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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Bigg, alias Al Khasser.
(DR)
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Musique. Starmania
La musique urbaine, longtemps underground, a connu en 2007 un vrai tournant. En effet, fusion et rap ont gagné des admirateurs par milliers et la confiance des promoteurs en tous genres. Processus de starification en cours : des rappeurs sollicités de partout à la fin de chaque concert par des hordes de fans voulant (voir ou toucher) leur idole en chair et en os, des musiciens de ladite nouvelle scène reconnus au coin des rues par des gens qui brandissent portables ou appareils photo, cétait jusque-là du jamais vu. Oui, des musiciens |
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| 100% maghribi sont devenus des stars, et des vraies. Cette année, ils ont envahi les médias, investi les plateaux télé et inondé les ondes. Ceci, en partie, grâce à la naissance des radios indépendantes, qui ont intégré à leur programmation une diffusion quasi permanente de la nouvelle vague musicale. Mais ce nest pas tout : si la plupart des groupes sont réduits à lautoproduction, certains dentre eux ont réussi à professionnaliser leur musique en convainquant maisons de production, labels de distribution, etc. Ceci entraînant cela, ce nest plus seulement les festivals et les événements musicaux qui sollicitent ces groupes, les opérateurs téléphoniques, et autres partis politiques sy sont mis, associant limage de ces artistes à leurs campagnes de promotion. Et ça marche ! Tournées, publicités en images et en son, panneaux publicitaires affichant les silhouettes de ces nouvelles stars dans toutes les villes du Maroc. Du coup, si encore lannée dernière un Bigg, des H-Kayne ou un Steph Raggaman étaient inconnus de la majorité, aujourdhui, difficile déchapper à leurs rengaines ! Si en plus, tout cela a permis à ces artistes de toucher des cachets moins symboliques quauparavant, cest tant mieux. Mais revers de la médaille, ce tout nouveau statut a fait enfler les chevilles de certains et tourner la tête à dautres. Résultat, on se tire dans les pattes entre rappeurs, et on médit du côté de la fusion. Cest aussi cela, le star system. |
Edition
Si le livre métait conté
Lactualité de lédition maro-caine semble parfois se dessiner dans le désert. Un désert culturel traversé par de rares étoiles filantes. Cette année, côté livres, le filon mémoriel qui animait lédition locale depuis la mort de Hassan II semble sêtre tari. Le 13ème SIEL, notre grand raout littéraire national, qui sest tenu en février, fut de lavis général moins artisanal que dans le passé. Les héros du salon furent les éditeurs, qui, regroupés au sein de lassociation pour la promotion de lédition du livre et de la lecture (APELL) ont été pour la première fois associés à lorganisation du SIEL. Pour ce qui est du prix Grand Atlas, il a bien été décerné à un certain Ali Tizilkad, mais dans lindifférence quasi générale. Le salut de lécrit viendra-t-il de loral ? Depuis un livre de Nejma Thay Thay Rhozali (elle fut secrétaire dEtat dans le gouvernement Jettou), publié en 2001 chez lHarmattan, les conteurs marocains continuent leur chemin de croix. Un espoir tout de même, Halima Hamdane, qui a publié, fin 2006, son premier ouvrage, Laissez-moi parler, et donné de prometteuses lectures publiques. Egalement en tournée inédite (De Tanger à Tombouctou), le conteur Hamid Bouzzine a récemment sillonné les Instituts français du royaume. En cette fin dannée, Jocelyne Laâbi a sorti, aux éditions Al Manar, un recueil intitulé Avec la rivière mon conte s'en est allé. Du désert à la rivière, il en va ainsi du livre au Maroc, comme les montagnes russes, assurément. |
Arts plastiques. La fièvre acheteuse
Lembellie quont connue les arts plastiques en 2007 est certainement sans précédent. De lavis des critiques, des galeristes et marchands dart, jamais auparavant le marché de lart na connu pareille explosion. On revient pourtant de loin. Pendant les années 90 et jusquà début 2000, les galeries ont fermé les unes après les autres dans tous le royaume, les grands collectionneurs sabstenaient dinvestir dans un marché déstructuré dans lequel ils navaient plus confiance, les artistes quant à eux, ne voyaient plus le bout du tunnel. Quest-ce qui a donc fait sortir les arts plastiques du marasme ? Le mimétisme dans le milieu bourgeois qua suscité lintérêt du nouveau roi et de son entourage pour les plasticiens marocains est lune des raisons avancées. Une raison rejetée en bloc par dautres acteurs du marché, qui parlent eux dun nouveau genre dacheteurs : les Européens de Marrakech. Preuve en est quaujourdhui, Marrakech est en phase de devenir une vraie vitrine des arts plastiques marocains, juste après Casablanca. Les trois dernières années, la ville a vu souvrir une poignée de nouvelles galeries. Lune des autres explications du printemps de lart, lorganisation du secteur opérée en partie par la première maison marocaine de vente aux enchères, la Compagnie Marocaine des uvres et objets dart (CMOOA). Selon son initiateur, Hicham Daoudi, cela a permis détablir des cotes, et surtout une vraie stratégie de communication nationale et internationale ciblant à mieux faire connaître le travail des artistes marocains. Toujours est-il quaujourdhui personne ne va se plaindre de la fièvre acheteuse qui a touché collectionneurs locaux et internationaux. La dernière vente aux enchères organisée en décembre par la CMOOA a été un succès et a battu des records de vente. Caracolant en tête, deux tableaux, lun dAhmed Cherkaoui, lautre de Jilali Gharbaoui, ont été adjugés respectivement à 750 000 DH et 720 000 DH. Aujourdhui, Cherkaoui et Gharbaoui ont la cote des grands artistes abstraits européens de leur époque, explique Hicham Daoudi. Morts ou vivants, les artistes marocains sont donc dorénavant reconnus à linternational. Autre exemple : lun des tableaux de Farid Belkahia, qui a été vendu cette année à Dubaï pour quelque 800 000 DH. Mieux encore, le marché, jusque-là réfractaire à de nouvelles formes dart contemporain, souvre à des artistes quon disait invendables : lors de la dernière exposition de Hassan Darsi et Mohamed El Baz à la galerie Venise Cadre, plusieurs de leurs uvres ont été acquises par une grande banque. Qui dit mieux ? |
Palmarès.
Ils ont la cote... plus que jamais
Qui sont les artistes les plus cotés cette année ? Il suffit de jeter un coup dil sur le site de la CMOOA qui rend compte du tableau des ventes des dernières enchères pour se rendre compte que les mêmes noms sont indétrônables. Parmi les morts, Ahmed Cherkaoui et Jilali Gharbaoui suscitent un engouement jamais égalé, suivis par Mohamed Kacimi. Parmi les vivants, Hassan Glaoui est presque hors compétition, ses tableaux ayant été adjugés à des sommes variant entre 200 000 et 400 000 DH. Il est suivi par Meriem Meziane, lune des premières femmes dans le monde arabe à avoir exposé au début des années 50. La fille du Maréchal fait partie des valeurs sûres du moment et ses tableaux ont atteint 400 000 DH à la vente. La cote de Mahi Binebine ne cesse de grimper (ses tableaux se vendent partout dans le monde et il prépare une grande exposition dans lune des plus prestigieuses galeries parisiennes), comme celle de Farid Belkahia (entre 50 000 et 300 000 DH). Et ça ne fait que commencer. Dautres noms sajouteront à la liste, soutenus par un marché de plus en plus organisé et des collectionneurs plus ouverts à la nouveauté. Et si ça ne faisait que commencer ? |
Festivals. Dakhla, la vedette
Si le Festival dEssaouira, celui dAgadir ou encore LBoulvard casablancais font dorénavant figure de références en la matière, un dernier-né leur a pourtant raflé la vedette en 2007 : le Festival de Dakhla, dont la première édition a eu lieu du 9 au 12 mars derniers, a été, sans conteste, une réussite. Pas dombre au tableau, pas de fausse note, juste une notoriété gagnée vite fait bien fait à coup de programmation de qualité et dinvités de marque. Mais pas que cela. Primo, si le Festival de Dakhla a été lévénement le plus convoité de lannée, cest aussi parce quil est le plus inaccessible
géographiquement. Dakhla, ville côtière du sud du Maroc, est à 1200 kilomètres dAgadir ! Secundo, tous les veinards qui ont pu faire le déplacement peuvent en témoigner : Dakhla et sa région regorgent de plages dignes des plus belles cartes postales. Un décor de rêve pour un festival, qui, en plus de sa programmation musicale, proposait des spectacles de sports nautiques, une inattendue course de chameaux et un moussem aux couleurs locales. Autant dire que les habitants de la région ont été gâtés (40 000 personnes par jour pendant 4 jours !), ont eu droit à une prestation du groupe H-Kayne entrée dans les annales, à un Randy Weston très en forme, aux survoltés Chico et les Gypsies et à un concert acclamé des Nass El Ghiwane. Un premier rendez-vous frais et sans prétention et une ambiance bon enfant qui a laissé coi les rabat-joie qui craignaient le pire vu la situation politique de la région. Et toc. |
Cinéma marocain. ça va, hamdoulillah
2007 est à marquer dune pierre blanche pour le 7ème art marocain. Une production variée, plutôt riche, très en prise avec le Maroc daujourdhui (et dhier), sans fard mais avec un talent certain. Lévénement reste le retour au cinéma (après une absence dun quart de siècle SVP !) dAhmed Maânouni, silencieux depuis le superbe Transes, et qui a subitement retrouvé la parole avec Curs brûlés, sacré meilleur film lors du dernier Festival national du cinéma. Mention bien également pour Daoud Aoulad Syad, dont le quatrième film, En attendant Pasolini, est aussi bon que le premier, Adieu forain. À retenir le retour sur lhistoire des juifs marocains, opéré par Où vas-tu Moshé, de Hassan Benjelloun, et Adieu mères, de Mohamed Ismaïl. Sans oublier le premier long-métrage de Lahcen Zinoun Oud Al Ward, le nouveau Latif Lahlou, Les Jardins de Samira, Yasmina et les hommes, de Abdelkader Lagtaâ, et Les Anges de Satan, dAhmed Boulane. Un bon cru, incontestablement. |
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Humeur.
Art culinaire
Connaissez-vous lémission Lamassat sur 2M ? Non, sans doute. Dédié aux femmes, ce magazine de décoration et de conseils beauté est diffusé à 12h30, à lheure où seules les ménagères de moins de 50 ans sont scotchées devant leur poste télé. Loin du cur de cible, on a dailleurs découvert le programme grâce à la femme de ménage, fan absolu de Lamassat. Quelle en soit remerciée à vie. Lamassat, cest ubuesque, surréa-liste, loufoque, à la limite du nonsense anglais. Exemple pêché au hasard : la présentatrice, désireuse dapporter sa touche personnelle à la déco de nos foyers, a pris une plaque de four avant dy coller une planche de bois. Cétait sa suggestion pour fabriquer un cadre de tableau avec trois fois rien. Lanimatrice de Lamassat venait de détrôner, sans en avoir conscience, les Deschiens et les Robin des bois, spécialistes reconnus de lhumour décalé. Alice au pays de la récup avait un truc de plus queux, si rare et si touchant : la naïveté. Depuis, quand loccasion se présente, on reste scotché devant Lamassat, attendant fébrilement lidée drôle du jour. Avec une crainte, cependant : que notre mère applique les conseils déco livrés clés en main. Elle a une foultitude dustensiles de cuisine, comme toute maman qui se respecte. Pas question quelle les expose sur les cimaises de son salon
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source : centre cinématographique marocain
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Box-office
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Boulane champion 2007
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1. Les Anges de Satan, de Ahmed Boulane
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2. Nancy et le monstre, de Mohamed Frites
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3. Parfum de mer, de Abdelhaï Laraki
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4. Moroccan dream, de Jamal Belmejdoub
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5. Abdou chez les Almohades, de Saïd Naciri
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6. Wake up Morocco, de Narjiss Nejjar
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7. WWW What a wonderful world, de Faouzi Bensaidi
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8. Lenfant endormi, de Yasmine Kessari
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9. La Symphonie marocaine, de Kamal Kamal
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10. Real Premonition, de Ahmed Ziad
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Ce classement est provisoire et ne concerne que les films marocains. Il a été établi à partir des données
recueillies par le CCM, arrêtées le 12 novembre 2007, mais non encore certifiées. Il ne tient pas compte
de la date de production des films, mais de leur période dexploitation (2007).
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