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Débat. S'ouvrir à l'autre
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Algérie. La terreur, sans répit
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N° 302
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Le président libyen
Mouammar Kadhafi.
(AFP)

France. Tapis rouge pour Kadhafi


La visite de Mouammar Kadhafi à Paris fait couler beaucoup d’encre. L’opposition et les ONG se sont étouffés d’indignation, alors que la majorité a été aux petits soins avec le leader libyen. Quand des contrats sont en vue, le réalisme prévaut… Le chef de l’Etat libyen effectuait sa première visite en France depuis 34 ans. Il a eu droit au tapis rouge lors de son arrivée à l’Hôtel de Lassay et à l’Assemblée nationale, désertée par les socialistes en colère. Au Ritz, Roland Dumas et d’autres thuriféraires ont bu les paroles du “Guide”… avant d’acheter
son livre vert et ses carnets de poète ! Kadhafi est resté cinq jours en France durant lesquels il a été reçu trois fois par le président Sarkozy. Lundi, une série de contrats ont été signés, portant sur la livraison d’une centrale nucléaire à la Libye. Tripoli a également confirmé l’achat de 21 Airbus et envisage d’acquérir 14 avions de chasse Rafale. Le tout pour le montant record de 10 milliards d’euros. Le gouvernement français présente cette visite comme le signe du retour progressif de la Libye dans la communauté internationale, depuis l’affaire des infirmières bulgares. Pourtant, Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, a tiré à boulets rouges sur Kadhafi (“La France ne devrait pas recevoir ce baiser de la mort”, avait-elle déclaré), avant d’être recadrée par son président. Le second couac survint mardi, quand ce dernier jurait ses grands dieux d’avoir évoqué de manière franche la situation des droits de l’homme en Libye avec Kadhafi… chose que le président libyen s’empressa de réfuter devant les caméras : “Nous n’avons absolument pas évoqué ces sujets, le président Sarkozy et moi. Nous sommes des amis assez proches, nous coopérons”. Mieux, Kadhafi s’est même permis d’épingler la France, au siège de l’Unesco, sur le droit des immigrés : “Avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits”, a vitupéré Kadhafi. François Bayrou s’est indigné contre cette “politique du genou baissé devant le carnet de chèques”, alors que Ségolène Royal a accusé Sarkozy de donner “de la France une image à la fois détestable et ridicule” et de “s’humilier devant Kadhafi”.


Russie. Le candidat de Poutine

Vladimir Poutine place ses pions. Le vice-Premier ministre Dimitri Medvedev a été désigné comme candidat du parti au pouvoir, Russie unie. Fort du soutien de Poutine, il devrait sans mal remporter la présidentielle de mars 2008. Chef de l’aile “libérale” au Kremlin, Medvedev a pris véritablement son envol lors de son passage à la tête de l’administration présidentielle, puis comme co-dirigeant du géant gazier Gazprom. Après huit ans au Kremlin, Poutine savait qu’il ne pouvait rempiler pour un troisième mandat consécutif. Or, en choisissant Medvedev pour sa succession, il garde indirectement le pouvoir tout en envisageant un retour en grâce en 2012, voire plus tôt, à la faveur d’un scrutin anticipé. Mardi, Medvedev a demandé au président russe de prendre le poste de Premier ministre après l’élection, levant a priori le suspense sur la succession au Kremlin. Il ne fait aucun doute que Medvedev a fait cette proposition en étroite concertation avec son mentor.


Liban. L’armée visée par un attentat

C’est le chaos au Liban. Un général de l’armée, François El Hajj, a été tué mercredi dans un attentat qui a fait quatre morts dans une banlieue chrétienne de Beyrouth. Une voiture piégée a explosé au passage du véhicule du général, au moment où il se dirigeait vers le ministère de la Défense. François El Hajj était le chef des opérations au sein de l’armée libanaise et avait supervisé l’été dernier les combats entre l’armée et les islamistes du Fatah Al Islam dans les camps de réfugiés de Nahr el-Bared. C’était aussi un proche du candidat favori à la présidence, le chef de l’armée Michel Sleimane, et était pressenti pour lui succéder à la tête des armées. Certains voient dans cette attaque une “réaction contre l’armée”, alors que l’élection présidentielle est toujours bloquée.


Écologie. Impasse à Bali

La conférence sur le climat de Bali ne mentionnera probablement pas d’objectifs de réduction des émissions des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. “Franchement, il semble trop ambitieux d’attendre des 190 délégations des accords sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre”, a déclaré Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU. Les Etats-Unis et d’autres pays industrialisés (Canada, Japon) s’opposent à inscrire, dans la déclaration finale, des objectifs de baisse des émissions de 25 à 40% d’ici 2020. Ces objectifs sont pourtant souhaités par l’Union Européenne et les experts du GIEC. Greenpeace déplore ce “cul-de-sac” et accuse les gouvernements d’ignorer les mises en garde des experts, de discuter plus de processus que de résultats.


Pérou. La prison pour Fujimori

L’ancien président péruvien, Alberto Fujimori, a été condamné mardi en première instance à six ans de prison ferme pour “violation de domicile”. La justice reproche à Fujimori d’avoir ordonné le 7 novembre 2000 de perquisitionner illégalement le domicile de Trinidad Bencerra, l’épouse de Vladimiro Montesinos, l’ex-conseiller à la présidence. Montesinos, alors chef des services secrets péruviens et proche conseiller de Fujimori, détenait des dizaines de vidéos dans lesquelles on le voyait remettre de l’argent à des personnes pour les récompenser de leur coopération. Fujimori est aussi jugé pour le massacre de 25 personnes par des escadrons de la morts en 1991 et 1992.



Lu pour vous.
L’Afrique en mal de reconnaissance [FRANCE]

Christophe Ayad, Libération, le 10 décembre

Le discours d’Alpha Oumar Konaré, au deuxième sommet Europe-Afrique, à Lisbonne, a incarné tout ce qui sépare aujourd’hui l’Europe, continent vieux, riche, fatigué, sans souffle ni projet, de l’Afrique, continent jeune, pauvre mais convoité pour ses richesses et sûr de sa croissance à venir. Konaré, président de la Commission de l’Union africaine (UA), a rappelé “l’exigence d’un devoir de mémoire envers la traite négrière, la colonisation, l’apartheid et le génocide rwandais”. Il a passé en revue les guerres sur le continent, rendu hommage aux clandestins morts de Ceuta, Melilla et aux Canaries. L’Afrique veut devenir un partenaire à part entière, au Conseil de sécurité de l’ONU, comme dans la mondialisation des échanges. Son homologue européen, José Manuel Barroso, lui a répondu en technocrate et a parlé accords de partenariat économique (APE), partenariat stratégique, réchauffement climatique… Le dialogue de sourds était total (…). Pour assurer la tenue du sommet, la présidence portugaise a invité le président zimbabwéen Robert Mugabe, malgré les sanctions européennes dont il fait l’objet, suscitant le boycott de Gordon Brown, le Premier ministre britannique (...) Mais Mugabe n’a pas été au centre de la réunion. C’est le Darfour qui a occupé les esprits. Les Africains demandent à l’UE de débloquer plus de fonds, et plus vite, pour les 26 000 hommes de la force UA-ONU devant se déployer dans l’ouest du Soudan.



Afrique du Sud. Thabo Mbeki contesté

Le président sud-africain Thabo Mbeki risque de perdre la présidence du Congrès national africain (ANC). Son plus farouche adversaire, l’actuel vice-président du parti, Jacob Zuma, est sorti en tête des candidats pour la présidence du parti, à l’issue de la procédure des nominations, effectuée par les fédérations provinciales de l’ANC. Et l’enjeu est de taille : le poste de chef de l’ANC est considéré comme un tremplin traditionnel vers celui de la présidence du pays. Une victoire serait synonyme de revanche pour Zuma, ex-bras droit de Mbeki, devenu son opposant après son limogeage en juin 2005, à la suite d’une condamnation pour corruption de son conseiller financier. Mais Thabo Mbeki n’a pas dit son dernier mot. Président de la République en 1999 et 2004, il ne peut certes pas briguer un troisième mandat en 2009, mais ne veut pas pour autant lâcher l’ANC. La bataille qui commence s’annonce rude.


VITE !

Mercredi, le Parlement suisse a provoqué un séisme politique. Il a écarté du gouvernement l’homme fort de la
droite populiste, Christoph Blocher, au risque de rompre le consensus droite-gauche qui préside aux destinées du pays depuis un demi-siècle.

 
 
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