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Par Redouane Erramdani
Enquête. Lhistoire secrète du PJD
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Abdelilah Benkirane et
Abdellah Baha,
deux poids lourds du PJD.
(DR)
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Des négociations avec Basri au rôle des Frères musulmans égyptiens, en passant par le soutien ambigu du Palais
Avant de devenir la principale force politique du royaume, les islamistes ont eu une longue existence souterraine, tumultueuse, dont les contours ont été façonnés par des acteurs incontournables (Palais, Intérieur), parfois surprenants (Frères musulmans d'Egypte), ou très changeants (Khatib, Ramid, Benkirane). De la Chabiba Islamiya au PJD, de l'assassinat de Omar Benjelloun à la semi-victoire du PJD aux élections 2007, retour sur cette (grande et petite) histoire reconstituée |
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en étapes, avec de nouveaux détails et des anecdotes pour la plupart inédites.
Paradoxe
Lunes de fiel à la Chabiba
Septembre 1980. Après la prière d'Al Asr, une manifestation publique prend son départ à la mosquée dite Mohammadi, au quartier des Habous à Casablanca, avec à sa tête Abdelilah Benkirane., membre très en vue de la Chabiba Islamiya. Des centaines de marcheurs protestent contre la condamnation à mort de certains frères, impliqués dans l'assassinat du militant de gauche Omar Benjelloun, cinq ans auparavant. Benkirane lance alors, à l'intérieur de la mosquée, une phrase terrible dont la traduction se résumerait ainsi : A cause d'un chien galeux, des enfants brillants de cette nation sont condamnés à mort. Selon un ancien de la Chabiba Islamiya, Abdelkrim Motiî (ndlr : numéro 1 de la Chabiba), qui vivait en exil, avait donné ses instructions pour la déclamation publique d'un communiqué après la prière, demandant au passage à ses fidèles de descendre dans la rue. La manifestation, donc, traverse plusieurs artères de la ville, pour arriver
au domicile de Abdelkrim Motiî sur le Boulevard Zerktouni, pas loin d'ailleurs du domicile du martyr Omar Benjelloun, sis Boulevard Al Massira, toujours à Casablanca. C'est là que Mohamed Yatim prend position sur le mur de la maison (de Motiî), condamne les jugements émis et demande le retour du numéro 1 de la Chabiba, raconte notre source. La lune de miel entre Motiî, soupçonné d'avoir joué un rôle important dans l'assassinat de Benjelloun, et les futurs fondateurs du PJD, ne résiste pourtant pas à l'épreuve du temps. Les premiers signes de la rupture apparaissent quand le bouillant Motiî édite, dans la foulée, une revue baptisée Al Moujahid, avec une formule guerrière en manchettes (et une kalachnikov comme illustration) : O chevaux d'Allah, partez !. Benkirane, Yatim et les autres jeunes marquent leur différence, s'éloignant peu à peu d'un Motiî au profil si encombrant.
Putsch
Adieu Motiî, bonjour les jeunes
En 1981, dans la foulée des émeutes de Casablanca, la Chabiba désigne un comité des quarante, dont Abdelilah Benkirane figure parmi les membres les plus actifs. Ledit comité, qui fonctionne déjà comme le noyau d'un futur parti politique, cherche à dialoguer avec Motiî, qui craint pour sa part d'être définitivement largué par les jeunes. Le comité échoue logiquement à convaincre Motiî d'abandonner l'option révolutionnaire, et se résout à le congédier, pour se constituer désormais en Jamaâ Isalmiya. Le chercheur Mohamed Darif analyse : A quel titre Benkirane et les autres ont-ils agi ainsi, puisqu'ils ne figuraient pas parmi les dirigeants véritables de la Chabiba ? En fait, le geste de radier Motiî a constitué un genre de première, une énorme surprise venant de la part de jeunes membres de la Chabiba
. Des sources soutiennent mordicus que le Palais n'est pas étranger à l'initiative, cherchant à faire imploser le mouvement et pousser Abdelilah Benkirane sur le devant de la scène. A l'appui de cette explication : en cette même année 1981, Benkirane, alors détenu à Derb Moulay Chérif, est autorisé à sortir pour prendre contact avec d'anciens prisonniers islamistes. Le putsch contre Motiî (et son option dite révolutionnaire) est en marche. Au milieu des années 1980, Benkirane a adressé plusieurs courriers à l'Intérieur pour confirmer sa rupture avec la Chabiba, rejetant toute forme de violence et s'engageant fermement pour le respect des sacralités soutient cet ancien de la Chabiba.
Rencontre
Ramid, invité de Driss Basri
En 1993, Mostafa Ramid, alors l'un des dirigeants de Rabitat Al Moustaqbal Al-Islami (l'Alliance pour le futur islamique), reçoit une invitation de l'Ambassade de France à Rabat. Il hésite longtemps avant de prendre la décision d'y répondre favorablement, demandant même l'autorisation du ministère de l'Intérieur, qu'il obtient finalement sans peine. Selon un proche de Ramid, c'est probablement le point de départ de la relation qui unira pour longtemps Basri et Ramid. La première rencontre entre les deux hommes a lieu en 1994, au Golf de Rabat, d'où ils se dirigent vers le domicile du ministre de l'Intérieur
Ramid est resté en bons termes avec Basri, même après l'éviction de celui-ci, raconte notre source. La relation entre les deux hommes a souffert de quelques nuages passagers, sans être réellement remise en question. Bien au contraire. Le Makhzen se concertait avec Ramid (et avec d'autres, séparément) pour que le Maroc ne glisse pas vers la violence, à l'image de l'Algérie voisine. En échange de cette collaboration, les pouvoirs publics laissaient faire la Jamaâ Islamiya, poursuit notre source. Ramid, à la demande de Basri, est même amené à rédiger un rapport sur les mouvements islamistes et les moyens de les contrer. Le document de neuf pages est principalement dirigé contre le mouvement de Cheikh Yassine... Dans tous les cas, Ramid, comme Benkirane, devient l'un des promoteurs de la nécessité du dialogue entre l'Etat et les islamistes. C'est sans doute cela qui explique sa proximité avec l'ancien vizir de Hassan II.
Parti
Les bons soins du Docteur Khatib
En 1996, le Docteur Abdelkrim Khatib préside les travaux du congrès exceptionnel du MPCD (Mouvement populaire constitutionnel et démocratique), le parti qu'il dirige depuis sa rupture avec la Haraka de Mahjoubi Aherdane. Six-cents participants sont venus annoncer l'adhésion des frères du mouvement Al Islah Wa Tajdid (Réforme et renouveau), nouvelle appellation de la Jamaâ Islamiya, au parti de Khatib. Le MPCD, jusque-là, a été une sorte de coquille vide convoitée par le trio Abdelilah Benkirane - Mohamed Yatim - Abdellah Baha, depuis que les trois hommes se sont vu refuser l'autorisation de créer un parti (islamiste) au nom du Parti de l'unité et du développement, alors sous la houlette de Lahcen Daoudi. Avant de se joindre à Khatib, les amis de Benkirane ont déjà fait le tour de la place politique, de l'Istiqlal au RNI en passant par
l'UNFP de Abdellah Ibrahim, en vain. La solution MPCD est finalement l'idéale. Khatib, probablement avec le feu vert de Basri, peut-être même directement de Hassan II, accueille alors les frères chez lui. Même si, comme nous le dit cette source, entre un Khatib et un Benkirane, la méfiance a toujours été de mise. Le PJD existe alors déjà, même s'il s'appelle encore le MPCD.
Médiation
Le rôle des Frères d'Egypte
Pour bien comprendre cette naissance du PJD, il faut remonter au début des années 1990 quand, en marge d'un festival de soutien au peuple afghan, une médiation est tentée entre Abdelkrim Khatib et le mouvement de Abdelilah Benkirane, dont l'initiative revient à l'un des fondateurs des Frères musulmans d'Egypte, du nom de Salah Abou Rafik. Khatib insiste sur les relations (conciliantes) avec la monarchie, le respect de la Commanderie des croyants et le rejet de la violence. Le Docteur, explique notre source, reçoit Benkirane et les autres en tant que personnes et non en tant que mouvement. La dissolution du mouvement se fait au sein du MPCD, ce qui n'empêchera pas, plus tard, les amis de Benkirane d'opérer une OPA sur le parti de Khatib
Dans le même temps, le mouvement Réforme et renouveau s'apprêtait à annoncer son union avec L'Alliance du futur islamique pour aboutir au Mouvement unicité et réforme (MUR). Et dire quEl Othmani, futur numéro 1 du PJD, a longtemps hésité quant au rapprochement initial avec Khatib. Ramid aussi. El Othmani, et plus encore Ramid, croyaient à l'émergence d'un parti islamique dûment autorisé par l'Etat, mais ils pensaient que la solution Khatib était quelque peu précipitée et qu'elle excluait de facto certains groupes comme le mouvement Réforme et renouveau des calculs de l'Etat.
Constitution
Khatib contre, Benkirane pour
Le référendum sur la Constitution de 1996 a dévoilé les clivages entre Abdelkrim Khatib et les nouveaux membres islamistes de son parti, Abdelilah Benkirane en tête. Alors que Khatib, imité par Ramid, s'oppose au nouveau projet de Constitution proposé par Hassan II, Benkirane et ses proches optent pour le oui. Problème. Benkirane, alors vice-secrétaire général du parti (derrière Khatib), a été irrité par la publication par Acharq Al Awsat de la position des opposants à la nouvelle Constitution. Il n'était pas franchement pour le oui mais contre le non, demandant un consensus pour arriver à une entente, raconte notre source. Reste quand même cette énigme : pourquoi Khatib, monarchiste convaincu, a-t-il dit non à la Constitution proposée par le roi ? Un proche du fondateur du MPCD tente cette explication : A l'époque, Khatib n'était pas tout à fait en odeur de sainteté avec le Makhzen. Et il n'était pas à une contradiction près : plus royaliste que le roi, il répétait que les rois aussi pouvaient se tromper et qu'on se devait de les corriger. Il disait souvent aussi que Hassan II n'avait pas besoin d'amis mais d'esclaves. Mais le bon docteur finit par se ranger sagement au Oui.
Elections
Daoudi et les chats sauvages
Quelques semaines avant les élections législatives de 1997, Abdelkrim Khatib et quelques membres dirigeants du MPCD dont Abdelilah Benkirane, Abdellah Baha, Saâd Eddine El Othmani et Lahcen Daoudi, sont conviés au domicile de Driss Basri. La dream team islamiste commence, avant de donner son accord à une participation à ces législatives, par brandir la menace du boycott, au cas où toutes les candidatures proposées par le parti n'étaient pas acceptées
La réunion dure à peine plus d'une heure, Daoudi s'adressant même à Basri, en français, pour lui rappeler que (nous) ne voulons pas rester comme des chats sauvages. Le ministre de l'Intérieur lui promet alors d'en parler à Hassan II le lendemain. Les tractations avec l'Etat ont toujours transité par le ministère de l'Intérieur. Seul Abdelilah Benkirane n'a jamais négocié avec Basri, car il croyait dans la monarchie, pas dans Basri, rappelle une source au PJD. Le Parti de la justice et du développement s'accorde finalement (avec le Palais) pour une participation limitée. Les législatives permettent ensuite au parti de remporter quatorze sièges et de bénéficier d'autres ralliements, pour arriver à se constituer en groupe parlementaire. C'est toujours ça de gagné car, comme nous le rappelle notre source, les jeunes dirigeants islamistes s'étaient parfois présentés aux élections (avant 1997), toujours sous d'autres étiquettes partisanes, dont celle du parti de la Choura, mais
pour échouer à peu près à tous les coups.
Gouvernement
Youssoufi a failli coopter les islamistes
Dans son domicile et juste avant l'avènement du premier gouvernement d'Alternance, Abderrahmane Youssoufi, numéro 1 de l'USFP, reçoit les leaders du MPCD pour sonder la possibilité de les rallier à l'idée d'une participation aux affaires. Mais avec un seul poste ministériel à la clé. En fait, Youssoufi a préféré déléguer la négociation à son numéro 2 au parti, Mohamed Elyazghi, nous raconte une source qui a suivi ces tractations. Les clivages chez les frères sont de nouveau mises en relief. Khatib, soutenu par Ramid, rejette la proposition de Youssoufi. Benkirane, Baha, Yatim et El Othmani ne sont pas contre... Le PJD, qui s'appelle encore MPCD, traverse une mini-crise qui se solde par l'apparition de trois tendances : celle qui soutient l'idée d'une participation au gouvernement, celle qui ne veut pas en entendre parler et celle qui préfère se cantonner dans une position de soutien critique. Khatib, dont les proches constituent le gros de la troisième tendance (celle du soutien critique), emporte le morceau. Ce qui fait dire à notre source : De la part de Khatib, c'était d'autant plus courageux qu'il avait de l'estime pour Youssoufi
et que la non-participation ne faisait pas l'unanimité parmi les islamistes.
Etiquette
Basri (et le Palais) refusent Annahda
Au cours du congrès du MPCD, tenu à Bouznika en 1998, une sur demande à s'exprimer. Elle protestera devant l'assistance de l'immixtion du l'Etat dans les affaires du parti. La raison du courroux de la soeur? Le refus des autorités de valider le nouveau nom du parti. Le vocable choisi, Annahda (renaissance), renvoie directement aux mouvements radicaux qui existaient en Algérie et en Tunisie surtout, nous résume cette source au parti d'El Othamni. C'est finalement le MUR qui tombe sur le bon nom : Parti de la justice et du développement. Ça sera le PJD, rien d'autre. Les frères y trouvent leur compte, Basri (et le Palais) n'y voient aucun inconvénient.
Inflexion
Ça sera l'opposition !
En 1999, au domicile de Abdelkrim Khatib, les réunions se suivent pour tenter de positionner le nouveau parti sur l'échiquier politique. L'ancien MPCD affiche désormais son opposition au gouvernement de Youssoufi, après avoir vendu le concept du soutien critique. Le conseil national du tout nouveau PJD approuve cette inflexion, mettant ses idéologues à rude épreuve. Benkirane considère à ce jour que le choix de l'opposition n'était pas judicieux car le PJD fait toujours craindre un raz-de-marée (islamiste), se rappelle un membre du parti. Quid alors du soutien critique (au gouvernement Youssoufi) même si, explique notre source, le soutien à Youssoufi était notre fil d'Ariane avec le Pouvoir, mais nous risquions de trop nous isoler en nous cantonnant à ce parti-pris. Là encore, c'est le bon Docteur Khatib, décidément omniprésent, qui a fait pencher la balance des islamistes vers l'opposition.
Stratégie
Oui au gouvernement, non à l'USFP
En 2002, le secrétariat général du PJD doit décider sur la participation aux législatives. Mais l'équation est difficile. Le parti n'était pas prêt d'un point de vue organisationnel. Il n'avait ni l'expérience politique suffisante, ni (toutes) les compétences nécessaires. En plus, l'environnement politique était quelque peu opaque à toute participation d'un parti islamiste, nous raconte une source qui suit l'histoire du parti islamiste. La participation finalement modérée donne, en tout cas, des résultats plus qu'intéressants. Les 42 sièges obtenus permettent au PJD de se placer dans le peloton de tête des partis marocains les plus représentés, et le qualifient pour une éventuelle participation au gouvernement. Meziane Belfqih et Mohamed Moâtassim, conseillers du roi, donnent des signaux positifs dans ce sens. Mais des signaux contraires venaient d'ailleurs, nuance notre source. Car le PJD, alors, est à la fois proche du gouvernement et contre toute participation aux côtés de l'USFP. Les islamistes tentent, sans vraiment y croire, de s'allier à l'Istiqlal et au Mouvement populaire pour contrer les socialistes. En vain. Ils restent alors à leur place, dans l'opposition. Statu quo.
Terrorisme
Le PJD répond au roi
et se tait
En 2003, dans le sillage des attentats terroristes de Casablanca, Abdelkrim Khatib, en compagnie d'autres membres du secrétariat national du PJD, reçoit à son domicile Ahmed Taoufiq, ministre des Affaires islamiques, dépêché par le roi. L'objet ? Le roi a envoyé Taoufiq pour connaître certaines positions du parti sur des sujets sensibles, comme la Commanderie des croyants, le double discours
, selon une source proche du parti. Mostafa Sahel, alors ministre de l'Intérieur, invite à son tour les leaders du parti à son domicile et exige des réponses claires (et rassurantes). Durant la réunion, qui a duré de 8h du soir à 1h du matin, Sahel s'est adressé à Ramid en des termes sévères, lui expliquant qu'il fallait désormais faire table rase du passé et partir sur les nouvelles bases instaurées par le nouveau règne. Il a aussi sermonné d'autres dirigeants du parti, mais Khatib est intervenu pour appeler au calme et qu'il n'y avait pas de raison de s'emporter. Les dirigeants du PJD finissent par se retrouver, plus tard, en comité restreint pour répondre aux questions du roi. Le document est remis au cabinet royal
et le PJD ne fera aucune communication sur le sujet.
Injonction
Apportez-nous la tête de Ramid !
La rentrée parlementaire 2003 n'est pas sans heurts. Mostafa Ramid, fraîchement élu chef du groupe (parlementaire), informe Saâd Eddine El Othmani de sa décision de quitter ce poste. Surprise. En fait, l'Intérieur a considéré le choix de Ramid chef de groupe comme une déclaration de guerre, ce qui cadrait mal avec le bouillonnement de l'époque, marquée par l'irruption du terrorisme au Maroc, explique une source au parti. Le PJD n'avale pas facilement la pilule. Sahel a contacté El Othmani pour lui rappeler que le choix de Ramid n'était pas opportun. Mais, de son côté, Khatib est allé jusqu'à téléphoner au ministre de l'Intérieur pour lui rappeler que son département ne devait pas s'immiscer dans les affaires internes du parti, avant de lui raccrocher au nez. Le parti finit tout de même par céder à la volonté de l'Intérieur. Il faut dire que certaines voix, à l'époque, poussaient même à la dissolution pure et simple du PJD
Un parlementaire, qui a vécu le tumultueux épisode Ramid, nous explique que les membres du groupe (parlementaire) PJD ont convenu qu'il était inutile d'aller à l'affrontement, dont le rapport de forces n'était pas en leur faveur, et c'est cela qui a facilité la démission de Ramid. En fait, pourquoi l'Etat tenait tant à évincer Ramid ? La nouvelle équipe gouvernementale le considérait comme un héritage de l'ère Basri et n'en voulait donc pas, justifie une source au parti. Des proches de Ramid osent une autre explication : Les relations (de Ramid) avec Fouad Ali El Himma étaient excellentes jusqu'aux événements terroristes du 16 mai 2003, mais avec Ahmed Midaoui, et même Mostafa Sahel, ministres de l'Intérieur, cela se passait plutôt mal. Cela explique-t-il tout ?
Tendance
Ramid is back
Jeudi 13 septembre 2007, salle des réceptions au palais royal de Rabat. Le roi reçoit, après les élections du 7 septembre, Saâd Eddine El Othmani, secrétaire général du PJD. La rencontre est franchement amicale, du moins en apparence. C'était une rencontre politique. Le roi a expliqué à El Othmani que le pays avait besoin de son parti. El Othmani a, pour sa part, évoqué les nécessaires réformes électorales et politiques, nous relate une source du parti. Le secrétaire général, qui se voyait quelques jours auparavant Premier ministre, est toujours groggy devant les résultats plus décevants que prévu du PJD aux élections
Les islamistes ne font guère le forcing pour accéder au gouvernement. Ils se tournent plutôt vers leurs troupes, pour tenter d'expliquer les raisons de l'échec (aux élections). Et s'accordent sur une première concession : permettre le retour de Ramid en tant que chef de groupe au Parlement. L'Intérieur, et le Palais, ne peuvent leur en vouloir pour cela, car le Maroc n'est plus dans le contexte paranoïaque de 2003. Et puis, les dirigeants ont besoin de rassurer les bases en optant pour Ramid, harangeur de foule, ajoute notre source. C'est la tendance du moment, en attendant d'autres changements, d'autres tempêtes. |
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