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Par Abdeslam Kadiri,
avec agences
États-Unis. CIA, mensonge et vidéos
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Michael Hayden,
le directeur de la CIA.
(AFP)
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Des vidéos dinterrogatoires musclés, menés par des agents de la CIA, ont été détruites par lagence américaine. Cette dernière cherchait-elle à dissimuler des pratiques de torture ?
La Maison Blanche se serait bien passée de pareilles révélations. La CIA a reconnu avoir délibérément détruit, en 2005, des vidéos dinterrogatoires trop musclés menés par ses soins. Daprès le New York Times, qui a révélé laffaire, lagence de renseignements aurait fait disparaître des enregistrements montrant ses agents en train de torturer deux suspects saoudiens du réseau Al Qaïda : Abou |
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Zoubaydah, arrêté en mars 2002 au Pakistan, et Abderrahim Nachiri, capturé la même année. Mise au pied du mur, la CIA a finalement reconnu les faits. Torturés dans des lieux secrets (la Thaïlande est évoquée), les deux hommes ont été ensuite transférés à Guantanamo. Les bandes montrent Abou Zoubaydah et Nachiri soumis, entre autres, au supplice de la baignoire, cest-à-dire plongés dans leau jusquà suffocation. La CIA a veillé à ce que les bandes restent en Thaïlande, où elles auraient été incinérées.
Bandes compromettantes
La question reste posée : qui a décidé la destruction de ces vidéos ? Daprès Michael Hayden, nommé à la tête de lagence en 2006, la décision aurait été prise par Jose Rodriguez, alors directeur des services clandestins. La CIA avance quelle a détruit ces bandes parce quelles compromettaient la sécurité de ses agents et de leurs familles. Curieux timing. Il y a quelques jours, la CIA avait embarrassé la Maison Blanche en remettant en cause, dans un rapport, la menace nucléaire iranienne. Mais cette fois-ci, cest lagence qui est dans le pétrin, et cest ladministration Bush qui vole à son secours, pour sauver le peu de crédit qui lui reste. En détruisant ces enregistrements sans en référer à la Maison Blanche et au Congrès, la CIA a agi dans lillégalité, à lévidence pour cacher leur existence à la commission denquête sur les attentats du 11 septembre. Ces bandes auraient pu remettre en cause la légalité des méthodes de la CIA et choquer lopinion publique au Moyen-Orient, mettant à mal la thèse de George W. Bush, selon laquelle lAmérique ne tolérait pas lutilisation de la torture durant les interrogatoires, même quand les suspects étaient des terroristes. En octobre, le New York Times avait déjà révélé des documents assurant que la loi américaine nempêchait pas le recours à certaines pratiques de torture, comme lexposition du détenu à des températures extrêmes, la privation de sommeil ou le fameux simulacre de noyade, appelé waterboarding. Daprès un mémorandum judiciaire interne, ne sont classés comme actes de torture que les actes provoquant une extrême douleur ou dont lintensité peut entraîner la mort.
Torture ou pas torture ?
La Maison Blanche a affirmé que le président Bush ne se souvenait pas avoir été informé de la destruction des bandes. Une parade assez classique, à laquelle les élus démocrates ont répondu, en forçant le ministère de la Justice a ouvrir une enquête préliminaire. Lundi, sur la chaîne ABC News, John Kiriakou, lex-officier de la CIA qui a dirigé linterrogatoire dAbou Zoubaydah, a justifié lusage du waterboarding par son efficacité. À partir de ce moment, il (Abou Zoubaydah) a répondu à toutes les questions. La valeur des informations quil a transmises a permis dempêcher de nombreuses attaques terroristes, a-t-il déclaré. Et dajouter : Comme beaucoup dAméricains, je suis partagé entre lidée que le simulacre de la noyade est de la torture, et la qualité des informations obtenues grâce à cette technique. Ce scandale éclate en plein débat sur la torture aux Etats-Unis. Avant sa récente nomination, Michael Mukasey, lactuel ministre de la Justice américan, avait refusé de classer le waterboarding sur la liste des pratiques de torture. Du coup, les démocrates redoutent une éventuelle partialité du ministre dans cette affaire. Lundi, la Maison Blanche a passé la consigne à ses collaborateurs de garder le silence pendant lenquête du ministère de la Justice. Quant à laudition à huis clos de Michael Hayden, le patron de la CIA, par la Commission du renseignement du Sénat, elle na pas livré déléments nouveaux. Pour le moment
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