Religion. La fatwa joker
Aherdane, Elyazghi, Osman. Adieu grands-pères
El Nene. La grande évasion
Michaël Chrétien Basser. "Mon cœur m'a dit de jouer pour le Maroc"
Jockeys. Champions sans gloire
Animation. Monsieur 3D
Palestine. L'argent, en attendant l'Etat
Parkings. La fin des sabots ?
Cosmétiques. Le prix de la beauté
Immobilier. L'Administration coupable
John Hurt. "Je préfère les films indépendants
Édition. Impubliabl ou bikheer !
Musique. L'homme orchestre
N° 303
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

La série Amouddou a trusté les
prix à la compétition
Noujoum bladi.
(DR)

Prix. Le grand voyage


Pluie de prix dans le désert ! À peine auréolée du Prix d’Or au Festival de la radio et de la télévision arabe du Caire, la série Amouddou, qui sillonne le Maroc profond à la découverte de son patrimoine sur Al Aoula, a raflé mercredi son quatrième prix aux Noujoum Bladi. En première ligne, l’épisode “Hadith Assoura” (L’image qui parle), réalisé par Hassan Bouffous, sur le quotidien d’une famille nomade près de Tissint, province de Tata. Vestiges historiques oubliés, trésors naturels insoupçonnés, mythes et légendes, arts et rites font de Amouddou, au
fil de documentaires de 26 minutes révélant une réelle application artistique, un essentiel road trip à travers l’espace et le temps. C’est aussi grâce à cette émission pionnière qu’est née la société FaouziVision en 2001 à Agadir, fondée par Lahou-ssine Faouzi et Abdallah Dari. A l’origine, une humble Association sportive de spéléologie, unissant des passionnés d’évasion. “On a proposé à 2M d’emmener gratuitement leurs équipes pour des reportages, ils ont refusé, explique Lahoussine Faouzi. Puis on leur a proposé un pilote pour quelque 160 000 DH, nouveau refus. Le directeur de production nous a rétorqué qu’à ce prix-là, il achèterait un chouari”. Finalement, la SNRT est intéressée. Aujourd’hui, FaouziVision a dépassé son centième Amouddou, et signé plusieurs téléfilms pour Al Aoula – Imourane, Touf Tanirt – sauf Orange amère, pour 2M. A venir : Quatre pierres, de Brahim Chkiri, premier long-métrage en hassani, et un premier film d’animation en tamazight, Mémoire d’ombre, sur la vie du roi berbère Yugerten.


Sortie. Cash cash

New York, début des années 70. Après la mort brutale du Parrain noir Bumpy Johnson, dont il était l’inséparable homme de l’ombre, Frank Lucas (Denzel Washington) construit son empire en toute discrétion, arrosant Harlem d’héroïne pure et cheap grâce à un trafic inédit avec des officiers basés au Vietnam. Quand l’inspecteur Roberts (Russel Crowe), aussi tenace que minutieux, s’entête à le faire tomber, commence un palpitant cache-cache au sommet entre deux solitaires perfectionnistes. Deux acteurs poids lourds, un scénario loquace mais pesé au gramme près, une reconstitution minutieuse et léchée d’une époque culte… Mêlant obstination documentaire et panache de la mise en scène, Ridley Scott (Thelma et Louise, Gladiator, La Chute du Faucon noir) balaie tout risque d’overdose dans cet intense et percutant film de gangsters, qui revisite magistralement le genre, dans la veine des Infiltrés de Martin Scorsese et L’Assassinat de Jesse James de Andrew Dominik pour la mafia et le western.

American gangster, au Mégarama.



Découverte. Koulchi Labess

Gnawa Diff n’est plus, mais Tout va bien ! Sous ce titre simplissime à la Bobby MacFerrin, découvrez l’album d’un jeune groupe qui ravira les éplorés de l’ex-bande à Amazigh Kateb. Emmené par l’Algérois Nedjim Bouizzoul, fringant rastaman à la gouaille rauque et au verbe percutant repéré dans le métro de Montréal, Labess assaisonne avec art ses racines chaâbi et gnaoua de rumba gitane, frémissement flamenco, guaracha cubaine ou balancements blues. Après avoir croisé, au Québec, le chemin d’anciens des Beaux-Arts de Casa, Nadjim Bouizzoul est venu ici leur rendre visite, laissant derrière lui quelques albums en cadeau de l’Aïd…

www.labess.com


Gad ElMaleh. En haut de l’affiche

Encore plus que du décalage, Gad Elmaleh est l’homme des superpositions. En ce jour précis, le beau brin dégingandé aux yeux exorbités présente en France Papa est en haut, dont le titre, tiré d’une comptine sans queue ni tête, résume le triple effet KissCool de ce quatrième one man show : célébrité, paternité, absurdité. Tout en s’en donnant à cœur voix, tant il avait kiffé la dernière fois. Maître du mime extrême, c’est tout en nuance qu’on le découvre dans Comme ton père. Dans ce film autobiographique de Marco Carmel, Gad, ayant délaissé sur scène le croquis excentrique du juif marocain, campe le père d’une famille israélienne en France dans les années 70, imperceptiblement happé par le banditisme. Mais c’est bien plus à cheval sur la loi qu’on le retrouve dans le film d’animation américain Bee Movie, dont le protagoniste Barry Bee Benson, à qui il prête sa voix, intente un procès à l’espèce humaine pour vol de miel. Quant à nous, on se lèche déjà les babines en attendant l’adaptation ciné, par Gad lui-même, de Coco, le mythique père juif mégalo…


Distribution. Boycott boycott !

Salles israéliennes cherchent films arabes désespérément. C’est l’appel de Oded Horowitz, distributeur de Tel Aviv, lors de l’atelier de l’UE sur la distribution des films en Méditerranée, tenu en marge du FIFM. “Si la culture n’existe pas pour dialoguer, alors que faire ?”, interroge celui dont la société, Orlando Films, s’est vu priver de Caramel, de Nadine Labaki, et de L’Immeuble Yacoubian, de Marwan Hamed, par leurs producteurs libanais et égyptiens. Mais Horowitz ne désespère pas, lui qui parvint à distribuer Intervention divine, du Palestinien Elia Suleiman, en pleine Intifada. “Il n’y avait qu’une seule copie et nous avons fait 12 000 entrées”, a-t-il confié à l’AFP. En 2004, Le Grand voyage, de Ismaïl Ferroukhi, sortait en salles israéliennes, où se pressent quelque 10 millions de spectateurs par an. Mais en octobre, le Festival d’Abou Dhabi a annulé in extremis son invitation de La Visite de la fanfare, de l’Israélien Eran Kolirin. Guerre et paix, le film ?


Danse. Battle of the year

À vos marques, prêts, breakez ! Sous l’impulsion de l’asso Sik Azzaoui, “Freestyle Maroc Urban Dance”, quatrième du nom, opposera les 325 meilleurs danseurs de hip hop et de breakdance du royaume. Meilleurs équipes et danseurs solos décrocheront - que le meilleur gagne - un chouette petit pactole de 4000 ou 1500 DH. Côté pro, un jury de calibre international - Feelingsam (Afrique du Sud), Thao Fu (Laos), Gemini et Dom (Paris) - fera le déplacement pour les départager, sur des beats signés DJ Gangstar et rapés par le groupe de rap marocain Hakmin. La compagnie de danse française Evasion s’offre le voyage en tant que guest-star d’un soir, et une journée entière sera consacrée aux breakers en herbe qui pourront découvrir “coupole”, “passpass” et “thomas” auprès de chorégraphes étrangers.

Du 28 au 30 décembre 2007, Maison de la culture de Meknès.



FIFM. Kech qui a gagné ?

Comment se rapprocher des autres ? Peut-on vivre sans amour ? Des questions existentielles qu’a dû se poser la troupe de Milos Forman, pour décerner l’Etoile d’Or à Autumn Ball, de l’Estonien Veiko Ounpuu. Hommage prometteur à une l'Europe de l'Est très présente cette année riche en bons crus, d’où un prix du Jury partagé entre The Hard-Hearted, du Russe Alexey Mizgirev et Slingshot, du Philippin Brillante Ma Mendoza. Côté interprétation masculine, c’est Tommi Korpela qui rafle le prix pour Man's Job, du Finlandais Aleksi Salmenpera, tandis que la surprise du Festival s’est appelée Yu Yun-mi : du haut de ses neuf ans, cette très jeune actrice a subjugué dans With a girl of black soil, de Jeon Soo Il : un film à la frontière du documentaire, mettant en scène l'âpre quotidien d'une famille dans un village de mineurs sud-coréen.


Expo. Tanger aux mains mystères

Récemment vidé de ses œuvres, parties rejoindre l’Ecole d’art de Tétouan, le Musée d’art contemporain de la ville du Détroit est un espace à investir. En partenariat avec la Cinémathèque, cinq photographes et peintres, tangérois de naissance ou d’adoption, joignent leurs “Mains invisibles”. Les Marocains Omar Mahdoudi et Abdelmohcine Nakari, l’Américaine Simona Eva Schneider et l’Espagnol Antonio Denis Vazquez : entre eux, une lecture de la cité et de ses changements, à une heure où les myriades de chantiers feignent de transformer la ville du jour au lendemain, mais où la permanence s’accroche aux regards comme aux portiques.

Jusqu’au 10 janvier, Galerie Mohamed Drissi – Musée d’art contemporain de Tanger.
Tél. : 039 94 99 72



Patrimoine. Le Ksar respire

“Il est reparti en souriant”, rapporte Salima Naji. Le 4 décembre dernier, le roi faisait escale à Assa, près de Guelmim, où la jeune architecte et anthropologue lui a présenté le projet de restauration du Ksar Zaouia - le plus ancien du Maroc - dans le respect des matériaux et méthodes de construction traditionnelle. “Il a apprécié la modestie de l’engagement, l’enjeu au service de la population”, poursuit l’architecte. S’il n’a pas visité le caillouteux chantier pour raisons de sécurité, Mohammed VI, par son intérêt, ne l’a pas moins sauvé d’un possible effondrement : ces derniers mois, le gouverneur avait tenté d’évincer Salima Naji, pourtant très impliquée, en manipulant certains antagonismes entre populations locales.


Le livre.

À l’heure où le Sahara suscite toujours de nombreux débats, Mohamed Cherkaoui, propose d’analyser les fondements géostratégiques et sociaux de cette région disputée. C’est en éminent chercheur du CNRS de Paris (Centre national de recherche scientifique) qu’il a mené sa propre enquête sur la population sahraouie. Il passe au crible le chômage, la pauvreté, l’évolution du taux d’analphabétisme, qui est passé de 95% à moins de 40% en trente ans. Et le tout de manière scientifique : à coups de tableaux et de graphiques, il étudie également… les mariages. Le sociologue a dépouillé plus de 30 000 contrats de mariage pour montrer le lien persistant entre Sahraouis et Marocains. Une radioscopie du peuple sahraoui, mise en lumière par les enjeux internationaux et régionaux de cette zone aux frontières intangibles.

Le Sahara, liens sociaux et enjeux géostratégiques,
Mohamed Cherkaoui, The Bardwell Press.




Humeur.
Sainte Casa

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Casablanca n’est jamais aussi spirituelle et angélique que pendant l’Aïd El Kébir. Allez ouste ! Tout le monde dans le car vers son bled natal et les boulfafs faits maison. C’est régime minceur pour Casa, une fois l’an. La ville se vide de ses quidams à cheval entre khaïma à la campagne et pritch en ville. Plus aucun fâcheux à l’horizon pour vous lire le bulletin de santé de la vache laissée au pays, ni de miss météo, bourrue et à moustache, geignant sur le manque de pluie. Casa se tait enfin. Insensible au cours de la tomate, et appréciant à doses homéopathiques les anecdotes d’étable, on peut enfin savourer le silence et la solitude qui l’accompagne. Rien que pour ça, merci à Ibrahim pour son sacrifice sanglant mais ô combien pacifique pour Casablanca. Il n’y a que la religion qui offre une telle sérénité. Une plénitude semblable à celle qui vous enveloppe pendant le ramadan à l’heure du Moghreb. Quand les Casablancais sont trop occupés à rompre le jeûne pour troubler votre balade digestive de mécréant. Les artères vides peuvent alors vous inspirer des rimes mystiques sur les trottoirs défoncés de Casa, alors qu’en temps normal, on n’y voit que de prosaïques chausse-trappes pour passants. Des problèmes de voirie trop terre à terre pour élever l’esprit. Et pourtant, Casa dépeuplée est une cité céleste. Presque divine…



La marche des chikhate
Elles avaient le blues, les revoici sur scène. Les chikhate sont au cœur des prochaines créations de la chorégraphe Bouchra Ouizgen (Anania). Après dix dates moyen-orientales, son duo Aïta avec Naïma Fahmoud sera au festival On Marche !, 3ème édition du nom, du 14 au 26 janvier à Marrakech. ça va marcher !


Mounira pleine de grâce
Avis aux artistes marocains à l’affût du Prix Découvertes RFI 2007 : c’est la Tchadienne Mounira Mitchala, alias “Panthère douce”, qui a conquis à Conakry le jury de Salif Keita, devant les Sénégalais SKK et le Camerounais Blick Bassy. La diva rôde sur les illustres traces de Tiken Jah Fakoly, Rajéry et Rokia Traoré.


Golden Blogs
Sacrée la plus active du Maghreb, notre blogosphère s’offre sa première compét’ nationale. Du 5 décembre au 23 janvier (www.marocblogawards.com), les paris sont ouverts par Maroc Blog Awards’08, qui attribuera 17 prix, dont blogoplume, rookie (nouveau blog), action solidaire, politique,
design, photo, musique, humour, podcast…

 
 
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