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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“J’ai un emploi du temps très chargé”

Khalid Naciri, Ministre
de la Communication
(TNIOUNI / NICHANE)

Antécédents

1946. Naissance à Casablanca.
1968. Rejoint le PPS (Parti du progrès et du socialisme).
1969. Devient avocat.
1984. Doctorat en Droit.
15/10/07. Nommé ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

Smyet bak ?
Saïd Naciri.

Smyet Mok ?
Zoubida Bennis.

Nimirou d’la carte ?
B 390 525.

Vous venez d’être nommé ministre de la Communication. Alors, heureux ?
J’ai surtout un emploi du temps très chargé. J’ai un problème avec les journées de 24 heures. Mais je ne me plains pas, je suis en train d’accomplir un travail au service de mon pays sous un nouvel angle.

Ah bon, lequel ?
J’ai toujours considéré la politique comme un sacerdoce au service d’un idéal. J’ai servi le peuple marocain quand j’étais dans l’opposition, je l’ai fait aussi en tant que militant des droits de l’homme, ou encore en
dirigeant politique. Aujourd’hui, je le fais en tant que ministre.

Vous êtes de la gauche caviar ?
Non, je suis dans la gauche tout court.

Donc vous êtes dans la gauche confortablement installée ?
Cela fait plus de quarante ans que je suis dans la vie active, et je viens à peine d’achever la construction de ma maison.

Vous êtes en quelque sorte le berrah (le crieur) du gouvernement ?
Pas du tout. Le gouvernement n’a pas besoin de berrah, mais de quelqu’un qui rende compte fidèlement de ce qu’il fait. C’est le travail d’un responsable politique qui pèse ses mots.

Êtes-vous un adepte de la formule “goulou l’âam zine” ?
Je le suis quand les choses vont bien. Mais je n’hésite pas à dire “l’aâm khaïb” quand les choses vont mal. Mais je n’ai aucune raison de dire que ça va mal quand les choses avancent. Je laisse cet exercice aux nihilistes.

Vous parlez de qui, là ?
Dieu reconnaîtra les siens.

Vous auriez accepté de défendre les accusés de Ksar El Kébir, vu que les avocats de leur ville ont refusé de le faire, de peur des représailles ?
En tant que défenseur des droits de l’homme, je considère que tout individu, même le plus grand des criminels, a le droit d’être défendu dans un procès équitable. Si aujourd’hui, j’exerçais encore mon métier d’avocat et que les accusés de Ksar El Kébir m’avaient sollicité, je n’aurais pas refusé, par principe, même si je ne suis pas d’accord avec eux.

Quelle est votre position vis-à-vis de la peine de mort ?
Je suis opposé à la peine de mort philosophiquement et politiquement. Je le dis ouvertement.

Où en est le projet du Code de la presse ?
Pour l’instant, il est en instance. J’ai l’intention de le rediscuter avec les principaux protagonistes lors des prochaines semaines. Le projet a déjà fait l’objet d’une discussion approfondie sous l’égide de mon prédécesseur, Nabil Benabdellah.

Et ?
Des points d’accord sont apparus, des points de désaccord ont perduré. Mon rôle aujourd’hui est de pousser vers la formalisation d’un consensus avancé en la matière. Je ne veux pas aboutir à un consensus “mou”.
En parlant de M. Benabdellah, on vous considère comme son père spirituel. Mais l’élève a devancé le maître…
Nabil Benabdellah est un ami, et non un élève. Il est certes plus jeune que moi. La seule avance que j’ai sur lui est chronologique, rien de plus.

On l’a beaucoup vu à vos côtés lors du Festival international du film de Marrakech. Il travaille pour vous ?
Je n’hésite pas à lui poser des questions quand cela est nécessaire.

Vous êtes membre dirigeant du PPS. C’est le Petit Parti de Sa majesté ?
Être le parti de Sa Majesté n’a rien de péjoratif en soi. Le PPS est d’abord un parti de gauche, qui milite pour certaines valeurs. Le persiflage ne sert à rien en l’occurrence. Le PPS a beaucoup fait pour le Maroc. Il a joué un rôle important dans le processus démocratique du pays. À titre personnel, je suis fier d’appartenir au parti de Ali Yata et de Aziz Belal.

Certains affirment que vous avez longtemps été à la tête d’un établissement fantôme, l’Institut supérieur de l’Administration. Que leur répondez-vous ?
Je leur répondrais que c’est ce qu’il y a de plus minable comme allusion. Malheureusement, nous sommes dans un pays où la diffamation remplace le débat d’idées. L’ISA a déjà formé cinq promotions de hauts fonctionnaires. Il y a un mois, l’Institut organisait le concours de la cinquième promotion. Je souhaiterais que tous les fantômes soient aussi actifs.

 
 
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