Drogue. De la coke dans l'air
Politique. Un zaïm sur la touche
Khadija Rouissi. "Je revendique le non-lieu"
Affaire. Ouragan judiciaire sur Tahiti Plaget
Mustapha Khalfi. "Attajdid critiquera le PJD s'il le faut"
Sport. Wydad mon amour
Société. La marche rouge
Liban. Un militaire à la présidence ?
Immobilier. Le début de la crise ?
Abdellatif Laabi. "Je suis un insoumis littéraire"
Cinéma. Une cause, deux films
Ismaël Saidi. Histoires de flic
N° 301
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Le rapport du renseignement
américain met à mal la thèse
de l’administration Bush.
(AFP)

Iran. Révélations embarrassantes


Le renseignement américain a affirmé lundi, dans un rapport, que l’Iran aurait suspendu ses projets nucléaires depuis 2003. Le rapport, présenté par 16 agences américaines du renseignement, contredit les précédentes versions de 2005, et estime que “l’Iran est moins déterminé” à se doter de la bombe atomique qu’on ne le croyait. Evidemment, l’étude embarrasse au plus haut point G. W. Bush. Pas du tout habitué à faire amende honorable, le président américain a maintenu, lors d’une conférence de presse, que “l’Iran était dangereux.
L’Iran est dangereux. Et l’Iran sera dangereux (s’il) a le savoir-faire nécessaire pour produire une arme nucléaire”. Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine, est restée sur la même ligne, en déclarant : “l’Iran continue à enrichir de l’uranium à des niveaux de plus en plus importants (…) Nous menons la bonne stratégie”. Le rapport précise cependant que l’Iran entendrait se réserver l’option de l’arme nucléaire, et pourrait être capable, entre 2010 et 2015, de produire assez d’uranium hautement enrichi pour fabriquer la bombe A. Pour le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, “c’est une déclaration de victoire du peuple iranien face aux grandes puissances”. Ce revirement du renseignement américain a été conforté par l’AIEA, dont le rapport confirme que Téhéran ne présente “pas de danger imminent”. Aujourd’hui, pourtant l’Iran fait l’objet de trois résolutions du Conseil de sécurité dont deux assorties de sanctions, à cause de son refus de suspendre son enrichissement d’uranium. Le rapport américain divise déjà la communauté internationale. La Russie et la Chine sont de plus en plus réticentes à accentuer les pressions sur Téhéran. A Moscou, Vladimir Poutine souhaite que tous “les programmes nucléaires iraniens soient ouverts et transparents”. Quant à la Chine, elle semble de plus en plus difficile à convaincre. Pékin souhaite trouver une solution diplomatique “maintenant (que) les choses ont changé”. Seul Israël, ennemi juré de l’Iran, s’est inscrit en faux contre le rapport américain.


Russie. Poutine triomphe, l’Occident doute

Le président russe Vladimir Poutine a ignoré les critiques des Occidentaux sur les législatives russes, qui se sont tranformées en plébiscite pour son nom et sa politique. La victoire de Russie Unie, avec 64 % des suffrages, est un “signe de confiance”, a commenté le chef de l’Etat, qui dirigeait la liste du parti au pouvoir. Ainsi, Poutine s’assure une assise politique pour exercer une influence, au-delà de la présidentielle de 2008, à laquelle il ne peut se présenter en vertu de la Constitution. Mais les partis d’opposition et les ONG protestent contre les fraudes qui ont entaché les élections. “Je ne pense pas que quiconque ait le moindre doute sur le fait que ces élections ont été les plus malhonnêtes et les plus sales de toute l’histoire moderne de la Russie”, a déclaré l’opposant Gary Kasparov. Plusieurs pays, comme l’Allemagne, ont dénoncé un scrutin “ni libre, ni démocratique”. Quant à G. W. Bush, il n’a pas daigné appeler Poutine pour le féliciter.


Venezuela. Douche froide pour Hugo Chavez

Un séisme politique a ébranlé le Venezuela de Hugo Chavez. Les électeurs ont infligé un premier revers électoral au chef de l’Etat, en rejetant la réforme constitutionnelle visant à fonder un Etat socialiste. Cette réforme conférait le droit à Chavez de se présenter indéfiniment à la présidentielle et de censurer la presse en situation de crise, tout en instituant une économie collectiviste. Jusque-là, Chavez avait remporté tous les scrutins depuis son élection en 1999. Connu pour ses diatribes anti-américaines, l’ex-officier putschiste de 53 ans, allié de Cuba et de l’Iran, a reconnu sa défaite et a même félicité ses opposants. “Chavez a surestimé sa puissance et sa capacité à endosser une réforme qui était rejetée dès le début”, a expliqué à l’AFP le politologue Vincente Leon.


Allemagne. Merkel et les minarets

La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé lundi que les minarets des mosquées “ne devraient pas être plus hauts que les clochers des églises”. Elle a ajouté que “l’intégration passe par la disposition à accepter vraiment le pays d’accueil”. L’Allemagne compte quelque 3,4 millions de musulmans, en majorité d’origine turque, sur plus de 80 millions d’habitants, et disposent de 159 mosquées. Un programme national de 400 mesures destinées à améliorer l’intégration des immigrés à été adopté cette année, parmi lesquelles le renforcement de “cours d’intégration”, un meilleur apprentissage de la langue allemande dès l’école maternelle, la lutte contre l’absentéisme, et un engagement du patronat à créer 10 000 places supplémentaires en apprentissage d’ici 2010.


Climat. Pari écologique à Bali

Les gouvernements du monde entier discutent depuis lundi de l’avenir de la planète, dans une conférence capitale sur les changements climatiques à Bali. L’Australie a annoncé qu’elle a enfin ratifié le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, alors que l’Arabie Saoudite, le Japon, les Etats-Unis et le Canada n’y adhèrent toujours pas. Les scientifiques recommandent de diviser par deux les émissions de ces gaz d’ici 2050. Le réchauffement climatique menace notamment l’Indonésie, troisième émetteur mondial de CO2. Les 10 000 participants ont animé des débats sur des questions techniques très variées, allant de l’énergie éolienne au marché du carbone, en passant par la géothermie.



Lu pour vous.
Les Etats, l’histoire et les marchands [ALGÉRIE]

Mohamed Saâdoune, Le Quotidien d’Oran, le 4 décembre

La visite de Sarkozy n’est ni un tournant ni un élan, mais une banale continuité de ce qui existe. Ce qui existe, c’est une divergence totale sur les questions mémorielles, sur l’appréciation de ce qu’était le fait colonial et ses effets sur la société algérienne. La parenthèse ouverte par la tentative d’élaborer un traité d’amitié est close pour longtemps. C’est du côté de la société civile que les choses pourront évoluer, car du côté des Etats, il y aura toujours et encore des surenchères politiques qui viendront obstruer le mouvement. C’est le business qui exprime la réalité de la relation franco-algérienne. C’est ce qui se passe le mieux dans la relation (…) Il est logique qu’après la première rencontre d’usage entre les deux chefs d’Etat, Nicolas Sarkozy aille parler devant un aréopage d’hommes d’affaires français et algériens (…) Les relations économiques sont si importantes et les intérêts tellement imbriqués qu’ils n’ont pas besoin d’un “supplément d’âme”. Il vaut mieux être terre-à-terre, parler sérieusement affaires, échanges, visas... Quant à l’histoire, elle n’a pas besoin de Sarkozy pour dire que le colonialisme fut une totale abjection. C’est un travail que les historiens, de France et d’Algérie, mènent sérieusement depuis longtemps. Ce sont eux le meilleur de la relation algéro-française et ce n’est pas une surprise qu’ils soient en avance sur les Etats et les marchands.



Belgique. Verhofstadt au chevet de la nation

C’est toujours la crise en Belgique. Guy Verhofstadt, le Premier ministre sortant, a été rappelé pour renouer le fil du dialogue. Le retour à l’avant-plan de Verhofstadt est la conséquence du retrait du chef des Chrétiens démocrates flamands, Yves Leterme. Ce dernier, dont le parti est sorti largement en tête aux élections de juin 2007, a renoncé, après des semaines de négociations houleuses, à former une coalition de centre-droit, faute d’accord avec les francophones. Après le cuisant échec d’Yves Leterme, champion de l’autonomie flamande, le roi Albert II a rappelé Guy Verhofstadt qui, pendant huit ans, avait réussi à calmer les tensions entre la majorité flamande (60 %) et la minorité francophone (40%). Mais Verhofstadt n’est pas chargé de constituer une coalition et de repartir pour un mandat de quatre ans. Sa principale mission sera de remettre sur rails une “Convention” parlementaire, destinée à la réforme de l’Etat exigée par la Flandre.


VITE !

Ségolène Royal revient sur le devant de la scène avec un livre, intitulé Ma plus belle histoire, c’est vous, dans lequel elle tire les leçons de son échec. Elle y révèle aussi qu’elle aurait proposé le poste de Premier ministre à François Bayrou, qui aurait refusé.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés