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Par Mohamed Achaour*
Cinéma. Mon festival à moi
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Larrivée très acclamée
de George Clooney.
(DR)
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Le prometteur réalisateur de Percussion kid a participé au dernier Festival de cinéma de Dubaï, qui sest tenu du 9 au 16 décembre. Il nous raconte, par lanecdote, les détails croustillants de son séjour.
The DIFF. Cest comme ça que les habitués appellent le Festival international du film de Dubaï. The DIFF, cest donc mon tout premier grand festival. Mon court-métrage Percussion Kid est en compétition officielle : mon concierge, mon boucher, mon épicier et mon coiffeur, je les ai tous prévenus ! Pour un jeune réalisateur, une participation à |
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un festival comme ça, ça autorise quelques écarts. Et ça rend un peu fou, oui.
À la poursuite de George Clooney
Jai quitté Casablanca le 8 décembre, pour atterrir à Dubaï le 9, au matin. Huit heures de vol en First class, avec foie gras et champagne sil vous plaît ! Les Emiratis, pour ceux qui lignorent, ne font pas dans la demi-mesure. Sauf que sur place, des Emiratis, je nen ai pas vus beaucoup. Normal : à Dubaï, ils sont 80% détrangers à travailler
pour 20% dautochtones pleins aux as. Ma chambre dhôtel donne sur le mythique Borj Al Arab, un palace fréquenté par les stars du monde entier. Majestueux, monumental, il est la preuve quà Dubaï, on voit les choses en grand. Peut-être un peu trop. Sur le sommet du Borj, un match de tennis vient dêtre disputé. Cest ce quon dit. On dit aussi que Madonna et Michael Jackson figurent parmi les pensionnaires réguliers du palace. Bien, bien
Réveil difficile le lendemain de mon arrivée, mais réveil quand même pour espérer serrer la main de George Clooney, invité dhonneur de la soirée douverture. Il est à Dubaï pour présenter son dernier film Michael Clayton. Je dois absolument rencontrer Mister George, pour lui arracher des autographes. Pas pour moi, mais pour la bonne douzaine de copines qui meurent denvie dêtre à ma place, pour sentendre susurrer à loreille un What Else qui sent le Nespresso. À 19h00, je dois me soumettre à la rude épreuve du tapis rouge. Jappréhende, jappréhende
À mon passage en costume-cravate noire exigé, je nentends plus les crépitements des flashs dappareils photo. On ne me reconnaît pas. Première déception de la semaine. Elle ne sera pas la dernière. Deuxième déception, donc, quelques minutes après mon passage inaperçu sur le tapis rouge. George Clooney pointe le bout de son nez. Comme prévu, les photographes, surexcités, ne lâchent pas la star, déjà encadrée de deux gorilles qui semblent débarquer dune autre planète. Jai une petite pensée pour la brochette de copines qui attendent ses précieux autographes. Les filles, ce ne sera définitivement pas possible. Il faut faire avec. Me voilà privé de mon objectif n° 1 : serrer la main à Clooney. Je me rabats sur autre chose. Je croise, dans ce qui reste lun des meilleurs moments de mon festival, le réalisateur marocain Ahmed Maânouni (Transes, Alyam Alyam), dont le dernier long métrage, Curs brûlés, est aussi en compétition officielle. Lhomme est attachant, son film aussi. Je suis allé les soutenir de gaieté de cur pendant la projection de son film. Un autre compatriote présente son film en avant-première mondiale à Dubaï : Nabil Ayouch (Mektoub, Ali Zaoua), avec son Whatever Lola wants. Un moment fastueux : très grande salle de projection, soirée en lhonneur de léquipe du film, etc. Yes sir, Please sir, May I help you sir ?. Voilà les trois phrases quon entend le plus quand on est un invité du DIFF, formulées par un service dordre bienveillant, tout dédié au confort des festivaliers, 24 h sur 24. Cest bien, mais cen est presque gênant. Et puis le temps défile. La veille de la projection de mon film, le stress me prend subitement à la gorge. Ce serait quand même bien davoir un prix, nimporte lequel : le premier, deuxième ou troisième, je suis toujours preneur ! Quest-ce que je vais dire, à mon retour à Casablanca, à mon concierge, mon boucher, mon épicier et mon coiffeur, si tout ce beau monde constate que je nai rien ramené de Dubaï ? Finalement la projection se déroule bien, tranquille, chaleureuse même, et je nai plus quà attendre le verdict, le palmarès.
Mon voisin Kadem Saher
Quand le jour J arrive, le 16 décembre, douze jeunes réalisateurs claquent des dents et se rongent les ongles en attendant le verdict du meilleur court-métrage. Je fais partie du lot. La salle de projection Madinat Arena, où se tient la cérémonie de clôture, est pleine à craquer : du beau monde, des émirs, Danny Glover
un peu de tout quoi. Les minutes se traînent, interminables, et le troisième prix (10 000 dollars) du court, le moins important de la série, est annoncé. Bonne nouvelle, ce nest pas moi, puisque jai encore la possibilité dêtre deuxième, ou premier. Le deuxième prix (20 000 dollars) est proclamé à son tour, et je reste toujours dans la course. And the winner, ladies and gentlemen, is
. Le suspense dure quelques fractions de seconde. Mon cur bat très fort, je pense à Michael Cimino (Voyage au bout de lenfer et La porte du paradis), président du jury pour le court, je pense à plein de choses. Et puis plouf, le winner de Dubaï est annoncé, ce nest pas moi. Pas de quoi sauter de joie, ce sera pour une autre fois. Peut-être. Le 16 décembre, donc, mon festival, mes beaux rêves de rencontrer Clooney ou de gagner un prix sont finis, terminés. Je range mes affaires et jai droit à une nouvelle collection de yes sir, please sir avant de monter dans la voiture qui memmène à laéroport. Dans lavion, avant même le décollage, je ferme les yeux et mapprête à mendormir, quand loccupant du siège voisin sinstalle à sa place et me touche du coude. Jouvre les yeux et croise ceux du chanteur Kadem Saher ! Mon voisin, la star de la chanson arabe, a une peur bleue de lavion. Oui mesdames ! Mais il est sympa, Kadem. Deux heures après le décollage, je me présente enfin à mon voisin. Jen profite pour lui glisser ma carte de visite
quil retourne pour y apposer un joli autographe, avant de me la rendre. Kadem Saher est finalement un chic type. Grâce à lui, et à sa signature, jai une chance de consoler toutes mes amies du sexe dit faible qui rêvaient, initialement, dun autographe de George Clooney. Cest à peu près tout ce que jai pu ramener de Dubaï. Mais cétait bien, quand même.
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