Religion. La fatwa joker
Aherdane, Elyazghi, Osman. Adieu grands-pères
El Nene. La grande évasion
Michaël Chrétien Basser. "Mon cœur m'a dit de jouer pour le Maroc"
Jockeys. Champions sans gloire
Animation. Monsieur 3D
Palestine. L'argent, en attendant l'Etat
Parkings. La fin des sabots ?
Cosmétiques. Le prix de la beauté
Immobilier. L'Administration coupable
John Hurt. "Je préfère les films indépendants
Édition. Impubliabl ou bikheer !
Musique. L'homme orchestre
N° 303
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège d’AttijariWafa
Bank à Casablanca.
(AIC PRESS)

Placement. Des obligations new look


Opération inno-vante sur le marché. La première émission obligataire indexée sur un portefeuille d’actions étrangères vient d’être lancée par Attijariwafa. Le concept : la banque lève 500 millions de dirhams sous forme d’emprunt obligataire, pour acquérir des actions dans de prestigieuses firmes cotées en Europe, aux Etats-Unis ou encore au Japon. Mis à part la première année où le taux d’intérêt est fixé à 4%, la rémunération de ces obligations devient dès la deuxième année indexée à la performance boursière de ce portefeuille. En d’autres
termes, si aucune des actions n’accuse un recul de plus de 20%, le taux d’intérêt est fixé à 5%. À défaut, les créanciers doivent prendre leur mal en patience et attendre l’année où cette condition est remplie pour bénéficier de l’effet de rattrapage : ils perçoivent alors les intérêts cumulés des “mauvaises” années. Cela ne s’arrête pas là. À l’éché- ance de ces obligations de 8 ans, les porteurs sont rémunérés à hauteur de 80% de la performance boursière de cette vingtaine de multinationales du calibre de PepsiCo, Telefonica ou Nomura. Avec son capital garanti et son mode de rémunération prometteur, ce nouvel instrument financier d’Attijariwafa séduira sans aucun doute les investisseurs institutionnels locaux. Surtout que, depuis août dernier, l’Office des changes autorise ces derniers à placer une partie de leurs actifs à l’étranger. Attijariwafa a donc senti le filon. Sa filiale Somacovam - une société de Bourse héritée de la SNI - qui se faisait discrète ces dernières années, a même été dédiée à ce type d’opérations.


Textile. Agadir contre Pékin

Le “péril jaune” fait l’unité arabe. Quelques jours seulement avant l’échéance de la fin des quotas sur les exportations chinoises vers l’Europe, les signataires de l’accord d’Agadir de libre-échange établissent une stratégie commune pour contrer la déferlante des produits chinois sur les marchés européens. Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie, réunis à l’occasion du Forum économique (à Tunis), ont fixé les axes de cette contre-offensive. La stratégie vise le renforcement des échanges inter-régionaux de matières premières, la création d’une structure commune de prospection visant de nouveaux marchés, comme les Etats-Unis, ainsi que la création d’un institut de formation commun. De l’autre côté de la Méditerranée aussi, on redoute cette échéance de janvier 2008. Certains députés européens sont allés jusqu’à demander un nouveau prolongation des mesures de restriction sur les produits chinois jusqu’à fin 2008.


Centrale Laitière. Des fonds pour les éleveurs

Après plusieurs mois de hausse du prix du lait sur le marché international, la filiale de l’ONA s’est enfin décidée à augmenter le prix d’achat de sa matière première sur le marché local. Une hausse qui devrait générer, selon la société, un revenu additionnel pour les éleveurs de 140 millions de dirhams, soit la moitié de ses bénéfices réalisés en 2006. D’autres mesures ont été annoncées par la Centrale laitière, concernant notamment la subvention de 200 000 tonnes d’aliments de bétail, ce qui correspondrait aux besoins des 80 000 éleveurs, partenaires de la compagnie. L’importation et le financement de génisses pour le compte des éleveurs, la création et la gestion de circuits d’insémination artificielle, sans oublier la création d’un grand nombre de centres de collecte, sont d’autres actions que devrait mener la société qui contrôle la moitié du marché du lait au Maroc.


Investissement. Chami loge Bernoussi

Durant la 5ème édition des Intégrales de l’investissement, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe : la Direction des investissements extérieurs n’est plus rattachée à la primature. Elle passe sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie, département chapeauté par Ahmed Chami. Un redéploiement qui risque de limiter les prérogatives de la cellule autonome dirigée par Hassan Bernoussi. Jusqu’à présent, la DIE était l’unique interlocuteur des investisseurs étrangers. Son approche transversale, embrassant tous les secteurs d’activité, avait pour avantage de débloquer rapidement les gros dossiers d’investissement. Aujourd’hui qu’elle revient dans le giron d’un ministère, elle risque de perdre en efficacité.


Loi de finances. C’est passé !

Ouf ! Salaheddine Mezouar peut enfin souffler. Son premier Budget a finalement dépassé la case Parlement dans les délais prévus. La Chambre des conseillers a adopté la Loi de Finances, après avoir approuvé la dizaine d’amendements proposés par la majorité. La dernière version du Budget 2008 prévoit donc une réduction de la taxe sur les plus-values réalisées sur la cession de valeur mobilière (TPCVM) de 20 à 15%. Autre amendement important : le maintien des avantages fiscaux accordés aux entreprises installées à Tanger, qui peuvent bénéficier d’une réduction de l’IS jusqu’à fin 2010. Enfin, le Fonds de développement rural a été doté d’une enveloppe supplémentaire de 100 millions de dirhams, prélevée sur le budget d’investissement de la primature.



Pendant ce temps, le peuple….
“Haj mabrouk”

L’hajja Fouzia ne rate jamais ce grand moment de télé. Une fois par an, elle brise le monopole sur la télécommande, instauré par ses deux rejetons chômeurs, pour suivre le live diffusé sur une chaîne arabe : la “waqfa” du Mont Arafa. C’est sa Star Ac à elle, même si les images ont de quoi donner des frissons au plus irréductible des athées : 2 millions de fidèles implorant Dieu ! Mais pour l’édition 1428, l’hajja, frappée par on ne sait quel “chitane” marketteur, se pose des questions impies. “Combien serait prête à décaisser Zara pour confectionner les tenues du “Ihram” ? Combien FC Com louerait un panneau si on l’autorisait à en planter au milieu de ce décor ? Combien paierait Maroc Telecom pour une coupure pub à cette heure de grande audience ?”. Ce moment d’égarement passé, l’hajja se rattrape en remerciant Dieu d’avoir fourni à l’Arabie Saoudite ses réserves de pétrole, lui permettant de dégager un excédent budgétaire de 50 milliards de dollars. De quoi démentir ceux qui pensent que les recettes du Haj rapportent au royaume wahhabite plus que le pétrole. Mais l’hajja n’est pas dupe. Elle sait que le tourisme religieux rapporte gros. Elle est même parfaitement d’accord avec la stratégie de notre ministère, qui veut développer ce type de tourisme. La ville de Fès a ainsi vu fleurir des dômes depuis qu’elle a accueilli, en juin dernier, un millier de Tijanis en congrès. Mais bon, l’hajja sait que le Maroc ne battra jamais l’Arabie Saoudite, où les pèlerins affluent des quatre coins du monde. Haj ou Omra sont des produits de tourisme qui ne peuvent être concurrencés. Ni même contrefaits… Le copyright est divin.



Tourisme. Bon cru pour Risma

Les comptes clôturés à la fin du troisième trimestre de la filiale marocaine du groupe Accor affichent, de nouveau, des performances plus que satisfaisantes. Le chiffre d’affaires réalise un bond de 18%, pour s’établir à 671 millions de dirhams. Une hausse qui s’explique par l’élargissement du périmètre du fonds d’investissement. Suite à l’ouverture de deux Ibis et la reprise de l’exploitation du Hilton Rabat, 500 nouvelles chambres sont venues s’ajouter au parc géré par Risma. Et le fonds d’investissement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il est prévu d’y injecter 1,5 milliard de dirhams, pour l’ouverture de 13 nouveaux hôtels à l'horizon 2009 (près de 2200 chambres additionnelles). Risma compte même s’appuyer sur des fonds spécialisés pour introduire dès 2008 l’enseigne Pullman.


OFF.

La semaine dernière, le groupe Renault-Nissan a convié ses équipementiers à une réunion à Paris, pour leur exposer son programme d’investissement à Tanger Med. Une usine d’assemblage qui devrait coûter 1 milliard d’euros et qui produira à terme 400 000 véhicules par an. L’objectif était d’inciter un maximum d’entre eux à se rapprocher de cette nouvelle unité. Bonne nouvelle : quelque 200 équipementiers sont déjà partants pour s’implanter au royaume.


Le plan Emergence étant sur la bonne voie, le ministre du Commerce et de l’Industrie en concocte un nouveau. Baptisé Envol, il vise à consolider les réalisations du premier plan (dans l’industrie automobile, aéronautique et l’offshoring), tout en mettant l’accent sur de nouveaux secteurs comme la biotechnologie. Et c’est reparti pour de nouvelles études !

 
 
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