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N° 302
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Propos recueillis par
Youssef Ziraoui


Interview.
Ahmed Zaïdi. “Nous ne sommes pas des béni-oui-oui”

Ahmed Zaïdi
(TNIOUNI / NICHANE)

Le départ d’Elyazghi, la position à adopter vis-à-vis du gouvernement, la refondation de l’USFP… le président du groupe parlementaire de l’USFP, Ahmed Zaïdi, nous livre son analyse de la situation actuelle du parti.


La démission de Mohamed Elyazghi était-elle programmée depuis le lendemain des élections ?
C’est un fait avéré que Mohamed Elyazghi a décidé de renoncer à son poste de premier secrétaire et de geler ses activités à l’USFP suite aux pressions exercées sur lui par le bureau politique. Mais ce départ n’est
pas un évènement isolé. Il intervient après une succession de faits. Il y eut d’abord le choix des candidats présentés aux législatives, suivi du résultat catastrophique de l’USFP. Enfin, il y a eu la déception résultant de la distribution des postes gouvernementaux.

Vous parlez des postes ou des personnes ?
Je n’ai rien à dire du côté du choix des personnes. Par contre, concernant les ministères qui ont été attribués à l’USFP, je ne peux pas dire qu’ils permettront au parti de laisser des empreintes dans ce gouvernement. L’exemple le plus révélateur reste celui de notre premier représentant, qui a hérité d’un ministère sans portefeuille. Nous avons d’autres ambitions pour notre premier secrétaire. Je pense que tout cela a contribué au départ de M. Elyazghi. Mais la responsabilité n’incombe pas à lui seul. Il s’agit de la responsabilité collective du bureau politique.

Qui va remplacer
Mohamed Elyazghi ?

À en croire la presse, il y aurait beaucoup de noms qui circulent. Mais personnellement, je n’ai pas d’idées sur la question. Ce qui est en revanche sûr, c’est que c’est une décision de première importance : il ne s’agit pas de trouver une simple pièce de rechange. Mais avant de désigner qui que ce soit, le parti devra identifier les vrais problèmes. Le Conseil national, prévu pour le 11 janvier 2008, sera l’occasion d’entendre les voix des uns et des autres, et M. Elyazghi aura l’occasion de s’expliquer plus amplement sur son départ.

Pensez-vous que le parti a été affaibli par le départ d’Elyazghi, ou bien en sortira-t-il renforcé ?
Elyazghi a démissionné pour le bien du parti, comme il l’a signalé. Il est clair que l’USFP traverse une crise. Mais je pense que le parti est en train de retrouver un second souffle. Et tout cela est dans l’intérêt de la nation, car l’USFP est un parti important sur la carte politique marocaine.

Cela va-t-il changer quelque chose au niveau de la conduite du groupe parlementaire que vous présidez au sein du Parlement ?
Non, il n’y a pas de rapport entre le départ d’Elyazghi et notre position dans le gouvernement. Le choix de participer à ce gouvernement a été voté par le Conseil national. C’est donc une décision légitime. Nous nous sommes engagés avec des partenaires et, aujourd’hui, l’USFP est dans la majorité. Et elle compte bien y rester. Cela dit, nous avons notre propre identité et notre propre programme, que nous avons présenté à la population. Nous ne devons pas vendre notre âme : nous devons respecter nos engagements en tant que parti social-démocrate. Nous ne sommes pas dans l’opposition, mais nous ne sommes pas non plus des béni-oui-oui.

Qu’est-ce qui vous différencie de l’opposition ?
L’opposition n’est pas obligée de souligner les réalisations positives du gouvernement. Nous, si. Et quand quelque chose ne tourne pas rond, nous sommes là pour le signaler. Mais nous ne nous contentons pas de dire non, nous sommes aussi une force de proposition. C’est ce qu’on appelle le soutien critique.

Pourquoi on n’entend parler des socialistes que pour les problèmes internes du parti, et non pas sur des questions d’actualité, comme ce qui vient de se passer à Ksar El Kébir ?
Nous suivons de près les préoccupations des citoyens, mais nous ne cherchons pas le sensationnalisme.

Y a-t-il des élus au Parlement qui ont émis le souhait de rejoindre votre groupe parlementaire, ou bien de le quitter ?
Il n’y a pas d’élus partants. En revanche, depuis les élections, deux camarades ont rejoint nos rangs. Aujourd’hui encore, j’ai sur mon bureau des demandes sur lesquelles nous ne nous sommes pas encore prononcés. Mais je profite de l’occasion pour faire un appel aux autres députés de gauche pour la coordination de notre action.

Vous les appelez à rejoindre les rangs de votre groupe ?
Exactement. Ceux qui ne font pas partie d’un groupe parlementaire sont les bienvenus dans le nôtre.

 
 
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