refaire son retard sur Lyon, leader du championnat.


Sahara. Et de trois !

Le troisième round des négociations entre le Maroc et le Polisario se tiendra finalement aux Etats-Unis du 7 au 9 janvier 2008. D’abord prévue à Genève en Suisse, cette nouvelle session de négociations se tiendra à Manhasset à la demande du Front Polisario. Sauf surprise de dernière minute, la dream team de Mohammed VI devrait rempiler avec Fouad Ali El Himma, invité en tant que président de la commission des Affaires étrangères au Parlement. Ce nouveau round, qui se tiendra au lendemain du congrès du Polisario, s’annonce dure pour le Maroc. Le Front compte monter sur le ring très remonté. Un draft du communiqué final (qui circule sous le manteau) laisse entendre un raidissement du ton adopté vis-à-vis du Maroc et une éventuelle annonce de retour à la lutte armée.



Humeur. 36 000 façons de...

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Dire je t’aime, bien sûr. Mais aussi tordre le cou de son voisin, balancer sa maman du train. Au café du coin, le type n’a pas de mot pour dire qu’il aime sa femme, il se contente de susurrer, gentiment, rapidement : “J’ai fait les courses à sa place”. C’est tout, ça lui suffit. Il vous regarde comme pour vous dire ce que ses lèvres n’arrivent pas à articuler : “Je suis comme ça !”. Et il plonge illico dans la lecture de la fatwa quotidienne du seul fqih qui a troqué le turban pour une casquette vissée sur le crâne. Il lit les versets du machin, marmonne une ou deux fins de phrase, émerge par des “Ah !”, des “Oh !”, pour exprimer son approbation, sa colère, son désarroi, selon le ton imprimé à ses exclamations. J’adore les terrasses de café, leurs codes, ce côté Au théâtre ce soir, mais sans le public généralement coincé des avant-premières. Le type peut se lever et grommeler “Mmmm” avant de vous prendre votre briquet, c’est sa manière à lui de dire bonjour, de vous souhaiter la bienvenue. Un autre peut vous fixer longuement, sans même chasser la mouche qui tourbillonne devant ses yeux. Vous l’impressionnez, il croit vous avoir vu à la télévision ! Il y a 36 000 façons de boire, plus tard, son verre de lait. En composant des poèmes imaginaires ou en guettant le moment magique, quand la fille derrière le comptoir, celle au décolleté, s’incline en avant, une première fois, puis une deuxième, et une troisième… J’adore ces petits moments où, fatigué, votre visage n’arrive plus à se débarrasser d’un sourire béat. La grimace vous accompagne pour le reste de la nuit. Vous souriez sans raison, on vous le rend très bien. Mais le garçon n’oublie pas de vous faire payer un verre en plus. Un truc d’amis. Quand votre table est “garnie”, avec la copine du copain, une ex, une future, cela fait deux, trois verres en plus. Sa façon à lui de vous souhaiter bonne nuit.



VITES !

Le magazine africain Continental a publié, dans son numéro de décembre, un portrait de Karim Wade, le fils du président sénégalais. On y apprend que celui-ci “s’affiche souvent avec son ami, le roi du Maroc, Mohammed VI, dont il partage la passion pour le jet ski”. Et une autre passion que l’on ne connaissait pas au monarque : les échecs.


Le célèbre couturier français Christian Lacroix présentera sa nouvelle collection automne-hiver 2008, lors du premier Salon international du tourisme, qui se tiendra à Marrakech du 17 au 20 janvier prochain. Le défilé Lacroix sera une exclusivité mondiale, grillant ainsi la politesse à Paris, capitale de la mode.


Une grande enquête sur la migration clandestine sera présentée la semaine prochaine à Rabat. Elle tracera le circuit des migrants subsahariens dans trois pays, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, et révélera la perception de la population maghrébine à leur égard. Sommes-nous racistes ou pas ? Eléments de réponse le 14 décembre.


Les pilotes de RAM menacent (encore) de faire grève pour protester contre le régime salarial réservé à leurs collègues nouvellement recrutés. En attendant, ils ne respectent plus la procédure d’astreinte qui les contraint à demeurer disponibles pour les vols non programmés. Résultat : des perturbations sur plusieurs lignes.


La chanteuse Laïla Ghofran vient de rejoindre Liz Taylor au panthéon des stars serial-épouses, selon une information diffusée sur le site arabophone www.elaph.com. Pour son sixième fait d’armes, la diva marocaine a jeté son dévolu sur l’Egyptien Ismaïl Khorchid, qui n’est autre que le frère de l’actrice Chirihane.


Medi 1 Sat cartonne chez les élites algériennes ! C’est ce qui ressort d’un sondage opéré par l’institut algérien Abassacom sur un échantillon de 1759 personnes, composé essentiellement de cadres. La chaîne franco-marocaine aurait un indice de notoriété de 81,1%, qui la place loin devant les télés françaises et algériennes.


Les élèves du collège Al Idrissi de Casablanca ont participé à un sit-in de protestation, lundi dernier, suite à l’assassinat de leur camarade, Hamza, seize ans. Un agent de la Brigade légère d’intervention rapide (BLIR) l’a poignardé, le 30 novembre, alors qu’il défendait une jeune fille harcelée par le même policier.


La BBC vient d’annoncer le lancement de Passion, série TV consacrée aux derniers jours du Christ. La série a été entièrement tournée au Maroc, en association avec HBO. La thématique, déjà abordée en 2004 par le polémique Mel Gibson, devrait être entièrement revisitée. Passion sera diffusée sur BBC One, durant la semaine de Pâques.



Special Tanger Expo 2012
Par Mehdi Sekkouri Alaoui, envoyé spécial à Paris


Anciens combattants. On affame bien les vieux

Aux abords du Palais des congrès de Paris, des dizaines d’anciens combattants brandissaient des drapeaux marocains et des portraits de Mohammed VI. Appelés à la rescousse pour faire la claque, ils n’ont pas été payés en retour. Oubliés dans le froid parisien, le ventre creux, toute la journée : “Il a fallu l’intervention de l’épouse d’un ministre (Salaheddine Mezouar) pour qu’on nous serve à manger”, s’indigne un ancien combattant. “Ils nous ont rassemblés devant une porte, nous jurant que le prince Moulay Rachid passerait par là. C’était un mensonge, il est entré par une autre porte”, surenchérit notre ancien goumier.


Moulay Rachid. Un prince à Paris
L’arrivée du prince Moulay Rachid à l’assemblée générale du BIE n’est pas passée inaperçue. Au grand dam des commerçants de la galerie marchande du Palais des congrès, le hall de l’édifice a été assiégé, une heure et demie durant, par une horde de Marocains, dont de nombreux enfants très bruyants (et de policiers en civil pas très discrets), tous au garde à vous pour accueillir le frère de Mohammed VI. La délégation marocaine, emmenée par Mohamed Hassad, accompagné par une bonne moitié du gouvernement et de personnalités marocaines, a dû elle aussi subir le même traitement. Sans cesse interpellé par les responsables du Palais des congrès, le second de l’ambassade du Maroc en France ne savait que répondre : “Comme vous, on ignore l’heure de son arrivée”. Une fois sur place, Moulay Rachid a eu du mal à se frayer un chemin parmi une foule quasiment hystérique, scandant religieusement des “Vive le roi !”.


Stand. Votez mandarine !
Afin de vendre la ville de Tanger aux 140 membres du Bureau international des expositions (BIE), le stand de présentation du Maroc proposait du thé à la menthe, des dattes farcies aux noix… et des mandarines. Des kilos et des kilos de mandarines, estampillées “made in Maroc”, d’une qualité nettement supérieure à ce que l’on trouve d’habitude sur les étals marocains. “Vous êtes sûrs qu’elles viennent de chez nous ?”, se sont étonnés certains serveurs. Le concurrent sud-coréen, quant à lui, a opté pour un mix entre tradition et modernité, affichant écrans LCD à foison et animatrices en kimono. Côté polonais, le stand était gardé par des bimbos légèrement vêtues. On ne sait pas si les écrans LCD ont influencé le vote.


Mohammed VI. “Allo, C’est le roi”
La délégation marocaine s’est donné rendez-vous dans un restaurant chic parisien, pour noyer sa déception suite à la défaite de Tanger. Au beau milieu du repas, le wali de la ville, Mohamed Hassad, l’air abattu, a reçu un coup de fil. Dans la foulée, il s’est levé pour s’adresser aux convives : “Sa Majesté vient de m’appeler, il vous félicite pour tous vos efforts. Encore une fois, bravo”. Toute l’assistance s’est mise à applaudir, tandis que le sourire réapparaissait sur les lèvres. “Mais bon, dommage tout de même, nuance ce membre de l’organisation. Le roi allait être parmi nous ce soir. Il était prévu qu’il prenne l’avion sur le champ en cas de victoire”.


Vite!
Venu soutenir la candidature de Tanger, le père de Jamal Debbouze était en territoire connu. Moulay Rachid a tenu à saluer Debbouze Senior qui, ne se suffisant pas de ce réseau royal, a distribué sa carte de visite à tout va. Sur cette carte, un golfeur en plein swing… qui aurait fait très plaisir à feu Hassan II.

 
 
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