CAN 2008. Des raisons d'y croire...
2007. Les sensations fortes
Politique. Sondomania sur le Net
Tendance. Poker fever
Société. Les derniers polygames
Portrait. Expert ès Sports
Loisirs. Les Yamakasi marocains
Histoire. Lalla Aïcha, La princesse nationaliste
Monde
Joaillerie. Le "made in Morocco" se rebiffe
Cinéma. Mon festival à moi
Islam. Les dix livres maudits
Best of. 40 ans de cinéma marocain
N° 304-305
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

Le projet d’extension de
Tanger Med a été validé.
(DR)

Grands chantiers. On y voit plus clair


Ouverture de l’autoroute Casa - Marrakech, finalisation de la première marina du Bouregreg, extension de l’aéroport de Casablanca, mise en service du premier quai de Tanger Med… les grands chantiers commencent à se concrétiser. Et même ceux en cours semblent bien avancer. L’extension du complexe portu-aire Tanger Med a été validée et l’appel d’offres pour la concession du troisième quai à conteneurs a été lancé cette année. Côté terminal routier, les travaux confiés au groupe Bouygues, pour 1,6 milliard de dirhams, ont déjà démarré. Pour
le projet de l’aménagement de la vallée du Bouregreg, les travaux vont également bon train. Après Amwaj, la tranche Bab Al Bahr a été concédée à l’Emirati Al Maabar International Investments, qui devrait injecter, à terme, quelque 4 milliards de dirhams. La construction du pont Moulay El Hassan vient aussi d’être lancée et le projet de tramway Rabat - Salé avance comme sur des rails. Le matériel roulant a été commandé auprès d’Alstom, pour 1,2 milliard de dirhams. Le groupe français fait aussi partie du consortium qui a décroché la réalisation et l’équipement du tronçon Tanger – Casablanca du TGV, qui devrait coûter quelque 20 milliards de dirhams. Des projets d’extension de différents ports et aéroports du royaume ont été lancés au courant de l’année. Mais ce n’est pas fini : il reste tant à faire dans un royaume en construction.


ONA. Solde de tout compte

Le premier groupe privé du pays a vécu une année mouvementée. En 2007, ONA a soldé ses comptes avec ses partenaires étrangers, pour ne pas dire français. Après AXA dans l’assurance, le groupe s’est aussi séparé du groupe Auchan, récupérant le contrôle de l’activité de grande distribution. ONA a aussi divorcé de Veolia Environnement, en vendant ses parts dans Amendis. Les managers du holding ont aussi fait le ménage en interne. Khalid Oudghiri, l’indésirable de la bande, a été tout simplement débarqué. C’est le numéro 2 de la banque, Mohamed Kettani, qui a repris la relève. Et rien n’a vraiment changé : Attijariwafa bank continue de dominer le marché marocain et de s’étendre en Afrique, en s’offrant de nouvelles banques au Sénégal et en Tunisie. D’ailleurs, malgré la grosse mise du groupe sur le lancement de Wana, les finances du holding se portent bien. Au terme du troisième trimestre 2007, l’ONA dégageait déjà un chiffre d’affaires de 24 milliards de dirhams.


Immobilier Le mètre carré s’envole

Rien ne semble pouvoir arrêter la frénésie immobilière au Maroc. Dans les grandes villes, le prix du mètre carré a progressé de plus de 30% en moyenne, boosté par une forte demande locale, dopée par la baisse des taux d’intérêt du crédit. Le volume des prêts immobiliers continue de progresser, pour dépasser les 80 milliards de dirhams. Même la Banque centrale a baissé à deux reprises ses taux sur les emprunts, pour influer sur les taux d’intérêts appliqués au secteur. La demande internationale ne manque pas non plus. La clientèle étrangère a désormais le droit d’emprunter sur le marché national. Et le royaume continue d’avoir bonne presse auprès des marchés cibles. Le Maroc a été, entre autres, recommandé par Global Property Group, deuxième groupe immobilier au monde, parmi les destinations les plus prometteuses dans le secteur. Pourtant, la crise du logement reste entière au Maroc, notamment dans le social, pour lequel de nouvelles mesures sont prévues en 2008.


Bourse. Sur une note positive

On est certes bien loin des 70% de performance réalisée en 2006, mais cette année est aussi à placer sous le signe du “taureau” pour la Bourse de Casablanca. Le marché a connu une véritable euphorie, impulsée par un nombre record d’introduction : 10 nouvelles entreprises, totalisant des émissions de 10 milliards de dirhams. Le volume des échanges a d’ailleurs explosé durant l’année pour atteindre les 330 milliards de dirhams. Les cours ont progressé en moyenne de 32%, sans parler des pics de certaines valeurs comme l’immobilière CGI, qui fut le vrai tube de l’été. GSI informatique est une autre valeur qui a fait parler d’elle, après avoir subi l’annulation de son entrée en Bourse. Des réformes importantes ont également touché le marché durant 2007. Outre la circulaire relative au capital risque, on peut citer l’autorisation accordée aux OPCVM de placer jusqu’à 10% de leurs avoirs à l’étranger. Chose qui a favorisé l’apparition de nouveaux produits sur le marché local, comme les obligations indexées sur des produits internationaux.


Tourisme. Sept pour 2007

Encore 3 millions de touristes de plus à ramener, en trois ans, pour atteindre le seuil fatidique voulu par la vision 2010. En effet, plus de 7 millions de touristes, MRE compris, ont foulé le sol du Maroc durant cette année. Bonne saison donc pour les hôteliers, dont le taux d’occupation moyen dépasse de loin les 50 %. Les recettes ne sont pas en reste : 50 milliards pour les touristes et pratiquement autant pour les transferts de MRE. Les investisseurs internationaux restent confiants dans le potentiel du royaume : des dizaines de conventions ont été signées pour des projets touristiques. Les dernières en date ont été entérinées avant le renouvellement du gouvernement. La Commission d’investissements avait donné son aval pour 4 projets à Tan Tan, Guelmim, Marrakech et Ouarzazate, totalisant des investissements de 25 milliards de dirhams, et 22 000 emplois à la clé. Un bilan qui donne des ailes aux promoteurs du tourisme marocain. Abbas Azzouzi, directeur général de l’ONMT, vient de lancer les études pour élaborer la vision 2020. Pour 20 millions de touristes ?



Billet.
Résolutions pour 2008

Pour ses résolutions de fin d’année, Abbas, Premier ministre en période d’essai, dresse une liste qui lui servira de feuille de route en 2008.
Corruption. Faire signer à tous les juges et gendarmes des contrats pour une émission de télé-réalité diffusée 24h/24 sur Youtube. Ils seront filmés par des diplômés chômeurs, reconvertis en cameramen par l’OFPPT.
Religion. Envoyer tous les fqihs en formation chez Othman Benjelloun, dans sa banque de la City, pour apprendre à mieux gérer les flouss des Habous. Ils sauront ainsi dire non, arguments à l’appui, aux ingénieurs financiers de l’ONA et d’Addoha.
Décentralisation. Reconnaître Tanger comme zone internationale pour pouvoir organiser toutes les expositions internationales possibles. Le taux zéro de l’IS fera aussi la joie des entrepreneurs de la ville, qui chipotent sur la Loi de Finances 2008 (et toutes celles à venir).
Social. Oublier le slogan de l’INDH et se fier plutôt à l’IDH, l’indice du PNUD, qui nous rappelle chaque année que trop de Marocains manquent de DH. En plus, les 10 milliards consacrés à l’Initiative, sur cinq ans, font moins de 2 DH par Marocain et par jour. De quoi tenir une heure sur un parking payant. Heureusement, les pauvres n’ont pas de voitures.
Energie. Réserver 50% du budget de l’ONE à l’équipement du Parlement en groupes électrogènes. Et s’il reste des sous, inclure dans le programme d’électrification rurale la distribution de chauffages dans les régions où règne un froid mortel.
Emploi. Ne jamais rendre publique cette liste, pour pouvoir garder son propre job.
Le plus longtemps possible.



Inflation. Plus chère la vie

Le Maroc est le 9ème pays d’Afrique où la vie est la plus chère. C’est le constat d’une récente étude du Haut commissariat au plan. La hausse des produits alimentaires a été, en fait, une hantise pour les gouvernants. Courant 2007, ils ont mis tous les moyens pour contrôler l’envolée de l’inflation, qui avait déjà grimpé de 3,3% l’année précédente. Cela n’a pas empêché plusieurs augmentations sur le prix de certaines denrées alimentaires, dont le pain. D’ailleurs, le coût de la vie devrait terminer l’année sur une hausse de 2,1%. Un taux atténué par le maintien du prix des hydrocarbures à la pompe. Pour 2008, on applique la même politique de subvention, pour maîtriser le coût de la vie. On consacre donc plus de moyens à la caisse de compensation, qui a vu son budget exploser à 20 milliards de dirhams.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés