Sahara. Aux portes du Mur (de sable)
Médecine. Le labyrinthe des tests cliniques
Ahmed Zaïdi. "Nous ne sommes pas des béni-oui-oui"
Débat. S'ouvrir à l'autre
Consommation. "Du hallouf made in Morocco"
Insolite ! Le viagra du pauvre
Tendance. Parlez-vous Tecktonik ?
Agriculture. L'opportunité du bio
Enseignement. À l'école des bonnes soeurs
Algérie. La terreur, sans répit
États-Unis. CIA, mensonge et vidéos
Livre. Le monde à quatre mains
Électricité. L'ONE sous haute tension
FIFM. Chroniques festivalières
Musique. Rap de "bonne famille"
Cinéma. Citizen Chahine
Révélation. Enfant du peuple
N° 302
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Fouad Laroui
(TNIOUNI / NICHANE)

Production. Fouad Laroui à l’écran


Alors que plusieurs réalisateurs (dont Mohamed Abderrahmane Tazi) et sociétés de production lorgnaient depuis plusieurs mois le roman de Fouad Laroui, c’est Vidéorama qui a fini par acquérir les droits de Méfiez-vous des parachutistes de l’auteur longtemps politiquement incorrect, Fouad Laroui (1999 Editions Julliard). Dégainant le premier, le patron de la société de production, Moulay Ahmed Belghiti, a déjà lancé le travail d’adaptation. Le roman du Marocain d’Amsterdam, virulente satire de la société marocaine des années Hassan II, va donc
être porté à l’écran, pour une sortie prévue à l’horizon 2009. “La difficulté du roman réside dans son mode de narration, et nous voulons prendre notre temps pour faire un travail de qualité. Du coup, en faire un scénario prendra au moins une année”, confie-t-on du côté de Vidéorama. Côté réalisation, pour l’instant, aucun nom n’est avancé, même si “plusieurs metteurs en scène sont sur les rangs”. Parmi les autres projets de taille de Vidéorama figure la production du second long-métrage de Hassan Legzouli, dont le scénario conte l’histoire d’un jeune beur, expulsé de France vers les fins fonds du Maroc. Il fera alors tout pour retourner dans l’Hexagone avant d’atteindre ses 18 ans et perdre ainsi irrévocablement tout espoir d’avoir la nationalité française. Un autre road-movie de Legzouli qui promet, nous dit-on, des situations aussi poignantes que loufoques, sur fond de paysages dignes des grands westerns. Tout cela met l’eau à la bouche.


Sortie. Croisade poussive

Fin des années 80. La cocaïne et le crack font des ravages à New York. Bobby Green (Joaquin Phoenix) gère une des boîtes les plus huppées de Brooklyn, El Caribe. Dans ce repaire de fêtards et de trafiquants, il mène une vie de jeune nabab. À l’opposé, son père et son frère, officiers de la brigade criminelle de NYPD, comptent leurs collègues tombés dans la lutte contre les gangs. La rupture semble consommée. Jusqu’au jour où un des clients fidèles du club, Vadim Nezhinski, tente d’assassiner le capitaine frère. Bobby doit choisir son camp. Dans ce récit initiatique revisitant les mythes de la tragédie, le spectateur n’est tenu en haleine qu’un temps. La deuxième partie du film cède aux clichés mythologiques et aux déchirements de la double vie. Après la mort du père, les deux frères portent, unis, le flambeau de leur commandant de père. Même si Joaquin Phoenix (remarqué dansWalk the Line) est souvent juste, l’histoire se noie dans le mélodrame et la sublime Eva Mendes se contente d’un rôle de faire-valoir. Si vous aimez le pop-corn…

La nuit nous appartient, au Mégarama.



Web. Aïta mon amour

“Sauvez de l’oubli ce qui est encore en mesure d’être récupéré”, c’est ainsi que commence, sur le tout nouveau site consacré à la aïta, l’édito d’Ahmed Ajmi, l’initiateur du projet. Adressé à tous les “mordus de la chanson marocaine”, settatbladi.ma est bien plus qu’un coin de redécouverte de ce patrimoine : le site appelle au partage d’infos, qu’elles soient musicales, vidéographiques, sous forme de textes ou d’iconographies. Le site vaut vraiment le détour et contient trois parties : archives d’articles sur la aïta, tracks d’une soixantaine d’artistes, et enfin une partie vidéo avec extraits de concerts. Bien plus qu’un portail dédié à la aïta, le site voudrait redorer le blason d’un art trop longtemps méprisé.


Musique. Hoba featuring Stati !

Les Hoba Hoba Spirit ne manquent pas de toupet ! Pour leur quatrième album en préparation, la bande à Réda a eu l’idée audacieuse de joindre à l’un de ses morceaux le mentor du chaâbi et virtuose de la kamanja Abdelaziz Stati. L’association musicale n’a rien d’un délire, explique le leader du groupe, mais juste une volonté d’inclure un nouvel instrument de musique (la kamanja) dans l’un des morceaux de l’album. Rien que ça ? “C’est aussi une manière pour nous de prouver que nos styles n’ont rien d’incompatible”. Un mélange de genres et de générations inattendu et pile poil comme on les aime et qui, selon les Hoba, se passerait dans la joie et la bonne humeur. Autre info spéciale H2S, le groupe vient tout juste de balancer sur le Net le clip (un condensé d’humour et d’énergie) de Trabando, chanson éponyme de leur troisième album. Le clip sera bientôt visible sur nos chaînes nationales.


Cinéma. Sorties 2008

Nouvelles du front de films très attendus. D’abord Whatever Lola wants de Nabil Ayouch, dont on rappelle le pitch. Lola (Laura Ramsey), jeune danseuse new-yorkaise, aime le beau Zak (Assaâd Bouab). Lorsque ce dernier retourne subitement vivre dans son pays, l’Egypte, Lola plaque tout pour le retrouver. Elle rencontre alors une ancienne star de la danse orientale qui va changer sa vie. Une fiction entre Orient et Occident dont la sortie officielle au Maroc -et en France - est programmée pour avril prochain. Puis, Casa Negra de l’esthète Noureddine Lakhmari, sera fin prêt pour mars prochain, dixit le réalisateur himself, actuellement en phase de montage et d’habillage musical. L’histoire : Karim (Anas El Baz) et Adil (Omar Lotfi), deux amis d’enfance, magouillent et se dépatouillent chacun à sa façon pour survivre à la dureté de leur quotidien de jeunes paumés, dans Casablanca, ville montrée dans le film comme à la fois fascinante et monstrueuse.


Expo. Les femmes de Ben Dahman

Des visages de femmes, contemplatives et rêveuses, des corps aériens, voilà ce que Abdelbassit Ben Dahman peint sur ses toiles. Sa nouvelle exposition, intitulée “Réveil des sens”, regroupe 25 œuvres récentes. Cet artiste figuratif insuffle un incroyable mouvement aux silhouettes qu’il peint, parfois en imitant des surimpressions. Son style ? “Je suis entre le graphisme et la couleur, nous répond-il. Mais les visages, les corps de femmes, le mouvement, ne sont qu’un prétexte. Ce qui me préoccupe, c’est le langage plastique”, poursuit-il. Souvent qualifié d’orientaliste -une image dont il se défend-, il est aussi considéré comme le précurseur d’un nouvel art aux yeux de Khalil M’rabet, critique d’art : “Ben Dahman se démarque de toute figuration répertoriée, académique, (…) surréaliste ou exotique (…) Il se tient dans un territoire nouveau à déchiffrer”.

Jusqu’au 27 décembre à la galerie Venise Cadre de Casablanca.



News de stars. ça planche !

Deux de nos chouchous franco-marocains, Jamel Debbouze et Roschdy Zem, n’en finissent pas de bûcher dur. Le premier remet ça avec Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur qui lui avait offert le rôle de Lucien dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001). Sept ans après ce petit bijou, ils signent une deuxième collaboration, Micmacs à tire-larigot, une comédie satirique sur le monde des marchands d’armes. Début du tournage prévu en avril 2008. Quant au comédien Roschdy Zem, il repasse derrière la caméra. Après la réalisation de Mauvaise foi (2006), il travaille actuellement sur l’affaire Omar Raddad, le jardinier marocain condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle… avant d’être partiellement gracié par le président Chirac. Et devinez qui campera le personnage de Omar? Le franco-tunisien Sami Bouajila, l’un des Indigènes de Rachid Bouchareb.


Création. Le tour du Band

Génial cadeau d’anniversaire pour les dix ans du Festival d’Essaouira en juin dernier, le Band of Gnawa, constitué à cette occasion, s’offre à son tour une tournée européenne – entre France et Luxembourg – du 6 au 20 juillet 2008. Emmenée par le claviériste et bassiste Loy Ehrlich (Hadouk Trio), le batteur Cyril Atef (M, Bumcello), le guitariste Louis Bertignac (Téléphone), le chanteur Akram Sedkaoui, le jeune maâllem Saïd Boulhimas et quatre gnaouas, rappelons que cette création rend hommage au Band of Gypsys que Jimmy Hendrix constitua en 1969 pour un public noir. Alliage harmonieux et déjanté, Band of Gnawa ressuscite à grands renforts de sons gnaouis les grands standards du rock psychédélique des seventies - Beatles, Hendrix, Rolling Stones, Led Zeppelin… Come together !


Pétition. Sale temps pour nos salles

“Imaginez vos villes sans Rialto, Renaissance, Vox…”. Depuis deux semaines, une pétition tente d’alerter le public sur la disparition des salles de cinéma, dont ne survivent que 60, contre 200 il y a 25 ans. Lancée par une poignée de “gens du cinéma”, qui ont choisi l’anonymat pour ne pas se mettre à dos le CCM, responsable, selon eux, de l’hécatombe, l’initiative n’avait rassemblé, au mercredi 12, que 250 signatures. L’objectif est d’en atteindre 500 et de la soumettre au ministère de la Culture, pour exiger des solutions : aide à la rénovation, avantages fiscaux, nomination d’un médiateur anti-dumping, lutte contre le piratage. Pour signer la pétition, envoyez un email à l’adresse : sauvonsnoscinemas@gmail.com avec nom, prénom et profession.


Le livre.

A quarante ans, Mohamed Ben Mohamed habite toujours avec maman, dans un très vieil appartement… à Saint-Ouen. Banquier et diplômé de HEC, ce fils d’immigré a en apparence réussi. Mais sur le plan sexuel, c’est le fiasco : Mohamed est puceau. Tiraillé entre son identité de bon fils musulman et ses désirs frustrés, il décide s’inventer une nouvelle vie sous le sobriquet de Basile Tocquard. Déménagement dans le 7ème arrondissement de Paris et recherche frénétique d’une femme, blanche de préférence. Mais toutes celles qu'il rencontre sont maghrébines et se refusent à lui. La malédiction maternelle le pourchasse, doit-il prendre une “fille du bled” ? Malgré une fin déroutante, Leïla Marouane frappe ici un grand coup, après l’excellent Châtiment des hypocrites.

Leïla Marouane, La Vie sexuelle d’un islamiste à Paris ; Albin Michel.




Humeur.
Dépucelage

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

“Mais pourquoi tout le monde est hypocrite ! Personne n’ose me dire qu’il a détesté mon film ?”. Cette question a taraudé pendant trois jours un réalisateur marocain, auteur d’un premier film et découvrant le Festival de Marrakech et ses mœurs sociales. Ce jeune metteur en scène a la naïveté des impétrants, il ignore encore les règles du milieu : toujours dire du mal des autres dans leur dos et, a contrario, toujours les féliciter en public. C’est valable lors d’une avant-première à Casablanca, ville de 3 millions et demi d’habitants. C’est inévitable à Marrakech pendant le Festival. Tout le monde croise tout le monde dans un périmètre restreint : entre le Palais des Congrès, l’hôtel adjacent et les cafés des alentours. Un vrai douar du cinéma avec ses habitants, ses affinités, ses inimitiés et le souab sans lequel les rapports de voisinage seraient invivables. En résumé, les festivaliers se comportent comme les membres d’une grande famille où le non-dit règne en maître, afin de ne troubler ni la paix des ménages ni la paix sociale. D’autres réalisateurs marocains ont eu la réaction de ce jeune metteur en scène après leur premier film. Au second long-métrage, ils ont appris à faire comme les autres : taper sur l’épaule de leurs confrères, même quand ils commettent un navet. C’est la première fois qui coûte…



Bravo
Lors du dernier festival international du Caire, En attendant Pasolini, du réalisateur marocain Daoud Aouled Syad, a été sacré meilleur film arabe. Il était en compétition avec treize autres films dont un marocain, “La beauté éparpillée” de Lahcen Zinoun. Rappelons que le scénario a été concocté par Youssef Fadel et inspiré par Ouarzazate Movie de Ali Essafi.


Rap slaoui
L’album tant attendu – et annoncé – de Nores sera enfin dans les bacs. L’un des tous premiers rappeurs de Salé, qui a longuement travaillé pour la sortie de ce premier opus, a enfin trouvé chaussure à son pied : c’est finalement Fesmatic qui produit “Bit Ennar”. Disponible à partir du 15 décembre dans tous les points de vente Fesmatic.


Fenêtre sur court
Le café des pêcheurs, court métrage d’Al Hadi Ulad Mhand (frère du réalisateur Mohamed Ulad Mhand), a été sélectionné au festival “Regards sur le Cinéma du Sud” - du 15 au 26 janvier à Rouen (France). Le court en dit long sur la vie des pêcheurs d’Asilah… vue depuis le fameux Café des pêcheurs.

 
 
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